La machine à remonter le temps

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J'aime écrire mais la question est est-ce que vous aimerez ce que j'écris  [+]

Damien s’ennuyait terriblement. Comme chaque français, il était confiné chez-lui à cause de la pandémie du Covid 19. Mais on ne peut pas dire que Damien est un français comme les autres. C’est un aventurier. Oui, c’est bien son métier. Une profession dont nombreux ont fait le rêve mais que peu ont réalisés. Pour faire passer le temps, comme il s’y résout à chaque fois, il décida de revivre ses plus belles aventures grâce à sa machine à remonter le temps. Ce n’est pas de la science fiction, Damien en a bien une. Et ce n’est pas le seul. Presque tous les êtres humains en possèdent une. Seulement, il fait parti des rares à savoir s’en servir. Vous comprendrez plus tard.
Il se dirigea vers la cave, ferma la porte et prit sa machine dans les mains. Il ferma les yeux et partit loin dans l’espace spatio-temporel...


Damien ouvrit les yeux. Il avait quitté sa cave, sa maison, son pays même. Il avait huit ans et se trouvait sur une plage des Maldives avec ses parents. J’ai bien dit tout à l’heure que Damien n’est pas quelqu’un comme les autres, eh bien cela dure depuis l’enfance. En effet, il ne s’amusait pas à construire des châteaux de sable ou je ne sais quel autre jeux, il n’y avait qu’une seule chose qui l’intéressait : une toute petite île située juste en face de leur plage. Celle-ci était facilement atteignable à la nage et avait l’air d’une petite jungle. On ne percevait rien d’elle à part sa végétation abondante.
Damien se tourna vers ses parents, ils roupillaient tranquillement l’un sur l’autre au soleil. Ils n’étaient pas prêt de d’ouvrir l’œil. Damien profita de cette occasion pour filer. Il prit sa petite planche et se jeta à l’eau. Il avait bien l’intention d’explorer cette île.
Après quelques brasses, il y arriva enfin. Il se retourna pour voir si ses parents s’étaient rendu compte de sa disparition. Ils n’avaient pas bougé d’un poil. Et personnes d’autres n’auraient pu le voir car ils étaient seuls. C’était une plage accessible après une grande randonnée, dont très peu connaissent le trajet. Damien avait donc la certitude de ne pas avoir été vu. Rassuré, il s’engouffra dans les profondeurs de la jungle.
Étant donné la courte superficie de l’île, il arriva vite au centre. Une cabane s’y trouvait. Elle paraissait abandonnée depuis assez longtemps. Damien testa la poignée de la porte, elle n’était pas verrouillée. Il entra. Elle était meublée très simplement d’une table et de quelques chaises. Une grande fenêtre donnait sur toute l’île. Il pouvait également voir la plage où, à son grand soulagement, ses parents dormaient toujours. Une multitude de clichés d’oiseaux étaient éparpillées un peu partout. Même à son jeune âge, il comprit qu’il s’agissait d’un observatoire d’ornithologues.
En s’y intéressant de plus près, il remarqua une large quantité d’oiseaux au travers de la fenêtre. Cette dernière offrait d’ailleurs une vue très plaisante. Damien s’assit sur la table et contempla la nature. Il était bien. Une petite brise d’air soufflait sur son visage. Il aurait aimé rester là une après-midi entière. Mais il devait rentrer. Ses parents, eux, ne dormiraient pas toute l’après-midi.
En descendant, la table, qui n’était pas très solide, se cassa. Damien tomba. Mais la douleur n’était pas le plus important face à ce qu’il découvrit. Il était entouré d’une dizaine de serpents, venimeux pour la plupart. Ils devaient se trouver sous la table. Damien était figé sur place. Il n’osait faire le moindre mouvement. Il les voyait ramper sur le sol, lentement, sortant la langue de temps en temps.
Lorsqu’un d’eux commença à essayer de monter sur sa jambe, Damien réalisa dans quel pétrin il était. Prit d’un excès de détresse, il dégagea le serpent avec ses pieds comme il put et piqua le sprint le plus intense de sa courte vie. Il partit à la nage en oubliant sa planche.
Lorsqu’il arriva au près de ses parents, ceux-là dormaient encore et toujours. Il avait de la chance. En s’installant sur sa serviette, sa mère l’entendit et se réveilla. Elle lui demanda :
-Tu es parti te baigner mon loulou ?
-Oui maman, l’eau est très bonne d’ailleurs.
-Tiens, tu as plus ta planche.
-Euh, je pense l’avoir perdu...
-Mince, tu te...
Damien n’entendit pas la suite car il s’évanouit. Il avait été piqué par un serpent...


Le décor avait changé. Damien ne se trouvait désormais plus sur une plage des Maldives. Il avait quinze ans et était en colonie de vacances dans les Alpes. Il faisait nuit.
Lors d’une randonnée, il avait remarqué avec ses amis la présence d’une petite grotte dans la forêt qui est collée au dortoir. Ils avaient décidé de ne pas participer à la soirée blind test. Ils trouvaient ça trop ringard pour eux. Mais le problème, c’est qu’ils ne s’amusaient pas vraiment plus dans leur chambre. À vraie dire, on aurait pu même dire qu’ils s’ennuyaient. Damien et ses amis décidèrent alors d’explorer cette petite grotte. Ils s’échappèrent discrètement par la fenêtre et partirent à l’aventure. Arrivés devant l’entrée de la grotte, ils hésitèrent finalement à faire le premier pas. On y voyait absolument rien et ils n’étaient possession que d’une petite lampe de poche. Qui sait ? Peut être qu’un ours se trouvait là-dedans. Damien, le plus courageux de tous, y entra avec témérité le premier. Pour ne pas se faire chambrer, les autres suivirent, mais on voyait bien que certains le faisaient à contre-cœur. Mais l’apparence de la grotte n’était en fait pas si extraordinaire que cela. Le groupe d’amis, qui s’attendait à voir des choses terrifiantes et vivre une aventure peu commune, étaient assez déçus du résultat. Il ne s’agissait que d’une grotte classique, avec de larges parois, peuplée de quelques chauves-souris et stalactites. Rien de mieux que ce qu’ils allaient pas voir à la sortie du lendemain, dans une grotte touristique assez connu dans la région.
Ils s’apprêtaient à rebrousser chemin lorsque soudain, ils aperçurent un homme. Celui-ci, debout, les fixait du regard. La pénombre ne leur permettait pas de voir à quoi il ressemblait mais on reconnaissait très distinctement un homme d’une quarantaine d’années environ.
Tout à coup, il se mit à courir en leur direction. La panique régnant au sein du groupe, ils prirent la fuite. Pendant leur cavale Damien dit à ses camarades :
-Il ne faut surtout pas qu’il nous rattrape. Pour qu’il se trouve seul dans une grotte en plein milieu de la nuit, ça doit être un gars vraiment chelou.
-Genre un S.D.F ? répondit un.
-Ou un sataniste. J’ai lu sur internet qu’ils se regroupaient dans des grottes, assura un autre.
-S.D.F ou sataniste, on s’en fout ! Il faut pas que ce taré nous rattrape ! s’exclama Damien.
Après une longue course, ils arrivèrent enfin vers la sortie. Ils peinaient à reprendre leur souffle tellement ils s’étaient donnés. Ils n’entendaient pas les pas de l’homme mystérieux. Ils avaient dû le semer. L’un d’eux, se sentant en sécurité, s’écria vulgairement :
-Eh bien, tu ne peux pas nous rattraper, sale S.D.F sataniste de mes couilles !
-Oh arrête, il est peut-être encore là ! Il pourrait t’entendre.
C’est vrai qu’il avait crié relativement fort. Ils ne savaient pas où se trouvaient cet homme. Jouer avec le feu pourrait être une grave erreur.
Cela ne manqua pas, car le directeur, les attendant devant l’entrée, assit sur les marche, leur annonça :
-Messieurs, vous allez me suivre dans mon bureau je vous prie. Vous avez fait une grave bêtise. Je n’accepte pas qu’on me traite de S.D.F sataniste de mes couilles. Je crois que c’est ce que vous avez dit.
Ils se regardèrent tous, les yeux exorbités, le visage livide, ne pouvant plus dire un mot, ni même bouger tellement ils étaient effarés par cette annonce.
Ils apprirent plus tard, c’est-à-dire juste avant de se faire renvoyer de la colonie de vacance, que bien évidement, l’homme qui les avaient poursuivis se trouvait être le directeur, mais également qu’un passage du dortoir reliait directement à la grotte. C’est comme ça qu’il avait pu, après les avoir vu s’enfuir par une caméra de surveillance, les surprendre. Ils apprirent aussi que leur parents avaient été contactés et que leurs réactions n’avaient pas été positive. Mais cela n’est ni mon problème, ni le votre très chères lecteurs.


Ouf ! Il ne se trouvait plus en face du dortoir avec sa valise à attendre ses parents qui venaient le chercher mais à Paris. Grâce à une vieille connaissance de cette même colonie de vacance, il avait réussi à obtenir un plan pour visiter tout le réseau souterrain des catacombes de Paris, une pratique totalement clandestine. Mais Damien avait grandement envie de les explorer. Il devait satisfaire sa curiosité dévorante. Il n’y pouvait rien. C’était plus fort que lui.
L’entrée de celle-ci était une ancienne station de métro dans le 14eme arrondissement. Il fallait y aller de nuit pour ne pas se faire repérer par les forces de l’ordre. Damien avait pris cette précaution.
Il devait être vers minuit et demie lorsqu’il venait de rentrer. Il alluma sa lampe frontale et se lança.
Damien fut tout de suite impressionné par la complexité du réseau. Même avec une carte, il peinait à s’y retrouver. Il était un peu tendu. Il ne s’agissait que de superstitions, mais il avait entendu un bon nombre de légendes urbaines sur les catacombes, comme quoi des toxicos et des sectes vivaient là dedans. Damien n’y croit pas trop mais il restait sur ses gardes.
Soudain, il tomba sur un graffiti, très réussi d’ailleurs. La preuve que des gens venaient souvent ici.
Lorsqu’il consulta son plan pour se remette en route, il s’aperçut que les coordonnées où il devait se trouver ne correspondait pas à l’endroit avec se qu’il avait sous les yeux. En effet, il était sensé se trouvé devant deux tunnels alors qu’il y en avait quatre. Damien ne savait où s’orienter. Il était perdu.
Il ne fallait surtout pas qu’il bouge à l’improviste, car s’enfoncer dans un endroit comme celui-ci alors qu’on est perdu pourrait être fatal à n’importe qui. Non. La meilleur solution, selon Damien, était de rester sur place et attendre la venue d’un autre explorateur. Après tout, il avait vu des traces de passage. Il fallait juste avoir un peu de chance... Un peu de chance que Damien eut huit heures plus tard. Il se trouvait très mal en point lorsque Paula tomba sur lui. Paula est la sauveuse de Damien. N’ayant pas prit d’eau, il était assoiffé. De plus, sa lampe n’avait plus de piles. Le manque de lumière lui avait infligé de violentes migraines. Vous devez vous demander que que pouvait bien faire Paula dans les catacombes de Paris a huit heures du matin. Elle allait tout simplement au travail. Cela paraît étrange dit comme ça, mais c’est la vérité. La cave de sa petite maison menait directement à un tunnel du réseau souterrain. Après l’avoir longtemps exploré, elle connaissait les moindres recoins par cœur, ce qui lui permettait de se diriger dans Paris rapidement sans transports, vélos, taxis... Elle savait que c’était dangereux, mais Paula s’en contrefichait du moment que ça l’amusait et faisait gagner du temps. Lorsqu’il vu arrivé pour la première fois Paula, avec son beau visage et sa lampe frontale, Damien sut qu’il avait trouvé son âme sœur.


La machine à remontée le temps emmena Damien sept plus tard. Il avait 28 ans. Paula et lui, maintenant mariés, venaient d’arriver chez son oncle Fabrice. Ce dernier vivait seul dans une petite cabane du Yukon, dans le Grand Nord Canadien. Il vivait de chasse, de trappe, de cueillette et de pêche. Depuis son plus jeune, Paula rêvait de passer une saison avec lui. Damien, toujours dominé par sa nature d’aventurier, n’avait évidement pas pu refuser.
Alors qu’il coupait du bois avec Fabrice, sa femme partit pêcher pour qu’ils aient de quoi manger à la fin de leur activité. Damien été assez réticent à l’idée de la voir partir seule mais il savait que c’était une femme forte. Il n’y avait rien à craindre. De plus, il se hâtait de finir son travail pour la rejoindre rapidement. À deux, cela irait beaucoup plus vite.
Il essayait de s’acquitter au plus vite de sa tâche mais il avait l’impression qu’il y avait toujours plus de bois à couper. Fabrice, remarquant sa détresse, laissa Damien rejoindre sa femme.
Lorsqu’il arriva à une vingtaine de mètres du lac gelé où se trouvait Paula, en train de faire un trou dans la glace, il crut entendre un petit craquement. Mais rien ne se produisit.
Alors il s’avança. Il était désormais les deux pieds sur la glace. La distance qui le séparait de Paula était d’une dizaine de mètres. Elle donna un coup avec sa scie dans la glace. Au même instant, elle tomba à l’eau. Damien courut la sauver. Cependant, le courant l’avait déjà emporté loin du trou.
Il chercha, sonda tous les recoins du lac. Soudain, il la trouva. Elle était encore vivante. Ses poings parlèrent d’eux-mêmes. Il frappa de toutes ses forces. Ses mains étaient en sang mais il arrivait à briser la glace. Mais le courant emporta une nouvelle fois Paula au large. Avec le peu de force qu’il le restait, Damien repartit à sa rescousse. Mais alors qu’il venait de faire quelques pas, la glace se rompit sous ses pieds à lui aussi.
Damien fut sauvé par Fabrice qui ne les voyant pas revenir, passait pour se rassurer. On ne retrouva le corps de Paula qu’en été, une fois la glace fondu et le beau temps revenu.


Le cauchemar est fini. Damien, veuf depuis quinze ans, emmène son fils adoptif, Diego, pour la première fois. Maintenant réputé à travers le monde pour ses nombreuses aventures et expéditions, retranscrites pour la plupart en livres et documentaires, il juge Diego assez âgé pour partir avec lui.
Damien décide de se rendre dans le Yukon, retrouver Fabrice dans sa petite cabane et l’endroit où il avait perdu sa femme. Après toutes ces années passées, il se sentait enfin capable de s’y rendre une nouvelle fois, sûrement la dernière.
Cette expédition se déroula parfaitement bien. Damien et Diego y restèrent tout l’hiver. Ce dernier avait adoré. Ce fut une expérience très enrichissante pour lui. Il put apprendre à vivre dans la rudesse de l’autosuffisance, sans télévision ni téléphone portable, et comprendre la dureté de ces climats. Il continuait l’école, avec un cahier d’exercices.
Tous les jours, pendant que Diego faisait ses devoirs quotidien, Damien allait se recueillir auprès de sa femme, enterré ici, juste devant le lac.
Il ne l’avait jamais vu. Il se dit qu’elle devait être bien, dans cette nature sauvage et face à ce paysage si harmonieux.


-Papa ! Papa ! Vient voir la cabane que j’ai construite dans le jardin !
C’était Diego qui l’appelait. Leur jardin se trouvait être quasiment une forêt. Après toutes ses années d’aventure et de tourmentes, Damien avait enfin trouvé la tranquillité d’esprit pour s’installer dans un endroit fixe. Grâce aux recettes du succès de ses livres, il avait pu acheté une maison avec un immense jardin, en Auvergne.
Damien reposa l’album photo, sortit de la cave et partit rejoindre son fils. Si vous ne l’avez toujours pas comprit, je vais vous l’expliquer. La fameuse machine à remontée le temps de Damien n’est rien d’autres qu’un simple album photo. N’importe quel album photo peut être utilisé comme des machine à remonter le temps. Il suffit juste de s’asseoir confortablement sur son canapé et de faire défiler toutes les photos une à une, tout en se laissant emporter par les moments les plus marquants de sa vie.
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