Junkie

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Scientifique de formation, je suis venu au verbe bien plus tard. Depuis, je joue avec les mots et sur les mots, je m'amuse de jeux de mots... et j’espère vous amuser aussi. Curieux (au sens de ... [+]

...J’étais devenu complètement accro !
J’étais fait aux pattes.
Le piège de l’illusion s’était refermé sur moi.

Au secours ! Quelqu’un pour m’aider...!
Oh, ce n’était pas l’alcool qui avait emporté ma capacité de contrôle. Je n’étais pas un ascète et j’aimais me délecter du nectar des Dieux dans les occasions de convivialité, mais j’étais capable de jouer avec la ligne fragile où la pensée se fait légère et plus incertaine, en évitant de basculer dans le caniveau de l’excès incontrôlé.
Pas l’herbe non plus. Les cônes impressionnants roulés en début de soirée ne m’attiraient pas, moi qui ne fumais plus, pas même les cigares qui m’avaient ravis quelques temps plusieurs années auparavant.
Pas plus de poudre ou d’amphétamine. Pas de cachets colorés non plus.
Ce qui me rendait accro était beaucoup plus fort.
Quelque chose d’incroyable, de puissant qui me prenait les tripes, me transperçait le cerveau, annihilait mon contrôle.
Dans les moments de manque où le besoin me submergeait, j’entrais dans une véritable crise intérieure. Je sentais mes membres trembler, ma bouche s’assécher, et la fièvre monter inexorablement. Je me trouvais comme envouté.
L’air me manquait. Je devais déployer des efforts désespérés pour éviter de lâcher prise, de partir en vrille, vaines tentatives qui finissaient invariablement par la reddition de ma volonté.
Cette addiction était désespérée.
Mes sens décuplés sous l’effet de l’excitation qui me possédait restaient dans l’attente insatiable de ce qui pourrait calmer ce feu intérieur, mais rien n’y faisait.
L’impossibilité spatiale de pouvoir trouver la délivrance à ce manque immense m’anéantissait entièrement et me laissait dans un état de totale apathie. Empêtré dans la camisole de mon impuissance, il fallait attendre que la crise se passe.
Cette drogue supérieure et absolue n’était pas l’héroïne.
Ou plutôt si, mon héroïne.
J’étais accro à Eva.


André Amigo - Epicurien78

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