L’espion qui n'avait pas froid aux yeux

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Image de Été 2018
En un clic de rossignol, « James » ouvre la porte du bureau de l’organisation terroriste qui, comble de luxe, est situé au dernier étage du Shard London Bridge, in the city.
–« fais gaffe James..., les méchants sont dans l'ascenseur !...Ils montent ! ».

Avec un flegme typiquement britannique, et un sang-froid légendaire, l'agent de sa gracieuse majesté, sans hésitation, appuie sur une touche du computer, (...un Toshiba, dernière génération, équipé d'un microprocesseur à impulsions azimutées, d'une grande fiabilité, plus performant et moins onéreux que son homologue de chez Samsung, dont le magasin "Baker" (Boulanger) à Londres, fait la promotion pendant la quinzaine commerciale...)).

Enfin bref...En moins de temps qu’il n’en faut au neurochirurgien, Stéphane Delajoux, pour réaliser un lifting sur le faciès déjà bien tourmenté de la fratrie Bogdanov, il « crack » le mot de passe...
Il sourit... « Minette ». Pas trop compliqué comme mot de passe ! C’est le blase de la chatte "du chiffre", tout pareil à celui de sa proche collaboratrice, Grace Jones, l’actrice noire androgyne...et qu’il caresse avec délectation.

(...Hum..., d’accord, c’est un tantinet équivoque, comme tournure de phrase, mais je n’ai pas le temps de revoir ma copie...aussi, je vous laisse le soin de tout remettre dans l'ordre).

Toujours très professionnel, utilisant le clavier avec la dextérité d’une dactylo formée sur ASERTY, il repère aussitôt, parmi un million d’autres possibilités, le mode d’accès des terroristes, parvenus à rendre opérationnel, un ADM-144, missile sol-air, capable de rayer de la carte du monde, la ville de Londres et sa banlieue.
Ni une, hideux, il introduit une clé USB, (quasi identique au couteau multi-usage de Mac Gayver ), dans le PC et fait une copie des précieux renseignements.

Suspens ! La barre de progression de l’enregistrement progresse lentement... très lentement. Elle n’en finit pas...de progresser. On a même l'impression qu'elle recule au lieu de progresser.

(En réalité, elle met beaucoup plus de temps à progresser que James n'en n'a mis, pour pirater l’ordinateur !... ).

Trop tard, James !...La porte s’ouvre, les terroristes entrent... Et là,...oups... miracle, l’ordinateur est éteint, le bureau nickel...! Seul le rideau de cretonne de Roubaix, brodé main, bouge mollement dans la pièce et cela sans que l'on puisse déceler qu'un individu s'y trouvait une seconde auparavant et a chouravé des informations d'une importance capitale, (ce qui démontre, si besoin est que 0SS 117, il est tout..., sauf con... !), informations capables d’anéantir le monde extrême-occidental et les impérialistes qui oppressent les peuples laborieux zé opprimés qui n'ont plus de sous, même pas une poignée de graines de semoule, à donner à manger à la petite dizaine d'enfants qui compose une famille moyenne desdits peuples z'opprimés.

Alors là, les mecs, faut qu’on m’explique ! On a beau être British, s’appeler « Bond », connaître les ficelles propres à tous les 007, (et donc, ne pas être con), il faut qu’il me dise, comment y fait, le gars, pour « hacker » en deux minutes, l’accès à un ordinateur asiatique (donc entièrement bridé, même équipé d'un microprocesseur Toshiba... acheté chez "Boulanger"... le mitron de "l'enfarinage"...) et, en quelques secondes, en extraire les renseignements recherchés par toutes les services secrets du monde et cela fait, disparaître sans que les affreux ne se doutent de rien !

Pardonnez-moi, mais je ne peux m’empêcher de faire une projection sur ma modeste personne et de m’imaginer moi, en 007 (drômois), confronté à mon ordinateur (un "HP" Windows 7, de chez Darty).

Déjà, l’objet de mes tourments, exige trois bonnes minutes pour sa mise en service.
S’affiche alors à l’écran, la photo de ma famille (qui me rappelle quotidiennement à mes devoirs). Et puis le mot de passe (« Chat», pas compliqué, comme mot de passe, c’est le nom de mon chat !). Enfin apparaît le bureau et tous mes fichiers.

Je clique !... Aie...! Premier bug. La machine rame et se plante. Du coup, the window se ferme d’elle-même. Mais après une minute ou deux, comme sous l’effet d’un courant d’air ( sans toutefois casser un carreau ), la fenêtre s’ouvre à nouveau et la page d’accueil réapparaît.

Je disais donc, mot de passe « chat »...

Au fait, qu’est-ce que je cherche ? Ah oui, mon fichier « banque ». Où je l’ai mis celui-là ? Dans « Banque » ou dans « Ma Banque » ? (C’est pas pareil... !). ça y est, je me souviens, je l’ai ouvert dans "Mes sous" (...pour tromper le visiteur indésirable). Je clique... Un nouveau cartouche s’insère... Mot de passe... Je tape « chat », (le même que pour la page d’accueil). Damned..., j’ai oublié de passer en mode "minuscule". Du coup un nouveau message m'indique que mon code n'est pas valide.

Je recommence. Voilà, j’y suis.

Re-damned...! Je ne me souviens plus du fonctionnement d'Excel. Comment fait-on pour accéder et modifier les cellules ? Nouveau temps de réflexion et donc d’attente. Je réfléchis...Je n'en finis pas de réfléchir...

Pour bien ajouter à mon impatience, (alors que j'ai fini de réfléchir), soudain, un "gif" animé s’insère. Une araignée menaçante au bout de son fil, m’informe qu’une opération malveillante de « hameçonnage », est peut-être sur le point de pirater mes données (qu’elles sont au moins aussi importantes que la mise à feu d’un missile sol-air, ADM-144) et que je serais bien avisé de fermer le programme et de m’abonner illico presto, à Avast-pro qui lui, est plus efficace (mais payant), contrairement à son assistant amateur...(gratuit), mais beaucoup moins vigilant (forcément...). Prudent, je me plie aux injonctions de la machine, mais (radin), je ne vais pas jusqu’à m’abonner à l’anti-arnaque.

Un bon quart d’heure s’est écoulé entre l’ouverture de mon ordinateur et l’impossibilité d’accéder à mon dossier de banque.

Trop tard... « chat » (c’est mon chat... celui qui me sert de compagnon, et accessoirement, de mot de passe), d’une patte feutrée, a entrebâillé la porte du bureau et s’est assis sur le seuil.

Il m’observe plein de mépris ! S’il avait des pistolets (d’or) à la place des yeux, je serais mort. Je suis fait comme un rat ! Il m’a pris en flagrant délit d’incompétence informatique. Certes notre bonne ville de V...... et sa banlieue, ne seront pas rasées de la carte pour autant, mais je n’obtiendrai pas non plus, l’écriture comptable dont dépend mon avenir de retraité nécessiteux, de même que mon mot de passe, à moustache, sa dose quotidienne de croquettes au saumon, dont est si friand.

II est vrai que je ne suis pas sujet des forces spéciales de sa gracieuse majesté et que ma famille et mes amis m'appellent « Dédé » et non pas "James".
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