La Colonne Serpentine

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La Colonne Serpentine

Quand mon avion se pose avec un quart d’heure d’avance sur l’horaire annoncé, à l’aéroport Atatürk d’Istanbul, je me réjouis et contiens mon émotion, car je ne suis que de passage furtif, cette fois-ci.
Juste en escale.

Je passe les contrôles habituels, mon bagage passera de soute en soute, et je me sens libre de ne pas m’en occuper.

Devant le guichet de la police des frontières, je dis bonjour en Turc et politesses d’usage, essayant d’expliquer en Anglais, qu’il est important pour moi de me rendre au moins au Sultanhamet....

Il est 18h45....le fonctionnaire me demande comment je compte faire, je lui explique...il me croit, il comprend vite que je connais....
Atatürk Airport – Metro Zeiitinburnü – Tram T1 Direction Kabatas – Station Sultanhamet.

Sur moi, de la dernière fois, j’ai gardé un jeton de métro que j’ai placé près de mon cœur, un autre en laiton pour traverser la Corne d’Or en vapur, et quelques billets de Livres Turque que je n’ai pas oublié d’emporter....

La file d’attente, s’allonge derrière moi, et le tampon salvateur s’imprime sur mon passeport....D’autres étrangers comme moi, n’auront pas ce sésame, là est ma seule chance....et mes amis de Sirkeçi ce soir, j’irai revoir.

Les files de taxis et navettes s’amoncellent devant l’aéroport, et je souris, car je sais les embouteillages de la mégapole à cette heure-ci........

M’arrêtant à Zeitinburnü, j’ai changé de quai, monté l’escalier pour prendre le tramway, celui que je n’oublie jamais car il m’a toujours mené au-delà de ce que je souhaitais.

Déjà, on me parle en Turc, et je souris naïvement comme la première fois ; ça y est, j’y suis.......je ne rêve pas.

Regardant défiler dans la douceur de ce soir de fin avril, les minarets qui s’illuminent au fur et à mesure du chemin, bordant par moments la mer de Marmara, et que je m’approprie, persuadée qu’il fait partie de moi.

Bien sûr, je jouxterais le Grand Bazar et enfin je stopperais ma course sur la grande esplanade du Sultanhamet juste avant le crépuscule.

Je me dirigerais vers l’obélisque Egyptien de l’antique hippodrome, Aya Sofia majestueuse prendra sa couleur mordorée, et Sultanhamet Camii se parera de son voile bleuté.

Seule et pourtant si bien entourée, je passerais le kiosque byzantin, me dirigeant vers la colonne serpentine, la place est presque vide, hélas je comprendrais pourquoi.

Je repèrerais le petit salon-bar juste à côté, et commanderais un raki, qu’on me servira double....comme si le patron, se souvenait de moi.

Et dans les minutes que je savoure, mon cœur s’emballe et il sait pourquoi.

A quelques centaines de mètres de là, je ralentirais mon pas, essayant du mieux que je peux de maîtriser le petit feu qui monte en moi et fait rougir les joues de mes 16 ans, qui sont pourtant si loin déjà....

Et ma mémoire affective que je sais très acérée, me mènera sans me tromper... presque en face de l’entrée de Gülhane Park, qui vient juste de fermer.
Deuxième rue à droite, première à gauche, je stoppe mes pas, lève la tête et revoie la plaque m’indiquant Ibni Kemal Caddesi...

Apercevant dans la ruelle piétonne en face, les ampoules colorées décorant les façades, j'avance lentement quand je sens une présence s’approcher de moi, me retournant soudain mais sans peur dans la nuit qui prend place, il est là,
M’attirant dans une larme et dans ses bras, lorsque je l’entendis prononcer : Nora !


Magali Nora
A Ramoh – le 29 Juin 2016.

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