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L'amour peut faire très mal, personne ne te dira jamais le contraire.

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Himchan était venu me border. Il me racontait une histoire de sa voix douce. Je lui demandais toujours la même, celle de frère Lune et sœur Soleil. Il faisait même les voix, parfois, et ça me faisait rire. J’aimais bien quand Himchan prenait le temps de venir me coucher. Il était doux Himchan ! Plus que ma mère. Il ne dormait pas souvent à la maison, pas encore. Ça n’allait plus trop tarder. Il avait offert une belle bague à ma mère. Pas un diamant, une émeraude. C’était mieux une émeraude. C’était plus original. Ça montrait qu’il avait du goût. Et ce n’était pas du toc sa bague. Il avait les moyens Himchan. Ma mère portait la bague à l’annulaire. Je savais déjà ce que ça voulait dire. Ils allaient se marier. J’étais heureuse. Himchan serait tout le temps chez nous. Il pourrait venir me bercer tous les soirs.

L’histoire s’acheva. Encore une fois, le grand frère accepta d’échanger sa place avec sa petite sœur dans le ciel, parce qu’elle avait peur du noir. Il devint la Lune. Elle devint le Soleil. Himchan reposa le livre de conte et m’invita à m’approcher tout près de lui. Il était chaud, mais surtout très grand. C’était un homme, un grand homme, et j’étais si petite. J’espérais devenir aussi grande que ma maman.

Pour l’heure, je faisais l’enfant. Ça m’arrangeait d’être petite. C’était plus confortable pour attendrir les grandes personnes. Elles n’étaient jamais insensibles à mon charme. J’avais une tenue préférée pour les attendrir : une jupe, un peu courte, au-dessus de mes fines jambes ; une chemisette à manche courte qui remontait jusqu’à mon cou, long et fin lui aussi. Je me faisais deux longues couettes, avec mes longs cheveux noirs, parfaitement lisses et brillants, si fins. C’était la plus belle partie de mon corps, mes cheveux. Dans ma tenue préférée, si je minaudais un peu, j’obtenais ce que je voulais.

A l’école, la maîtresse m’avait déjà prise sur les genoux plusieurs fois. Alors qu’elle ne jurait que par l’autorité. Elle faisait l’austère, elle gardait ses distances, mais avec moi ça ne prenait pas. Je savais comment briser ses défenses et faire fondre son cœur de grande personne. Je penchais un peu la tête sur le côté et je souriais, ce qui dévoilait mes dents et l’absence de mes deux incisives du haut. Chez un adulte ce genre de détail dentaire prêterait à rire, peut-être même au mépris, mais chez une fillette de mon âge, c’était une arme fatale contre l’indifférence. Je dévoilais mes dents et toutes les barrières tombaient. Plus personne ne me résistait. Surtout pas Himchan. Il me disait souvent que j’étais sa princesse de Corée. Il me disait que j’étais belle.

A ce moment-là, il me lissait les cheveux. Ils étaient si propres mes cheveux, si doux. J’étais sûre qu’il pouvait se voir dedans, comme dans un miroir.
Il se pencha légèrement en avant et déposa un baiser sur ma joue, repoussant ma mèche de cheveux derrière mon oreille. Silencieusement, un second baiser vint sur mon œil droit. Je rigolai. Parce que c’était drôle : un baiser sur les yeux. Il prit mon rire comme une invitation et ses mains de pianiste (je dis pianiste, mais je ne sais pas s’il jouait réellement du piano, mais ses doigts étaient fins comme ceux d’un pianiste) partirent à la rencontre de mes côtes et il rit à son tour en me chatouillant. Je ris, plus fort cette fois, tous mes muscles se contractèrent, et je me débattis... à peine. J’essayai plutôt de le supplier :

— Arrête !

Mais personne n’aurait pu croire en mon « arrête » qui s’apparenta plutôt à une demande de poursuivre la lutte encore. Pourtant, arriva un moment où cette joie devint intolérable. Mes « arrêtes » devinrent sincères. Himchan s’était faufilé sous le haut de mon pyjama en éponge vert pomme. Les frôlements de ses doigts à même ma peau étaient prenants. La chatouille était plus intense quand elle n’était pas atténuée par le vêtement. J’avais donc des larmes de rire aux coins des yeux. Himchan était au-dessus de moi et me regardait. Je vis sur son visage à quel point mon propre visage de poupée essoufflée de rire était irrésistible. Il me dévorait des yeux. Il arrêta de me chatouiller pour me contempler ? Je repris haleine. Mes bras étaient positionnés entre lui et moi. J’avais tenté de le repousser, apparemment. Mes mains avaient dû pousser sur son torse.

Il portait encore ses vêtements de bureau, mais il avait retiré sa veste, ses chaussures et sa cravate. Il avait déboutonné les deux boutons du haut. C’était un bel homme, Himchan. Ma mère avait du goût. Il était mince, à peine plus vieux qu’elle. Il portait des lunettes aux montures légères. Ses cheveux étaient courts. Je pouvais voir ses yeux de près, parce qu’il avait rapproché son visage du mien, ils étaient longs et étroits. Il m’observait toujours, longuement. Lui aussi semblait avoir du mal à reprendre haleine. Son souffle était perceptible sur la peau de mon visage. Je le sentais sur mon nez, mes lèvres.

Il bougea à nouveau ses doigts. Je sursautai. Il posa ses mains à plat sur mon ventre. Il n’appuya pas de manière à me chatouiller. Alors je ne ris pas. Elles remontèrent un peu, ses mains. Elles vinrent sur ma poitrine plate. Mais ce furent ses lèvres qui retinrent mon attention. Elles venaient de se poser sur les miennes, doucement au début, puis de plus en plus fermement. Je ne voyais plus ses yeux. Il les avait fermés, contrairement à moi. Je ne savais pas comment réagir, alors, je ne réagissais pas. Je ne savais pas quoi dire, alors, je ne disais rien. Je ne savais même plus quoi ressentir. Je n’avais pas peur, mais l’euphorie s’était envolée.

Sa main droite était remontée si haut que mon haut de pyjama en éponge vert pomme était presque en train de me passer au-dessus de la tête. Sa main gauche, quant à elle, se glissa derrière mon dos, entre le matelas et moi, au niveau de mes hanches. Il n’avait pas arrêté de m’embrasser. Il pesait de plus en plus lourdement sur moi. Sa langue chercha un passage entre mes lèvres closes. Je ne voulus pas les entrouvrir. Sa salive inonda mon visage. Sa langue me lécha. Je n’avais rien ressenti jusqu’alors, à présent, ça me dégoutait quand même un peu. Je tournai la tête sur ma gauche. Ce fut donc mon oreille qu’il lécha.

Je sentais son souffle rapide comme un bœuf. C’était toujours Himchan, il était doux, mais je pouvais déjà deviner quelque chose de brutal, comme un taureau, à cause de ce souffle dans mon oreille. Je savais aussi que je ne pouvais plus vraiment bouger. Je n’essayais pas de m’enfouir de toute façon.

Sa main était remontée si haut qu’elle caressait mon menton. Puisque j’avais tourné la tête, je ne pouvais plus le voir. Il reprit les petits baisers que je connaissais et que j’appréciais. Il en déposa amoureusement sur toute ma joue, sur ma tempe et puis dans mon cou.

— Tu es si jolie Sun Hee, murmura-t-il.

Je me détendis. J’avais toujours rêvé de la tendresse d’un père et depuis que je connaissais Himchan, je ne pouvais plus m’en passer. Il était comme un papa gâteau. Il m’offrait tout ce que je voulais. Il me faisait danser en soirée en me laissant grimper sur ses pieds. A chaque fois qu’il me chouchoutait, ma mère le regardait encore plus tendrement que d’habitude. Elle avait eu très peur, ma mère, de ne pas retrouver d’homme, à cause de moi. Quel homme souhaitait une femme déjà encombré d’une petite fille ? Himchan était tombé du ciel. Il voulait l’épouser et semblait m’accepter comme sa propre fille. De quoi rassurer ma mère.

De quoi me rassurer moi aussi alors que je me trouvais sous lui. Je le connaissais depuis que j’avais sept ans et demi, mon cher Himchan. J’en avais déjà huit et demi. Je savais que j’étais sa princesse, qu’il me trouvait mignonne.

Il me sentit me détendre. Il ne pouvait plus s’arrêter désormais. Sa main gauche qui était collée derrière mon dos, se mit à nouveau en mouvement. Elle descendit. Elle s’immisça au niveau de mes fesses. Par rapport à cette main ma fesse était minuscule. D’une seule main, il la recouvrait entièrement. Puis, il descendit encore, sur ma cuisse. Cela tira sur l’élastique de mon bas de pyjama en éponge vert pomme également. L’autre main imita cette dernière. Elle descendit en s’attardant un instant sur mes fesses, les caressant.

Elles étaient si lisses et douces mes fesses et les mains d’Himchan en jouissaient outrageusement. Le souffle d’Himchan était toujours haletant à mon oreille, comme s’il faisait un effort. Je trouvais que c’était étrange, parce qu’il n’était pas en train de courir. Il était allongé. En plus, je me rendais compte avec stupéfaction que moi aussi j’étais essoufflée. C’était comme si j’étais en train de courir. Je respirais fort, mon cœur s’accélérait, j’avais chaud, très chaud. Je transpirais même. Pourtant, lorsque les doigts d’Himchan qui descendaient toujours plus bas firent glisser mon pantalon, je frissonnai comme dans un vent glacial.

J’avais le haut de pyjama en éponge vert pomme remonté jusqu’au-dessus de ma poitrine et le pantalon descendu en-dessous des genoux. J’étais presque nue, alors que lui était tout habillé. Mes bras étaient étendus le long de mon corps. Je n’osais pas bouger. Pourtant, je voulais bouger les bras pour remonter mon pantalon. Ce n’était pas bien d’être cul nu devant quelqu’un, surtout devant un homme. Mais mes bras, à moitié morts, restèrent immobiles. Les gestes d’Himchan devinrent moins lents. Il tenta à nouveau de m’embrasser sur la bouche, mais ma tête était trop tournée sur le côté pour le lui permettre. Ses mains firent alors des va-et-vient sur ma peau nue. Elles remontaient, redescendaient. Cela ne me chatouillait plus, c’était différent. L’une de ses mains de pianiste chercha à s’immiscer entre mes cuisses et moi je les resserrai de toutes mes forces.

— Je t’aime Sun Hee, chuchota Himchan tout bas. Laisse-toi faire. Je ne te ferai pas de mal.

Mais je ne desserrai pas mes cuisses. Car malgré la bassesse de sa voix, le ton était surtout insistant, impatient. Je sentais qu’Himchan m’aimait. Il m’aimait d’une façon que je n’attendais pas. Sa main força l’intérieur de mes cuisses. Il remonta et toucha mes lèvres lisses, autour de mon sexe. Cette fois, je frissonnai, la sensation différente d’une chatouille mais qui y ressemblait, sauf que ça ne donnait pas envie de rire, était trop forte. Je bougeai mes bras pour attraper mon pyjama en éponge vert pomme que je tentai de redresser. Je voulais me rhabiller. Himchan attrapa mon poignet d’une main. Avec la seconde, il déboutonna son pantalon. Il ramena mon poignet au-dessus de ma tête. Il n’avait pas besoin de me faire du mal pour m’immobiliser. Ses jambes écartèrent les miennes. Elles étaient trop frêles mes jambes, pour ne pas s’écarter lorsque le genoux d’Himchan le leur demandait. Il me paraissait encore plus grand, plus fort.

J’avais fermé les yeux. Je ne voyais plus rien. Je n’avais même pas protesté lorsqu’il avait saisi mon bras. J’étais comme muette, et j’étais comme un pantin aussi. Je n’avais pas mal. Himchan avait déjà extrait son pénis de son pantalon, à peine ouvert, à peine descendu. Je m’étais mise à trembler. Avec ma main libre, j’appuyais sur les côtes d’Himchan, évidemment cela ne le fit même pas bouger. Himchan attrapa mon minuscule poignet gauche et plutôt que de le ramener, comme l’autre, au-dessus de ma tête, il l’emmena au contact de son membre. Je sentis quelque-chose de chaud et moite entre mes doigts. C’était poilu, dure comme un os mou. Ce fut les poils qui me génèrent le plus. C’est moche des poils. Lorsque c’est trempé par de la sueur, c’est encore pire.

Himchan imposa un mouvement de caresse. C’était sa main qui caressait son sexe, mais la mienne se trouvait entre les deux, témoin involontaire de son plaisir. J’étais dégoûtée. Ma bouche se déformait et mes yeux se fermaient encore plus fort. Himchan put voir mon dégoût. Il fut un peu déçu. Il aurait voulu que j’accepte son sexe. Mais son désir ne diminua pas pour autant. Il libéra ma main, je l’éloignai aussitôt. Elle était devenue moite, elle aussi, suante.

Himchan se colla à moi. Ce fut soudain, surprenant. Je ne m’y attendais pas. Il avait promis de ne pas me faire mal. Or cela me fit mal. J’eus mal au vagin. Son sexe trop dur n’écartela. La douleur me surprit et un cri sortit de ma bouche. Un seul, un unique cri sortit de ma bouche, à cause de la surprise. Ensuite je me tus, malgré la souffrance, à cause de la peur. J’avais peur, j’étais terrifiée à l’idée que ma mère nous voie. Que penserait-elle ? Je ne savais pas exactement, mais je pensais que ça ne lui plairait pas. Elle m’en aurait voulu. Elle m’aurait grondé. Ce qu’Himchan et moi faisions, ce n’était pas bien. Son sexe bougeait en moi. Il fit plusieurs allers-retours. Ça me brûlait. A chaque fois qu’il tapait au fond c’était ignoble. Je dus vraiment rassembler tout mon courage pour ne pas crier.

Heureusement, assez vite, Himchan exulta comme s’il venait de déposer un gros sac sur le sol. Il se détendis aussitôt au-dessus de moi. Sa main se desserra autour de mes poignets et surtout son sexe se retira de moi. Pourtant, j’avais toujours mal. Quelque chose de liquide coula entre mes jambes, sortit de mon vagin. J’eu peur. C’était mon propre sang qui coulait, en assez grande quantité.

Himchan déposa un nouveau baiser sur ma joue. Son visage était humide. Il était trempé de sueur. Je remis ma tête droite pour le regarder. Je sentis que c’était fini. Je me retenais de ne pas fondre en larmes. Une seule question me vint :

— Pourquoi j’ai mal ? Tu as dit que tu ne me ferais pas de mal.

Je regardais Himchan. La question semblait l’embarrasser. Il caressait ma joue. Il cherchait ses mots, ne trouvait pas. Je pris les devants, j’essayais de comprendre :

— C’est à cause de l’amour ?

Himchan sourit un peu et me répondit tendrement.

— Oui. C’est à cause de l’amour. Aimer quelqu’un, l’aimer vraiment, c’est avoir mal. L’amour peut faire très mal. Personne ne te dira jamais le contraire.

Et, il avait parfaitement raison, personne, jamais, n’a contredit cette affirmation.
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Coum · il y a
L'acte criminel est décrit avec talent malgré toute l'horreur qu'il comporte.
Bravo et merci !

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Francine Lambert · il y a
Expérience douloureuse, la pauvre ! Mon vote !
" Majeure" et " Imparfait " sont à découvrir sur ma page . . .laissez- vous tenter !

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Berceuse Violente · il y a
Merci pour le vote. J'irai jeter un oeil.
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Francine Lambert · il y a
Merci ! J'ai oublié de préciser que mes textes sont en finale jusqu'à . . .demain 11 h ! :-)
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Jean-Jacques Michelet · il y a
Le premier d'une longue série !
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