Il et Elle

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Après un roman, "Tic-Tac, Glucose et Chlorophylle", le scénario correspondant éponyme, deux pièces de théâtre "On s'est tout dit ?" et "La suite" que j'interprète actuellement, les nouvelles  [+]

IL ET ELLE

Il : - Excusez-moi Madame ! J’aimerais prendre ce café assis mais à cette heure de pointe il n’y a plus une place de libre à cette terrasse. Me permettez-vous de partager votre table un instant ?
Elle : - Je vous en prie.
Il : - Merci c’est gentil... Votre train part bientôt ?
Elle : - Pourquoi ma présence vous importune déjà ?
Il : - Pas du tout, pardon. Je voulais dire : « Vous aussi vous attendez un train ? »
Elle : - Dans une gare, c’est assez fréquent.
Il : - Vous pourriez attendre l’arrivée de quelqu’un.
Elle : - Je pourrais en effet.
Il : - Vous faites partie de la transhumance quotidienne ?
Elle : - Le terme s’adresse plutôt à des vaches.
Il : - Décidément je suis maladroit ce soir.
Elle : - Je fais en effet partie de cette marée humaine, c’est plus joli, banlieue-Paris / Paris-banlieue.
Il : - Et cette marée descendante va vous entrainer jusqu’où ? Si ce n’est pas indiscret.
Elle : - C’est indiscret ! Disons en Seine et Marne.
Il : - J’habite tout près de Meaux.
Elle : - Je n’en suis pas loin non plus.
Il : - C’est votre job qui vous impose ce trajet.
Elle : - Mon job, oui.
Il : - Pareil pour moi.
Elle : - C’est le lot de la grande majorité des voyageurs ici.
Il : - Vous travaillez dans quoi ?
Elle : - Les assurances.
Il : - Je fais partie de la DGSI.
Elle : - Connais pas !
Il : - Nous sommes plus connus sous le nom de « Services secrets ».
Elle : - Oh Oh ! Et James BOND attend son train comme tout le monde ?
Il : - Quand il a fini son boulot, il fait comme tout le monde en effet.
Elle : - Mince je n’ai pas de chance. Pour une fois que je le rencontre, je croyais qu’il allait me proposer de me raccompagner dans sa belle auto pleine de gadgets.
Il : - Si je vous montre ma voiture, vous allez sans aucun doute préférer le train.
Elle : - Vous brisez le mythe.
Il : - Et si en plus je vous dis que je suis divorcé et que j’ai deux enfants, le tableau va être complet.
Elle : - Les héros ne sont plus ce qu’ils étaient.
Il : - C’est vrai, j’ai croisé SUPERMAN hier sur le marché. Il était sidéré par le prix des fruits et légumes.
Elle : - Vivement la retraite !
Il : - Je n’aspire pas particulièrement à la retraite et puis j’ai des enfants à finir d’élever. Pas vous ?
Elle : - Bien amené ! Mais joker ! Et joker tout de suite aussi pour la prochaine question.
Il : - Laquelle ?
Elle : - Si je suis mariée ?
Il : - Psychologue !
Elle : - Plutôt quelques années de pratique du genre masculin.
Il : - Je ne vois pas d’alliance à votre main gauche.
Elle : - Oui c’est en effet là que ça se porte.
Il : - Donc vous n’êtes pas mariée ?
Elle : - C’est en effet là que ça se porte.
Il : - Ça, vous l’avez déjà dit.
Elle : - Oui et c’est tout ce que vous obtiendrez sur le sujet.
Il : - Un sujet qui fâche ou qui brûle ?
Elle : - Je ne saisis pas la nuance.
Il : - Qui fâche : parce que ce n’est pas une réussite. Qui brûle : parce qu’il y a le feu dans la maison.
Elle : - Ou qui se porte très bien mais dont on n’a pas envie de parler.
Il : - On dissimule rarement son bonheur, plutôt ses peines.
Elle : - J’ai l’air d’une femme peinée ?
Il : - Pas du tout. Vous tenez parfaitement votre rôle.
Elle : - Je peux continuer de lire mon magazine ?
Il : - Pardonnez-moi de vous avoir dérangée...en plein courrier des lectrices.
Elle : - Je n’en étais pas là !
Il : - Ah non ? Il peut y avoir plus intéressant dans votre revue ?
Elle : - Oui. Un excellent article : « Dragueurs dans les lieux publics : comment s’en défaire ? »
Il : - C’est un vrai fléau en effet. Et que disent-ils ?
Elle : - Je ne sais pas encore, j’ai été interrompue dans ma lecture.
Il : - Il faut se méfier des conseils que donne la presse féminine.
Elle : - Vous la lisez beaucoup ?
Il : - Je la lisais mais j’ai arrêté. Je trouve qu’elle stéréotype les gens de façon beaucoup trop radicale. Elle devrait douter un peu plus.
Elle : - Un exemple ?
Il : - Je me souviens d’un reportage intitulé « Les Fausses ». C’était une enquête réalisée sur des femmes qui s’installaient à des points de circulation stratégiques afin de paraitre seule et de se faire repérer par les passants, plutôt les hommes.
Elle : - Ça existe ça ?
Il : - Il parait. Mais toutes les femmes ne sont pas à mettre dans la même catégorie.
Elle : - Un autre exemple ?
Il : - Vous !
Elle : - Qu’en savez-vous ? Je ne suis peut-être pas celle que vous croyez.
Il : - Bien sûr que vous n’êtes pas celle que je crois. On ne connait jamais vraiment les autres, même ses proches. C’en est parfois déroutant.
Elle : - Une mauvaise expérience à votre actif ?
Il : - Plutôt à mon passif : mon mariage
Elle : - Vous avez découvert quelqu’un que vous ne soupçonniez pas ?
Il : - Chaque jour !
Elle : - A ce point ?
Il : - Cela vous surprend ?
Elle : - Chaque jour c’est un peu excessif non ?
Il : - Détrompez-vous. Chaque jour elle était une autre.
Elle : - Comment est-ce possible ?
Il : - Elle avait beaucoup d’imagination.
Elle : - Sûrement que vous aussi.
Il : - Pourquoi pensez-vous cela ?
Elle - Qui se ressemble s’assemble.
Il : - Et parfois se désassemble !
Elle : - C’est elle qui est partie ?
Il : - Oui ! Jusque chez ses parents.
Elle : - Quel dépaysement !
Il : - C’est provisoire.
Elle : - Il y a des provisoires qui durent.
Il : - Oui mais je ne le crois pas la concernant. Et puis je connais mes beaux-parents.
Elle : - Et ?
Il : - Ils ne la supporteront pas éternellement.
Elle : - Elle est si insupportable que ça ?
Il : - Non, mais ils aspirent à leur tranquillité.
Elle : - Et vos enfants ?
Il : - Ils se partagent une semaine chez papa, une semaine chez maman.
Elle : - Quel âge ont-ils ?
Il : - Cunégonde a 14 ans et Nicéphore 12 ans.
Elle : - Chouettes prénoms pour des jeunes !
Il : - C’est elle qui a choisi. Je devrais plutôt dire : « imposé ».
Elle : - C’est un suicide « prénominique » ?
Il : - Un goût prononcé pour l’ancien.
Elle : - C’est pour ça qu’elle vous a choisi ?
Il : - Merci ! Je ne fais pourtant pas mon siècle, vous ne trouvez pas ?
Elle : - Non en effet mais votre accoutrement laisse quand même supposer un âge avancé. Vous cassez une fois de plus l’image, James !
Il : - Je vous sens connaisseuse. Vous pilotez un problème d’habillement similaire à la maison ?
Elle : - Vous êtes tenace.
Il : - L’opiniâtreté fait partie de mon boulot, ne m’en veuillez pas.
Elle : - Ici vous n’êtes pas au boulot.
Il : - Qu’en savez-vous ?
Elle : - En quoi mériterais-je l’attention de la DG...je ne sais quoi. Enfin, des services secrets français ?
Il : - Vous êtes digne d’intérêt.
Elle : - Et en quoi je vous intéresserais ?
Il : - Je ne sais pas encore mais en cherchant un peu...
Elle : - Vous allez perdre votre temps et gaspiller l’argent du contribuable.
Il : - Peut-être pas. J’ai droit à des indemnités de vie.
Elle : - Qui comprennent vos frais de roucoulade ?
Il : - Tant que l’on revient avec un justificatif en bonne et due forme.
Elle : - Parfait ! Alors je vous laisserai régler mon café, voici le ticket.
Il : - Puis-je y ajouter ce qui vient habituellement avant ?
Elle : - C’est-à-dire ?
Il : - Une invitation à déjeuner ou à diner.
Elle : - A l’heure du déjeuner je ne suis pas ici. A celle du diner, je ne suis plus ici.
Il : - Vos enfants peuvent se débrouiller un peu seul un soir.
Elle : - Vous savez ça ?
Il : - Que ?
Elle - Que j’ai deux enfants !
Il : - C’est mon métier de savoir.
Elle : - Affirmation gratuite fondée sur de l’air. Prêcher le faux pour savoir le vrai.
Il : - Je n’ai pas dit « deux ». C’est vous qui venez de le dire.
Elle : -...
Il : - Vous n’avez pas deux ados à la maison ?
Elle : - Si !
Il : - Les ados sont contents de vivre seuls par moments. Contents qu’on leur confie leur univers. Les miens sont comme ça. Pas les vôtres ?
Elle : - Je suis obligée de le reconnaitre Monsieur le fouineur.
Il : - Alors ils seront capables et heureux de vous attendre un peu un soir.
Elle : - Et que dois-je dire à mon mari ?
Il : - Quel mari ?
Elle : - Je n’en ai qu’un.
Il : - J’espère pour vous... Et pour lui ! La polygamie est interdite en France.
Elle : - Et puis « un » c’est déjà bien.
Il : - Etes-vous sûre de n’en avoir qu’un seul ?
Elle : - Je ne comprends pas.
Il : - Il est peut-être « deux ».
Elle : - Vous voulez dire qu’il pourrait avoir une double vie.
Il : - C’est en effet une possibilité. Pas la plus simple à organiser et à vivre mais c’est une possibilité. Ou bien plus commode : une double personnalité.
Elle : - C’est en effet plus facile à gérer, plus commun. Ça fait moins rêver.
Il : - Qu’une double vie ?
Elle : - Oui !
Il : - Vous préféreriez que votre mari ait une double vie ?
Elle : - Quitte à en avoir épousé un autant qu’il soit de l’étoffe des héros.
Il : - Vous considérez cela comme de l’héroïsme ?
Elle : - Le mot n’est pas le bon mais je veux dire que c’est moins donné à tout le monde d’être capable de mener une double vie que d’avoir plusieurs facettes.
Il : - Vous êtes une héroïne ?
Elle : - Pas au sens que nous venons d’évoquer.
Il : - Mais vous pouvez être « double ».
Elle : - Parfois.
Il : - Comme aujourd’hui ?
Elle : - Peut-être.
Il : - Que de mystères !
Elle : - Cela devrait vous plaire, le mystère fait partie de votre monde.
Il : - Il fait partie de mon travail.
Elle : - Pas de votre vie ?
Il : - Pas vraiment.
Elle : - Vous êtes un homme prévisible alors ?
Il : - Je ne sais pas si on doit dire prévisible.
Elle : - Conventionnel ?... Banal ?...Quelconque ?
Il : - Arrêtez avec tous ces compliments, vous allez me faire rougir !
Elle : - Il faut vous imaginer le soir, en pyjama, avachi dans votre canapé devant votre bol de soupe, un œil sur le journal télévisé ?
Il : - Perdu ! J’ai horreur de me « légumer » ainsi. Et puis vingt heures, c’est un peu tôt pour avoir enfilé son costume de nuit non ?
Elle : - C’est vrai que, maintenant que Madame a pris la poudre d’escampette, il y a du boulot à la maison.
Il : - Voilà !
Elle : - Et que la tenue de journée est quand même plus indiquée pour les tâches ménagères.
Il : - Exact !
Elle : - Vous n’avez pas encore trouvé de remplaçante à la fugueuse ?
Il : - Plutôt à la démissionnaire. Il n’y a pas de retour envisageable.
Elle : - Qui repasse votre smoking maintenant Monsieur l’espion ? Visiblement, aujourd’hui votre habilleuse a pris ses RTT.
Il : - J’ai mis le nez dans les modes d’emplois mais je n’ai pas encore réussi à remettre la main sur tous.
Elle : - Je vous conseille de chercher. La marge de progression est énorme.
Il : - Je ne vous retournerai pas la pique : vous êtes parfaite.
Elle : - Merci. Vous êtes beau joueur.
Il : - Beau ?
Elle : - Joueur !
Il : - Ah ? Oui ! Il y a beaucoup de bruit dans cette gare.
Elle : - Vous n’avez pas besoin d’être beau, il vous suffit d’annoncer votre profession pour que les femmes vous trouvent beau et tombent dans vos bras.
Il : - Détrompez-vous, cela ne suffit plus. Nous avons, nous agents secrets, perdus beaucoup de notre superbe.
Elle : - Pourtant quelle fierté de sortir au bras d’un agent secret.
Il : - Secret, c’est bien le mot. Ce n’est pas écrit sur mon visage, que l’on voit bien avant ma carte professionnelle.
Elle : - Cela doit être fascinant de vous écouter raconter vos aventures, nue sur une peau de bête, devant un feu de cheminée.
Il : - Ça l’est. D’ailleurs il faut que je reparte à la chasse, ma fourrure d’ours est fatiguée.
Elle : - Trop de passages !
Il : - Et puis j’y ai renversé du Champagne.
Elle : - Vous ne buvez plus de Vodka Martini ?
Il : - Je vois que vous connaissez bien ma vie.
Elle : - Et vos exploits !
Il : - Dommage !
Elle : - Oui ! Dommage ! Vous n’aurez rien à me raconter. Mais c’est un mal pour un bien : vous allez économiser vos tickets-restaurants.
Il : - Un mâle pour un bien ?
Elle : - De la subtilité ! Aussi ?... Il y a un supplément ?
Il : - La maison ne regarde pas à la dépense.
Elle : - Attention de ne pas dépasser le forfait que vous rembourse votre patron !
Il : - Je mettrai la différence si nécessaire.
Elle : - Vous me gâtez.
Il : - Je sais investir.
Elle : - Oui ! Sûrement ! Et pour rester dans le chapitre « transhumance », je dirais que je le « veau » bien !
Il : - Rancunière ?
Elle : - Un peu, mais pas pour ça. Je vous taquine.
Il : - J’ai besoin de vacances.
Elle : - Moi aussi. C’est sûrement la saison qui veut ça.
Il : - Des projets ?
Elle : - Des idées plus que des projets.
Il : - Plutôt soleil ou plutôt montagne ?
Elle : - Plutôt soleil. J’aime beaucoup le soleil d’hiver, il ressource énormément.
Il : - Vous partez avec enfants et... Mari ?
Elle : - Nous y revoilà !
Il : - Je ne vois pas de quoi vous voulez parler.
Elle : - Ah non !?
Il : - Non !
Elle : - Vous mentez très mal.
Il : - Je fais ce que je peux, l’exercice n’est ni facile, ni habituel.
Elle : - Vous mentez vraiment très mal.
Il : - Pourquoi ?
Elle : - Parce que vous ne débutez pas dans votre rôle.
Il : - Vous voulez préciser ?
Elle : - Parce qu’hier vous vous êtes livré au même jeu.
Il : - Comment savez-vous cela ?
Elle : - J’étais aux premières loges.
Il : - Ici ?
Elle : - Ici !
Il : - La pièce vous a plu ?
Elle : - Vous êtes bien meilleur aujourd’hui.
Il : - Merci !
Elle : - Encore un peu gauche mais pas mal quand même.
Il : - Cela ira de mieux en mieux avec le temps.
Elle : - Parce que vous avez l’intention de persévérer ?
Il : - Qu’est ce qui m’en empêcherait ?
Elle : - Plutôt qui...vous en empêcherait ?
Il : - Qui ?
Elle : - L’âme sœur.
Il : - Vous voulez dire celle que je vais finir par rencontrer.
Elle : - Je vous le souhaite. A force de représentations une de vos spectatrices finira bien par craquer.
Il : - Je préfère le mot d’actrices car elles occupent toutes un rôle.
Elle : - Leur propre rôle.
Il : - Certes ! Mais particulier chaque jour.
Elle : - Elles se ressemblent beaucoup ?
Il : - Elles vous ressemblent beaucoup !
Elle : - Vraiment ? Je n’en ai pas l’impression.
Il : - Etes-vous si différente de la personne d’hier ?
Elle : - A coup sûr !
Il : - Vous voilà bien affirmative.
Elle : - Elle était bien autre que moi : exubérante, excessive, extravertie. Elle vous a plu ?
Il : - Elles me plaisent toutes.
Elle : - Vous aussi vous étiez un autre hier.
Il : - Vous m’avez trouvé différent ?
Elle : - Très. Plus sûr de vous, moins fin, moins délicat. Vous correspondiez bien à votre interlocutrice.
Il : - Il faut savoir s’adapter aux personnes que l’on rencontre.
Elle : - Vous êtes donc un caméléon.
Il : - De la relation humaine... Allez disons que oui !
Elle : - Aujourd’hui vous avez pris mes couleurs.
Il : - Je l’essaie.
Elle : - Vous vous êtes déguisé !
Il : - Cela fait deux fois que vous me faites comprendre que je suis mal vêtu.
Elle : - Non, je parle cette fois de l’habit de l’esprit, celui dont vous faites montre pour me ressembler et entrer dans ma bulle.
Il : - Et quelle bulle ! Une bulle couleur de ciel.
Elle : - Changeante !
Il : - Au quotidien ! Osez dire le contraire.
Elle : - N’est-ce pas ainsi que je vous intéresse ?
Il : - Finalement, c’est vous qui jouez...
Elle : - Avec vous...Oui ! Et la même partition que vous.
Il : - Ecrite par ?
Elle : - Nous en sommes les coauteurs.
Il : - Je vais vous laisser écrire la suite de la composition.
Elle : - Ce sera une improvisation.
Il : - Une brève improvisation.
Elle : - Pourquoi ?
Il : - Mon train ne va pas tarder à partir.
Elle : - Ah oui ! Le mien aussi.
Il : - Nos rôles vont être courts.
Elle : - Tout a une fin.
Il : - Ou bien nous pourrions reprendre la représentation demain.
Elle : - Demain...Après-demain...La semaine prochaine...
Il : - Comme tu veux !
Elle : - Comme tu veux ?
Il : - Cela m’a échappé, excusez-moi.
Elle : - Cela vous arrive souvent de bousculer ainsi les conventions.
Il : - Nous n’avons pas de convention.
Elle : - Bien sûr que si.
Il : - Alors c’est signe que je me sens bien.
Elle : - Mieux qu’hier ?
Il : - Mieux qu’hier.
Elle : - On est partis ?
Il : - Il le faut bien.
Elle : - Mes enfants m’attendent.
Il : - Les miens aussi.
Elle : - Alors tu règles mon café.
Il : - Voilà !
Elle : - Merci. Ah ! Au fait, trouve d’autres prénoms aux enfants demain et puis change de profession. Le dragueur- agent secret ça sent le mauvais déjà vu. Et puis ça ne me fait pas rêver.
Il : - Vos désirs sont des ordres.
Elle : - Tu peux me tutoyer et m’appeler par mon prénom : je suis ta femme.

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