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GIFT LIFE 3ème épisode

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III -

Soldats du feu, médecins, secouristes, prêtes-mains... une vaste fourmilière s’est mise en branle. Chacun connaît son rôle, sa place et celle de son acolyte. Pas un faux pas, pas un cri de trop dans ce ballet où agonisent les flammes terrassées par un lance-canon tandis que deux victimes sont hélitreuillées et que six ou sept blessés légers sont évacués à bord d’ambulances. Tous les autres passagers, ils n’étaient que quelques dizaines à bord de ce train-inter-cités, semblent sains et saufs.


La tension faiblit. Au rougeoiement du feu succède celui du soleil couchant. Les deux conducteurs, celui du train et celui du camion-citerne, n’assisteront plus jamais, du moins en ce monde, au spectacle avant-coureur de la nuit congédiant le jour.

............................................. Entre chiens et loups.............................................
............................................... Se referme le pistil...............................................
.............................................. Même sur les tombes.............................................


Jeannot qui, dès l’arrivée des autres sapeurs, a revêtu son habit d’intervention, discute avec le Capitaine. Tous deux paraissent soulagés. Une très jeune femme, portant le même uniforme qu’eux, leur tend une bouteille d’eau. Sous l’éclat de son casque, je capte le sourire du Géant suivi d’une bourrade sur l’épaule de sa collègue.

Bizarrement, une certaine quiétude s’installe.

............................................. Curieux, un pigeon.......................................
....................................... Tente d’inspecter les lieux....................................
........................................... Puis reprend son vol.......................................


A cet instant, le Commandant de Gendarmerie me rejoint et m’annonce « Un drame supplémentaire : le secrétaire de mairie vient de se suicider : une balle dans la tête. Il est mort sur le coup. »

J’entends ces mots et, sans aucun ressenti, laisse venir la simple et logique interrogation qui se présente à mon esprit : pourquoi ? Y a-t-il un lien avec cet accident ?

Le lendemain, un enquêteur m’apprendra que quelqu’un avait tenté, le matin du drame, d’alerter les autorités locales d’un dysfonctionnement des feux signalétiques du passage à niveau. Un post-it, sur le bureau du secrétaire de mairie, révèlera l’ignominie : « penser à téléphoner à EDF quand j’aurai mangé ». La suite on la connaît. L’oubli qui l’a précédée on ne le cernera jamais. Des mois plus tard, lorsque sera née et aura grandi mon amitié avec Jeannot, celui-ci s’exclamera avec vigueur et passion « Pourquoi maudire celui dont on n’a jamais su flairer le déséquilibre ou la désespérance ? Ne vaudrait-il pas mieux tirer profit de cet échec pour ouvrir les yeux avant qu’il ne soit trop tard ? Quel imbécile, reconnu comme un homme, n’est-il pas capable de bravoure ? Et, ce même imbécile, rejeté, n’entraînera-t-il pas les autres dans sa chute ? »

Mais, pour l’heure, revenons à ce qui se passa alors sur les lieux du sinistre.





Jeannot n’a pas oublié la façon dont il m’a remis les pieds sur terre. Tandis que j’écoute le Commandant de Gendarmerie, je le vois s’approcher avec bonhomie. Puis, comme détaché, auscultant les dernières fumées qui vacillent, se grattant la gorge il nous aborde, s’excusant presque « Pour nous, les pompiers, la tâche est presque terminée, mais vous, il va falloir affronter les journalistes, réconforter les familles des conducteurs, et, demain, répondre de ce que vous ne savez pas pendant que je serai, avec mon sécateur, dans mes vignes... Je vous plains. »






Et là, je ne sais pourquoi, nous tombons dans les bras l’un de l’autre pleurant et nous embrassant comme si nous étions de vieilles connaissances se retrouvant après s’être perdues de vues... Mais une autre réalité desserra notre étreinte.

- Z’avez pas vu Titiou ? Titiou-le-Basque, où il est ? hurle le Capitaine des pompiers.


............................................. Crier, s’écrier..................................................
........................................ Pour repousser les limites.........................................
.......................................... A ce prix, la vie...................................................



....................................................................................................................A suivre

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Fred Panassac · il y a
Une analyse fouillée des causes et des conséquences sur le terrain. Toujours paré au plus pressé. Une ambiance très bien décrite que j'ai seulement connue par personne interposée avec les tensions inhérentes à ce genre de situation. Intercaler des haïkus, je ne m'y attendais pas du tout, c'est vraiment une excellente idée pour rythmer le récit et donner une respiration au lecteur.
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JPM · il y a
Ton histoire est tellement réaliste et criante de vérité.
J'ai vécu ce genre de crises. Tu décris parfaitement l'ambiance qui y règne, avec en plus le regard intérieur de ceux qui y participent.
Derrière les uniformes se cachent des hommes et des femmes qui font ce qu'ils peuvent et certains dommages collatéraux sont terribles.
Pour d'autres c'est l'occasion de se révéler, à eux-mêmes et aux autres.
Bravo
Peu de mots au final et tant d'expressions.
Et j'aime bcp aussi ces insertions poétiques à l'intérieur du texte qui suspendent le temps, comme d'ailleurs cela se passe en pareils moments.
On est ailleurs, et ça repart !
Bravo, mille fois bravo

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Anne-marie Cecillon · il y a
Merci pour ton commentaire, plus qu'encourageant, tu as raison et c'est ce que je veux dire dans mes écris, les faits n'existent pas sans les personnes et leurs tripes mises à l'épreuve pour permettre à qui le veut -et surtout le peut- de tout relativiser pour aller à l'essentiel "la vie". Quant à ces inserions poétiques, je suis contente qu'ellles soient appréciées, comme je l'ai dit à d'autres, j'ai découvert le haibun (haïku alternant avec prose) depuis peu et j'ai l'impression que ce style me correspond tout à fait. En tout cas merci pour ta lecture, j'espère terminer rapidement l'épisode à venir afin de le mettre bientôt en ligne.
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Br'rn · il y a
Et comme dans tout feuilleton le lecteur se heurte au mur du temps, relègue ses appétits dans quelques obscure cave de son cerveau en espérant que l'auteure ne le laissera pas tomber sur le palier des péripéties à suivre...
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Anne-marie Cecillon · il y a
Le 4ème épisode est en ligne !
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Anne-marie Cecillon · il y a
non non je ne laisse pas tomber mes lecteurs, rassurez-vous et merci pour ce beau témoignage de reconnaissance de la forme "feuilleton"
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Claudie · il y a
Je t'avoue qu'avec mes lectures très ponctuelles, j'aurais préféré un titre français explicite. J'apprécie l'aération poétique de ton texte . Es-tu obligée de publier par épisodes? Voilà, puisque tu apprécies les critiques! CD( ce sont mes initiales; attention, je ne suis pas Christian Dior
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Anne-marie Cecillon · il y a
Le 4ème épisode est en ligne !
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Anne-marie Cecillon · il y a
Coucou, merci d'être venue lire. La publication en feuilleton est en effet liée à une limitation de longueur des textes même si, je pense, il me serait possible de publier chaque fois l'équivalent de deux épisodes. Ensuite il y a un choix, un essai par rapport à ce gentre de publication qui permet de tester ce qui plait ou non au lecteur et enfin le découpage n'est pas totalement hasardeux, à chaque épisode il y a un rebondissement. Pour le titre en anglais, comme je l'expliquais à un autre lecteur (peut-être au premier épisode, je ne sais plus) en fait ce n'est pas un choix mais un non choix. Je n'arrive pas à me décider pour "cadeau de vie" ou "vie en cadeau" ou "la vie est un cadeau". L'anglais m'a permis par juxtaposition des deux mots cadeau et vie de ne pas opter, du moins pour l'instant, car ce n'est, sans doute, pas le titre définitif. Quant à l'aération poétique, qui est le style du haïbun, je suis contente qu'il te plaise, j'avoue m'être laisée surprendre par cette forme, que je ne connaissais pas il y a peu de temps encore, qui me paraît la mieux adaprtée aujourd'hui à ma manière d'écrire. En tout cas merci pour ton passage sur le site.
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MissFree · il y a
ma première impression est confirmée, j'ai hate de lire la suite. J'apprécie beaucoup la présence des haikus qui viennent suspendre le temps de la narration et susciter des réflexions. le tout est très agréable à lire et l'histoire prenante. A confirmer avec les prochains épisodes mais il y a peu de chance pour que l'on soit déçu. A très bientot!
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Anne-marie Cecillon · il y a
Votre commentaire est vraiment sympa et plus qu'encourageant. Donc à bientot pour la suite
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Ghost Buster · il y a
J'attendrai les suites et la fin pour écrire un vrai commentaire. Mais déjà, je les attends avec plaisir, c'est gagné.
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Anne-marie Cecillon · il y a
Le 4ème épisode est en ligne !
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Anne-marie Cecillon · il y a
merci c'est sympa et encourageant
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Bellinus · il y a
En lisant, pas pu m'empêcher de penser à ce qui s'est passé dans le métro belge... la paix est loin d'y rayonner...

PS Les haïkus, ainsi présentés, s'améliorent quant à leur habillage. Bonne idée ! Merci. J'en ai profité pour sculpter à nouveau mes calligrammes ! Ce n'est pas l'idéal mais cette astuce de présentation est un moindre mal judicieux.

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Anne-marie Cecillon · il y a
Oui, tout en publiant gift life 3ème épisode je me disais que cela auurait pu se passer à Bruxelles et certes la paix est loin, comme vous le dites de rayonner mais pour ne pas se laisser manger par l'absurdité humaine, y a -t-il d'autres solutions que de s'attarder à la paix que nous offre si généreusement la nature malgré nos bêtises ? Le soleil couchant, un pigeon curieux...
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Developpeur · il y a
Un drame mais une paix rayonne...
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Anne-marie Cecillon · il y a
Merci, c'est ce que je veux faire ressortir, la relativité de toutes choses et la beauté de la vie envers et contre tout même leplus terrible !
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Sauvagere · il y a
Ce jeune sous-préfet n'est-il pas un peu trop nombriliste ?
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Anne-marie Cecillon · il y a
Les sentiments de nos héros sont comme ceux de la vie quotidienne, là où certains voient du nombrilisme d'autres y voient uneremise en cause de sa propre vie mais en tout cas je vais réexaminer mon personnage à lla lumière de votre éclairage
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Sauvagere · il y a
C'est vrai qu'il est bien jeune et qu'il se découvre lui-même, à l'épreuve de la réalité...
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