L'aire Ventouse

il y a
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Aventurière des temps modernes, professeur de Mathématiques, mère de douze enfants, je les ai scolarisés à domicile jusqu'en terminale. Ils se sont éparpillés, certains sont mariés, et ont ... [+]

Les bergers jadis passaient la nuit sur l'aire ventouse. En surveillant leurs bêtes, ils dressaient des murs de pierres sèches. Marie disait à Janou  : "Là haut la nuit est étrange et je tremble. Renonce à ce métier. Tes constructions ne sauront te protéger contre les maléfices.
-Ma mie, je les bâtis pour m' abriter du vent froid de l'hiver, et non des méfaits de quelque sorcier.
- Je crains des démons, des êtres fantastiques que le malin domine.
- J'aime Jésus, je respecte ses lois, je suis sous son aile veloutée,
- je crains ce vent furieux qui cherche à tuer et détruire.
- Je dors dans les bras de Jésus, et je rêve de toi
- Je crains la pluie glacée, qui arrache la vie
- Je construirai des capitelles.
Les capitelles sont des abris, en pierres sèches en forme d'igloo

- Je crains les loups aux canines pointues qui déchirent les chairs
- On a tué le dernier loup il y a bien longtemps
- Je crains les microbes qui voudront t'envahir, de l'intérieur manger ton corps, dévorer tes poumons ou ton foie
- je suis jeune et solide
- Qu'es-tu, Janou, face aux forces de l'aire Ventouse ?
- Un homme courageux qui ne craint pas les contes qu'on narre aux tout petits enfants."
Une nuit, le vent souffla tant qu'il brisa le tronc du grand chêne planté seul et fier au somment du mont. Le matin, de la vallée, Marie aimait à regarder en haut, vers l'Est, "le soleil se lève peu après mon Janou", songeait-elle, et elle admirait la nature que baignaient les premières lumières de l'aube. 0r ce matin, le chêne ce grand mat, avait disparu Vite vite, elle court, elle grimpe, l'âme sans cesse priant, suppliant le créateur, le sauveur, le Dieu, qu'importe, celui qui peut sauver Janou, car elle l'imagine écrasé sous le tronc, prêt à la saluer une dernière fois et à trépasser, un tendre sourire d'amour. dessiné sur son beau visage pâle
Il était sous le chêne dans la capitelle, et il dormait encore, paisible; sain et sauf . Marie crie Il répond "Pourquoi, ma douce es-tu montée? Je vais bien, Je n'ai pas peur, Dieu me protège, et les roches de la montagne, qui sont mes amies, je ne risque rien ; je t'aime trop pour mourir. Je ne renoncerai pour rien à vivre auprès de toi. vois-tu. Mais le bruit de la tempête a troublé mon sommeil, c'est pourquoi je m'éveille si tard : à mon âge, on a besoin, dit ma mère de beaucoup de sommeil"
Janou sortit difficilement de sa capitelle. Tant de branches et de rameaux brisés, emmêles, lui barraient le passage ! Quelques jours plus tard, les bûcherons débitèrent le chêne.
L'aire ventouse est nue désormais, "cet arbre me manque, mais qu'importe puisque tu m'aimes' dit Janou à Marie, puis, il lui joue une petit air de flûte.
Quelques années ont passé, Et pendant que brûlent les bûches du seigneur de l'aire, ce mont balayé par tous les vents, où ne croissent que quelques genets et des bruyère, les grand-mères racontent maintenant la légende du jeune homme au cœur pur qui échappa à L'âme malfaisante du lieu. Les saisons, les années, les générations se sont succédé, mais on peut encore voir la capitelle de Janou. La terre déserte est couverte maintenant de buis, ces arbustes touffus au petites feuilles serrées. cherchez , vous la trouverez.
J'ai raconté cette histoire à un citadin qui se croit scientifique, il pense que Janou survécut simplement parce qu'il savait assembler ses pierres plates , mais je sais qu'il se trompe, un ange veillait sur le jeune promis.
J'ai retrouvé un cahier qu'écrivit Marie, elle s'exprimait très bien, écrivait avec quelques fautes d'orthographe. Qu'importe ! Ses histoires, ses contes, .ses poèmes et ses chants d'amour m'ont beaucoup émue.
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Phil Bottle · il y a
Berger était un beau métier; Il en reste, heureusement, mais rien n'est plus pareil.
Auriez-vous vu, en 1980, la série sur Jean Chalosse, le dernier moutonnier des Landes? On la trouve sur youtube. Mauvaise qualité d'image... mais enfin... j'ai pris plaisir il n'y a pas si longtemps à la revoir. Âmes pures dans des corps sains, qu'ils étaient beaux à voir, quand on les croisait, ou quand on les voyait au loin.
Dans le Béarn et le Pays Basque, les Capitelles avaient pour nom Cayolar. En Catalogne, on parle d'Orie. Dans le Lubéron, je crois qu'on les nomme Bories (à noter le rapprochement phonétique) ... Mais derrière ces pierres sèches, combien de sueur et de nuits à entendre le vent hurler à faire choir les arbres...
Mais je parle, je parle, excusez-moi... je suis moins bavard oralement. Pas de chance, ici, c'est l'écrit... ;-))

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Cristo R · il y a
Belle histoire d'amour portée par la foi en un Dieu et son fils protecteur.