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Humanoïde Spatial

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Zouz

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C’était il y a deux ans déjà, c’est long non ?
Alors me voilà, moi, un genre d’humain robotisé qui sait écrire, manger, dormir, sentir, toucher ou même entendre mais qui ne sait pas ressentir.
Je suis insensible ? Sadique ? Je vais vous laisser vous faire votre propre idée de moi au fil des mots. Aussi pathétique soient-il.
Je ne ressens rien, ne culpabilise pas, n’ai jamais de remords, ne pleure ou ne ris que
rarement, c’est-à-dire que les seules fois où ça arrive c’est uniquement pour mes pseudo-parents qui souhaitent à tout prix que je ressente quelque chose .
Mais comment faire si rien n’émeut mon cœur métallisé ?
Avant je vivais pleinement, je respirai l’air pollué de ma ville natale, je souffrais, me
faisait mal parfois, riais tout le temps.
Vous connaissez cet instant magique où vous rigolez avec une personne vraiment
quelconque et que vous prenez des maux de ventre atroces, des mots de gorges incessants parce que vous riez de trop ?
C’est la sensation la plus agréable de l’amitié, de l’amour, de la joie.
Puis quand vous regardez cette personne qui vous plaît tant, que vous vous rendez
compte à quel point son envolée de cheveux est spéciale, à quel point un seul souffle
vous fait mal à la poitrine tant votre cœur bat fort, à quel point une parole émeut tous vos sens.

Mon histoire va vous faire rire, pleurer, vous énerver ou peut-être rien du tout.
café, puis allez vous asseoir au parc près de chez vous, dans votre canapé molletonné, ou même dans votre chaise longue
Plongez-vous maintenant pleinement dans les abysses de ma vie.

Avec la plus franche gentillesse,
Tu es beau,
Belle,
Extraordinaire pour l’un,
Exemplaire pour l’autre.

Bonne continuation dans les eaux profondes qu’est mon histoire.
Signé :
Humanoïde Spatial.
Deux ans auparavant.

Je suis Eliott Moore, étudiant en terminale.
Voici mon premier rapport spatial. Il est dix-huit heures trente-sept passées sur ce qui semble être le corps céleste Oxi-19 qui m’est encore totalement inconnu.
J’ai atterri il y a peut-être une dizaine de minutes, ou d’heures, je n’en sais rien, je suis totalement déboussolé.
Sachez que je suis impressionné par le nombre de cratères plus grands que n’importe quelle ville de notre belle Bleue, plus grands que n’importe quelle habitation me semble-t-il.
Je suis également subjugué par la gravité dimensionnelle que possède ce terrain rocailleux.
Je vole ! Bien que cela paraisse impossible, invraisemblable, irréalisable, inaccessible de la part de n’importe quel être humain même Icare, je vole !
JE
VOLE !
Mes rêves les plus excentriques sont si proches de se matérialiser ! De la science-fiction !
Je jette un coup d’œil rapide aux alentours, aucun transport, comment suis-je arrivé ici ? Je pense qu’on m’y a amené. Personne, suis-je le seul ? C’est grotesque.
Qu’est-ce-que ce tremblement continu dans ma poche ?
Un rectangle, jonché de boutons latéraux, clignote, la trépidation se fait intense et désagréable.
Les battements de mon cœur deviennent aussi saccadés que cette vibration incessante.
Il y a deux téléphones, à gauche sur un fond rouge et à droite sur un fond vert.
Dessous le fond rouge est écrit en lettres capitales blanches « refuser », et dessous le vert est écrit « accepter ». Mon pouce glisse instantanément sur le téléphone à fond vert, la pulpe y adhère presque immédiatement, l’écran pixélisé du jouet technologique change de teinte et le blindage en verre laisse maintenant place à un décompte.
Un nom s’affiche : « Surt ».
- Il a décroché ! Il a décroché, chef !
En distinguant une voix lointaine j’approche l’engin de mon oreille.
- Joshua, es-tu là ?
- Bonjour, qui est Joshua ?
Quelqu’un chuchote.
- Les capteurs installés sur Eliott, non Joshua plutôt, je ne me fais jamais aux changements de nom, chef ! Les capteurs installés sur Joshua fonctionnent parfaitement bien, il est à 12° Nord. Le début de la transformation a fonctionné, chef !
- Pardon mais de quoi parlez-vous ?
La voix change.
- Joshua, c’est le début de la transformation, on touche au but !
- Hein ? Que fais-je ici bon sang ?
- Tu le sauras bien assez vite, nous te contactons bientôt ! Survis !
Un bruit aigu interrompt notre appel, puis, plus rien.
Seul, face à une planète aussi vide que ma mémoire et rempli de trous comme mon cortex préfrontal je cherche à ne savoir non pas comment suis-je arrivé ici car la réponse est évidente, ce chef m’a emmené sur cette rocheuse. Mais plutôt que fais-je donc ici alors ?
Comment est-ce-que je suis sensé survivre ? Il n’y a aucune boisson, ni nourriture, je suis pas magicien bon sang !
Je marche, longtemps, longtemps, longtemps, beaucoup trop longtemps, je ne sais plus quoi faire, je ne sais plus comment respirer, puis à chaque pas un bruit de cliquetis résonne dans mes oreilles, c’est insupportable, terriblement insupportable.
J’ai mal, ma vue se brouille, mes yeux me brûlent, mes muscles sont réduits en bouillis, mon estomac se tord, ma gorge se noue, mes jambes fléchissent, mon cerveau ne veut plus rien recevoir, aucune information ne vient à lui.
J’ai froid, il fait très froid sur cette planète et je suis torse nu, comment c’est possible ?
Qu’est-ce-que j’ai mal bon sang... Tout me fait mal, je perds la tête puis... m’effondre.
Je tombe au ralentis, mes jambes glacées se plient sous mon poids, mes genoux touchent le sol dans un bruit effroyable, mon ventre se contracte puis se recroqueville telle une carapace, mon cou s’enroule, ma respiration s’accélère, mon pouls devient incontrôlable, mes mains se posent instantanément sur le sol glacé, j’ai l’impression que mes oreilles saignent tellement le sang tape fort dans mes tempes.
Sonnerie.
Quelque chose sonne.
Qu’est-ce-que c’est ?
Le jouet ? Ma tête qui me joue des tours plutôt.
Je vais faire une apoplexie.
Ça sonne encore, je cherche ce que s’est... Dans ma poche, c’est dans ma poche, le jouet, le jouet sonne ! D’un geste vif j’attrape le rectangle technologique. Mon pouce glisse directement sur le bouton « accepter », comme la première fois j’approche l’entité à mon oreille.
- Joshua.
Cette fois-ci, c’est le chef qui parle, je reconnaîtrai sa voix nauséeuse entre mille.
Ne sachant quoi répondre, je respire plus fort.
- Tu es là. Nous devons passer un accord spatial.
- Pardon ? Un accord ?
- Oui, dans le but de réussir notre projet Transpatial V.
- C’est le nom de votre projet ? Que dois-je faire ?
Mon cerveau me tourne, la bile monte.
- Tu dois trouver comment faire du feu afin de te réchauffer et de ne pas faire une hypothermie.
- Une quoi ? Je ne comprends rien ! Qu’est que vous dites à la fin ?
- Si tu ne trouves pas comment faire dans les deux prochaines heures. Tu mourras.
La conversation a pris fin. C’est une menace de mort et je ne mourrai pas à cause d’une hypothermie mais parce qu’ils me tueront.
Mon corps se règle automatiquement à la bonne température, au début j’ai froid mais après tout se réchauffe ou inversement, je ne comprends pas. J’ai du mal à comprendre tout un tas de choses depuis que je suis arrivé.
Est-ce possible d’être aussi perdu ?
Inconsciemment je me mets à tourner en rond, à faire le tour de cette maudite planète en quête d’un caillou, d’un bâton, n’importe quoi que je puisse frotter.
Le soleil.
Une loupe.
Magnification.
Il me faut une loupe.
Je jette rapidement mon sac par terre et fouille dedans, si je me souviens un minimum de la veille de mon départ, j’avais mis deux tablettes de chocolat, sept canettes de boisson énergisante ainsi que tout un kit de survie. Bien sûr ! Comment puis-je ne pas y avoir pensé ?
Comme si j’avais prévu.
Euréka ! Ils n’ont pas vidé mon sac ! Peut-être avaient-ils eux aussi prévu que ma mémoire reviendrait peu à peu.
J’en sors donc une canette énergisante que je bois d’une traite, que c’est bon.
Une tablette de chocolat, dans laquelle je mange deux ou trois carreaux.
Je mets un morceau de côté.
Le foulard que j’ai noué autour de mon cou est tâché de sang, comment est-ce possible ? Je ne me suis pourtant pas blessé. En enlevant doucement le chiffon noué je tâte mon cou, j’ai une coupure. Je ne sais pas si elle est profonde, le sang a séché, je ne dois pas risquer un saignement impromptu.
Je dois me rappeler comment faire... En fermant les yeux mon cerveau se met à faire défiler toutes les connaissances que j’ai acquise depuis bien des années. Je le vois tout catégoriser, je le ressens. C’était donc ça la transformation ? Je n’y crois pas. Je suis devenu quoi ? Un génie ?
BIP BIP BIP.
C’est extraordinaire, mon cerveau a trouvé comment faire du feu. Je me souviens enfin de la technique. C’est incroyable.
Je referme les yeux.
Données : « Magnification de la lumière du Soleil »
Source : Wikibooks.org®
« (...)
Il faut tout d’abord étaler une fine couche de chocolat sur le culot, puis le frotter avec un foulard, répéter l’opération autant de fois que nécessaire jusqu’à le rendre brillant comme un miroir.
Une fois que l’on dispose d’un bon miroir, il faut encore en déterminer le point de convergence. Un papier foncé permet de facilement le trouver... »
Le papier du chocolat.
« En le plaçant au-dessus du culot de la canette orienté face au soleil, et en le déplaçant de manière à obtenir le disque lumineux le plus petit possible. »
D’accord. Donc si je récapitule, je dois frotter du chocolat quelques minutes jusqu’à ce que ça rende le culot brillant comme un miroir afin de faire une bonne réflexion. Puis avec le papier extérieur du chocolat je peux trouver le point de convergence. Une fois cela fait je dois...
DECONNECTION.
Quoi ? Je ne peux plus lire ! Je suis fichu c’est bon ! Non. Non. C’est logique, faut faire avec de la logique sinon mon cœur aussi va être déconnecté de mon corps et je m’en passerai bien.
Si je frotte, si je trouve le point de convergence, et que le but est de ‘capturer’ les rayons du Soleil, alors il faut un truc, un objet qui puisse servir de... de combustible ! Il faut trouver un objet qui puisse être enflammé ! Mais bien sûr !
Je regarde rapidement les matériaux autour de moi.
Au collège mon professeur nous avait fait un cours dessus...
Il y a quoi... Le bois ? Je n’ai pas de bois !
Le papier... Je l’ai utilisé pour trouver le point de convergence puis je ne vais pas ouvrir une autre tablette pour faire du feu... Ce serait trop vite moisi.
L’aluminium... Oui ! L’aluminium ! J’en ai ! C’est ça ! Merci à mon professeur de technologie pour sa présence visiblement pas si inutile ! Le papier intérieur du chocolat, de l’aluminium, pour le conserver ! Logique !
J’arrache le papier d’un coup sec et le place dans la même direction que le culot de la canette, je me mets donc à souffler doucement sur le foyer pour activer la combustion.
Ça marche ! Ça fonctionne ! J’ai réussi ! Je ne vais pas mourir !
Mon cerveau est tellement développé, je n’y crois pas. C’est indescriptible. Rien qu’en fermant les yeux j’ai eu accès à tout ça... Toutes ces données...
En continuant de souffler doucement, j’admire la langue orange qui commence à grandir devant mes pupilles dilatées. Elle danse majestueusement.
Insupportable.
Mon mal est insupportable.
La couleur vive me pique les yeux, tout est bien puis d’une seconde à l’autre je suis ramené à la réalité.
Ramené sur cette planète abrupte.
Ramené à la presque fin de ma vie.
Une tâche d’encre humaine sur un rond blindé de roche.
Cette flamme soleil, elle rayonne comme mille et une étoiles dans le ciel noir de la nuit, bleu du jour.
Le feu est enfin présent, bel et bien présent, activement enjambé par l’air, il se languit, se raidit, se grossit, j’ai fait du feu, j’ai fait ce feu. N’est-ce-pas extraordinaire ? N’est-ce-pas totalement absurde, dénué de sens ?
Cette flamme grandit comme mes enfants, se languit comme un poisson dans l’eau, cette flamme représente la vie. Sur terre, en mer, en l’air, c’est donc elle la métaphore de la vie. La maline s’était cachée pendant mes dix-sept années de vécu ? Un des quatre éléments de la vie est représentatif de celle-ci... Alors les autres aussi, non ?
La terre est essentielle à la pousse des fruits et légumes.
L’eau est essentielle à la vie des poissons.
L’air est essentiel aux oiseaux, aux humains, aux insectes ainsi qu’aux animaux ; aux êtres vivants en gros.
Tout est essentiel à la vie.
Tout.
Sauf moi.
Eliott Moore.
J’ai dormi, très peu, la flamme a continué de languir pendant ce temps. Il n’y a donc aucun coup de vent.
Le jouet sonne, trépide, encore et encore.
Je refais le même geste, encore et encore.
La pulpe de mon pouce y adhère, encore.
Tout se répète, tous mes faits, tous mes gestes, je suis perdu.
Je colle la technologie à mon oreille puis attends la voix rocailleuse de mon interlocuteur.
Après quelques secondes, elle intervient enfin.
- Joshua, tu as réussi à faire du feu, nous t’avons observé.
- Des tas de données envahissent mon cerveau, monsieur Sullyvan.
- Pardon ?
- Oui, mon cerveau est ultra avancé.
- C’est totalement faux, la transformation n’a jamais été prévue de telle façon.
Tout entre dans ma tête, le mal est dû aux capacités accumulées, c’est certain.
De nouvelles informations arrivent.
- Votre femme. Paula.
Sa respiration est saccadée, je l’entends respirer bruyamment.
- Sullyvan, je...
- Tais-toi, Joshua, je suis le chef, tu ne me tutoies pas, n’utilises pas mon prénom et encore moins celui de ma femme.
- Je ne sais pas comment je sais tout ça. Que s’est-il passé ?
- Tu le sauras en temps voulu, je te l’ai déjà dit. Maintenant, trouve de l’eau potable. Nous avons besoin d’une surface habitable.
Surface habitable ?
- Pourquoi faire ?
- Fais-le sinon tu mourras de déshydratation.
- C’est faux, absurde. Je vais trouver de l’eau dans ma source de données et vous le savez autant que moi. Alors chef, vos menaces sont inutiles.
- Très bien. Très bien, Eliott. Trouve de l’eau ou nous viendrons directement te tuer à mains nues.
- Vous êtes sadique, je n’ai pas peur de vous, je n’ai peur de personne d’ailleurs. Je suis invincible.
Quel est ce mot ? Il est sorti de ma bouche comme ça. Ma base de données me le dira peut-être mais je ne sais même pas comment y accéder.
- Invincible ? Vraiment ?
Il rit à gorge déployée.
- Tu es incroyablement stupide ma parole. Personne n’est invincible.
- Je suis Personne alors.
Il souffle, je l’ai battu.
- Comment dois-je faire pour accéder à ma base de données ?
- Tu dois trouver ta puce, mais tu ne la trouveras probablement pas.
- Pourquoi ? Ma puce ? Mais...
Serais-je robotisé ?
Il a raccroché pendant que je parlais. Je dois trouver de l’eau ainsi que ma puce pour pouvoir survivre. Je range le jouet.
De l’eau, c’est simple... Sauf qu’il n’y a aucun point d’eau, aucune rivière, aucune mer, aucun océan, rien, niet. Puis il faudrait la renouveler. Il faudrait... Un genre de compartiment pour récupérer de l’eau de pluie, c’est ce que je faisais tout le temps à la maison pour pouvoir donner à boire aux plantes, puis aux animaux, c’est de l’eau potable je pense.
Si je creusais un trou, comme un cratère pour que l’eau se faufile dedans ? Je peux creuser avec les mains, ou je trouverai bien quelque chose. Je tiens quelque chose, j’ai l’idée ; Tout se bouscule dans ma tête, mes idées ne sont que des mots. Je vais y arriver.
Persévérance.
Je me mets à marcher, ce que j’aime probablement le plus au monde, puis à quatre pattes je commence à tâter le sol pour savoir où vais-je bien pouvoir réussir à creuser un cratère assez profond pour recueillir de l’eau.
Pluie.
Il pleut, c’est une coïncidence ?
Comment peut-il pleuvoir alors que depuis que je suis ici pas une seule goutte n’est tombée ? Tant pis, c’est mieux comme ça.
Doucement je tape le sol jauni par les graviers, commence à creuser dans un endroit, puis un autre et ainsi de suite jusqu’à trouver celui qui va être LE cratère pour le recueillement. Soudain je pense qu’il pourrait être tout aussi intéressant de faire plusieurs trous comme ça il y aurait plus d’eau puis moins de creusement !
L’eau remplit très lentement le premier puis viens se poser en même temps sur tous les autres petits puits qui étaient à la base des essais.
Elle s’abat sur mes cheveux, les mouille, les lave de cette crasse qui a commencée à s’en emparer, les emmêle, je me sens revivre.
Renaissance.
C’est agréable d’être trempé comme ça, je retire rapidement mes vêtements imbibés d’eau qui me colle à la peau, et comme si j’enlevais un masque je les jette par terre avec une telle rage que ce Sullyvan aurait peur, il aurait peur de moi.
De ce feu ardent qui brûle en moi chaque seconde un peu plus fort, chaque seconde supplémentaire passée sur cette planète.
Nu.
Je me sens frais, de nouveau enfant, je cours puis, quitte à mourir, autant que ce soit dû au manque d’oxygène et pas à cause de ces robots.
Robots.
Bien sûr... C’était évident. Comment puis-je respirer si je n’ai plus ma bouteille d’oxygène avec moi ? C’est donc ça la transformation dont la personne a fait référence lors du premier appel. Et la puce ? Pourquoi n’y ai-je pas pensé plus tôt ? Je suis vraiment stupide comme il l’a dit. Les données auxquelles j’ai accès aussi... J’aurai dû m’en douter, ma puce ! Ce n’est pas pour survivre que j’en ai besoin ! Encore mieux ! Je dois m’en servir CONTRE eux ! Si je me sers de toutes ces données je pourrai réussir à préparer un plan et ainsi le mettre en exécution en les obligeants, lui et ses toutous robotisés, à venir sur Oxi-19. Je dois mûrir ce plan et faire une diversion pour obtenir davantage d’indices sur ce que je sais. Si c’est vrai.
Alors je réussirai à tous les laisser sur cette planète, à retourner sur Terre, à retrouver ma ville, mes amis et surtout, surtout, ma famille.
Je dois le faire, je dois réfléchir.
J’ai fait du feu et j’ai réussi à avoir de l’eau, peut-être potable, dans les réservoirs creux.
Que pourraient-ils me demander ?
Eau. Feu. Eau. Feu.
Peut-être de faire cuire ? J’ai besoin d’eau et de feu ? Puisque j’ai de la nourriture dans mon sac... C’est logique.
Je dois attendre le prochain appel.
En attendant, je devrai fouiller dans mon sac, pour savoir un peu ce que j’ai à part des tablettes de chocolat et des canettes de boissons énergisantes. Je le prends et le pose par terre, après m’être battu pendant quelques minutes je réussis enfin à ouvrir la fermeture Eclair.
En commençant à regarder je me rends compte que c’est pas du tout le sac avec lequel j’étais partit, comment suis-je passé à côté de ce point ?
Le chocolat, les boissons, des... ça ressemble à des fleurs ? Mais pourquoi des fleurs ? Ça doit être du poison. Pourquoi faire ? Ils voulaient peut-être que je fasse pousser des plantes. Que je les arrose, m’en occupe.
Le jouet sonne, encore.
- Tu as trouvé les plantes visiblement... Plante-les.
Mentir, survivre.
- Je n’ai pas assez d’oxygène, j’ai besoin d’une autre bouteille.
- Tu en as pour combien de temps ? à quelqu’un d’autre, la transformation se fait lente, il a encore besoin de bouteille d’oxygène.
- Je ne sais pas, une ou deux heures, tout au plus.
- D’accord. Nous allons t’emmener des bouteilles d’oxygène, où es-tu placé ?
- Vers mes cratères remplis d’eau. Je suis nu. Trempé.
- Nous allons arriver avec les bouteilles et des habits de rechange. Ne bouge pas.
Ils arrivent, je n’ai pas pu mûrir mon plan très longtemps, mais là n’est pas le problème.
Ce qui importe c’est comment je vais me battre. Si je suis un robot j’ai bien dans mes données des techniques d’attaques ou d’auto-défense.
Quelque chose me démange, c’est douloureux, mes cheveux, je les gratte furieusement.
Quelque chose tombe sur le sol. Un cylindre noir. Qu’est-ce ? Est-il possible que ce soit la puce ? J’ai donc trouvé la puce. Je la ramasse, la regarde attentivement, la serre fort dans ma main puis je décide d’essayer de l’introduire dans ma chair, elle est en plastique, ça devrait être plus simple. Ils font comme ça dans les films, je pourrai tester ma résistance à la douleur en même temps.
Progressivement j’observe la puce, c’est un cylindre, de la taille d’un grain de riz, j’ai déjà vu ça quelque part... VeriChip™. J’ai lu que c’était constitué de trois parties : « un capuchon fait d’un plastique spécial qui renferme une capsule de verre hermétiquement close abritant un circuit, une antenne dont la bobine convertit le champ magnétique en un courant alimentant la puce, et la puce elle-même qui module l’amplitude du courant traversant l’antenne en émettant de façon continue un signal de 128 bits » Elle se met normalement en haut du bras... Je dois m’ouvrir. Si je prends un morceau d’aluminium... Peut-être coupe-t-il. Sinon j’ai du papier.
Avec conviction je pose la puce à terre et me dirige vers le feu que j’ai fait, tout est encore à côté, la canette, le foulard et l’aluminium à semi-déchiré. Je range tout dans mon sac sauf le bout d’aluminium et retourne vers les cratères.
Une fois assis, je commence à me couper, je réussis à ouvrir assez grand au bout d’une dizaine de minutes, je saigne mais je n’ai pas mal. Je suis immunisé. C’est déjà un bon point.
Le sol est tâché, j’ai beaucoup appuyé et je ne sais pas comment j’ai réussi à m’ouvrir avec un bout d’aluminium. Mais sans réfléchir je prends la puce posée à côté de moi et tente de la faire rentrer tant bien que mal. Puis me rendant compte que Sullyvan et ses robots vont bientôt arriver, je prends précipitamment mon sac, le jette à terre et fouille dedans, je trouve enfin mon foulard puis le dispose soigneusement sur les tâches disperses de sang. Je m’assois dessus, prends la bouteille d’oxygène que j’ai propulsé à terre quand la pluie est tombée puis la place soigneusement où elle était au départ. J’enfile mon tee-shirt pour cacher la coupure.
Un vaisseau arrive, rapidement les données se culbutent dans ma tête.
Techniques d’attaques infaillibles.
Auto-défense pour les nuls.
Je retiens tout.
Je vois un homme descendre, trapu, des plissures pleins le visage, des yeux foncés en amande.
Il se rapproche.
Ses lèvres sont de telle façon qu’on aurait pu croire à un Bulldog anglais. Son nez, aussi retroussé soit-il donne une impression grotesque sur son visage. Il est laid.
Il est devant moi.
Ses bras ballants, son crâne presque dégarni laisse apparaître de chaque côté une touffe de poils grisâtre, son visage est bouffi, bouffi par l’alcool.
Il me sourit.
Ses dents sont, elles, jaunies, jaunies par la cigarette, à quelques mètres de moi, je sens son haleine. Ragoutante. La bile me remonte droit dans l’œsophage.
- Joshua. Je suis le chef.
Trois, ils sont trois.
- Bonjour, ou bonsoir, je ne sais pas.
Ils sont armés. Je dois prendre son pistolet.
- Il est quinze heures précises.
Subterfuge.
- Ravi de vous rencontrer. Puis-je vous serrer dans mes bras ?
Sa tête de Bulldog se fait hésitante.
- Oui, vous manquez d’attention, c’est certain.
J’ai quelques secondes, je dois être efficace.
Hanche droite.
Aussi doucement que je peux me le permettre je commence l’embrassade. Mes mains glissent lentement sur le dos de mon ennemi. Tapotent sa colonne vertébrale.
Les robots retournent dans le vaisseau, plus que quelques secondes, dépêche-toi.
Ma main gauche saisit lentement le revolver situé dans la ceinture puis le retire.
Une fois en main, je lâche le bonhomme et place mon acquisition directement dans mon dos. Un dernier coup d’œil au vaisseau, les robots sont toujours dedans. Je regarde Sullyvan dans les yeux puis lui murmure un « désolé ». Je recule mon bras droit et avant qu’il ne puisse dire quoique ce soit je lui donne un coup dans le plexus, de toutes mes forces. Il s’écroule.
K.O Neurovégétatif.
Il va mourir si personne ne l’aide.
Ruse.
- A l’aide ! Aidez-moi, Messieurs ! Il est paralysé !
Ils accourent. Victoire.
- Que s’est-t-il passé ?
- Je ne sais pas, il s’est effondré ! Il s’est mis à trembler comme s’il était paralysé !
- Chef ! Chef !
L’un d’eux s’adresse à moi pendant que les deux autres s’occupent de Sullyvan.
- Toi, vas chercher la trousse de secours dans le vaisseau, partie ouest.
Bingo.
Tout tourne bien.
Je cours jusqu’au vaisseau, monte les marches puis me dirige partie ouest pour prendre la trousse de secours le plus vite possible. Une fois cela fait je progresse jusqu’à l’avant du vaisseau, les boutons clignotent, j’essaye alors de comprendre comment me servir de ce truc.
Conduire un vaisseau spatial simplement.
Je vois un des soumis du chef se diriger vers le vaisseau, les données d’utilisation téléchargées, je me hâte pour sortir. Nez à nez avec lui.
- Tu en as mis du temps.
Vrai.
- C’est plus que normal, je n’ai plus le sens de l’orientation depuis que je suis ici.
Faux.
- Allons-y.
Nous filons donc tous les deux jusqu’au chef, il a du mal à respirer, les robots ouvrent la trousse, en sortent une seringue, la plantent dans le bras gauche de Sullyvan puis d’un coup il se relève.
Alors je donne un coup de poing dans sa figure, il saigne, puis les soumis me regardent, deux se lèvent et se ruent sur moi.
J’ai peur, très peur finalement.
Le premier robot me donne des coups au ventre, le second au visage et le dernier s’occupe du chef. Difficilement, j’enchaîne les coups en bas du ventre puis dans la figure sur le second et le premier a le droit exclusif à des coups de pieds.
Ma respiration devient courte, mais je suis conscient qu’il faut que je me batte avec le plus de force possible.
Le robot qui me tapait le ventre devient essoufflé et son camarade aussi, alors avec la conviction d’un héros je me dégage d’eux, cette lutte ne semble pas loin d’être finie.
Brusquement je me lève, cours en direction de celui qui s’occupe de Sullyvan, lui saute au cou et tente de l’étrangler. Il me rejette beaucoup trop facilement, je sprinte alors jusqu’au vaisseau avant qu’il ne puisse m’attraper. Je rentre dedans et me dirige directement vers le tableau de bord, j’appuie sur tous les boutons qui clignotent, la porte se ferme, je ne sais pas lequel s’était, que faire ?
Ronronnement.
Le moteur démarre enfin.
Je suis libre.
0

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