La Danseuse

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Je ne me revendique ni poète, ni écrivain. J'ai commencé à écrire vers 17 ans quelques nouvelles puis il y a 8 ans la poésie s'est glissé sous ma plume. Je ne suis pas une grande technicienne  [+]

Elle dansait chaque soir depuis des mois, emportée dans les bras audacieux de ses cavaliers, virevoltant dans sa jolie robe de bal. Elle valsait sans jamais s'arrêter, ce sourire mélancolique figé sur ses lèvres maquillées .
Elle avait passé toute l'après midi à s'apprêter, hésitant si longuement entre la blanche, la rose grisée et cette noire envoûtante qu'elle n'avait encore jamais osé porter...La douceur pastelle s'était glissée sur ses hanches fines et souples, pour s'assortir en délicatesse mutine avec le fard à paupières subtilement nacré. Ses yeux immenses ourlés de noir papillonnaient, en en laissant apparaître puis disparaître les reflets, à chaque battement de cils.
Elle s'était enveloppée, à même la peau, de ce parfum à la fois léger et sensuel qui ne laisserait sans doute personne indifférent sur son passage. Il semblait étrangement répondre à cette couleur un peu forte avec laquelle elle avait couvert ses lèvres, les rendant innocemment gourmandes.
Elle était si jolie que sa mère en aurait sans doute eu les larmes aux yeux si elle l'avait vue.
Elle avançait maintenant sur la piste, comme posée sur un nuage, touchant à peine terre, ses souliers fins et très chics dessinant une cheville gracile et délicate. Ses bras touchaient à peine ceux de l'homme qui guidait la danse et les mains légères , la tête penchée et le regard vague lui donnaient l'air d'un ange perdu.
Tous avaient les yeux rivés sur cette apparition sans qu'elle ne les regarde vraiment, comme absente, absorbée par ce mouvement incessant. Elle semblait infatigable, acceptant chaque danse dans une douce frénésie.
Petit à petit, la salle se vida, les lourdes chaises capitonnées de rouge qui en ornaient les tours furent une à une abandonnées. Bientôt, elle se retrouva seule, à esquisser quelques derniers pas de danse, les yeux fermés, tandis que le concierge éteignait les grands lustres.
Elle se déchaussa, prit ses souliers à la main, récupéra sa veste, la jeta sur ses épaules, l'air triste. Elle remis en ordre sa chevelure, ressera la ceinture de sa robe. Son regard croisa celui du vieil homme qui balayait le parquet usé. Il lui sourit:
- "Il n'est pas venu?"
Elle lui rendit son sourire et secoua la tête, les yeux un peu humides
-" Non, ce soir non plus....sans doute jamais..."
Elle sortit et déambula, pieds nus, le long des quais jusqu'à son petit appartement,. Elle s'endormira encore en rêvant à cette interminable danse...
Janvier 15 - ND
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