La mystérieuse disparition du Choixpeau magique.

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Potterhead convaincue, apprentie auteur à la curiosité sans fin  [+]

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Au premier étage d’une boutique d’antiquités magiques du Chemin de Traverse, un jeune homme se tortillait nerveusement sur un banc capitonné d’une salle d’attente. Dans son costume marron quatre pièces tiré à quatre épingles, et ses chaussures soigneusement cirées, Arthur Doyle n’en menait pourtant pas large. Attrapant d’un geste vif sa belle canne au pommeau sculpté dissimulant sa baguette, le jeune homme au nez pointu et au maintien qui trahissait une belle naissance, marcha d’un air décidé vers la porte de l’atelier, avant de se raviser. On lui avait bien spécifié de ne pas déranger le délicat travail en cours.
Mais quelle idée avait-il eu d’accepter d’amener le Choixpeau magique pour un rafistolage ? La jour de la rentrée, qui plus est ! Son premier jour comme professeur de défense contre les forces du mal !
Il avait accédé de bon cœur à la requête la directrice, Minerva McGonagall. Pour être bien vu, sans doute. Mais à présent qu’il attendait depuis des heures que le père de Madame Guipure en eût terminé, Doyle pensait que cela avait été une pure folie. Il pourrait rater le train, l’artisan pourrait abîmer le Choixpeau, ou pire, Doyle pourrait le perdre sur le chemin du retour !
Il fit les cent pas quelques minutes encore, avant que la porte de l’atelier ne s’ouvre. En sortit un vieillard coiffé d’un chapeau ubuesque en forme de tête de canard étranglé par un serpent. Avec sa robe de couleur rose fluo et sa tête rentrée dans ses épaules, l’homme n’inspirait pas confiance. Mais c’était bien à lui qu’on avait confié la réparation d’un des objets les importants de Poudlard, l’école de sorcellerie.
– Tout s’est bien passé, annonça l’antiquaire.
– Quand pourrais-je le récupérer ? Demanda Doyle en se passant une main dans ses longs cheveux roux. C’est que le Poudlard Express est à 11 heures, vous comprenez.
– Oh, je vous le remets dans son sac et il est à vous ! Mais... Me permettez-vous une question ?
– Je vous en prie, Monsieur.
– Comment ces déchirures se sont-elles produites au juste ?
– La directrice McGonagall l’ignore. Il semble qu’ils aient retrouvé le Choixpeau par terre, mutilé, très tôt ce matin, juste avant mon entretien final. Ils soupçonnent un doxy...
– Ah oui ? Et il n’a pas eu de témoin, parmi les tableaux ?
– Pensez-vous ! Ils étaient tous soit endormis, soit partis. Albus Dumbledore dit n’avoir vu que le Choixpeau tomber subitement, de là où il est. C’est d’ailleurs lui qui a évoqué la possibilité d’un doxy. Apparemment, il en chassait de son bureau, parfois, en son temps.
– Bien, d’accord...
– Excusez-moi, mais pourquoi cette question ? Vous avez bien reçu le billet que je vous ai transmis par hibou express, n’est-ce pas ?
– Bien sur, mais, en le réparant, j’ai eu la vague impression que ces mutilations étaient volontaires, et autonomes.
– Pardonnez-moi, mais c’est insensé ! Comment, par la barbe de Merlin, un vieux chapeau pourrait-il s’infliger lui-même de telles blessures ?
– Je sais, n’est-ce pas ! La sénilité me gâte, que voulez-vous. Enfin bon, il est fin prêt pour s’égosiller et répartir nos marmots.
– Je vous remercie bien monsieur Guipure ! Combien je vous dois ?
Après avoir payé ses cinquante gallions d’or et récupéré le sac de cuir qui contenait le précieux Choixpeau, Doyle dévala les escaliers, traversa à grandes enjambées la boutique de Madame Guipure, et s’élança dans le Chemin de Traverse, en direction du Chaudron Baveur. Il ne lui restait que quelques minutes pour rejoindre la gare de King’s Cross et attraper le Poudlard Express.
Il transplana non loin de la gare londonienne vers laquelle il courut à toute vitesse. La rentrée était pour tout le monde, même les moldus. Alors, Doyle se fit bousculer, manqua de faire tomber ses lunettes, avant de repousser à son tour quelques voyageurs pour atteindre la voie 93/4, deux minutes avant le départ.
– Triple bouses de dragon ! Rugit le jeune professeur en fonçant dans la barrière.
Sur le quai, le chaos régnait. Le Poudlard Expresse sifflait déjà de gros nuages de vapeur et le contrôleur invitait les familles à descendre du train. Serrant contre lui le sac de cuir, Doyle fendit la foule de parents inquiets par le départ de leurs bambins.
– Franck ! Dépêche-toi, nous allons le rater !
Une grande femme, rousse et élégante percuta Doyle de plein fouet. Il laissa tomber sa canne par terre, qui roula quelques mètres plus loin.
– Ma canne !
Jurant par tous les gobelins qui existaient devant l’impolitesse de cette sorcière qui s’en allait sans s’excuser, il ramassa ce qu’il avait de plus précieux et posa un court instant le sac de cuir, afin d’examiner sa canne et la baguette magique qu’elle contenait.
– Pardonnez ma mère, Monsieur, lui dit alors une petite tête brune, au visage rondouillard et à l’écusson de Gryffondor, qui s’était arrêté à sa hauteur.
– Franck ! Allez !
Soucieux, Doyle vérifia une fois de plus que la peinture en forme d’écaille de serpent n’avait pas été éraflée, puis se retourna pour récupérer le Choixpeau. Mais le sac de cuir partait déjà dans les mains d’un bagagiste qui le balançait dans le dernier wagon, tandis que le contrôleur sifflait le départ du Poudlard Express.
– Tiens petit, lança l’employé au dénommé Franck, tu as oublié ça sur le quai !
D’un saut, Doyle rattrapa le bagagiste, alarmé par ce qui se produisait à l’instant.
– Hé ! Mais, attendez ! Ceci est à moi !
Il grimpa par la porte du dernier wagon en tentant d’attraper le sac de cuir, mais le contrôleur l’agrippa avec force par le col et le tira sur le quai. Doyle dû négocier si longtemps, montrer tant de fois son billet et la lettre de la directrice McGonagall, que le train démarrait, et que la dernière voiture était déjà au milieu du quai.
Le jeune se précipita alors à la poursuite de l’engin, et se jeta, de tout son corps, sur le palier extérieur du train. Il ouvrit la porte d’un coup de baguette, et pénétra à l’intérieur du wagon. Des gouttelettes perlaient sur son visage, et ses yeux cherchaient avidement l’important sac. Il l’aperçut avec un grand soulagement dans le couloir. Sans attendre, il s’en empara, s’enquit de son contenu, et se dirigea vers l’avant du train où il devait se manifester auprès du conducteur.


Il le salua dans le wagon de tête, où il discutait avec la vieille sorcière au chariot à friandises, avant de s’installer dans le premier compartiment, réservé aux professeurs. Cette année, il était seul à l’utiliser, et il en profita pour sortir le Choixpeau à l’air libre. Ce dernier avait grogné tout le chemin aller de ne pas pouvoir discuter avec autrui. Doyle avait eu beau lui expliquer que les moldus étaient peu habitués à ce qu’un objet leur parle, le Choixpeau lui avait tenu la jambe jusqu’au Chaudron Baveur, le faisant passer pour un fou ventriloque. Mais, ravi d’avoir rempli sa mission, il ouvrit joyeusement le sac et en découvrit le couvre-chef dont il s’émerveilla de la restauration. Guipure avait fait un excellent ouvrage, un vrai travail d’artiste. Il était comme neuf ! Assis bien droit à côté, Doyle rajusta ses lunettes et sortit un traité de défense contre les forces du mal, s’étonnant agréablement du silence du Choixpeau. Mais après tout, n’importe qui pouvait être exténué après une opération à tissu ouvert. Doyle se réjouit de pouvoir lire quelques pages de son ouvrage sans que l’objet ne pousse la chansonnette.
Cependant, à son grand étonnement, ce ne fut pas quelques pages, mais le traité entier qu’il put lire sans que l’objet magique ne pipât mot.
– Et bien, Choixpeau ? Se moqua Doyle. Guipure vous a t-il cousu la langue à un pli ? Cela risque d’être très embêtant pour répartir les élèves dans les différentes maisons !
Le jeune professeur s’amusa, plusieurs minutes durant, à singer un chapeau dont la bouche cousue criait un étouffé : « Pmsflm ! ». Il regarda d’un air railleur le Choixpeau, toujours muet, sûrement encore embarrassé d’avoir du se mettre à nu devant Guipure. Mais après avoir encore réalisé quelques pitreries, Doyle commença à s’inquiéter. Il se demanda si le Choixpeau n’avait pas un problème, finalement. Il le prit doucement entre ses mains, comme un animal blessé, et l’observa sous toutes les coutures.
– Par la barbe de Merlin ! S’affola t-il. Mais c’est à un vulgaire chapeau que je parle! Ceci n’est pas le Choixpeau magique !
La tête entre ses mains, Doyle fit les cents pas, transpirant à grandes gouttes de la bêtise qu’il avait commise.
– Je suis fichu ! J’ai perdu le Choixpeau, mon avenir est fini !
Son esprit qu’il croyait pourtant brillant ne fonctionnait plus, embrouillé par tout ce que lui ferait subir la directrice McGonagall en apprenant sa mésaventure. Et soudain, la porte de son compartiment s’ouvrit à grand fracas et il sursauta violemment.
– Et bien, jeune homme ! S’exclama joyeusement la vieille femme au chariot. Je vous ai fait peur on dirait ! Souhaitez-vous quelques douceurs ?
– Non, merci ! Répondit Doyle, continuant sa marche. Je cherche un chapeau plutôt !
– Ah, je suis désolée, mais je n’ai pas de chapeau fondant, mon fournisseur n’a pas reçu sa commande à temps ! Mais j’ai des patacitrouilles, des chocogrenouilles, des dragées surprises, des...
– Non, je ne veux pas de tout cela, je cherche mon chapeau vous dis-je !
– Et bien, pas la peine de vous énerver de la sorte ! Il est là, votre chapeau, juste derrière vous, sur la banquette !
– Ce n’est pas celui là !
– Enfin, voyons, ne vous mettez pas dans un état pareil, ce n’est qu’un chapeau, vous en rachèterez un à Pré-au-lard ! Pourquoi nous envoie t-on toujours des professeurs de défense contre les forces du mal atteints de bizarreries... Ce n’est pas saint pour les élèves !
– Les élèves ? Mais bien sur ! Le rondouillard !
Et sans plus attendre, Doyle sauta par dessus le chariot, et se lança à la recherche du dénommé Franck dont la mère l’avait bousculé plus tôt. C’était forcément lui, qui avait le bon sac !
Comme un chasseur à l’affût de sa proie, Arthur Doyle ouvrait les compartiments les uns après les autres, d’un coup de canne. Mais tous ces petits êtres turbulents qui ne seraient finalement peut-être pas ses élèves, en ayant au passage ruiné son avenir, étaient tous trop grands, trop petits, ou trop Serpentards pour être le Franck rondouillard.
Désespéré, il s’arrêta au milieu du corridor pour réfléchir. Mais à peine fut t-il adossé à la fenêtre, que deux Gryffondors le bousculèrent pour passer en courant, des baguettes surprises Weasley à la main, qui avaient pris la forme d’un bruyant perroquet en caoutchouc et d’un tonitruant marteau. Excédé et doutant de sa vocation de professeur, Doyle tendit sa canne vers les deux élèves, et les ramena à lui tel un lasso qu’il aurait lancé.
– Oh là, vous deux ! Il n’est déjà plus dans les usages de Poudlard que les élèves s’excusent auprès d’un professeur ?
La surprise qui se lut sur leur visage satisfit le professeur, qui pensa même à pousser le vice jusqu’à enlever des points imaginaires à cette maison rivale.
– Enfin, peu importe, reprit-il, je suis à la recherche d’un élève de votre maison me semble t-il, peut-être pourrez vous m’aider pour vous racheter. C’est un petit rondouillard, brun, du nom de Franck.
– Franck Londubat, vous voulez dire, Monsieur ?
– Le fils du professeur de botanique ?
– Oui, c’est ça, on l’a vu tout à l’heure dans l’avant dernier wagon. Il se plaignait d’avoir perdu son sac.
Puis, se voyant libérés de toute éventuelle sanction, les deux lions s’échappèrent pour renverser, un peu plus loin, des premières années.
– On se demande où sont les préfets... Grogna Doyle en reprenant sa route vers la queue du train.
Et effectivement, il trouva en chemin, le petit Franck Londubat passant de voiture en voiture, réclamant son sac. Un sourire victorieux en coin, il s’approcha de lui tout en tendant sa main derrière son dos. « Accio, sac de cuir ! »
– Londubat, appela t-il, j’ai votre sac.
Le visage du garçon s’éclaira jusqu’à ce que celui du professeur ne se durcisse.
– Où est le mien, celui qui lui ressemblait ?
– Quoi ? S’étonna Franck. Je ne connais que le mien, Monsieur ! D’ailleurs, ce n’est pas celui que vous avez en main. Dans mon sac, il y a des extraits d’engrais frais, très odorants, que m’a demandé mon père.
Assommé, Doyle ne se rendit pas compte que Londubat était parti depuis longtemps, et que le train ralentissait, en approche de la gare de Pré-au-Lard.
Lorsque le Poudlard Express freina, et que la voix du demi-géant Rubeus Hagrid rugissait déjà, il se tenait encore debout, immobile, le regard hébété. Mais où pouvait donc bien être ce Choixpeau ? Qui avait pris le sac de cuir que le bagagiste avait lancé dans le train, quelques heures auparavant ? Bien sur, Arthur Doyle avait pensé à utiliser la magie pour l’amener à lui, mais il y avait une limite à l’attraction des objets dotés d’une conscience, et de toute façon, il fallait connaître le lieu d’origine de l’objet pour que le sort fonctionne.
– Alors, professeur, vous avez trouvé Franck ?
Doyle sortit de sa réflexion et reconnut le Gryffondor aux cheveux noirs en bataille qu’il avait sermonné plus tôt. Celui-ci lui sourit et descendit gaiement du train sans attendre de réponse. Retrouvant de son aplomb, le nouveau professeur fit de même et observa la foule d’élèves, debout sur un banc. Et puis, petit à petit, s’habituant à l’obscurité de cette nuit d’automne, ses yeux se fixèrent sur une première année, la seule de l’assemblée coiffée d’un vieux chapeau pointu.
– Là, je te tiens maudite antiquité ! Murmura t-il.
La petite fille suivait fébrilement l’énorme garde-chasse vers le lac de Poudlard, que le groupe s’apprêtait à traverser en barque. Doyle se faufila avec difficulté parmi les centaines d’élèves surexcités qui couraient, et criaient, en grimpant dans les diligences du collège. Et quand il parvint enfin à la rive, la petite fille au chapeau était déjà dans une embarcation, et Hagrid donnait le coup d’envoi du départ avec son parapluie rose.
Voyant les bateaux se décoller, Doyle courut à toute vitesse et s’élança sans réfléchir vers la barque la plus proche de la rive. Mais, comme par magie, celle-ci accéléra subitement et le jeune homme tomba lourdement dans l’eau glacée du lac. Déjà attrapé par les pieds par les grandes algues montantes qui peuplaient l’environnement, Doyle sortit précipitamment sa baguette de sa canne pour se dégager. Cependant, le froid l’engourdissait et ses gestes étaient lents, trop lents pour viser correctement. Mais soudain, il sentit une sorte de grosse bouée lui encercler la taille, le serrer très fort, avant le soulever, et de le projeter avec force sur le rebord du lac.
Il roula sur plusieurs mètres, la vision floue et crachant de l’eau. En se relevant, il n’entraperçut qu’une grosse tentacule ramper vers l’eau grise du lac. Trempé, pestant contre le monde entier, Arthur Doyle remit sa redingote en place, remonta son pantalon, et replaça en arrière ses longs cheveux roux. Il regarda, abattu, sa canne couverte de dépôt d’algues vertes. Puis, il tourna les talons pour remonter vers le château, marchant silencieusement, cherchant, en vain, un moyen d’échapper à sa malchance.
Sur le chemin, il croisa Franck et son père, le professeur Neville Londubat, visiblement contrarié que son fils ait perdu son sac de matières fécales. Quand ils l’aperçurent, Neville Londubat exprima sa surprise par un salut maladroit.
– Que vous est-il arrivé, professeur ? Demanda Franck.
– Je suis tombé à l’eau, s’agaça Doyle en accélérant légèrement le pas.
– Quelle mésaventure formidable ! S’exclama Londubat père. S’il vous pousse quelque chose sur la peau, venez me voir que je puisse l’étudier avant que Madame Pomfresh ne vous l’enlève !
– Promis.
– Mais au fait, j’ai appris que vous aviez emmené le Choixpeau magique à réparer aujourd’hui. Savez-vous comment ces déchirures se sont produites ?
Doyle envoya balader un caillou d’un coup de pied avant de marmonner :
– Des doxys, semble t-il.
– Des doxys dites-vous ? Comme c’est étrange, Poudlard est traité chaque année contre ce genre de nuisances, juste après le départ des élèves.
– Vraiment ?
– Oui, c’est même moi qui organise tout cela ! Et l’entreprise fait particulièrement attention au bureau de la directrice. Pensez-vous, avec les trésors qu’il abrite !
Doyle ralentit à la hauteur des deux Londubat, intrigué par cette révélation.
– Vous voulez dire qu’un doxy n’aurait pas pu se trouver dans ce bureau, pour attaquer le Choixpeau ?
– Ce serait très étonnant, en effet.
Alors, le nouveau professeur se remémora la folle pensée de Guipure. Pourrait-il avoir raison ?
– Pensez-vous que le Choixpeau magique aurait pu s’infliger ces sévices ?
– Le Choixpeau ? Non, la cérémonie de répartition est sa seule sortie de l’année, il passe des mois à écrire sa chanson de bienvenue. Il ne raterait cela pour rien au monde.
Doyle garda le silence devant ce mystère qui restait entier. Il ne pouvait pas avouer à Londubat qu’on lui avait subtiliser le précieux objet. Cependant, quelqu’un désirait plus que tout perturber la rentrée, en tenant loin de Poudlard un de ses symboles d’impartialité. Mais qui ?
– Il faut en informer McGonagall...
– Je vous demande pardon ?
– Rien, je parle tout seul en ce moment.


Minerva McGonagall préparait déjà les premières années à entrer dans la Grande Salle, lorsqu’ils pénétrèrent à leur tour dans le hall. Ils se séparèrent et Doyle se précipita vers la directrice, très nerveuse.
– Je dois vous parler, chuchota t-il, maintenant, c’est important.
– Doyle ? Vous devriez être rentré depuis des heures ! Mais où étiez-vous ?
À l’écart, il narra sa déconvenue et les suspicions qui l’accompagnaient.
– Quelqu’un désire à nuire à l’école, Madame la Directrice.
– Ou alors, vous chercher une bonne excuse à votre terrible maladresse !
– Mais je vous jure que non !
– Je ne suis pas sénile à ce point, Doyle, et vous commenceriez bien mal votre vie d’adulte en le croyant !
– Mais...
– Taisez-vous et disparaissez de ma vue. Vous avez fait assez de dégâts comme cela. Allez vous asseoir, et demandez à Flitwick de venir me rejoindre. Il faut trouver un autre moyen de répartir les élèves à tout prix ! Et arrangez votre tenue, ce n’est pas possible de vous présenter dans cet état voyons !
Rouge pivoine, il regarda en silence la directrice apposer sa baguette sur sa tête, et le sécher entièrement. Puis, obéissant scrupuleusement, Arthur Doyle alla s’asseoir dans la Grande Salle sous les regards curieux des élèves. Il aborda en chemin le professeur de sortilèges, qui sauta avec enthousiasme de sa chaise haute. Enfin, il se servit un verre de Whisky pure malte et le but cul sec.
Rien autour de lui ne parvenait plus jusqu’à son cerveau. Pris de vertige, Doyle ne remarqua pas le cortège de premières années entrer dans la Grande Salle sous son ciel étoilé. Il sentit à peine McGonagall venir s’installer à sa gauche, laissant le vieux Filius Flitwick apporter le petit tabouret, avec à la main...
– Non d’un gnome en chaussettes !
Doyle bondit de son siège. Un coup de tonnerre s’était abattu sur sa tête. Debout, il n’entendit pas le silence gêné qui s’était installé suite à son intervention impromptue. Son attention tout entière se portait sur l’objet que tenait Flitwick de sa petite main dodue. Il n’en croyait pas ses yeux. C’était bien le Choixpeau magique !
– Mais comment est-ce possible ?! Où l’avez-vous trouvé ?
– Si vous vouliez bien pour rasseoir Doyle, rétorqua McGonagall avec un sourire en coin, vous le saurez très vite !
Celui-ci se rendit enfin compte de la situation dans laquelle il se trouvait. Il eu la désagréable sensation de sentir la chaleur lui monter dans le cou. Redressant la tête, il se rassit, droit comme un i, sous le rire discret des élèves.
Et puis, dans un silence religieux, on invita le Choixpeau magique à entamer son chant de bienvenue.


« Cette année, fut engagé
Le plus jeune professeurs
De défense contre les forces du mal
Que Poudlard eu jamais possédé.

Talentueux, mais jeune et impétueux,
Quelle fut la bonne idée
D’Albus Dumbledore,
De jouer un petit tour
À notre nouveau venu.

Mon concours était requis,
Et c’est ainsi,
Que je fus sorti
De mon long sommeil
Pour une petite escapade,
En compagnie de l’impertinent professeur.

Mais rassurez-vous,
Tout heureux j’ai été,
De voir le monde,
Une journée toute entière
Aux côtés de ce cher Guipure,
Qui me recousu la tête
Aussi bien que son héritière
Prépare vos robes de futurs grands sorciers.
Un petit soin de beauté,
Pendant qu’un jeune homme,
Parcourait la Terre entière
À ma recherche.

Il n’ y a pas de moral à cette histoire,
Qui ne visait qu’à accueillir un jeune et espiègle professeur,
Si ce n’est de vous méfier de votre propre assurance.
À vous croire aussi malin que Salazar Serpentard,
On pourrait se servir de vos talents
Pour poursuivre un confrère chapeau,
Oh des plus communs,
Dans un train, dans un lac,
Pendant que le véritable objet de votre mission
Chantonnait de bon cœur,
Sur la terrasse de Florian Fortarôme.

Mais cher professeur,
N’en voulez pas à la vieillerie magique que je suis,
Ou au portrait poussiéreux,
D’un vieux fou.

Car ce sont les êtres brillants tel que vous,
Qui font le pire ou le meilleur de notre monde.

Ainsi j’espère,
Que par cette plaisanterie,
Nous aurons rappelé à tous les professeurs,
Frais ou rapiécés,
Qu’enseigner,
C’est tenter de parvenir à un noble but,
Même dans les pires conditions possibles.
Sans panache, ni illusions.

Alors regardez-les, ces petites têtes blondes, professeurs !
C’est après eux,
Que vous allez devoir courir à présent !
Tenez-vous prêt ! »

***

Arthur Doyle replaça élégamment ses longs cheveux roux en arrière. Ce jeune professeur de défense contre les forces du mal était nerveux, debout, devant la salle de classe qui était à présent la sienne. La veille, on lui avait fait une mauvaise blague. Mais ce qui l’obsédait à présent, était sa main qui tremblait en tenant la canne finement décorée, qui dissimulait sa baguette magique récemment lustrée en bois de hêtre et poils de licorne. Son arrogance avait disparu au profit d’une incertitude, de l’inquiétude d’un enseignant avant son tout premier cours. Quand les voix des élèves chahutant lui parvinrent aux oreilles, Arthur Doyle se crispa. Puis, il se redressa, remit en place son veston, lissa la longue cape, avant de pénétrer d’un pas nonchalant dans la classe, où les élèves se turent.
– Rangez vos livres, s’il vous plaît ! S’exclama t-il. Vous n’en aurez pas besoin dans ce cours.

Fin.
75

Un petit mot pour l'auteur ? 23 commentaires

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Image de Eric Lelabousse
Eric Lelabousse · il y a
Récit original et bien mené que j'ai aimé !
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Potter · il y a
C'était super, j'ai bien aimé, je vote !
Si tu veux voir ma nouvelle :
Neville mène la résistance à Poudlard
N'hésite à venir jeter un petit coup d’œil, la lire et me soutenir !

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T. Brekké · il y a
Excellente idée et très belle plume. J'ai beaucoup apprécié ma lecture.
Bonne chance pour la suite !

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Camille Dubois · il y a
J'ai beaucoup aimé cette petite histoire policière, je me demandais où était ce choixpeau malin et je me suis faite avoir comme le Doyle. Bravo je n'ai rien vu venir. J'ai bien aimé aussi les petits clin d'oeil aux enfants de la prochaine génération. En tout cas, pas de soucis à se faire, ce Doyle à l'air d'un très bon professeur! Mes votes!
Si tu as envie, je serais ravie que tu passes sur ma participation "une lumière verte et tout disparut"
Bonne chance ;)

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Constance Dufort · il y a
Bravo, +5! Je suis assez admirative des auteurs qui parviennent à recréer l'univers de JK Rowling car cela me semble inabordable en ce qui me concerne. Je suis vraiment fan et je vous félicite, j'ai passé un très bon moment avec votre histoire : une bonne idée, bien écrite, un rythme et des références à l'univers à foison, encore bravo!
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Julie · il y a
Titre attirant et intrigue plaisante, félicitations pour cette agréable histoire ! J'aime bien l'arrivée de ce nouveau personnage tout en retrouvant d'autres plus connus (Neville et son fils, ainsi que James dans le rôle du gryffondor aux cheveux en bataille ?) ainsi que l'enquête menée par Doyle. Un joli texte qui mérite mes trois voix !
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Marie Martin · il y a
Bien deviné pour James ! C'est en effet lui !
Merci pour vos compliments !

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Cléa Barreyre · il y a
Texte qui vaut le détour !
Amusant, bien écrit et tout ça autour d'un histoire policière. Que demander de plus ?
Je concours également mais dans la cate Fanart, je vous invite donc à venir découvrir mon dessin si le cœur vous ne dit!
http://short-edition.com/oeuvre/strips/severus-rogue-patronus-1

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Marie Martin · il y a
Merci beaucoup ! Très beau dessin, vous avez de grandes qualités en calligraphie par ailleurs !
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Mielloux · il y a
5 POINT POUR CETTE HISTOIRE ! une aventure policière amusante je me languissais de découvrir le dénouement final ^^ Vous m'avez fait passait un bon moment merci, si le cœur vous en dit je vous invite à découvrir ma bd sur cette univers magique : http://short-edition.com/oeuvre/strips/harry-l-histoire-oubliee-1
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Marie Martin · il y a
C'est un plaisir, écrire cette histoire m'a tout autant amusée ! La chute de votre B.D est tout autant géniale !! Je l'avais déjà découverte il y a quelques jours, même si je n'avais pas commenté. Je vous ai mis un petit mot du coup, car c'est un des travaux les plus aboutis que j'ai vu !
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Utilisateur désactivé · il y a
Merci pour cette agréable lecture. J'aime beaucoup le personnage principal et le clin d’œil à la famille Londubat. La chute m'a bien fait rire !
Image de Marie Martin
Marie Martin · il y a
Merci beaucoup pour votre lecture, je suis ravie que cela vous ai plu.
Image de Chantane P.
Chantane P. · il y a
bravo! mon vote
Image de Marie Martin
Marie Martin · il y a
Merci beaucoup !