La nature

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Je chemine, oui je chemine. J’ai  plutôt envie de dire que je vagabonde dans les hauteurs de la ville de Camp-Perrin .   Que c’est beau  d’être au milieu de cette nature  où ma mémoire a photographié  des moments délicieux. Oh mère nature !!!   Pourquoi on n’en fait pas une carte postale  tellement tu es magique ? Je me trouve à la position idéale où je peux admirer au loin trois étangs aux formes et aux beautés différentes .chacune d’elle  a une chose en commun : le pouvoir de fournir  du  poisson a la communauté environnante.  

 

Soudain une douce brise frôlant ma peau me donne la chair de pouls  comme si elle voulait envoyer un signe ostentatoire à son séducteur. Je voudrais qu’elle soit éternelle  mais ce moment de plaisir s’arrête  au moment où il est  à son paroxysme. Pourquoi  arrêtes- tu de me caresser mère nature ? Dois- je te supplier ? Dois- je parler ton langage ? Mais je ne sais pas le parler ton langage mon amour chérie ? Quoiqu’ il en soit Je sais que je te défendrai toute ma vie. Tout d’un coup un abattement  me saisit. La réalité semble se dissiper. Je  me sens dans un autre monde ou rien n’est clair et où ma douce nature ne  semble être   accessible que par mon moi   profond.

 

Je ne sais pas  par quel miracle, au moment où j’allais pleurer.  Je reviens   au milieu de ma chérie. Je crois que c’est notre amour partagé  qui m’a permis de te retrouver. Je reprends plaisir, de plus bel, à t’observer. Je suis entouré de tes fleurs tropicales de différentes couleurs  faisant  de ce coin un havre de bonheur à nul autre pareil. Toutes ces  fleurs exhalent un parfum aux odeurs exquises .L’hibiscus aux fleurs de couleurs vives semblent inviter généreusement les hirondelles à picorer. L’allamanda répand son beau jaune dont l’éclat le hisse au rang de merveille du monde. L’orchidée aux multiples couleurs entourées d’abeilles butinant son sirop  dont les multiples allers venus nous indiquent que c’est ce qui a de mieux pour la fabrication de miel. Un peu plus loin de petits lotissements rectangles de surfaces variées remplies de mais, de petit mil , d’où souffle une légère brise ,est le paradis d’oiseaux  de toutes sortes. On y voit atterrir, s’envoler des gros, des petits   à un rythme qui nous fait croire qu’ils  y jouent à cache- à  -cache  ou aux amoureux  lies par un amour doux et récent  dont l’insouciance peut  faire  oublier que la vie est ambivalente. On en profite à fond jusqu’au jour où la dure réalité de la  loi du contraire nous foudroie.

 

Une autre musique du vent me rappelle d’autres existences : celles des cocotiers, des manguiers, des bananiers, des amandiers qui se trouvent sur ma droite. Je continue de cheminer en admirant  au loin les étangs décorés d’oiseaux roses, de barques dirigées  par des paysans pécheurs. Soudain me vient l’idée  de créer un complexe hôtelier. Au même moment ou  j’y pense  , la brise s’arrête  ...elle semble me dire que c’est une mauvaise idée. Je rétorque que c’est un complexe vegan que J’ai en tête. La brise reprend avec plus de douceur et d’intensité. Je  souris à l’idée d’apprendre le ba ba du langage naturel. Elle vient d’essayer de me dire que son secret m’est uniquement dédié. Oh oh !!!!! Que tu es jalouse !! Comme excuse je reprends mon air insouciant d’adolescent et reporte à plus tard toutes ces réflexions capitalistes.     

 

Un peu plus loin,  à droite,  on  voit un petit bois d’où vient le chant des oiseaux perchés  comme un orchestre payé  pour charmer les visiteurs   liés par une relation passionnelle avec cette  nature.je me mets  à chanceler . Je suis en train de perdre le contrôle de mon corps. Tout devient flou.  Où  est-elle la nature ? Je ne te vois pas. Je commence à pleurer.. bahhw ..Je réapparais  dans les bras de ma nature. Je veux que mon moi profond  perdure une éternité. J’ai appris la marque du pluriel ce matin à l’école. Ce moment est trop exceptionnel. Ce sont  plusieurs éternités qui me conviendraient .Peut être plus tard je saurai d’autres expressions dont le sens est plus fort que plusieurs éternités. À ce moment-là je changerai de vocables.  Non il sera trop tard. Je m’en veux de ne pas le savoir déjà. Je souris à l’idée qu’il me restera de doux souvenirs.

 

Il me semble que j’entends le bruit d’une rivière  .Il faut que je fasse un seul avec elle .Pour m’y rendre, je passe sous une forêt de manguiers. Que de mangues j’ai mangées. La folie d’imaginer le nombre de mangues que j’ai consommées me vient à l’esprit ; peut-être dix mille containers de mangues ? Oh douce nature !!! Que je te dois !!!!  À quelques mètres en contre-bas, je découvre l’une des sources  de la rivière. J’en bois un peu, j’en bois un peu plus, j’en bois beaucoup, putain, j’en bois vraiment beaucoup ! tu vois la nature que je suis vraiment amoureux de toi.

 

J’ai eu la merveilleuse idée de suivre ce petit cours d’eau qui prend en ampleur à mesure qu’il s’étend en longueur. Le long du cours  d’eau, je marche doucement .j’observe des deux côtes de la rivière les merveilles de la nature : les repaires des crabes multicolores débordant d’énergie et constamment  sur la défensive,  dans l’eau  des petits poissons d’eau douce dansant  dans l’eau au rythme  des chants des oiseaux , le trou des serpents, les langoustes qui jouent au plus malin avec les lapins. Toute une végétation riche et diversifiée propice à cette biodiversité s’érige en sentinelle pour  pérenniser la vie. Oh nature !!! J’ai vu à la télé que dans des contrées lointaines  tu es en danger à cause des entreprises au  nom bizarre  en quête de profit. Ils se rendent pas comptent que l’homme et la nature ne peuvent pas exister l’un sans l’autre. A peine je finis de parler, un gros rocher déboule d’une hauteur de cinq mètre  et atterrit dans l’eau dans un tonnerre retentissant. Je comprends aussitôt qu’elle n’est pas contente de mes propos.  Tu penses que tu  n’es pas dépendante de l’homme ? Comment ferais tu  alors pour respirer le gaz carbonique  si on n’était pas là pour le  produire pour vous ? En tout cas, je sais que tu ne peux pas vivre sans moi. Je te défendrai sous tes formes .j’apprendrai toutes les  langues du monde pour défendre ta cause face à tes des destructeurs et je m’allierai avec les vrais écolos  pour toi chérie.

 

Je suis content de découvrir le bassin que je cherchais .je vais me baigner quoique je sache que mon ventre rempli d’eau me rend plus lourd. Encore une fois, je sens mon  dispositif biologique interne  reprendre le dessus. Je suis confus, je perds la réalité. Il faut que je revienne car je dois faire un  avec la nature. J’arrive à m’agripper à la nature.

Je fais un ouf  de soulagement !!Sans plus tarder, je plonge dans  la forme liquide de cette nature pour m’unir  avec elle. À l’école, on m’a dit que tout est énergie !! Je doute que tu sois énergie ? L’idée de faire un seul avec toi me monte à la tête. Cette idée en prend le contrôle total. Je vais te rendre ce que tu m’as donné. Oui te rendre ton eau en même temps que je nage dans ton corps  et te boire. Je rends cette eau avec une joie intense croyant que j’allais en augmenter le volume.

 

Mon moi profond  semble s’évanouir tout à coup. Je sens l’autre moi  qui s’impose petit à petit. Mais il  y arrive dans une lenteur qui semble éternelle. Au fur à mesure que je m’éloigne de toi, nature, je sens une sensation désagréable. Arrivé au  bout du tunnel où l’autre réalité m’attend, j’entends une voix étouffée citée mon nom. Quand il prend totalement le dessus, j’entends ma maman qui crie mon nom avec colère : Putain à ton Age tu pisses encore dans ton lit. File vite te laver et  ta literie à la rivière  avant que je te donne une bonne leçon ! Sur ces menaces stériles comme tant d’autres de ma maman chérie, je prends la direction de la rivière  avec l’impatience de  retrouver ma nature chérie.
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