L'autre Elu

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Image de Harry Potter 2014

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Image de Harry Potter Fanfictions
La Grande Salle était très animée par ce matin d’été. Les A.S.P.I.C.S. s’étaient terminés la veille et les B.U.S.E. une semaine auparavant. L’atmosphère était donc assez détendue à Poudlard. Les vacances approchaient.

Hermione soupira.

— Ça va me faire bizarre de ne pas revenir ici l’an prochain, murmura-t-elle en regardant le plafond avec nostalgie.
— Oui, c’est sûr que les cours et la masse démesurée de travail quotidien vont énormément me manquer, rétorqua Ron, avec ironie. Arrêtez de vous bécoter devant moi, tous les deux ! ajouta-t-il à l’attention de sa sœur et de son petit ami.

Ginny le fusilla du regard, blottie contre Harry, puis se leva et alla rejoindre une amie à la table des Serdaigle. Harry Potter se contenta de sourire en ouvrant la lettre apportée par le hibou familial.

— Vous venez pour les vacances tous les deux ? On va sûrement passer une semaine en famille au Terrier avant que les Potter nous rejoignent, alors je sais que Harry va venir après être allé chez Sirius, mais toi Hermione ?
— Bien sûr. Mes parents ne seront pas ravis mais ils comprendront. Je vais passer le mois de juillet avec eux et je vous rejoindrai en août. Si vous voulez, vous pourrez passer une semaine à la maison tous les deux et avec Ginny. Maman serait ravie de faire plus ample connaissance avec vous...

Harry n’écoutait déjà plus, plongé dans la lettre de sa mère qui lui demandait comment s’étaient passés ses A.S.P.I.C.S., lui rappelait qu’elle viendrait le chercher à la gare avec Sirius, son père et d’autres membres de l’Ordre, de faire très attention à Lui, etc, etc. Elle était devenue complètement parano avec la guerre contre Voldemort.

Voldemort était un mage noir très puissant, probablement le plus puissant de tout les temps. Il avait fait régner la terreur dans le monde sorcier comme dans le monde moldu, jusqu’à ce qu'Albus Dumbledore, le directeur de Poudlard, ne parvienne à le détruire, treize ans auparavant.

Un second parchemin fut déposé devant Harry, le tirant de sa rêverie. L’écriture était fine et penchée.

« Retrouve moi dans mon bureau à dix heures tapantes ce matin. Et rappelle à la gargouille à quel point j’aime les Bulles Baveuses. A. Dumbledore. »

Intrigué, Harry tendit le parchemin à ses amis. Des Bulles Baveuses ? Le directeur voulait-il qu’Harry lui ramène des bonbons ? Et de quelle gargouille parlait-il ?

Hermione sembla lire dans ses pensées. Elle haussa un sourcil.

— Il y a une gargouille devant le bureau du professeur Dumbledore. J’imagine que c’est le mot de passe. Mais pourquoi veut-il te voir ?
— Je n’en ai pas la moindre idée. Je n’ai rien fait de mal.
— Tu verras bien, répondit Ron en haussant les épaules. Il veut peut-être juste te parler. On ira au terrain de Quidditch après ? Tous les cours d’aujourd’hui sont annulés.

Harry hocha la tête et son rendez-vous avec le directeur lui sortit momentanément de la tête.

Une heure et demie plus tard, il se trouvait comme prévu devant la gargouille du directeur. Il s’était trouvé de nombreuses fois dans le bureau de McGonagall, la directrice adjointe mais jamais dans celui de Dumbledore. Pourquoi aujourd’hui, le dernier jour de sa scolarité ?

Il prononça le mot de passe « Bulles Baveuses » et la gargouille pivota d’elle-même, laissant apparaître un escalier de pierres qui le conduisit face à une porte en chêne à laquelle il frappa avant d’entrer.

Dumbledore se trouvait là, assis derrière un magnifique bureau. La pièce était circulaire, les murs couverts de livres jusqu’au plafond, sauf derrière le directeur : de nombreux portraits y étaient accrochés, occupés par des hommes et des femmes qui dévisagèrent Harry avec intérêt. Un superbe oiseau doré, aux yeux vifs et brillants d’intelligence, le fixa également depuis son perchoir.

— Ah, Harry, mon garçon, je t’attendais. Assieds-toi, je t’en prie. Tu dois sûrement te demander pourquoi je t’ai fait venir ? lui demanda le directeur, en le regardant par-dessus ses lunettes en demi-lune.
— Oui, professeur.
— Je comprends bien ton étonnement. Crois moi, je ne t’aurais pas dérangé lors de ta dernière journée dans cette école si je n’avais pas une information de la plus haute importance à te communiquer.

Harry se redressa, intrigué. Le directeur marqua une pause, puis reprit d’un ton extrêmement triste.

— Il va falloir que tu me promettes de ne pas parler de ceci autour de toi. Tes parents sont déjà au courant, ainsi que la plupart des anciens membres de l’Ordre. Il serait vain, j’imagine, d’attendre de toi que tu ne dises rien à tes amis et je le comprends fort bien. Cependant, ce sont les seuls à qui tu pourras en parler. Autrement, tu nous mettrais tous en danger.

Harry se retint de poser les multiples questions qui tournaient dans sa tête. Le discours de Dumbledore était loin de le rassurer.

— Il y a exactement dix-huit ans, le professeur Trelawney m’a fait une prophétie concernant Voldemort.
— Le professeur Trelawney ? coupa Harry, incrédule.
Face au regard amusé de Dumbledore, il rougit. Il n’avait pas pu s’en empêcher.
— Cette prophétie était aussi sérieuse que je le suis, aussi étrange que cela puisse te paraître. Elle concernait, comme je te le disais, Voldemort, mais également un jeune garçon qui naîtrait à la fin du mois de juillet.
— C’était moi, professeur, ce garçon ? Que disait la prophétie ?
— Ça aurait pu être toi, rectifia Dumbledore. Si tu le permets, je vais répondre à ta deuxième question avant la première, tu comprendras mieux.

Le directeur se leva et alla ouvrir une armoire contre le mur dont il sortit un énorme chaudron d’argent, remplit d’une sorte de gaz bleuté. Dumbledore fit signe à Harry d’approcher.

— Ceci est une Pensine. Et ce que tu vas y voir est le souvenir que j’ai du jour où Sibylle Trelawney m’a fait la prophétie qui changerait notre avenir à tous.

La silhouette du professeur Trelawney apparut. Le souvenir était pâle, mais Harry put distinguer les pupilles complètement dilatées de son professeur de Divination. Lorsqu’elle parla, ce fut d’une voix rauque et voilée : elle déclara que celui qui aurait le pouvoir de vaincre Voldemort naîtrait à la fin du septième mois, aurait un pouvoir ignoré du Seigneur des Ténèbres qui le marquerait comme son égal...
Harry recula, interloqué. Lui-même était né un 31 juillet.
Le professeur Dumbledore retourna s’asseoir sans un mot et Harry l’imita.

— Cette prophétie, déclara le professeur, pouvait très bien te concerner, car tes parents avaient défié Voldemort par trois fois déjà avant ta naissance. Cependant il y avait un autre garçon, dont les parents étaient également membres de l’Ordre et qui est né le 30 juillet 1980. Voldemort a choisi de le tuer en premier pour contrer la prophétie. Il est entré dans sa maison le 30 octobre 1981 malgré toutes les protections que nous avions mises en place, a assassiné Franck et Alice Londubat puis il s’est dirigé vers la chambre du jeune Neville et l’a tué également.

Harry frissonna et Dumbledore baissa les yeux avec une tristesse infinie.

— Les Londubat étaient très appréciés par les membres de l’Ordre. Cependant nous savions que vous étiez tout autant en danger que les Londubat l’avaient été car Voldemort projetait, d’après l’un de nos informateurs, de vous tuer tous les deux afin de contrer la prophétie. Sirius était le gardien du secret de tes parents et il était protégé par moi-même. Même s’il aurait préféré mourir que de vous trahir.

Harry acquiesça. Il était très proche de son parrain, qui n’aurait jamais rien fait qui puisse nuire aux Potter.

— Deux ans après la mort des Londubat, Voldemort en personne a déclenché une grande bataille ici même, à Poudlard, dans le but de me faire avouer le lieu où vous vous cachiez, tes parents et toi. Il était persuadé que j’étais votre Gardien du Secret, tant votre protection était majeure. La bataille a été dévastatrice.

Harry avait de nombreuses fois entendu parler de cette guerre. Son père et son parrain avaient perdu leur meilleur ami, Remus Lupin, ainsi qu’un autre de leurs amis, Peter Pettigrow, mort dans les rangs des Mangemorts après avoir trahi l’Ordre. Sirius avait également perdu sa fiancée dans la bataille et son père lui-même, qui avait clandestinement quitté sa cachette, avait failli être tué.

— L’homme qui avait entendu et répété la prophétie est mort lors de cette bataille. Il avait été un grand ami de ta mère et venait de nous rejoindre afin de travailler pour moi en tant que Mangemort infiltré. Il s’appelait Severus Rogue.

L’un des portraits grommela quelque chose que Harry ne put comprendre. Dumbledore fit tourner sa baguette au-dessus de la Pensine, qui laissa apparaître le visage émacié d’un homme aux yeux et aux cheveux noirs, qui ne laissait transparaître aucune émotion.

— A l’issue de la bataille, j’ai détruit Lord Voldemort avec le premier et le seul Avada Kedavra de toute ma vie, poursuivit Dumbledore. Cependant, Harry, nous ne sommes pas pour autant en sécurité.
— Que voulez-vous dire, Monsieur ?
— Je pense que Voldemort est toujours en vie et se terre quelque part en attendant ce qui le ramènera.

Harry se figea, l’estomac noué. Pour la première fois de sa vie, il se sentit réellement terrorisé. Il avait déjà surpris des conversations entre ses parents qui se demandaient si Voldemort était vraiment mort, pour toujours. Mais jamais le moindre signe ne leur avait fait croire qu’ils n’étaient pas en sécurité, que la guerre n’était pas vraiment finie.

— J’ai découvert il y a un peu plus d’un an la façon utilisée par Voldemort pour garder un semblant de vie. Il existe des objets de magie noire très puissante, appelés Horcruxes.
— Qu’est-ce que c’est ?
— Ce sont des objets ensorcelés pour conserver un morceau d’âme.

Dumbledore hocha la tête en réponse au grognement choqué d’Harry. Derrière lui, les commentaires des portraits, qui s’étaient tus depuis le début du récit, allaient bon train. Le directeur laissa Harry, troublé par ces nombreuses révélations, faire l’ordre dans sa tête avant de poursuivre cette étrange conversation.

— Donc vous dites que Voldemort serait toujours en vie ?
— Qu’il aurait un semblant de vie. Il est maintenu dans ce monde grâce à ses Horcruxes.
— Comment peut-on les créer ?
— En tuant quelqu’un.

Harry eut un sourire amer.

— Etrangement, cela ne m’étonne pas plus que ça.

Dumbledore ne répondit pas et attendit. Le silence pesait sur la pièce, lourd des révélations précipitées du directeur. Harry se leva et fit les cent pas. Il avait mille choses en tête. C’était trop, d’un coup. L’instant d’avant il était un garçon innocent, jeune, avec la vie devant lui, s’apprêtant à quitter Poudlard pour la dernière fois avant de passer l’été avec ses amis et sa famille, puis quelques mots du directeur et le voilà cible principale d’un mage noir qu’il croyait mort depuis longtemps.

— Il fallait que tu saches, Harry, car je vais avoir besoin de toi.

Harry releva la tête. Dumbledore ne bougeait pas, immobile, détendu, comme si ce n’était pas lui qui venait de lâcher cette bombe dans la vie du jeune sorcier.

— Besoin de moi ? Pourquoi ?
— Voldemort est capable de revenir, et s’il trouve le moyen – et il le trouvera, je n’ai aucun doute là-dessus – tu seras sa première cible. Il se trouve que je viens de détruire un de ses Horcruxes...
— Un de ses Horcruxes ? coupa Harry, soudain énervé. Parce qu’il y en a plusieurs ?
— Je le crains. A vrai dire, j’ai obtenu certaines informations qui me laissent penser, avec une quasi-certitude, qu’il en aurait créé sept. Mais ceci est une longue histoire que je te raconterai prochainement.

Harry se rassit et se prit la tête dans les mains. Il ne comprenait plus rien, désormais.

— Professeur, sans vouloir vous offenser, ce n’est absolument pas ce que j’ai prévu de faire de ma vie. Je veux dire, je viens de terminer les cours, si tout va bien j’ai réussi mes ASPICS et je ne vois pas bien pourquoi j’aurais à savoir tout cela. Je suis loin d’être le sorcier le plus qualifié pour vous aider à... Je ne sais même pas ce que vous attendez de moi, d’ailleurs.

Dumbledore sembla sincèrement désolé.

— Harry, mon garçon, je crains que tu n’aies pas le choix.
— Pas le choix ? PAS LE CHOIX ? Parlez de tout ceci à mes parents et nous verrons ce qu’ils en pensent. Reconstituez l’Ordre, trouvez quelqu’un d’autre, un Auror, quelqu’un du ministère mais je ne suis pas qualifié pour travailler avec vous, quoi que vous attendiez que je fasse, déclara Harry d’un ton tremblant, mais sûr de lui.

Les directeurs et directrices étaient totalement agités dans leurs portraits, à présent. L’air choqué et furieux, ils commentaient entre eux le refus et la colère d’Harry. Dumbledore, quant à lui, restait silencieux, un léger sourire aux lèvres, laissant Harry se calmer. Il finit par reprendre la parole, d’un ton calme, mais qui ne laissait pas de place à la protestation.

— Harry, je voudrais que tu m’écoutes jusqu’à la fin. Voldemort a probablement déjà réalisé qu’un de ses Horcruxes avait été détruit. Il va trouver un moyen de revenir, ce n’est plus qu’une question de temps. J’aurais pensé qu’il reviendrait bien plus tôt que cela, d’ailleurs. Il faut que nous trouvions et que nous détruisions les autres Horcruxes avant qu’il ne renaisse. S’il y parvient, nous serons tous en grand danger et toi encore plus que les autres.

Harry ouvrit la bouche mais Dumbledore leva la main pour l’empêcher de parler.

— Tu étais toi aussi concerné par cette prophétie, Harry. Et maintenant que Voldemort a tué Neville, tu es le seul à l’être. Voldemort a choisi de t’éliminer car il te considérait comme un danger. Nous lui avons rendu la tâche difficile et tu es, depuis ta naissance, son plus grand défi ! La prophétie s’est réalisée. Tu es choisi pour le vaincre. Tu es l’Elu. C’est à toi de le faire. Sans compter que s’il revient avant que nous ayons détruit ses Horcruxes, tu seras, en toute modestie, plus en sécurité à mes côtés que nulle part ailleurs.
— Professeur, à propos de la prophétie... Il y a quelque chose que je ne comprends pas.

Harry s’était relevé et avait recommencé à faire les cent pas.

— En quoi suis-je... Pourquoi serais-je cet « Elu » ? Je veux dire... Il balbutiait, cherchait ses mots. Enfin, Vous-Savez-Qui a tué les Londubat alors... Pourquoi ce serait moi, le garçon de la prophétie ?

Dumbledore semblait s’attendre à ces questions.

— Voldemort n’a pas pu te tuer, Harry. En te recherchant avec acharnement, il t’a conféré une valeur qui renforce la signification de la prophétie. Il n’a pas décidé de tuer seulement les Londubat. Il a continué à te chercher malgré tout et t’a considéré – et il te considère toujours – comme un danger. C’est ça, Harry Potter, qui te rend unique. C’est pour cela que tu es l’Elu. C’est toi qu’il a pourchassé avec autant d’acharnement après avoir entendu la prophétie. Toi.

Mille et une questions tournaient dans la tête de Harry. Alors qu’il s’apprêtait à les poser, le phénix poussa un petit cri et Dumbledore sourit.

— Je me doute que mes explications ne te suffiront pas mais pour l’instant, il me semble que certaines personnes sont là pour te voir.

Des coups retentirent à la porte et une belle femme rousse fit irruption dans la pièce. Lily Potter soupira de soulagement et enlaça son fils avec force.

— Harry, mon chéri, on ne pouvait rien te dire...
— Professeur Dumbledore, salua James qui la suivait. Harry, comment te sens-tu ?

Harry se dégagea en douceur des bras de sa mère, étreignit rapidement son père et secoua la tête.

— Je ne sais pas. C’est trop, trop d’un coup. J’imagine que je devrais mieux comprendre vos regards insistants pendant mes sept ans à Poudlard, ajouta-t-il à l’attention du directeur avec un pauvre sourire.
— Je ne voulais pas te donner l’impression de te surveiller mais il fallait que je sache si tu allais bien, s’excusa Dumbledore. Harry je vais te laisser rejoindre tes amis et passer du temps avec tes parents mais tu ne rentreras pas à Godric’s Hollow cet été.

Harry tourna la tête vers ses parents. Ils n’avaient pas l’air surpris mais sa mère baissa les yeux, anxieuse.

— Je vais te donner des cours. Pas des cours normaux, pas vraiment des cours de défense non plus. Je vais t’apprendre tout ce que tu as besoin de savoir sur Lord Voldemort et sur la manière de détruire les Horcruxes. Tu vas m’aider à les trouver. Et je vais t’aider à le détruire pour de bon cette fois.

Harry hocha la tête. Etrangement, cela semblait moins improbable, énoncé dans la bouche de Dumbledore, l’homme qu’il considérait depuis toujours comme le plus sage et le plus puissant du monde sorcier, à qui ses parents vouaient une admiration sans borne.
Dumbledore discuta encore quelques temps avec les parents Potter mais Harry n’écoutait déjà plus. En tant que fils d’anciens membres de l’Ordre, il avait été élevé dans le souvenir de la guerre, incité à la prudence et avec une crainte et une haine presque héréditaires des pro-Mangemorts et des Mangemorts enfermés à Azkaban. Cependant il n’aurait jamais pensé avoir été l’objet d’une prophétie qui l’opposait directement au plus grand mage noir de tous les temps. Et ses parents, qui étaient au courant depuis son premier souffle, ne lui en avaient jamais parlé.
Pourquoi le maintenir dans un tel secret, si c’était pour l’arracher à sa vie et le pousser dans la gueule du loup une fois sa scolarité terminée ?

Ron et Hermione purent rester à Poudlard avec Harry pour lui tenir compagnie. Leur rapprochement était de plus en plus évident chaque jour et Harry regrettait parfois de ne pas avoir demandé à Ginny de rester aussi.
Ses parents avaient passé trois jours avec eux avant de repartir aider à reconstituer l’Ordre du Phénix, une organisation de sorciers qui avait combattu les Mangemorts au temps de Voldemort. Dumbledore étant persuadé que le mage noir reviendrait, il était temps d’assurer les arrières.
Harry rejoignit Dumbledore dans son bureau pour son premier cours. La pièce était identique à la semaine précédente, quand sa vie avait basculé. La seule différence était la Pensine, en plein milieu de la pièce. Il n’y aurait pas d’entraînement au combat alors ?
Dumbledore lui fit signe de s’asseoir et sourit face à l’air préoccupé d’Harry.

— Tu sembles sur le point d’exploser de questions contenues depuis notre dernière entrevue. Parle, n’hésite pas. Il est tout à fait légitime d’avoir quelques interrogations après les révélations que je t’ai faites.
— Pourquoi maintenant, monsieur ? Pourquoi m’en parler treize ans après sa mort ? lâcha Harry en se laissant tomber sur la chaise.
— La réponse est simple, Harry. Après avoir vu tant de souffrances dans ce monde pendant la guerre et avec l’épée de Damoclès qui était suspendue au-dessus de ta tête depuis ta naissance, j’ai voulu te laisser grandir en paix. Sans aucune piste devant moi, sans certitude sur la manière de détruire définitivement Voldemort, je ne voyais pas l’intérêt de t’importuner avec cette histoire.

Dumbledore s’interrompit et se leva pour faire les cent pas dans la pièce.

— Cependant, comme je te l’ai dit la semaine dernière, reprit-il, j’ai réussi il y a peu à détruire l’un des Horcruxes de Voldemort. Ce qui me pousse à croire que ses efforts pour retrouver des partisans libres et prêts à l’aider à revenir, vont redoubler, afin de m’empêcher de finir ce que j’ai commencé.
— Professeur, vous dites qu’il y aurait sept Horcruxes ? demanda Harry.
— Effectivement, d’après ce que m’a révélé un souvenir que j’ai difficilement obtenu d’un collègue – Dumbledore désigna la Pensine – il semblerait que Voldemort ait choisi d’en réaliser sept... Sept, un chiffre d’une grande puissance magique.
— Son âme est déchirée en huit morceaux ?! s’exclama Harry avec un haut-le-cœur.
— En effet... Ce qui explique son existence parfaitement inhumaine. Il pourrait reconstituer son âme mais seulement en éprouvant des remords et je ne crois pas que Voldemort connaisse ce sentiment. Le processus est très douloureux.

Dumbledore invita Harry à se lever d’un signe de la main.

— Pour affronter Lord Voldemort, il faut déjà que tu le connaisses. Je vais te montrer différents souvenirs. Les miens et ceux d’autres personnes qui l’ont approché, du temps même où il était encore un jeune garçon nommé Tom Jedusor, promis à un grand avenir.
— Ce sera le contenu de nos cours ? Nous allons apprendre à le connaître pour savoir où les Horcruxes sont cachés ?
— Crois-moi, Harry, déclara Dumbledore d’un ton grave, tout ce que tu apprendras ici te sera d’une grande aide, autant que d’apprendre certains sortilèges. Le souvenir que tu vas voir maintenant, ajouta-t-il en approchant de la Pensine, date du jour où j’ai rencontré celui qui deviendrait Lord Voldemort. Harry, à toi l’honneur.

Harry inspira un grand coup et plongea le visage dans la Pensine.

Ron et Hermione attendaient Harry dans la Salle Commune quand il les rejoignit dans la soirée. Tous les deux trépignaient, ils avaient passé la semaine à s’imaginer en quoi consisteraient les « cours ».

— Alors ? Qu’est-ce que vous avez fait ?

Harry se laissa tomber dans un des fauteuils au coin du feu et leur raconta tout : les souvenirs qu’il avait vus, ce que Dumbledore lui avait confié au sujet de Tom Jedusor, les Horcruxes...

— Il pense qu’il existe sept Horcruxes. Il en a déjà détruit un, une bague qui appartenait à sa famille, et il croit qu’il a pu en confier un autre à l’un de ses Mangemorts les plus fidèles.
— Pourquoi irait-il confier un morceau de son âme à un de ses Mangemorts ? Je veux dire, c’étaient davantage des serviteurs que des amis, observa Hermione en ignorant le cri choqué de Ron à l’évocation du nombre d’Horcruxes.
— Dumbledore pense qu’il voulait s’en servir pour revenir au moment voulu. Seulement, s’il n’est pas revenu depuis toutes ces années, c’est soit que la personne qui l’a caché est à Azkaban, soit qu’elle n’a toujours pas osé le ressortir.
— Ou qu’elle ignore comment faire revenir Tu-Sais-Qui à partir d’un bout de lui, ajouta Ron. Personnellement, ça ne me donnerait pas tellement envie.

Hermione s’était assise en face de Harry et fixait le feu, songeuse.

— J’imagine que Voldemort aura expliqué à ce Mangemort comment faire. Dumbledore a une idée précise d’un Mangemort assez proche de son maître pour être digne d’une telle confiance ?

Harry hésita.

— La cousine de Sirius, Bellatrix Lestrange. Souviens-toi, Sirius nous a parlé d’elle il y a quelques années, une vraie folle. Elle a été envoyée à Azkaban mais elle est complètement dévouée à Voldemort. Elle ou son mari pourraient l’avoir. Et puis il y a Lucius Malefoy.
— Malefoy ? Le père de Drago Malefoy de Serpentard ?

Drago Malefoy était un jeune garçon prétentieux de leur année, qui prenait plaisir à trouver les points faibles des gens pour s’en servir. Il entretenait la rivalité Gryffondor-Serpentard depuis sa première année.

— Lui-même. Quasiment personne ne sait qu’il a été Mangemort. Le Ministre ferme les yeux et refuse de le croire car ils sont apparemment assez proches mais Dumbledore est catégorique à ce sujet. C’est l’un des seuls qui n’a pas été envoyé à Azkaban grâce à sa position. Voldemort aurait pu y voir un avantage.
— Et que serait cet Horcruxe ? demanda Ron.
— Dumbledore n’en sait rien. Il utilise ses propres souvenirs pour essayer de trouver un objet que Tom Jedusor aurait pu affectionner particulièrement, répondit Harry en haussant les épaules. C’est trop pour moi tout ça, trop d’un coup...

Les trois amis se turent, réfléchissant à ce que Harry leur avait confié. Soudain Hermione sourit et attrapa une enveloppe sur la table basse pour la donner à Harry.

— Tiens, Icare a apporté ça pendant que tu étais parti.

Icare était le hibou de son parrain, Sirius. Harry se dépêcha de décacheter la lettre : l’enveloppe ne contenait qu’un petit parchemin sur lequel son parrain disait simplement : « Passe-moi un coup de cheminette ce soir, je serai au Square Grimmaurd avec tes parents. »

Harry attrapa aussitôt le pot de poudre de Cheminette mis à leur disposition de manière exceptionnelle. Il éteignit le feu, envoya une poignée de poudre dans la cheminée, y plongea la tête et s’exclama :
— 12, square Grimmaurd !

Sa tête sembla tourner sur elle-même. Quand la poussière se dissipa, il put distinguer une cuisine à l’air ancien, un sol de pierre et une grande table en bois où étaient attablés sa mère et son parrain. Son père se tenait derrière eux avec leur ami Remus et tous les deux faisaient voler devant eux des assiettes. Ils faillirent les lâcher de surprise quand ils aperçurent Harry.

Sa mère et son parrain se laissèrent tomber à genoux devant la cheminée, un sourire éclatant sur le visage. Les longs cheveux roux de Lily étaient retenus en chignon et des cernes profonds marquaient ses yeux. Sirius était aussi séduisant qu’à l’accoutumée avec ses cheveux ondulés. James était debout derrière lui, ses cheveux plus longs que d’habitude et avec l’air aussi soulagé que Lily de voir son fils en bonne santé. Quant à Remus, le visage creusé, il avait un sourire bienveillant mais l’air fatigué.

Harry leur raconta son cours avec Dumbledore, sans trop entrer dans les détails cependant. Sirius semblait perdu dans ses pensées. Harry ne mentionna pas sa cousine, afin d’éviter de le contrarier.

— Et vous, comment ça se passe ?
— Pas aussi bien qu’on l’imaginait, hélas, grommela James. La plupart des anciens membres de l’Ordre se sont habitués à la paix et même s’ils font confiance à Dumbledore, ils ont du mal à imaginer un retour de Voldemort.
— Ils n’arrivent pas à admettre cette idée, soupira Lily. Et je les comprends. C’était tellement dur, à cette époque, et nous avons tous tellement perdu...

Un ange passa. Ils conclurent la conversation sur des sujets plus légers mais aucun d’entre eux n’avait la tête à rire ; les adultes étaient inquiets des prévisions de Dumbledore et du rôle de Harry. Quant à lui, il ne comprenait pas encore bien ce qui lui arrivait.

Trois semaines passèrent avant que Dumbledore ne décide de partir à la recherche du premier Horcruxe. Ils avaient longtemps fouillé dans de nombreux souvenirs avant de parvenir à une liste d’objets à rechercher chez Lucius Malefoy, par où ils avaient décidé de commencer.
Tout d’abord, Dumbledore pensait à une sorte de trophée volé dans l’ancien orphelinat de Tom Jedusor. En effet, très fier, il aurait pu le garder comme revanche sur cette enfance difficile.
Ensuite, un objet ayant appartenu à Salazar Serpentard s’imposait comme une évidence. Voldemort était Fourchelang et avait lui-même été élève à Serpentard.
Dumbledore pensait également à un petit cahier avec lequel il avait vu très souvent Tom Jedusor lors de sa scolarité. Il semblait tenir un journal quotidien, notamment aux heures des repas, préférant rester seul à table et écrire plutôt que de se mêler à ses camarades. Comme s’ils ne méritaient pas sa présence.
Harry rejoignit Dumbledore en haut de la tour d’Astronomie à 18h ce soir-là. Il était à la fois très anxieux et impatient. Le directeur, quant à lui, semblait relativement détendu compte tenu de la tâche qui l’attendait.

— Nous allons chez les Malefoy, monsieur ?
— Nous y allons. Il va falloir que tu me fasses confiance et que tu m’obéisses quel que soit l’ordre que je te donnerai. M’en fais-tu la promesse ?

Harry hésita.

— Oui, professeur.
— As-tu emmené ta cape d’invisibilité ?

Harry avait eu cette cape lors de sa cinquième année par son père, qui lui-même la tenait de son propre père. Dumbledore était au courant de son existence depuis bien avant la naissance de Harry, d’après ses propres dires.

— Elle est dans mon sac à dos, acquiesça Harry.
— Bien. Je ne crois pas que notre mission de ce soir soit la plus difficile. Il ne devrait pas être trop dur de convaincre les Malefoy de bénéficier de ma protection si Voldemort revient. Dumbledore ajouta avec un léger sourire : Lucius n’a pas toujours été le plus fidèle et le plus courageux de ses serviteurs.

Il tendit le bras à Harry, qui le saisit. Et ils transplanèrent.

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Julie Potter · il y a
Je croyais que Remus était mort pendant la guerre ?
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Oscar · il y a
TRÉS BELLE SUITE ORIANE....
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Oriane · il y a
Merci beaucoup !!! C'est très gentil
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Remi Boulier · il y a
C'est Top Oriane ! Je n'ai pas lu les textes des autres mais je suis certain qu'ils sont sans saveur à coté des tiens ! ;) Bravo !
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Oriane · il y a
C'est gentil mais crois-moi il y en a des vraiment très bons ;)
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Shaynoufi · il y a
yeaay oriane si tu gagnes pas je comprends pas !
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Oriane · il y a
Haha merci Choufiiiii
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Claire Le-Mée · il y a
J'adore ce genre de fanfiction, c'est un de mes thémes favoris, et tu l'as très bien en place ! Je vote donc pour toi
! Je t'invite aussi à aller voir ma participation au concours de fanart : http://short-edition.com/oeuvre/strips/les-maraudeurs-et-lily-1

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Oriane · il y a
Merci beaucoup pour ton commentaire ! (je suis allée voir et j'ai voté aussi, j'avais déjà voté avant la finale, tu as beaucoup de talent!!!)Tu peux aussi regarder ma participation dans la catégorie Twilight si tu veux : http://short-edition.com/oeuvre/nouvelles/impregnation
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Claire Le-Mée · il y a
Je n'ai jamais vu/lu twilight, mais j'essayerais de lire ton texte quand même :D
De rien !