Fric-Frac au Bric-à-Brac

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J'ai commencé à écrire en 2003. Les dix premières années, je les ai consacrées à un seul texte, Rebelle Lion. Dix ans à retravailler un manuscrit dans tous les sens, à faire rimer chacune des ... [+]

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Ici l'Aubrac
Mardi 14 mars 1944

Abracadabrant fric-frac au Bric-à-brac d'Aumont-Aubrac

Lundi, minuit et demi : des individus s'abritent de la pluie chez Louis, brocanteur au Bric-à-brac, puis lui dérobent une authentique tocante et un broc antique. Ils ont profité de son hospitalité, du fait que le maître de maison était alité, pour commettre leur forfait. Sur cette cabriole, aux premières lueurs du jour, ces cambrioleurs de bricole filent comme l'éclair, jouent les filles de l'air. Réveillé par son molosse, le vieillard n'est pas assez véloce pour rosser les fuyards. Or, ce que les voleurs ont escamoté à son étal n'a pas que la valeur du métal, c'est aussi sentimental.
L'enquête est effectuée par un habitué de la banquette. Milicien sans malice, ex-indic malhabile, le flic a pour le mobile une idée fixe : « Le fric [sic]. » L'ancien a d'entrée haï ce policier ayant trahi les siens, aussi ne se fie-t-il pas à l'officier. Bien que grippé, le fripier a des tripes et, utopiste, une piste : ça empeste. Dans la baraque, les branques ont croisé Mabrouk, le braque du Bric-à-brac. Si l'on y suffoque, c'est que d'effroi, les trois affreux ont déféqué dans leur froc.
Laissant là vichyste et voisins, voici que le zinzin et son chien, réfléchissant à un guet-apens, pourchassent les chenapans grâce aux traces de chiasse. Ils font la paire : le cerbère a du flair, le père Louis de l'ouïe, alors oui, on se dit que l'affaire est pliée, qu'ils vont repérer les bandits. Quand il revient, Gros-Jean comme devant, il siffle dans le vent, six narcisses au fusil, comme saisi d'aphasie. Confusément, il renvoie le chien à la niche, se fiche désormais des objets volés – « J'en ai plein, té, des milliers... » –, et sur ce, Louis retire sa plainte et retourne au lit.
A-t-il menti ? A-t-il vraiment été floué par ces filous ? Floue, l'histoire de ce fou notoire.

Dans la nasse d'Antrenas

Ce mardi matin, d'hardis mutins ont fait dérailler un train, munis d'un attirail restreint : un pot plein d'essence et un minuteur. Chapeau ! Insensés de ténacité, ces francs-tireurs ont ensuite tenté de hisser le drapeau français sur un entrepôt d'Antrenas. Hélas, alertée par un collabo, la Gestapo et ses cabots étaient là pour leur faire la peau. Après un âpre combat, le trio tomba avec brio.
D'autres consorts, en nombre, sortiront de l'ombre...

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