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La malédiction d'Ariana Dumbledore

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Margot Swania

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Je me réveille en sursaut. Assise sur mon lit, je tente de reprendre mes esprits. D’innombrables gouttes de sueur perlent le long de mon corps et m’obstruent la vision que j’essaye d’acclimater à l’ambiance sombre de la pièce. Mes draps défaits pendent le long de mon lit, éclairés par un mince filet de lumière qui transparaît à travers la fente, due au bois brisé par l’âge et quelques insectes xylophage, de mes volets fermés. Tout me revient en mémoire, j’ai été à nouveau victime d’un cauchemar... Des moldus m’ayant surprise utilisant ma baguette se jetant sur moi, me traitant de sorcières, de folle et m’agressant, m’assenant des coups d’une violence sans nom, jusqu’à l’évanouissement se concluant sur mon réveil immédiat. Que n’aie-je pas souffert de cet incident survenu des années auparavant ? Ne mènerais-je jamais une existence tranquille ? Paisible ? Ce n’est pas une vie, je suis forcée de rester cloisonnée dans cette maison, en proie à l’humidité et aux rats, voraces des quelques restes de dîners et lorsque impatients, de notre maison elle-même. Enfermée ici, obligée de rester dans ma chambre. C’est cela ou les pièces froides, empreintes des tensions qui règnent dans notre foyer. Quelle malchance j’ai eu de naître dans cette famille où tous se font face, s’affrontent, se détestent pour des raisons graves. Graves mais puériles : tout ceci, ce sont des combats d’enfants, de rivalité primaires ancrées en eux depuis le berceau. S’il n’y avait pas eu ce Grindelwald! Tout a changé depuis qu’il a fait irruption dans nos vies : je n’existe même plus pour Albus, il n’y a que lui, son amour, indicible, secret, mais connu de tous. Il le manipule, il profite de lui, Grindelwald veut parvenir à ses fins et celles-ci ne sont pas bénignes. Il a de grands projets, dont j’ai eu vent, tantôt à l’affût, près d’une porte entrouverte d’où s’échappaient une discussion forte agitée entre mes deux frères. Des projets machiavéliques, affreux, qui me procurent des frissons de terreur à chaque fois que j’y songe un sombre instant. Il veut tuer tous les moldus et faire régner les sorciers en un monde tyrannique, en proie à la guerre et à la violence, un monde de terreur. Je n’en peux plus, ce confinement, ces tensions, l’aveuglement d’Albus, la protection virant à l’obsession d’Alberforth à mon égard et ce Grindelwald que rien n’arrête... Je m’empare de ma baguette et lance des sorts irraisonnés, je ne me maîtrise plus, je suis à nouveau en proie à une crise : mon vase peint de motifs représentatifs de la mort, seul vestige de la mémoire de ma mère dont j’ai été l’assassine, des suites d’une de mes crises telle que celle-là, éclate et ses morceaux se projettent un peu partout dans la pièce. Un éclat m’arrive droit dessus et se plante directement dans mon mollet, je pousse alors un cri déchirant de douleur. Mon armoire s’effondre, mes livres s’ouvrent et les pages s’en déchirent pour voler en une vitesse folle aux quatre coins de la pièce, mon lustre au dessus de moi tremble, prêt à s’effondrer d’un instant à l’autre, je me jette du lit pour éviter sa chute et ses conséquences. Sur le coup, je me casse le poignet et j’accentue l’ouverture de la plaie déjà béante d’où s’écoule un long filet incessant de sang à mon mollet. Je ressens alors une douleur fulgurante au niveau de la tête, dont je ne sais pas la provenance et qui m’effraie encore plus. Mes pensées se bousculent en tous sens et semblent se cogner contre mon crâne m’assenant de violents coups à chaque passage, je crois mourir. Je me prend la tête entre les mains et me replie sur moi-même. Je n’arrive plus à aligner un mot devant l’autre, je ne comprends pas ce qui se passe. J’ai peur, peur de moi-même. Autour de moi, la chambre continue son désordre chaotique, tout tremble. Le vacarme incessant de mes pensées n’a pas cessé dans ma tête. Je suis prise d’une furieuse envie de m’arracher les cheveux, de me briser la tête contre le sol, n’importe quoi pour faire cesser cette douleur et ce boucan amplifié autour de moi. Je me risque un instant à lever la tête profitant de quelques moments de calme revenu dans mon crâne. Il règne curieusement un silence inquiétant, le temps semble comme en suspension, comme les objets, ayant arrêté leurs mouvements, en lévitation dans la pièce. Pourtant, je crois discerner une agitation venant d’ailleurs, des voix parviennent même jusqu’à moi. Intriguée plus qu’apeurée, après ce que je viens de vivre, je me risque à me rendre dans leur direction. Pour me relever, je fais appel à mes dernières forces et c’est en m’appuyant sur mon mollet que je me rappelle ma blessure et cris. Malgré tout, comme poussée par un élan de force supérieure ou occulte que je me m’expliquerais pas, je continue et mettant un pied devant l’autre, je parviens à avancer, lentement mais assez vite pour me rapprocher du lieu qui attire mon attention. J’arrive derrière la porte du séjour et entend les voix enflammées de mes frères et de Grindelwald qui se disputent. A l’écoute de ce dernier, je me raidis mais parviens tout de même à ouvrir la porte. Je me retrouve alors face aux trois hommes coléreux qui ont sorti leurs baguettes, prêts à en découdre. Des sorts fusent, je vois Albus croiser mon regard puis, une lumière m’éblouit et je tombe : la dernière chose que je vois est le sourire carnassier, satisfait et fou de Grindelwald.

PRIX

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Potter · il y a
C'était super, j'ai bien aimé, je vote !
Si tu veux voir ma nouvelle :
Neville mène la résistance à Poudlard
N'hésite à venir jeter un petit coup d’œil, la lire et me soutenir !

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Margot Swania · il y a
Merci! Pour ta nouvelle, je la lirai avec plaisir mais malheureusement ne pourrais la soutenir, je vois ton commentaire trop tard... Malgré tout, je suis certaine que je prendrai du plaisir à la consulter!
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M. Iraje · il y a
Un récit tourbillonnant, mené à la baguette ....
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Camille Dubois · il y a
J'aime bien voir les différents point du vue sur le calvaire d'Ariana! C'est bien pour ça que j'ai écrit aussi dessus cette année, si tu as envie passe dessus ;)
Le point du vue interne amène toute les émotions, la crise dont elle est victime est bien décrite, et on ressent la haine envers Grindelwald!
Tu as mon vote!
Passe sur ma fiction me dire ce que tu en penses, en plus le sujet va te paraitre familier ^^

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Margot Swania · il y a
Merci pour ton vote et ta lecture, je vais passer lire ta nouvelle dans ce cas si elle porte sur le même sujet.^^ Tu as raison, c'est toujours bien de voir les différents points de vue sur un même sujet. D'ailleurs, je ne sais pas si tu l'as lue mais KeanaB a aussi écrit une nouvelle à propos d'Ariana, si ça t'intéresse d'y jeter aussi un coup d’œil...;)
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Geny Montel · il y a
Difficile de manier la baguette quand on n'a pas l'esprit zen...
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Chantane · il y a
cauchemar ! cauchemar! mon vote
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Margot Swania · il y a
Merci bien!
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Joëlle Brethes · il y a
Pauvre Ariana !
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Flopi · il y a
C'est vrai que c'est une période très sombre des Dumbledore à laquelle on ne peut que compatir. Vous avez apporté votre vision personnelle à cet évènement, et c'est très réussi. Bravo pour les émotions que votre texte dégage. mes votes !
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Margot Swania · il y a
Je vous remercie!
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Keith Simmonds · il y a
Bravo, Margot, pour cette belle plume qui a su nous plonger dans ce monde turbulent et cauchemardesque ! Mes votes +5 ! Je vous invite à venir lire et soutenir, si tant est qu’elle vous plaise, ma trilogie automnale qui comprend “Soleil automnal”, “Chrysanthèmes” et “Ombres”. Merci d’avance !
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Margot Swania · il y a
Merci, je viendrai vous lire avec plaisir!
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Keith Simmonds · il y a
Merci d'avance, Margot ! A bientôt !
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