2
min

La rencontre entre Agathe et Aurore (extrait d'un potentiel roman, n'hésitez pas àme laisser un avis !)

Image de Alyss Ande

Alyss Ande

12 lectures

1

Elle vit au loin une étudiante aux cheveux mi-longs, blonds et lisses. Un béret en feutre sombre vissé sur sa tête attira l'attention d'Aurore ; ensuite, elle fut intriguée par son style vestimentaire : cette petite veste en jean légère par-dessus un haut sombre et ample, un épais pantalon en jean fissuré de coutures... Quelque chose d'excentrique semblait se dégager de la jeune femme. Elle ne la distinguait pas bien de là où elle était, mais l'observait suffisamment bien pour voir qu'elle distribuait des tracts à qui en voulait. Elle souriait, frivole et tranquille, en papotant avec les étudiants assis dans le hall.

Quelques instants plus tard, la jeune femme aux cheveux blonds était devant elle. Elle avait des sourcils sombres et réguliers, qu'Aurore jugea absolument parfaits sur l'instant, et de fins yeux noisettes délicats et rieurs. Son visage, dans sa globalité, exprimait quelque chose de très doux, de lumineux.
« Hey ! lui sourit la jeune femme.
Aurore répondit nerveusement, extirpée de ses pensées:
— Bonjour...
— Comment tu t'appelles ? continua l'étudiante d'un ton décidément très jovial.
— Aurore, et toi ?
— Agathe ! Je ne t'avais jamais vue ici... Tu viens d'où ? »
Aurore regardait, intriguée, le visage de sa camarade qui lui paraissait d'une beauté tout à fait singulière, et marqua un temps d'arrêt avant de répondre :
— Euh moi je suis à la fac, j'habite dans le coin... Et toi, tu viens d'où ?
— Oh, de nulle part, répondit-elle dans un léger rire étouffé. Moi, je vagabonde... Je me balade. »
Elle reprit, après avoir laissé planer un vague silence :
« Je fais partie de la troupe de théâtre Les Ricochets. Je suis sûre que tu en as déjà entendu parler. Tu devrais venir nous voir, on fait de super trucs ! »
Elle se remit à rire, dans un mouvement qui fit virevolter gracieusement la pointe de ses cheveux, et tendit un tract à Aurore qui s'en saisit aussitôt. Elle observait toujours, avec une attention toute particulière et une sorte d'étrange fascination, les détails du visage de la jeune femme. Elle était si belle ! Son nez aquilin et légèrement retroussé, sa peau lisse et claire, ses yeux noisettes aux cils étirés, et ce sourire candide et avenant, avec ses cheveux raides délicats, si réguliers, qui épousaient la forme de son visage et de ses joues arrondies... Elle observait les légères tâches de rousseurs clairsemées qui parcouraient le dessous de ses yeux, puis finit par rétorquer, réalisant son drastique manque de discrétion :
«...Oh, Les Ricochets ! J'ai un ami qui y est. Dans la troupe, je veux dire... C'est Timothée, tu le connais sûrement...
Agathe se mit de nouveau à rire, d'un rire cristallin et gracieux.
— Timothée ?! Mais bien sûr que je le connais ! C'est même un grand ami à moi ! Dingue ça ! J'adore ce type. Il t'a peut-être déjà parlé de moi, il me surnomme Gathou, la plupart du temps...
A l'évocation de ce nom, le visage d'Aurore s'illumina
— Ooh, mais bien sûr ! Gathou ! »
Elles se considérèrent un instant en souriant, amusées. Timothée avait eu l'occasion à plusieurs reprises d'évoquer cette Gathou, qu'il décrivait comme une jeune femme formidable, pleine d'énergie, d'un charisme et d'une puissance de jeu envoûtants et incroyables. Tout à coup, tout devint clair dans l'esprit d'Aurore : bien sûr, ça ne pouvait qu'être elle !

Elles parlèrent encore cinq minutes de Timothée, de théâtre, de la troupe et de la vie étudiante. Agathe avait fini par la convier à une répétition ouverte jeudi soir, « si tu es curieuse de voir ce qu'on peut donner sur scène ». Aurore avait, en réalité, bien des fois pu voir Timothée jouer bien sûr, depuis 5 ans qu'elle le côtoyait ; mais elle ne s'y refusa pas, ayant bien trop envie d'avoir une occasion de revoir sa nouvelle connaissance, et qui plus est, en train de jouer. Agathe lui précisa l'horaire et le lieu exacts, puis s'éclipsa aussi discrètement qu'elle était venue. Mais avant cela, elle glissa dans un sourire coquin :
« Eeeh, psst... ! J'adore tes cheveux ! »
Et elle s'en alla sans même laisser à Aurore le temps d'entamer une réponse.

Thèmes

Image de Nouvelles
1

Un petit mot pour l'auteur ?

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lire la charte

Pour poster des commentaires,
Image de Amphicyon
Amphicyon · il y a
Une histoire d'amour qui s'amorce peut-être dans le théâtre de la vie ;-)
·