La Mélodie de ma gare

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J'étais assise sur le banc, mon sac posé à côté, j'attendais le train.
Un train qui ne viendras pas.
J'observais la cohue tout autour. Je me demande si les gens savent que je ne prends pas le train.
Je ne peux pas j'ai des obligations je dois rester ici. Et puis mes parents finiraient par s'inquiéter.
Mais ça personne ne le sait.
Ici tout le monde s'en fou que ma sœur soit partie et que mes parents divorcent. Ici les gens vivent, ils se rencontrent, se quittent, se réunissent, visitent, partent ou reviennent. Comme dans toutes les gares finalement.
Mais celle ci est spéciale, dans cette gare, sur ces quais aussi nombreux soit-ils, il y a quelque chose de spéciale comme magique.
C'est ce que j'attends ici, sur ce banc du quai 9C pour le train Paris – Marseille. Un train arrive et repars toute les 20 minutes jusqu'à 20h00.
Et tous les soirs à partir de 19h15, il y a cette fille qui vient, avec ce culot extraordinaire qui n'appartient qu'a elle, et s’assoit sur le banc juste à côté, sort son violon de l'étui, se met debout, au milieu de tous ces gens, et commence à jouer ses mélodie si touchante et entraînante qu'elle arrive à faire danser les plus heureux d'entre eux. Puis elle joue tous ses morceaux jusqu'à 20h00.
À l'air de la nuit qui tombe, les petites brise de vent qui se lèvent et font flotter quelques mèches de ses cheveux châtains et bouclés autour d'elle comme si la nuit savait qu'elle est incroyablement talentueuse. Pendant une heure on voit les personne défiler autour d'elle lui donner quelques pièces mérités, danser à ses côté, s’enlacer quand c'est émouvant, je peux même reconnaître certaines personnes qui viennent assez souvent pour l'écouter jouer quelques morceaux puis repartir. Il y a une telle attraction qu'on a l'impression que le monde tourne si vite et qu'ils nous a oublié sur le banc d'à côté.
Mais ce soir là le monde s'est arrêté comme pour me dire qu'il restait une place à côté de lui pour continuer la route.
À la fin de la soirée après avoir rangé le violon dans son étui elle n'est pas repartie, elle m'a adressé la parole: «Je te vois souvent ici, tu travaille là ?» . C'était la première fois que j'entendais sa voix. 

«euh... non, non, j’attends, j'aime bien
- Tu attends ? Mais tu attends quoi depuis tout ce temps ?
- Je ne sais pas encore...
- t'es marrante ! Moi c'est Camille et toi tu t'appelle comment ?
- Polline.... Qu'est ce que tu viens faire là tous les soirs ?
- Je joue, avant j'étais au conservatoire mais mon père est mort et on a plus les moyens de payer l'école alors je viens jouer ici pour ne pas oublier que la musique fait partie de moi...
- Oh euh... je suis désolé...
- Non ne le soit pas ce n'est pas de ta faute. Et puis c'était il y a longtemps maintenant.
- Moi aussi... j'ai perdue ma petite sœur...
- Oh non je suis désolé...
- Mais non ne le sois pas ce n'est pas de ta faute non plus.
- Je sais ! Mais j'ai sentie que tu avais besoin de l'entendre. »
Elle réussit à m'arracher un léger sourire.

Puis on resta là toute les deux, assise chacune sur un banc à discuter sans même se connaître.
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