Histoire d'un tableau personnel

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Il voyage souvent ; Tel Aviv-Paris-Londres-Tel Aviv. Un vieil ami journaliste, pigiste à l’AFP.
Il parle fort bien le français... l’écrit moins facilement.
Lors de son dernier passage, nous avons eu plaisir à nous revoir. Il m’a appelé en catastrophe, il devait rendre un article, il était en retard, fidèle à son habitude chronique ! Je devrais dire pathologique...
Quand il vient à Paris, il y a toujours une connaissance, un ami qui l’héberge.
Cette fois-ci, ce fut Marina qui l’a reçu.
Elle habite dans le quartier de la Nation. Toujours étonné par le hasard, j’arrive donc et trouve l’ami assis par terre, entouré d’une pile de feuilles et documents divers !
Je salue son hôtesse, belle brune aux yeux intenses de braise en fusion.

Je me pose dans un profond canapé et entreprends la lecture en diagonale de son article (sur les échanges politico-culturels au Moyen-Orient). Je lui fais remarquer qu’il aurait dû parler de la belle initiative de Barenboim, fondateur d’un orchestre israelo-palestinien.

Au mur, en face de moi, est accroché un tableau assez grand. Une femme, de trois quart-dos, chevelure brune au milieu des reins, une croupe...ronde comme la coupole académique... mais bien plus féminine et affriolante !
Mon regard revient sur ce tableau, non pour la qualité picturale (je ne suis pas connaisseur en arts décoratifs !) mais pour la sensualité rare qui émane des lignes de ce corps.
Deux fesses jaillissant de reins cambrés, deux fesses rebondies séparées par un profond canyon.
Mon ami remarque mon regard, Marina aussi d’ailleurs, qui me dit spontanément qu’un de ses amis peintres l’avait ainsi croquée deux ans auparavant.
Je lui réponds galamment que ce peintre avait eu un beau privilège de contempler un tel séant.
Passe une bonne demi-heure à corriger l’article, ici et là, à proposer un mot plutôt qu’un autre, à chasser les fautes d’orthographe (nombreuses !) et les accidents de syntaxe !
On chipote sur tel et tel mot ; Marina revient avec un café succulent et me dit qu’elle aimerait bien que je corrige ses textes... Me voici en passe de devenir lecteur ou rewriter comme disent horriblement les anglo-saxons !!!
L’ami journaliste rassemble tout son petit tas de papiers (rarement vu plus bordélique que ce garçon !) et dit qu’il file à l’ambassade pour remettre son papier à je ne sais quel conseiller en partance pour Tel Aviv.
Pendant que Marina le raccompagne, je plonge à nouveau dans la contemplation de ce tableau provocateur... ou simplement provocant. J’ai souvent éprouvé le regret de ne pas savoir dessiner.

Marina remonte, souriante, agitant ses longs cheveux ; elle s’assoit en face de moi, tournant donc le dos à elle-même ! Je fixe ses yeux, ce qui m’évite d’être aimanté par les fesses qui me tendent... leurs deux hémisphères !
« Quand vous regardez ma chute de reins, vous avez un regard intense et brillant, me dit-elle, mais quand vous me regardez dans les yeux, votre regard devient aimant, dangereux, fascinant ».
Je cache ma modestie derrière un léger sourire de façade mais ne dis pas un mot, préférant la laisser continuer.

« Je sais que vous voulez voir mon cul... si je vous le montre, me montrerez-vous le votre ? »
Je joue à ne pas répondre ouvertement, esquivant, revenant, repartant...

Le silence dans lequel je reste semble déstabiliser Marina mais cela l’a séduite tout autant..

Elle sait d’instinct que mon regard lui donnera mille frissons.
« Vous vous rappelez, nous avons un peu parlé de Valérie avec Joseph, tout à l’heure, vous sembliez curieuse d’elle. Je pourrai inviter à nous rejoindre, j’espère que cela vous fait plaisir. »

Le butor, pensa-t-elle, le salaud, il ose faire venir cette femme qui doit le relancer depuis des semaines.

« Non, bien sûr, pourquoi pas, si cela vous fait plaisir, mais je ne suis pas si curieuse et j’aurais quand même préféré rester juste avec vous » répondit-elle hypocritement.

Elle rougit sous mon regard qui la transperçait. Comment un homme pouvait-il avoir ce regard pénétrant ?

Elle se sentait dans l’impossibilité de dissimuler ce qu’elle ressentait.
« Je constate que mon tableau vous plaît toujours autant » lui lança-t-elle pour reprendre l’avantage
« Que voulez-vous boire ? »

« Vous rappelez-vous, je vous avais demandé si vous vouliez voir mes fesses... mais qu’il vous faudrait me montrer les vôtres ? »

« Ma mémoire est encore vive, je me rappelle précisément ne rien avoir répondu »

« Je me le rappelle également et vous comme moi savons que qui ne dit mot consent... »

Elle tournicote, sort des verres, se donne une contenance. J 'entends le bruit des glaçons et me suis replongé dans la contemplation de ce tableau.

« Merci... pas de glaçons pour moi... pas tout de suite...»
Marina s’est assise sur un pouf le menton dans les mains, en face de moi. Je la regarde, puis je repose les yeux sur le tableau, puis la regarde à nouveau, un léger sourire gentiment moqueur.

« Tenez votre promesse... on doit toujours tenir ses engagements, ou bien s’abstenir. Mais je ne sais pas si j’ai vraiment envie de voir vos fesses en réel. »
« Vous êtes peut-être bien élevé, très cultivé, mais vous êtes un goujat.... »
« Je ne sais pas si j’ai envie de voir vos fesses maintenant...»

« Je vous en prie... comme il vous plaira, pour vous, oui, pour vous seul,»

« Soit... alors, pour moi seul, montrez que ce peintre vous a dessiné comme vous êtes.»

« N’oubliez pas que vous devrez me montrer vos fesses... donnant donnant » parvient elle à rétorquer en le regardant droit dans les yeux.
Jeux d’ombres mouvantes.
Le tic tac de la vieille pendule semble rythmer ses soupirs.

« Vous me semblez belle sous cet éclairage qui ferait un joli tableau. Déshabillez-vous pour moi . »

Elle me regarde longuement, sentant monter en elle une émotion nouvelle, découvrant l’exaltation d’un jeu inédit.

Mon regard sourit, suivant ses mains hésitantes, retrouvant ses yeux.

Elle fait glisser ses chaussures du bout du pied, lentement, comme pour gagner du temps. Ou comme pour me faire attendre. Elle a décidé de ne pas baisser les yeux, de me regarder coûte que coûte.

« Il va vous être bien difficile de tenir votre promesse si vous me faites face... facéties...face à fesses... »

« Quelle idée ai-je eue de mettre une robe, pourquoi n’ai-je pas enfilé une jupe ? » se dit-elle en se retournant lentement, le rouge aux joues, au front... elle se sent transpirer, devenir moite.

La robe, lentement, s’écroule à ses pieds. Instinctivement, Marina se met sur la pointe des pieds, elle aime être pieds nus. Elle se sent offerte à un regard qu’elle ne voit pas, bizarrement elle regrette d’avoir mis une culotte car elle sait qu’il va lui demander...

« Votre ami peintre ne vous a pas embellie... votre croupe est vraiment à l’image de ce tableau... mais, il vous a peint toute nue...alors... qu’attendez-vous pour ôter cette vilaine culotte ? »

« Je... vous ne verrez pas plus ni mieux... »

« Vous ne jouez pas le jeu, vous ne tenez pas votre promesse, c’est vous qui m’avez lancé ce défi... bien, comme vous voulez, je vous laisse.
Merci pour.... »

« Non ! Vous n’avez pas le droit, non, restez...vous croyez peut-être qu’en partant, en fuyant, vous ne devrez pas vous aussi vous déculotter ?... oui, c’est moi qui vous ai provoqué... aidez-moi, parlez moi... »

« Je ne vous ai rien promis, Marina, je ne me suis pas engagé à quoi que ce soit, sauf à contempler votre postérieur, ma chère, que, d’ailleurs, vous avez admirable... Allons, baissez cette culotte... »

D’un geste rapide, Marina envoya sa culotte aux chevilles, en prenant grand soin de ne pas se baisser plus que nécessaire...
Je contemple le galbe de cette croupe, mon regard allant du tableau au modèle, puis retournant au tableau.

Marina est quasiment immobile mais je perçois les frémissements de son épiderme.

« Pourquoi restez-vous sans dire un mot ? Je me sens jaugée, examinée, soupesée comme un maquignon le ferait devant une jument »

« Je me plais à laisser mes yeux soupeser votre cul, ma chère, et je vous sais gré de m’en donner le temps ; je regrette seulement... »

« Quoi ? que regrettez-vous ? mes fesses vous déçoivent ? vous êtes un... »

« Oh non, ce que je vois me comble, je regrettais de ne pas avoir attendu Valérie. La parfaite rectitude de la raie qui sépare vos fesses est admirable... La rotondité de vos fesses souligne la profondeur de votre raie.
Allez donc au bout du défi que vous m’avez lancé »

« Que voulez-vous dire ? Je vous ai montré mes fesses, je les ai dénudées pour vous, que voulez vous de plus ? c’est à vous maintenant de tenir votre promesse »

« Allons, Marina, ne faites pas semblant de ne pas comprendre... Vous n’avez pas encore offert à mes yeux l’intégralité de votre cul... Vous devez l’ouvrir , vous ne me voyez pas mais je souris en ce moment précis car je sais que vous rougissez... »

«  J’ai un... non, je ne peux vous le dire...non, ne me demandez pas cela... »
Un silence s’installe. Marina m’entend me lever, soupirer...
« NON... ne partez pas , je ne veux pas...
Oui... je vais me montrer à vous , ouverte, impudique... Promettez moi... »
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