I - Arrivée sur Artos

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Pas grand chose mais le début d'une histoire qui me trotte dans la tête depuis pas mal de temps. Soyez indulgent quant à la prose, c'est la première fois que je m'essaie à écrire une histoire comme celle-ci, en tout cas j'espère qu'elle plaira à quelques uns d’entre vous par la suite. Je serais bien évidemment très content d'avoir des retours et conseils :-)

J'ai également mis au point une lecture du texte avec quelques effets sonores pour rendre l’expérience plus agréable et également accessibles aux personnes n'ayant pas la chance de voir pour lire (à écouter le soir les yeux fermés c'est mieux quand même :-) )

La vidéo est disponible sur Youtube à l'adresse : https://www.youtube.com/watch?v=CaY_aulBoCQ

Chapitre I – Arrivée sur Artos
Le navire dérive dans un espace vide et froid. À l'intérieur, les jours avaient un goût d'éternité, les minutes s'écoulaient interminablement et rien ne semblait changer. L'air était sec et vicié, les couloirs et les cabines semblaient se rétrécir de jours en jours, et lorsque l'équipage les traversait, il le faisait dans un silence presque total. Le silence était dévorant, il nous pressait, nous étouffait, il engloutissait notre joie matinale et nos tentatives de conversation sans enthousiasme en laissant à chacun d’entre nous une mélancolie muette. L'équipage, tout comme le navire, avait cessé d'exister dans l'espace infini - nous accomplissions notre tâche, notre destin, le destin d’hommes perdus dans l’immensité de l’espace en quête de renaissance et d’un nouveau foyer.

Notre destination était celle de la planète Artos, une planète minière à 10 000 années lumières de la terre. Cet immense astre perdu dans un dédale de roches spatiales avait été acheté il y a une dizaine d’année par le Parti. Ce même Parti auquel nous appartenions corps et âmes.

Pourquoi suis-je là ?

Je me souviens du jours ou tout a basculé, je m'en souviens comme si c'était hier. Nous étions dans le parc près de la maison de ta mère, ce même parc où 11 ans plus tôt nous nous étions rencontrés. Le temps n’avait rien enlevé à ta beauté. La couleur de tes cheveux dorés inondait mes yeux, menaçant presque de me rendre aveugle. En regardant autour de moi, des arbres verts luxuriants dansaient dans le vent, étalant leurs feuilles sur l'herbe humide et brillante. Des canards nageaient dans un petit étang avec des enfants qui leur lançaient des morceaux de pain. Je ne sais pas combien de temps je suis resté là assis à côté de toi, à contempler ce paysage éclairé par les reflets du soleil sur tes pommettes mais ce bonheur a duré si peu de temps. Tu étais assise près d’un banc je ne t’ai laissé que cinq minutes pour aller chercher des gaufres. A mon retour les cris d’enfants raisonnés dans le parc. J’accourus mais il était trop tard, lorsque je te vis Sarah il était déjà trop tard. Les yeux fermés, le visage meurtri, ton corps se trouvait délicatement allongé dans l’herbe. Une larme de sang coulait le long de ton visage. Lorsque je m’approchai de ta poitrine, je ne senti rien, ton cœur qui autrefois battait si vivement à l’approche de mon oreille s’était éteins. Ton seul crime fût celui de refuser les avances d’un soldat du Parti.

L’impact vif de la balle sur ton front semblait ne jamais pouvoir se refermer. Mon deuil et celui de tes parents fût long, et pour être honnête le mien sera sans doute éternel.

Le procès dura près de un an, un an à attendre un verdict, un an à entendre ton nom dans les infos ! Ce fumier aurait dû mourir par injection mais au lieu de ça il fût envoyé sur Artos. Son oncle était un haut commandant du Parti tu comprends Sarah ? Ton meurtre ne suffit pas à briser l’omerta, surtout pas dans un monde comme le nôtre. Quinze ans de travaux forcés dans les mines, le juge trouva cela suffisant pour t’avoir volé ton existence, et la mienne pas la même occasion.

Le Parti. Il régime toute notre vie, nous dit ce qu’il faut faire et ce qu’il faut penser, nous dirige, nous manœuvre, se sert de nous comme chair canon et il nous traite comme du bétail. Depuis que le commandant Thelri a pris le pouvoir, tout a changé, le paysage politique s’est transformé en régime totalitaire. Nous sommes devenus des hommes machines, avec des machines à la place de la tête et des machines dans le cœur. Mon cœur à moi, il t’appartenait, et ils me l’ont arraché. Je compris alors que je devrais te venger moi-même, je ne suis pas partisan de la loi du talion, mais je me devais de te rendre Justice.

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Nous avons franchi la ligne d’ombre d’Artos, et notre embarcation entame sa descente, nous repassons en manuel et allumons les lumières du module. Au-delà de l'atmosphère humide, caché par la buée qui s’est installée sur le hublot, nous apercevons une végétation à perte de vue. Le ciel est étrangement calme pour cette saison, les nuages semblent attendre le bon moment pour déverser leur haine sur Artos. Au fond d’une vallée se trouve notre destination : le complexe minier de Clarke. En quelques minutes, notre pilote parvient à nous poser sur la piste d’atterrissage usée. A notre arrivée sur le tarmac nous sommes escortés par un homme au visage ramassé et étrangement asymétrique. L’homme était un commandant du Parti, il nous expliqua que nous devions dormir exceptionnellement cette nuit dans une auberge de la ville. La nuit commençait déjà à tomber sur Clarke et nous devions selon-lui nous rendre à nos dortoirs au plus vite car s’il y avait des règles sur Artos, la plus importante stipulait qu’il était strictement interdit de sortir la nuit. C’est durant notre trajet que mes premières hallucinations ont commencé à arriver. Les rues étaient désertes, la majeure partie des habitants d’Artos étaient des familles de premiers colons arrivées il y a 10 ans, le reste étaient des soldats ou bien des prisonniers qui se rendaient près des mines à 2 jours de Clark. Mes camarades et moi-même faisions partis des rares personnes ayant choisi d’être ici. Sur la route pavée à moitié, les premières gouttes commençaient à tomber et nous entendions au loin l’arrivée d’un orage. Les petites ruelles semblaient déjà avoir dit adieu aux derniers rayons de soleil quand je vis dans l’une d’entre elle une étrange silhouette près d’une poubelle. J’eus du mal à distinguer cette créature, je ne parvenais qu’à voir ses yeux d’un blanc sombre fournissant la seule source de lumière environnante. Je me tournai vers mon camarade Vassili pour lui demander s’il voyait la même chose que moi mais rien ni faisait, j’étais apparemment le seul à avoir pu observer cette bête qui avait désormais disparu dans l’ombre opaque. Nous arrivons sur le perron en bois de l’auberge, là un vieil homme avec une longue barbe grise et un ventre bedonnant nous accueille. Je ne parviens pas bien à distinguer son accent mais il semble provenir d’une de ses régions conservatrices du Texas. D’un phrasé à peine compréhensible il nous indique la direction de nos chambres. Nos lits étaient de fortunes, une seule place, un matelas en mousse et une couverture probablement infestée de punaises. Ce soir, le ciel était plongé dans l'obscurité et l’orage s’abattit sur la ville, nous étions alors au chaud dans nos couvertures respectives. Le silence insondable de notre voyage dans l’espace avait désormais disparu face aux déchainements des éléments. Demain nous aurons un long périple jusqu’aux mines, la fatigue de la journée m’envahit et mes pensées pour toi me plongèrent dans un sommeil que j’espère éternel.
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