La maison d'en face

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Mon corps jalouse les danseurs et mon esprit jalouse les joyeux, alors j’écris pour mettre mon esprit en mouvement et mon corps en joie.

En face de chez moi habitait une famille que j'aimais regarder vivre. Monsieur et Madame D. emménagèrent dans la grande maison que j'aimais tant observer depuis la fenêtre de ma chambre alors que j'avais environ 7 ans. Cette maison, immense, avait gardé ses volets clos pendant de nombreuses années, je ne me souvenais pas les avoir vus ouverts depuis ma naissance.
Leur arrivée fut pour moi comme une petite fête car mon souhait de voir cette maison s'ouvrir et s'animer se réalisait enfin.
Monsieur et Madame D. étaient de belles personnes. Belles car ils étaient vraiment beaux et élégants, et belles parce qu'ils étaient gentils, polis, avenants. Un jeune couple que tout le monde aurait aimé avoir comme voisins.
Un jour que j'avais fini mes devoirs et passais comme souvent un petit moment à la fenêtre, je vis Mme D. arriver, tenant par la main un petit garçon vêtu d'une salopette jaune. Il devait avoir 2 ou 3 ans. Un cousin me dis-je, un neveu, le fils d'un ami qu'il garde pour la soirée.
Mais le petit garçon s'installa, les volets de la chambre d'à côté de celle des parents s'ouvrirent et j'arrivai à percevoir à travers la vitre une chambre d'enfant qui ressemblait à la mienne.
Deux mois plus tard, Mr D. cette fois, rentra à la maison avec une petite fille aux couettes tressautantes qui semblait tellement heureuse de passer le pas de la porte de cette grande maison ! C'étaient les vacances d'été, j'imaginais donc qu'une cousine éloignée venait passer quelques jours avec son nouveau petit cousin et repartirait bientôt.
Mais non, les volets d'une troisième chambre s'ouvrirent et je pus là encore apercevoir une chambre aménagée avec goût, que la petite fille allait à coup sûr occuper définitivement.
Et la famille continua ainsi à s'agrandir, chaque trimestre, ou presque, un nouvel enfant arrivait, de nouveaux volets s'ouvraient, un nouveau décor se présentait à moi. Les enfants semblaient venir d'horizons différents, de pays différents, de cultures différentes. De la maison émanaient les cris des enfants, tantôt de joie et de jeux, tantôt de bagarres et de pleurs.
Monsieur et Madame D. haussaient parfois le ton, mais toutes les disputes finissaient par des câlins, des mots d'apaisement et d'encouragement à faire mieux la prochaine fois.
Un jour que ma fenêtre était ouverte, et que je les observais, les enfants apparurent tous en même temps à leur fenêtre...cela devait être un de leurs jeux, toujours plus inventifs !
Je n'osais cependant pas les interpeler. Mais l'envie m'en démangeait tellement, moi sans frère ni sœur pour jouer ou me bagarrer, que je me permis un petit geste de la main, que j'espérais tout à la fois discret mais visible.
La plus jeune des enfants l'aperçu et n'hésita pas un instant à me faire signe à son tour.
Elle disparut alors de la fenêtre et dû descendre les escaliers quatre à quatre car aussitôt elle passa le pas de la porte, traversa la rue et j'entendis la cloche de notre porte d'entrée résonner.
Porté par son élan je descendis l'accueillir et répondis sans hésitation à son invitation dans la grande et belle maison d'en face, chez les belles personnes et leurs enfants joyeux.
Je venais d'agrandir ma famille et d'adopter 7 frères et sœurs d'un seul coup. La suite ne fut que bonheurs et bêtises partagées.
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Les Histoires de RAC · il y a
Très engageant ce texte : vous faîtes une suite ? ♫
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Marie-Pierre HUSSON · il y a
Un peu de mystère..? Merci pour votre commentaire.
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Vero. La Comete · il y a
Voilà qui est joliment raconté mais je reste sur ma perplexité à la fin de l'histoire. Est-ce que ce sont des enfants adoptés ? Une famille d'accueil ? ( Et sinon, il reste quelques fautes...)