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Je veux un homme... un vrai !

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Moko

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Elle déplorait son manque d'éducation. Il n'avait décidément aucune notion de bonté, de générosité, d'hospitalité, d'empathie. C'était une brute épaisse, moulée dans une "Bofitude" suffisante ; une espèce rare que l'on ne trouve plus que dans les montagnes corses.
Elle n'en finissait plus de chercher un moyen de le civiliser. Elle avait à peu près tout essayé. Il résistait à toutes les tentatives variées que pouvaient être les voyages de noces, surprises au restaurant, anniversaires de mariage et autres fantaisies visiblement trop fantaisistes pour lui.
Rien n'entamait son inéluctable réflexion blasée et insatisfaite.

Elle décida, un jour, en désespoir de cause, de le traîner au cirque, en espérant que l'homme canon l'inspirerait de quelque façon que ce soit. Elle ne respira que lorsqu'une barbe à papa collée à ses doigts, il s'installa confortablement en observant tout le système de poulies, arrimé au plafond.
- Ben dis donc, ça c'est du matos ! Dit-il

Elle aurait tant aimé qu'il dise la même chose d'elle. Elle rêvait parfois d'être un système de freinage ou d'embrayage... Elle aurait ainsi eu la même garantie d'extase que lorsqu'il s'émerveillait devant les prouesses techniques d'une voiture.
Son mari était un sanguin, passionné de mécanique, capable de s'enflammer devant le moindre match de foot, une bière dans chaque main, la chemise d'abord ouverte, puis boutonnée une fois sur deux jusqu'à mi-ventre.
Comment en était-elle arrivée à épouser une telle caricature ?

Elle en était là de sa réflexion quand les trapézistes se lancèrent dans le vide.
L'un d'entre eux, dans un body building huilé autant que dans la technique et la grâce, se balançait au dessus de leurs têtes.

Le regard vissé au plafond, l'homme ouvrait des yeux inhabituellement stupéfaits. C'était la première fois qu'elle le voyait livré à tant d'innocence. Elle aurait tout donner pour figer cet instant aussi suspendu que les artistes eux-mêmes. Elle lui sourit. Et, chose plus inattendue encore, il lui rendit son sourire.

Pourquoi n'avait 'elle pas suggéré d'aller au cirque plus tôt ?
Qu'est ce qui, dans cet événement, rendait son mari aussi léger ?
Autant de questions qui se bousculaient dans sa tête.

L'entracte lui vint en aide.
- T'as vu ces biceps ? Lui demanda-t-il, la mine gourmande
Elle hésita. Si elle répondait oui, il risquait de lui reprocher (mais beaucoup plus tard) qu'elle regardait les homes plus jeunes et plus costauds que lui.
Si elle répondait non, il lui reprocherait qu'elle n'avait aucun sens de l'esthétique masculin.
- Mmmmouais ! Pas mal essaya-t-elle
- Comment ça pas mal ? Ils ont des bras aussi durs que du béton, les mecs. C'est un prodige de la nature. Tu ne te rends pas compte. Si j'étais bâti comme eux, tu verrais un peu ce que ça ferait !
- Ça ferait quoi ?
- Ah ! Mais ça te change un homme ça. « Muscle toi ou la vie te musclera... » Un homme musclé, c'est un homme sûr de lui, respecté, recherché, envié, bref... un homme quoi !
- Hummmm.... Je veux cet homme !
- Quoi ?
- Je veux cet homme là. Musclé, sûr de lui, respecté, recherché, envié, etc...
- Mais chérie, je disais ça comme ça. Je n'avais pas l'intention de le mettre à exécution...

(Ah ! Les mecs. Tout dans la tchatche...)

- Oui, mais moi j'ai envie de vivre à côté d'un homme.
- Tu vis déjà à côté d'un homme !
- Je veux CELUI que tu viens de décrire, qui te fait briller les yeux. Je veux que mes yeux brillent aussi. Je veux voir les autres femmes béer de jalousie, je veux qu'on m'envie, qu'on me demande comment j'ai fait pour t'attirer. Je veux qu'on se retourne sur nous, qu'on nous réclame sur des plateaux de télévision, qu'on se bouscule pour des autographes...
- Oh là ! Oh là ! Doucement... Je ne savais pas que tu appréciais ce genre de choses.

Elle n'appréciait pas, mais elle était prête à tout, pourvu que leur vie retrouve sa respiration. Elle se foutait littéralement des hommes qui trouvent plaisir à s'exhiber en bikini ficelle, tartinés comme des petits beurres, devant un jury qu'elle soupçonnait plus voyeur que professionnel.
Que n'aurait-elle pas fait pour sortir leur couple d'une routine prévisible et assommante ?
Elle ne savait qu'une chose : elle avait vu son mari sourire à la simple contemplation de trapézistes musclés. Un événement qui n'avait pas de prix, mais qu'elle acceptait néanmoins de payer. Quitte à vivre avec un macho des montagnes première génération, autant qu'il soit musclé, qu'il suscite une certaine admiration et rassure son ego désordonné.
Elle le mit au défi sur le champ. Et... il le releva !

Il commença par le seul commencement qu'Internet pouvait être pour lui et tomba sur Arnold. Il estima que c'était un bon début.
Il lut attentivement les règles d'or qu'Arnold conseillait à tout apprenti bodybuildeur et il comprit qu'elles pouvaient s'appliquer à n'importe quel domaine

Il y avait six règles seulement. La question devait donc être réglée en six jours ; le septième étant définitivement consacré au Seigneur.
Elle le voulait musclé ? Elle allait l'avoir, mais peut-être pas dans le domaine auquel elle s'attendait.

Il lui annonça qu'il prenait une semaine de vacances seul et qu'elle ne devait chercher à le joindre sous aucun prétexte. Ce qui, en soit, représentait pour elle, le miracle qui aurait dû la rassurer quant à la suite logique des choses.

Il fit des valises et alla s'installer dans un petit hôtel au bord de la mer.
Il s'imposa un planning chargé et rigoureux en commençant par le premier jour.

Règle n°1
AYEZ CONFIANCE EN VOUS MALGRE CE QUE LES AUTRES PEUVENT PENSER.
Une règle importante semblait-il, quand on n'était pas sûr de soi. Ce qui n 'était pas son cas. Cette première épreuve lui réclamait de faire l'inventaire de ce pour quoi il manquait de confiance et Jusque là, il n'en avait trouvé qu'une : il n'était pas sûr que son chien comprenait toujours ce qu'il lui disait ; ce qui, après réflexion, ne s'avérait pas immédiatement important.

Il lui restait encore la journée pour chercher le problème et sa solution. Il sortit de l'hôtel, décidé, comme son programme le lui dictait, à trouver l'inspiration, le derrière solidement vissé sur sa serviette de plage.

Exposé sous un ciel bleu orange, tel le lézard sur son muret, l'homme révisait mentalement les sujets de méditation qui l'avaient traîné jusqu'ici, lorsqu'une vieille dame, équipée jusqu'à l'épuisette, jeta son dévolu sur l'espace qu'elle estima libre, juste à côté de lui.
Elle déplia chaise et parasol, planta le tout fermement, puis déballa une palette variée de magazines, un tricot et une paire de lunette digne d'un guide sherpa.

La journée promettait d'être tranquille. Elle fut bien plus que ça.

- Le problème de tous ces gens, c'est qu'ils sont trop sûrs d'eux, l'entendit-elle marmonner, plongée dans un "People", au bout de ce qui lui avait semblé une poignée de secondes.
Y'a rien de plus rasoir que quelqu'un pétri de certitudes, vous ne croyez pas ? demanda-t-elle sans lever le nez

Il sentit que s'il répondait, il était quitte pour un débat dont il flairait le danger. Il choisit le grognement dissuasif. Ce qui ne dissuada rien.
- Pffff ! Les hommes... tous les mêmes ! Convaincus qu'ils savent tout, qu'ils vont sauver le monde... enfin, que voulez-vous, il faut les laisser croire. Ils finiront peut-être par se rendre compte qu'ils n'arrivent à rien du tout en se croyant les maîtres de l'univers.

"Convaincus qu'ils savent tout". La phrase résonnait dans sa tête comme un clocher d'église.
Il se souvint qu'il était au premier jour de sa démarche, qu'il s'agissait d'appliquer la première règle. Il comprit que son problème résidait plus en une surdose de confiance qu'en un véritable manque.
Comme l'avait déploré sa voisine de serviette, il était un homme convaincu qu'il savait, sinon tout, au moins beaucoup de choses. Il croyait qu'il était en mesure de réaliser plus qu'il ne pourrait construire dans toute une vie. Il se croyait invincible. Voilà pourquoi il ne se sentait pas concerné par la première règle. Et à bien y réfléchir, il ne se sentait concerné par aucune.


Il relut :
Règle n°2
TRANSGRESSEZ LES REGLES : il le faisait scrupuleusement tous les jours. Brûler les feux rouges, déclarer le moins possible de revenus, prendre une soupe au petit-déjeuner histoire de rompre avec les convenances, arriver par principe en retard au boulot...

Règle n°3
N'AYEZ PAS PEUR D'ECHOUER : cela ne lui effleurait même pas l'esprit

Règle n°4
NE FAITES PAS ATTENTION AUX MEDISANTS : aux médiquoi ?

Règle n°5
BOSSEZ JUSQU'A ATTEINDRE VOS LIMITES : il n'avait pas encore défini où elles étaient

Règle n°6
SOYEZ SOLIDAIRE. AIDEZ QUELQU'UN : il avait déjà ramené le chat de la voisine. Mais était-ce suffisant ?

Il sentait confusément qu'à défaut de sculpter son physique, muscler son mental relèverait sinon du miracle, au moins d'un événement dépassant l'entendement.
Quelque chose lui échappait sûrement. Si Arnold Schwarzenegger en était arrivé à une morphologie digne des dieux du stade en appliquant six règles obscures, ce n'était peut-être pas uniquement en ramenant des chats à leur propriétaire ou en brûlant des feux rouges. C'était l'unique conclusion possible en cette fin de première journée.

- Que conseilleriez-vous à un homme qui croit tout savoir ? Osa-t-il demander à sa voisine, finalement à court d'idées.
La vieille dame tourna lentement la tête vers lui, comme si l'instant réclamait de la solennité. Puis elle lui adressa le sourire le plus énigmatique qui soit avant de répondre :
- Il y a bien un moyen de guérir un homme qui croit tout savoir, mais je crains que vous n'aimiez pas ce que vous allez entendre...
- Sachez Madame que je ne crains rien, si ce n'est que le ciel me tombe sur la tête
- Justement c'est de cela dont je voulais vous parler. Saviez-vous qu'il y a une différence entre celui qui croit tout savoir et celui qui n'aime pas l'idée de ne pas tout savoir... A votre avis, dans quelle catégorie êtes-vous ?

Il la regarda, stupéfait. Il ignorait qu'on puisse être assez tordu pour se poser ce genre de question.
- Quel est le rapport avec une éventuelle chute du ciel ?
- Il ne tombe que sur une des deux catégories. C'est la raison pour laquelle je vous demande quelle est la vôtre...
- Vous pensez sérieusement que j'ai le temps de me pencher sur ce genre de problème ?
- Celui qui n'a pas le temps, meurt plus vite que les autres
-... ?

Il commençait à penser que la folie présentait parfois des visages très ordinaires, quand elle se leva, s'approcha de lui et retira ses lunettes.
Ce n'est pas ce qu'il vit qui le choqua, mais ce qu'il entendit :
- Regardez-moi Monsieur. Je vais bientôt mourir. Dites moi que c'est normal.
- Je ne peux pas vous dire ça !
- Pourquoi ? Avez-vous un moyen de l'empêcher ? Avez-vous trouvé un moyen d'y échapper ?
- Non
- C'est donc que vous ne savez pas tout ?
- Évidemment ! S'entendit-il reconnaître, presque choqué
- Alors vous avez une petite chance d'accepter d'apprendre...
- Apprendre quoi ?
- Tout ce que vous ne savez pas...

Il se fit un soir un matin. Après avoir admit qu'il ne savait pas tout, le deuxième jour consista à faire l'inventaire de ce qu'il ne savait pas.
La bibliothèque lui sembla un bon moyen de mesurer l'abysse de son ignorance. En soi, la démarche relevait du miracle. Il ne mettait les pieds dans une bibliothèque que pour prendre un DVD de temps en temps. Les livres représentaient une espèce à part, un monde inconnu et barbare qui le mettait plus mal à l'aise qu'autre chose.

Devant l'infinie complexité des rayonnages et leur système de classement, il en déduisit qu'il ne pouvait décemment pas ingérer la connaissance cumulée sur plusieurs siècles, contenue dans des milliers de livres, en seulement cinq jours. Pour la première fois de sa vie, il se sentit petit, et une grande tristesse l'enveloppa dans un doux instant clair-obscur.

La vieille dame avait raison, il était désemparé par l'amplitude de sa méconnaissance. Ce qui le classait, de fait, dans la catégorie de celui à qui il ne reste plus qu'une solution : Apprendre.
Ce qui le propulsa immédiatement dans une crise de panique, au milieu de laquelle il se souvint quand même qu'il avait appris toute sa vie, à marcher, parler, lire écrire, draguer, fumer, plonger dans la mécanique des corps et des machines... Chaque chose avait nécessairement sa première fois.
C'est donc par cette déduction hallucinatoire, qu'il en conclut que l'homme était en perpétuel apprentissage.
Une révélation qui ponctua le deuxième jour.

Il se fit un soir, il se fit un matin. Le troisième jour consista à sélectionner ce qu'il souhaitait apprendre sur l'instant.
Se remémorant la raison de son pèlerinage, il chercha un rapport entre les trapézistes du cirque, le désir de sa femme de le voir musclé et sa prise de conscience soudaine de l'apprentissage.
- Qu'ai je envie d'apprendre s'entendit-il dire à haute voix
- Puis-je vous aider ? Lui répondit une voix derrière lui

Intriguée par cet homme qui semblait marmonner tout seul depuis de longues minutes, la responsable du secteur adulte de la médiathèque avait souhaité se faire une idée plus exacte de la situation, en proposant son aide.
- Je cherche quelque chose à apprendre et il ne me reste que cinq jours pour trouver.
- Votre demande est vaste
- Oui, justement je cherche à la réduire
- On peut, peut-être, essayer par mots-clés
- Des mots-clés ?
- Oui. On peut chercher des références d'ouvrages par mots-clés ou idées principales. Si vous en avez, cela simplifiera beaucoup la tâche.
- Alors j'ai : cirque, trapéziste, muscle et femme. Ça vous suffira ?
- On va tenter...

Elle n'avait jamais entendu requête aussi saugrenue, mais elle était prête à jouer le jeu. Pourvu qu'elle fasse cesser le perturbant baragouinage de cet individu visiblement, lui même tout aussi perturbé.

Elle chercha, chercha... et ne trouva pas. En dehors d'ouvrages traitant des performances exceptionnelles, de femmes tout aussi exceptionnelles dans le domaine du cirque, elle dut se rendre à l'évidence, le fonds ne possédait pas de livres sur le sujet.
Pourtant, intuitivement, elle sentit que le problème ne se limitait pas à quelques mots clés. Elle subodorait un parfum particulier dans la recherche de cet homme. Un quelque chose d'indéfinissable qui la poussa à lui demander :
- Seriez-vous prêt à lire un roman ?
- Mmmouais s'il ne fait pas plus de trois pages ?
- Je crois que j'ai ce qu'il vous faut, mais il faudra pousser jusqu'à trois cents
- Vous croyez que cela peut m'apprendre quelque chose ?
- J'en suis convaincue

Elle l'orienta dans la section des romans pour adultes et lui en tendit un qui, au demeurant, ne présentait pas les caractéristiques du roman classique.
Il lut « Vivre avec l'homme le plus fort du monde ». En voyant l'homme se redresser, elle sut qu'elle avait vu juste. Il lui avait semblé que ce que l'homme appelait « quelque chose à apprendre » relevait plutôt du besoin de confirmation de sa supériorité. Il allait être servi. Elle ne connaissait pas d'homme qui ait résisté à ce roman.

Il se hâta de rentrer à son hôtel pour commencer à faire ce qu'il n'avait pas fait depuis le collège, voire l'école primaire : LIRE un roman.
« L'homme le pus fort du monde est un home qui sait aimer » lut-il dès la première phrase, sur laquelle il s'empressa de s'endormir, car il était déjà tard.

Il se fit un jour, il se fit un matin. Quatrième jour.
Il pleuvait, comme c'est nécessaire quand on a un roman à lire.

Il se fit un jour, il se fit un matin. Cinquième jour.
Il lui avait fallu un jour et une nuit pour venir à bout du livre, au bout de lui même et de toutes ses certitudes.
Bouleversé, il sortit, pieds nus dans ce qui n'était pas encore un matin allumé. Il s'avança vers la plage, laissa les vagues lécher ses orteils et récupérer ses larmes.
Sa lecture lui avait tout appris. Non seulement il ne savait rien, mais il n'avait rien compris non plus à l'essence même de la vie.
Une seule chose était à muscler : le cœur. Voilà la seule conclusion possible qui résumait tous les savoirs, toutes les connaissances. Le seul apprentissage qui valait la peine !

Il consacra son sixième jour à rentrer chez lui en prenant tout son temps et en s'ouvrant à la vie. Il rendit les sourires, laissa des pourboires et acheta un cadeau à sa femme.
Il avait laissé passer tant d'occasions de manifester son amour, qu'il lui fallait une nouvelle vie pour se rattraper. Peut-être même deux...

Lorsqu'il poussa le portillon de sa villa de banlieue, sa première attention se porta vers le vieux chêne qui s'étalait dans le jardin.
Il l'entoura de sa reconnaissance pour toutes les siestes divines qu'il lui avait offert et le rassura quant à son avenir. Il ne souhaitait plus le raccourcir par un abattement prévu le mois suivant.

De la fenêtre de la cuisine, elle regardait interloquée son mari enlacer le vieux chêne. Celui là même qu'il avait condamné à une mort certaine. Elle le regardait d'autant plus, qu'il semblait lui parler et, à moins qu'elle ne fut complètement aliénée, elle croyait même le voir pleurer. Elle sortit pour s'assurer de sa méprise, mais elle ne délirait pas. Son mari pleurait à chaudes larmes dans les bras d'un arbre centenaire.

Elle aurait payé cher pour voir chez cet homme, le moindre petit changement. C'est gratuitement qu'il lui revenait entièrement révisé. Elle s'approcha doucement, comme si elle craignait de faire cesser le charme. Elle l'appela doucement pour préserver sa dignité. Son ego allait sûrement en prendre un coup pensa-t-elle, s'il se sentait découvert, surpris en flagrant délit de sentiments.
Elle continuait sa lente progression dans son désir de ne rien casser, lorsqu'il se tourna vers elle.
Elle se figea sur place, cessa toute respiration, toute supposition, toute intention...
En réponse, il se jeta sur elle et l'étouffa littéralement d'un amour tout neuf auquel, peu habituée, elle n'osât pas se raccrocher.
De son sac, il sortit à la hâte ce qui semblait être deux billets. Elle crut comprendre, entre deux hoquets de larmes, qu'il s'agissait d'une croisière.
- Une croisière ? Cherchât t-elle à confirmer
- Oui. Une croisière magique
- Magique ?
- C'est la croisière Arc en ciel. Juste pour nous deux, pour rattraper tout le temps perdu et chercher le trésor
- Le trésor ?
- Oui... Il ya toujours un trésor au pied de l'arc en ciel. Et toi tu es le mien. Alors je t'emmène pour te retrouver ! Répondit-il dans un grand déploiement de mouchoirs à carreaux.
- Tu es sûr que tout va bien ?
- Je vais aussi bien qu'un homme qui vient de lire un roman de trois cent pages
-... !
- Un ivre où il est écrit que l'homme ne sait pas tout. L'homme est en perpétuel apprentissage. L'homme est capable de lire des romans, il doit muscler son cœur et exprimer ses sentiments.
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Un petit mot pour l'auteur ?

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Jcjr · il y a
Heureusement, je ne suis pas corse, sinon mes montagnes auraient hurlé à la vendetta. Il y eut un soir, il y eut un matin et puis ces quelques jours, qui aboutirent à la divine création de l'homme, n'en déplaise aux vieilles dames équipées jusqu'à l'épuisette et autre bibliothécaire... On ne refait pas l'histoire ! Vous m'avez donné envie d'écrire un texte sur les femmes à la sauce estrogènes relevées d'une pointe de progestérone. Merci de cet écrit et de votre humour, qui le rend si léger et m'a fait passer un très bon moment.
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Moko · il y a
Plein de grosses bizzzz œstro-gênées pour le courageux que vous êtes. Il n'y a pas forcément beaucoup d'hommes qui prennent tout cela avec votre humour. merci cher JCJR.
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Jean Calbrix · il y a
Un joli texte très pédagogique et très agréable à lire. Bravo, Moko ! Je clique sur j'aime.
Je vous invite à une balade dans les dunes si cela vous tente : https://short-edition.com/fr/oeuvre/poetik/me-chienne-ianna-dans-les-dunes C'est un poème en finale automne. Bonne journée à vous.

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Miraje · il y a
Bourré d'humour et de testostérone ...
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