L'âne, d'après Maupassant

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Charles Dubruel grand-père, passionné de littérature et particulièrement de Maupassant  [+]

L’ÂNE

Ou bien, le jour, ils chassaient
Ou bien, la nuit, ils braconnaient
Quelle que soit l’heure.
Ces deux voyous étaient des vrais ravageurs.

-Chicot, qué plomb t’as pris ?
-Du neuf, dit Meillat qui épaula et tira.
Un gros lapin gris
Tituba un instant puis s’effondra.

En chemin, Meillat et Chicot
Croisèrent un pauvre hère
Tirant un vieux bourricot.
Ils l’interpelèrent :
-Ton bourri, oùsque tu l’ conduis ?
-J’ vas chez le vieux Louis
Pou’ l’ faire abattre. I’ n’ vaut pus rien.
-Y t’en donnera, combien ?
-J’ sais ti ?
-J’ te donne sept francs. Tope-la, c’est dit.

Puis Chicot tira deux fois.
L’âne s’écroula.
-Eh ben, on en fait quoi
À c’t’ heure ?
Demanda Meillat
-Couchons-le dans la barque. N’aies pas peur.
J’allons ben rigoler chez Dédé !
Les rôdeurs embarquèrent le baudet
Sur leur canot à demi pourri
Et se mirent à ramer, direction Paris.
-On va livrer l’ lapin à Dédé Gromier,
Not’ copain aubergiste, lança Meillat
Pi, toi, tu provoqueras
Son intérêt pour notre très gros gibier.

À la gargote, il raconta à Dédé:
-J’étions embusqué
Derrière un buisson.
J’ai tiré deux coups.
Ça tombe. Craignant le cri d’un chien, j’ filons.
J’ peux pas dire c’ que c’était du tout,
Mais, pour du gros, c’était du gros.

Palpitant, Gromier demanda à Chicot :
-C’est-i’ pas un chevreuil ? « Ça s’ peut. »
-Pourquoi pas l’avoir amené, sacrebleu ?
-Parce que j’ai preneur pour vingt francs.

Le tavernier leur donna vingt-cinq francs.
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