La raclée

il y a
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A 4 ans je lisais déjà avec avidité la semaine de Suzette et autres aventures enfantines.
Ne me demandez pas comment c'était arrive ; j'e n'ai pas le moindre souvenir de la forme d'apprentissage qui m'avait amenée la, à part l'amour immodéré que je portais à mon institutrice de maternelle, Sœur Marie Saint Anne, une délicieuse jeune femme d'a peine 20 ans dont la cornette auréolait le teint de porcelaine et le sourire désarmant.

Bref, ne riez pas, j'étais surdouée ; c'est parfois très encombrant.
J'ai dû quitter Sœur Marie Saint Anne quand la famille a déménagé et en trois jours dans la nouvelle école, je suis passée de la moyenne section au Ce2, après qu'on m'ait demandé de lire un paragraphe idiot, d'une simplicité évidente , quoique manifestement pas pour la classe ébahie.
Donc, à 9 ans et des poussières, je me suis retrouvée en 6eme, toujours aussi surdouée mais pas du tout mature et j'ai décidé de regarder passer les trains

J'ai loupé cette année la ; on a jugé préférable de me la faire redoubler.

A titre d'encouragement pour mon côté créatif, j'ai pu commencer le piano et j'ai montre un enthousiasme débordant pour les classiques favoris,en même temps qu'une presque adoration pour mon professeur, Mme Gay, la bien nommée.

J'ai aussi loupé ma seconde 6eme.

Alors que je me voyais déjà concertiste à Pleyel, terminé le piano, retour aux fondamentaux pour la 5ème : devoirs, leçons, devoirs, leçons.
Fanchon h
J'ai entamé alors une carrière d'amuseur public. Je menais dans la classe une ambiance de rigolade, et les heures de colle pleuvaient. Il est vrai que mon physique maigrichon et sans charisme expliquait mal cet ascendant sur mes camarades qui ne se privaient pas de dénoncer l'origine des incartades.

Cette fois, ça a été chaud. Mon père était un colosse d'un mètre 90, jamais là, mais le week-end, il distribuait les baffes (ça se faisait à cette époque) et ma mère qui dans un premier temps avait porté l'accusation, tentait vainement d'arrêter le bras vengeur. L'un de mes frères en particulier les collectionnait avec assiduité.

J'ai été virée du collège. Et là, pour la seule et unique fois de ma prime jeunesse, j'ai pris la raclée de ma vie (il appelait ça une danse) ; j'essayais de me faufiler dans le plus petit recoin mais il arrivait à m'en sortir et ça continuait... mon souvenir prétend que c'etait pendant des heures mais avec le recul, je pense que finalement non.

En tous cas, ça a été salutaire ; j'ai arrêté d'être surdouée (quoique!) et j'ai terminé ma scolarité normalement, sans classe d'avance et sans fanfare.

Je me suis remise au piano à 20 ans mais je ne ferai jamais Pleyel.

Et aujourd'hui si je lis une histoire en public, c'est aux enfants de la bibliothèque qui aiment bien, enfin je crois.
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Brigitte Bardou · il y a
J’aime bien l’humour de ce texte. Rire de soi-même c’est un art ! Mais perce aussi la désillusion... enfin, il me semble. J’ai vécu des choses un peu semblables ( la 6ème à 9 ans ) et je sais qu’on y laisse des plumes.
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françoise CLAUDE · il y a
Et quelques regrets, surtout pour Pleyel ! Merci !