Hasard(s) - 5

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« - Je vous en prie... je ne me contrôle plus... je me sens perdue...
Je sens que vous décelez ma faiblesse... je ne suis pas une oie blanche...
Mais je suis décontenancée par votre érotisme si romantique, si délicat...
Je ne sais pas y répondre... j'ai peur que vous me trouviez trop gourde... »

Elle était émouvante. Ou bien alors, elle était une remarquable manipulatrice.
Je décidai de laisser jouer mon intuition, une fois encore, courant le risque de me tromper.
J'en avais connu quelques-unes, des joueuses redoutables, mais ce n'est pas aux vieux singes...

« Retournez-vous, j'ai besoin de lire votre regard ; non, ne vous éloignez pas, restez dans mes bras.
Oui, mettez vos bras autour de mes épaules... dîtes-moi... non, ne parlez pas, dîtes-moi avec vos yeux. »
Elle se serra contre moi, m'offrit son regard, tellement brillant, tellement enflammé, me sembla-t-il.

« Tu n'es plus une oie blanche, à supposer que tu le fus ! oui, je crois sentir ta faiblesse, sans en avoir encore décelé la nature ou les causes.
Je ne suis ni beauf ni rustre ni macho, chère Madame, et ne vous trouve donc pas du tout gourde... Continue de me regarder.
J'aime infiniment te sentir frissonner, car je sais que ce n'est pas de froid ! »

J'achevai de déboutonner son corsage, le laissant tomber au sol... personne pour le ramasser !
Sa poitrine n'avait assurément pas besoin d'être soutenue ; de petits seins en pomme, manifestement émus.
Je descendis avec lenteur le long de son corps, me retrouvai accroupi, le visage au niveau de son ventre, mes mains ayant effleuré ses seins que je sentis vibrer.
Seules nos respirations s'entendaient dans la salle de bains.
Je frottai ma joue sur son ventre, déposai un baiser sur son nombril, me hâtant de ne pas aller trop vite...
Ses mains agrippèrent mes épaules quand mes lèvres se retrouvèrent sur son sexe, au travers de sa culotte, culotte qui n'était pas une publicité pour la lingerie affriolante.

« Ton désir n'est pas feint à en juger par l'état de cette vilaine culotte... Il me faut vite vous en débarrasser ! »
Je la fis glisser doucement le long de ses jambes.
Je fis courir mes doigts sur ses jambes, finement voilées par une paire de bas des plus sages.
Sentant qu'elle se tendait, lentement je commençai à lui enlever, doucement, en prenant mon temps.
Elle avait des cuisses assez musclées, lisses, de fines chevilles et des pieds étonnamment menus.
Je sentis ses ongles sur mes épaules quand mon nez effleura sa toison.

« Les effluves de ton sexe sont la preuve de ton excitation... Tu sens bon... »
Tout son corps était tendu, ses mains malaxaient mes épaules, malgré elle.
Délicatement, d'une main, j'écartai ses jambes, encore entravées par sa culotte.
J'avançai doucement un doigt à la découverte de son sexe.
Je l'entendis gémir. Je ne voulais pas qu'elle explose.
Je posai mes mains sur ses hanches pendant que ma langue s'immisçait entre ses cuisses, jouant avec les poils de sa toison qu'elle avait fournie.
Je la léchai tout doucement, glissant entre ses lèvres...
Soudain, elle se crispa, poussa un cri rauque en plaquant son sexe contre ma bouche.
Elle jouit alors, ce fut presque une éjaculation tant elle coula.
Je fus surpris par la vigueur de son plaisir, ses ongles me faisaient mal, sa jouissance coula sur mon visage, sur mes lèvres.
Je goûtai la saveur de son miel.
Elle se mit à sangloter.

« Pardon... pardon... je ne savais pas que cela pouvait m'arriver... »

Je me relevai après avoir de nouveau lapé son plaisir, suscitant chez elle des frissons.
« Vous avez follement joui, ma mie, je regrette infiniment vous avoir guidé trop vite au plaisir.
Léchez mes lèvres, mon menton, découvrez la saveur de votre jouissance. »
Au creux de mes bras lovée, elle murmura : « Encore pardon... vous êtes... magicien, ou diabolique... je ne suis ni nymphomane ni hystérique... »
« Demander pardon est ridicule ! Comme si vous aviez honte d'avoir eu du plaisir, un plaisir que, d'une certaine façon, vous m'avez offert.
Regretteriez-vous de m'avoir offert le plaisir de votre plaisir ? »
Elle se serra plus étroitement encore contre moi, je sentais la vigueur de ses seins contre mon torse, malgré ma chemise.
« Je dois vous dire, je dois vous raconter ma vie passée de femme, je ne supporterais pas que vous me preniez pour une gourgandine... »
« Tais-toi ! Ta vie passée appartient au passé. Et le passé est une entrave au présent.
On se fait engloutir par le passé, on néglige le présent, et on met en péril le futur.
Tu as vécu ce que tu as vécu, c'était dans un autre monde... »
« Non, justement, je n'ai rien vécu, enfin, j'ai vécu si peu dans le domaine amoureux... »

Je me détachai un peu d'elle pour la regarder. Toujours ces yeux pleins de brillance.
« Tu sens délicieusement la femelle, je devrais te laver... sans oublier le brushing !
Mais pour l'heure, sortons de cette salle de bains où nous reviendrons... Donne-moi cette grande serviette de bains... »

Je la pris par la main, l'entraînai au salon et j'étalai soigneusement la serviette sur le canapé de cuir.
Je fis glisser ses bas sur ses cuisses, les lui ôtai, je m'enfonçai dans le canapé et lui tendis les bras.
Elle vint se nicher contre moi, je refermai mes bras sur elle, sa respiration était rapide, elle attrapa une de mes mains et la posa sur son cœur.
« Bénissons le hasard du jour, rendons grâce à Tyché et à tous les karmas connus ou inconnus ! »
Elle se mit à pleurer, tout doucement, étreignant ma main.

« Jamais vous ne pourrez comprendre ce que j'éprouve, ce qui m'arrive.
Jamais je ne pourrais vous mentir. Je ne suis pas idiote mais je ne sais pas comment vous dire... »
« C'est bien parce que vous n'êtes ni idiote ni décérébrée que vous saurez dire ce qui vous brûle de me dire.
Laissez les mots jaillir, ne les mettez pas en forme... »
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Marie Galante · il y a
je ne suis pas perdue, j'aime ce chemin fait de hasards!

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