La palette de peinture

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Ce soir-là comme tous les autres, il m’accorda cinq minutes seule dans la salle de bain. J’avais pour habitude de retourner le petit sablier disposé au coin du lavabo, puis une fois le compte à rebours mit en marche je me hâtais pour me déshabiller et contempler l’œuvre qu’il avait créé de ses mains robustes. De magnifiques dégradés de couleurs s’étendait sur tout mon corps passant du violet foncer a de splendides nuances de bleu.

D’après lui, c’est important de posséder une particularité physique, cela nous différencie des autres, moi j’avais ces somptueuses taches, j’étais grâce à elle, comparable à ce qu’il y a de plus magnifique au monde comme un arc en ciel ou bien un paquet de bonbon dragée pour enfant, cependant j’affectionnais particulièrement le fait de me comparer à une palette de peinture allez savoir pourquoi. Le seul point négatif c’est qu’il fallait souffrir pour être belle.Alors chaque jour, lorsque l’envie lui prenait de me « former pour un monde meilleur » comme il me l’avait si bien expliqué, je devais subir certaines endurances physiques.

Mais, voyez-vous, tout cela, c’est ce qu’il voulait me faire croire ; le fait que j’étais belle tel quelle, que ça me rendrait forte. C’était complètement faux, et d’ailleurs je l’ai toujours su, mais la règle numéro une perdurai et résonnais dans ma tête : se taire. Mais depuis un temps plusieurs questions bousculaient mes pensées : Que pouvait-il m’arriver si je ne respectais pas cette règle ? Que pouvait-il m’arriver de pire que ce que je n’endure déjà ? Tout en contemplant les deux dernières minutes s’écouler, sur un coup de tête je pris la courageuse initiative du fameux « ça passe ou ça casse » qui ne tente rien n’a rien non ? Lorsque la porte se rouvris laissant apparaitre sa haute silhouette je du esquisser un large sourire en le remerciant car cela le mettait de bonne humeur. Il était fier, fier de mon comportement. « J’ai bien fait de t’épouser tu es ma plus grande fierté tu le sais ça ? », un simple hochement de tête lui suffit je ne devais rien laisser paraitre, rester naturel, rester sage.

Une fois la soirée terminée ce fut l’heure de se coucher. La pendule indiquait trois heure et quart, je pris soins qu’il soit bel et bien endormi pour passer à l’action. Autrefois il m’attachait au lit afin que je ne puisse m’enfuir, mais à présent il me faisait assez confiance, triste erreur ou simple test ? Peu m’importe je m’apprêtais à me libérer de cette prison sans barreaux. J’inspira un grand coup juste avant de me défaire de la couette chaude et envahissante, je sortis du lit dans le plus grand des silences en me munissant de son téléphone portable qui se trouvait sur la table de chevet près de mon oreiller.
Je me dirigeais maintenant vers la porte d’entrée pied nue et vêtue d’une vielle robe de chambre tacheté de graisse.

Je m’arrêta net devant cette dernière. Une seule larme suffit pour enflammer mes joues, je posa lentement mon regard sur mon épaule droite. Sa main. Sa main était posée sur mon corps, ce seul geste suffit pour me faire comprendre que j’avais commis une grave erreur. Il se tenait là, le regard remplie de déception. Durant environs vingt secondes, ce qui me parue une éternité, nous restâmes devant la porte à nous regarder. Puis il ouvrit enfin la bouche : « tu veux vraiment t’en aller ? » me lançât-il d’une voix étonnamment calme. Surprise de par sa réaction, je me mis à sangloter en exclamant haut et fort ma réponse « Ouiii je t’en supplie laisse-moi partir !!! ». Alors immédiatement, il m’aida à ôter tous les mauvais souvenirs de lui, de cette maison, mon cœur battait si fort que je ne le sentais presque plus. En premier lieu il m’accompagna dans un endroit sombre quasiment noir, puis sa vaste ombre se dissipa peu à peu dans l’obscurité. En plissant les yeux j’ai pu facilement discernée une pente que j’ai pu ascensionner assez rapidement. Au bout de cette pente une lumière aveuglante me transportât de plus en plus haut, puis la lumière céda sa place à un magnifique paysage haut en couleurs. Des centaines de milliers de femmes tel que moi vivait ici en harmonie, cet endroit respire la joie de vivre et la bienveillance.
Je suis ici bien et en paix et le monde ne m’a jamais parue aussi beau.
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Marie Juliane DAVID · il y a
Très belle écriture Maissa.
Bravo et bonne continuation.
Si vous avez un peu de temps, je vous invite à lire mon texte "Mésaventures nocturnes" en lice pour le Prix des jeunes écritures. Pour y accéder plus facilement, vous pouvez cliquer sur mon nom en haut de ce commentaire. Merci d'avance de passer.

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