Feuille blanche et vieux livre

il y a
10 min
5
lectures
2

Précédemment, chercheur en cancérologie. Actuellement, professeur des écoles. Prochainement, auteur/illustrateu  [+]

Quelque part entre ici et ailleurs, à un moment donné entre maintenant et y’a longtemps...
« Oh ! Mais où suis-je ? Qui suis-je ? demande une voix.
- Tu es une feuille, répond une seconde voix.
- Une feuille ? Et je vais tomber en automne alors ? Devenir toute marron, toute sèche... ? s’interroge la première voix.
- Mais non ! Pas du tout. Tu es une feuille de papier, répond la seconde voix.
- Et vous ? Qui êtes vous ?
- Je suis Vieux livre.
- Pourquoi ne suis-je pas un livre aussi ?
- Ecoute Feuille blanche. Tu n’es pas encore un livre parce que tu viens de naître. Pour l’instant, tu n’es donc qu’une feuille blanche. Il va te falloir trouver la forêt des crayons pour commencer à écrire ton histoire ; puis tu devras rejoindre la forêt des couvertures pour protéger tes feuilles des taches, du vent, de la pluie et du feu ; enfin, il te faudra atteindre la forêt des feuilles pour compléter ton livre et ton histoire.
- Tout ça m’a l’air beaucoup trop compliqué... Pourquoi ne puis-je pas rester moi-même ? Pourquoi dois-je faire tout ça ? demande Feuille blanche.
- Tu dois accomplir toutes ces choses pour, plus tard, devenir comme moi ! dit fièrement Vieux livre en bombant sa couverture et en secouant ses feuilles.
- Vous voulez dire pour devenir une vieille histoire poussiéreuse que personne ne veut plus lire, que personne n’ose plus feuilleter de peur qu’elle tombe en miettes ? lâche Feuille blanche.
- Petit impertinent ! s’indigne Vieux livre.
- Pourquoi devenir un livre alors que je peux voler ?
- T’aurais pu être une feuille d’arbre qui ne vit que quelques mois ! dit Vieux livre en levant la tête au ciel pour suivre les figures acrobatiques de l’avion. Je suis bien bête de répondre à tes questions.
- Pourquoi devenir un livre alors que je peux naviguer ?
- T’aurais pu être une feuille d’un mille feuilles qui se fait croquer, dévorer et digérer ! Je crois que je perds mon temps à te parler...
- Pourquoi devenir un livre alors que je peux sauter ?
- T’aurais pu être une feuille de papier toilette qui se fait...
- Qui se fait quoi ? demande Feuille blanche.
- Crois moi, tu ne préfères pas savoir...
- Pourquoi devenir un livre alors que je peux jouer ? Tu dis combien ?
- Je dis que tu me fatigues ! Ça suffit maintenant ! Moi je peux te piétiner si je veux ! Je peux te plier en deux, en quatre, en huit... te mettre en boule et te shooter dedans, compris ? Je peux te déchirer, te couper et te brûler après si j’en ai envie ! Alors on se calme ! hurle Vieux livre.
- Tu dis combien ? répète Feuille blanche tout penaud.
- Je dis que je devrais passer mon chemin et te laisser te débrouiller dans ce monde puisque tu es si malin... grogne Vieux livre.
- Pardon Monsieur... dit Feuille blanche. Je ne voulais pas vous blesser.
- Appelle moi Vieux livre et oublions cela.
- Merci ! Et où suis-je exactement s’il vous plaît ? demande Feuille blanche qui essaie de ne plus bouger.
- Tu es dans le monde des livres, lâche Vieux livre qui commence à se calmer.
- Ah oui ! Et c’est pour cela que je dois devenir un livre, c’est vrai. Quelle est la première étape, déjà ? s’interroge Feuille blanche.
- Trouver la forêt des crayons pour que tu puisses commencer à écrire ton histoire avant d’oublier.
- Super ! Allons-y !
- Le problème est que ça fait bien longtemps que je n’y suis plus allé... Je ne sais plus vers où on doit partir... dit Vieux livre en se grattant la tête.
- Pas de problème ! Je peux aussi me transformer en longue vue ! s’enthousiasme Feuille blanche qui va pouvoir de nouveau bouger.
- Ah ! Bonne idée ! Alors, voyons voir... dit Vieux livre en regardant alentour grâce à la longue vue. Là-bas ! crie-t-il triomphant. C’est là-bas ! J’ai trouvé !
- Alors en route, conclut Feuille blanche en reprenant sa forme initiale. Et qu’y a-t-il dans votre histoire au fait ? Et ne me racontez pas d’histoires !
- Pas grand-chose de très excitant tu sais.
- C'est-à-dire ? insiste Feuille blanche.
- Je raconte un peu la même histoire que tout le monde : une enfance heureuse, des chagrins d’amour, mais aussi une grande histoire d’amour, des passages à vide, mais également des petits moments de bonheur, des déceptions, et de grandes réussites, des mauvaises rencontres, mais aussi de bonnes surprises... La vie quoi !
- J’ai hâte de commencer la mienne ! s’enthousiasme Feuille blanche. Pour l’instant, je ne suis qu’une feuille vierge, qu’une page blanche, fade et insipide...
- Ne sois pas triste ! On arrive bientôt, le rassure Vieux livre.
- Vous ne pouvez pas aller plus vite ? Je trépigne d’impatience, moi !
- Pardon d’être âgé, jeune fougueux ! Tu n’as qu’à faire d’autres trucs pour passer le temps et penser à autre chose.
- Comme quoi ?
- Je ne sais pas ! Des trucs comme tout à l’heure.
- Ah ! Regardez ! Je fais un poisson !
- On dirait un thon, constate Vieux livre.
- Je suis un feuilleton ! s’exclame Feuille blanche, fier de son jeu de mots.
- Très drôle, dit Vieux livre en souriant. Nous y sommes presque. C’est juste après ce virage.
- Je suis pressé de commencer à écrire et en même temps ça me stresse !
- C’est normal ; c’est l’angoisse de la page blanche, explique Vieux livre. Ah ! Nous y voilà !
- Ah oui ! Y’a quand même beaucoup de choix, constate Feuille blanche en voyant les nombreux arbres, dont les nombreuses branches sont décorées de nombreux crayons.
- Je te conseille de ne pas prendre de feutre !
- Pourquoi ? demande Feuille blanche.
- Premièrement, tu n’es pas une feuille à dessin. Deuxièmement, l’encre du feutre pourrait te transpercer. Et troisièmement, un feutre, ça sèche et très vite ça n’écrit plus.
- Que dois-je prendre alors ? s’inquiète Feuille blanche.
- Ne prends pas de crayon gris avec gomme ! Surtout pas !
- Pourquoi cela ?
- Je ne veux pas que tu effaces les erreurs que tu feras.
- Pourquoi cela ?
- Parce que c’est comme ça qu’on progresse, qu’on avance, qu’on devient meilleur.
- J’ai compris.
- Les crayons gris avec gomme sont pour les garçons sans histoires !
- Mais que dois-je prendre alors ? s’enquiert toujours Feuille blanche.
- Autre chose ! Allez grimpe à présent ! Il est grand temps que tu commences à écrire ! Fais le bon choix ! Dépêche toi ! N’hésite pas à tout regarder ! C’est très bien ! Continue comme ça ! encourage Vieux livre qui ne le quitte pas des yeux comme si c’était son propre fils.
- Voilà ! ça y est ! s’écrie triomphalement Feuille blanche qui brandit son stylo au-dessus de la tête.
- Montre le moi. Un stylo « Mont Blanc » ! Très bon choix Feuille blanche ! Tu m’impressionnes !
- Merci ! Je suis allé le chercher tout en haut celui là ! Au sommet de l’arbre !
- J’ai vu. Félicitations ! Tu peux te mettre à écrire alors, et sans perdre une seconde !
- J’ai une question à vous poser avant.
- Bien sûr, vas-y.
- Vous m’appèlerez encore Feuille blanche quand j’aurais commencé à écrire mon histoire ?
- Bien sûr ! Est-ce que les parents changent le prénom de leur enfant régulièrement ?
- Non... C’est vrai, constate Feuille blanche.
- Ils n’appellent pas leurs enfants Couche puante, puis Diable remuant, puis Ecolier fainéant, puis adolescent transparent...
- Oui, c’est vrai ! répond Feuille blanche. Mais je ne suis pas votre enfant...
- Tu as raison... Mais comme je te montre comment faire tes premiers pas dans ta vie de livre, on peut considérer que je suis ton papa d’adoption, qu’en penses-tu ?
- Ça me va ! D’accord, acquiesce Feuille blanche qui commençait déjà à écrire !
- Pas si vite ! Il faut qu’on puisse te relire quand même !
- J’écris vite pour ne pas oublier. J’écris tout ce qui m’est arrivé depuis que je vous connais, explique Feuille blanche.
- Très bien. Essaie d’écrire en marchant. On doit vite sortir de la forêt aux crayons pour rejoindre celle des couvertures. »

Mais au bout de quelques secondes...
« Il pleut ! crie soudainement Vieux livre. Demi-tour ! Retournons vite à la forêt ! ». Malheureusement, Feuille blanche n’a que le temps de dire « OK » avant que la pluie ne l’inonde ; avant que la pluie n’efface presque toute son histoire ; avant qu’elle ne le déchiquette sous les yeux humides de Vieux livre. Mais ce dernier ne renonce pas. Il en a vu d’autres ! Il ramasse tous les bouts de papier qu’il peut et va s’abriter dans la forêt. Là-bas, il forme une boule de papier mouillé. Puis, il écrase cette boule de tout son poids pour l’aplatir, en retirer un maximum d’eau et lui redonner l’aspect d’une feuille. Enfin, il la sèche en feuilletant ses pages au risque de les abîmer encore plus. Soudain, Feuille blanche se réveille.
« Oh ! Mais où suis-je ? Qui suis-je ?
- Tu es une feuille... Une feuille de papier recyclé !
- Merci Vieux livre ! Comme dit le proverbe : une feuille aplatie en vaut deux ! C’est ça ?
- Pas tout à fait non...
- Où suis-je ? redemande Feuille blanche qui apparemment n’a pas totalement retrouvé la mémoire.
- Nous sommes dans la forêt des crayons. Et comme il s’est arrêté de pleuvoir, nous allons pouvoir continuer notre route vers la forêt des couvertures. Il t’en faut une au plus vite pour éviter que tu prennes l’eau une nouvelle fois, et que je doive te recycler une nouvelle fois, explique Vieux livre.
- Alors, allons-y ! s’exclame Feuille blanche.
- J’ai pu constater que tu n’avais pas perdu toute ta mémoire.
- Non. Je me souviens de quelques trucs mais c’est un peu flou, un peu confus.
- Je vois.
- J’ai pris la pluie pendant longtemps ? s’enquiert Feuille blanche.
- Non mais c’était une pluie d’orage, une pluie très forte. Fais attention où tu marches d’ailleurs. Il y a d’énormes flaques d’eau au sol.
- OK, merci.
- Quelle chaleur d’un seul coup... se plaint Vieux livre.
- Quoi ? demande Feuille blanche.
- Je dis : quelle chaleur ! répète Vieux livre plus fort.
- Oui, c’est vrai, répond Feuille blanche.
- C’est moi qui suis vieux mais c’est toi qui es dur de la feuille, dit Vieux livre.
- Quoi ?
- Je dis : tu es sourd ! crie Vieux livre. Et j’ai chaud !
- Je peux me transformer en chapeau si vous voulez, propose Feuille blanche.
- Très bonne idée ! C’est gentil, merci.
- Est-ce que ça va mieux ? s’enquiert Feuille blanche après s’être posé sur la tête de Vieux livre.
- C’est mieux mais j’ai encore chaud, continue à se plaindre Vieux livre.
- Et comme ceci ? C’est mieux ? demande Feuille blanche qui s’est transformé en éventail et qui envoie de l’air frais sur Vieux livre.
- Ah oui ! C’est parfait ! Merci beaucoup !
- C’est la moindre des choses à faire pour vous remercier de m’avoir sauvé la vie. »

Soudain, Feuille blanche s’immobilise.
« Ne t’arrête pas, lui dit Vieux livre en le dépassant. Tu risques de te faire grignoter par un ver de terre ou une chenille ! Ils adorent les jeunes feuilles bien tendres comme toi.
- Je n’y suis pour rien, regardez ! C’est cette belle plante qui me fait un câlin.
- C’est du cerfeuil ! s’écrie Vieux livre. Ne reste pas là !
- Je ne peux plus bouger ! Cette plante me sert trop ! » crie Feuille blanche, paniqué.
A ce moment, Vieux livre se laisse tomber de tout son poids sur le cerfeuil qui lâche prise.
« Merci Vieux livre ! Merci beaucoup ! Vous m’avez encore sauvé la vie ! Merci, merci !
- Ça va, ça va... On ne va pas en faire toute une histoire, continuons. Reste derrière moi, marche dans mes pas et tout ira bien. La forêt est juste là. Avec ta couverture, tu seras protégé.
- Encore merci ! »

A l’entrée de la forêt aux couvertures, Vieux livre donne ses derniers conseils.
« Ne prends pas les premières couvertures, les toutes fines qui sont là et qu’on peut prendre sans efforts juste en levant le bras, conseille Vieux livre.
- Ah bon ? Pourquoi ? demande Feuille blanche.
- Tu ne veux pas devenir un cahier de brouillon, sans histoire, sans avenir, sans ambition, si ? Un cahier qu’on déchire, qu’on néglige, qu’on oublie, si ?
- Non, non... Bien sûr que non... Mais comment saviez-vous que j’allais prendre ça ?
- Je lis en toi comme dans un livre ouvert mon p’tit. Au plus tu monteras haut dans les arbres, au plus ta vie sera exceptionnelle.
- C’est compris ! lance Feuille blanche qui commence déjà à grimper. Celle-ci est belle ! Il est écrit « tartes » dessus !
- Tartes ? C’est dans ta tête que je vais mettre une tarte ! C’est une couverture de livre de recettes de cuisine ! explique Vieux livre. Tu ne veux quand même pas passer ta vie à écouter parler des tartes ? Et moi j’ai des poireaux fondants ; et moi j’ai des lardons bien chauds ; et moi ceci ; et moi cela...
- Non...
- J’ai eu une histoire d’amour une fois, avec un livre de recettes de salades... raconte Vieux livre. Non, c’était l’encyclopédie de la salade !
- Et... ? s’enquiert Feuille blanche qui continue à chercher une couverture dans les arbres.
- Elle passait son temps à me raconter des salades, des mensonges, des carabistouilles... Elle était frisée je crois... Bref, impossible de lui faire confiance. Elle s’appelait Carole je crois... Bref, depuis cette histoire, je ne peux plus manger de salade. Même pas de salade niçoise. Ah la salade niçoise... elle était pourtant si gourmande, si fraîche... Bref ! Essaie de choisir une couverture ni trop fine, ni trop épaisse ; une couverture étanche si possible... Tu m’entends ? Où es-tu ? Je ne te vois plus !
- Juste derrière vous ! s’exclame Feuille blanche qui, du coup, fait sursauter Vieux livre. J’en ai pris une qui brille !
- Une couverture dorée à la feuille d’or ! s’extasie Vieux livre.
- A la feuille d’or ? s’étonne Feuille blanche. Je vais devoir écrire des histoires à dormir debout ?
- Non ! Des histoires formidables, extraordinaires, magnifiques ! Félicitations ! s’enthousiasme Vieux livre. Et pour écrire des histoires inoubliables, il te faut des feuilles. Alors, en route pour la forêt des feuilles !
- C’est reparti ! » s’exclame Feuille blanche en enfilant fièrement sa couverture.

Sur le chemin, Feuille blanche s’exclame brusquement :
« Oh ! Regardez cette feuille là-bas comme elle est bien roulée !
- C’est une feuille de menu d’un restaurant, explique Vieux livre.
- Elle est très appétissante... Là-bas aussi ! Regardez ! Encore une feuille super bien roulée !
- C’est une carte au trésor, explique Vieux livre.
- Un vrai bijou... Et là aussi ! Encore une feuille méga bien roulée ! Y’en a tout un rouleau, regardez !
- C’est une feuille d’aluminium. Elle emballe les aliments, explique Vieux livre.
- Bonne idée ! Je vais l’emballer ! s’enthousiasme Feuille blanche.
- Mais il va se calmer le p’tit ! Ça suffit maintenant ! Tu ne crois pas que tu es un peu jeune pour une histoire d’amour, non ?
- Comme dit le proverbe : l’amour n’attend pas le nombre des années, c’est ça ? se justifie Feuille blanche.
- Pas tout à fait, non...
- Mais c’est quoi ça, Vieux livre ?
- Ce sont des habitations. Nous sommes dans le quartier des étagères, explique Vieux livre.
- Et où est votre habitation ? Dans quel quartier ?
- Je n’habite nulle part et partout à la fois.
- Comment ça ? demande Feuille blanche.
- Je n’ai pas d’appartement ou de maison. Je ne suis pas fait pour la routine boulot-dodo. Je préfère me laisser porter où le vent m’emporte. Je préfère voyager à droite, à gauche. Je préfère vagabonder par ci, par là. C’est comme ça qu’on vit des tas de choses différentes, passionnantes et enrichissantes. C’est comme ça qu’on remplit ses pages de belles aventures !
- Et que font-ils comme travail ces livres qui vivent dans le quartier des étagères ?
- Ils vont à la médiathèque ou à la bibliothèque pour se faire feuilleter, lire ou emprunter, explique Vieux livre.
- Ah oui, je comprends que ça ne vous passionne pas...
- Les meilleurs livres, les plus aimés et les plus chanceux vont en librairie pour être vendus dans le monde entier !
- Ah oui, ça, ça a l’air bien ! s’exclame Feuille blanche.
- Oui... Cette vie m’aurait bien plu... se lamente Vieux livre. Mais bon, ce n’est pas donné à tout le monde. Il faut avoir des choses intéressantes à dire ! Bon, pensons à autre chose, nous arrivons !
- Oui ! Comme dit le proverbe : revenons à nos croûtons ! C’est ça ?
- Pas tout à fait, non... Nous y voilà ! Voici la forêt des feuilles.
- Elle est magnifique ! s’extasie Feuille blanche.
- Voilà où tu dois venir quand tu n’as plus de feuilles ; quand tu dois grandir ; quand il te faut mûrir... Les arbres à feuilles s’effeuillent. Plus leur feuillage diminue, plus ton âge augmente, Feuille blanche !
- Oh ! Regardez ! Des feuilles qui piquent !
- Ce sont des épines de sapin, explique Vieux livre.
- Ah oui, c’est vrai... Ça sent le sapin ! constate Feuille blanche. C’est pour écrire des chants de Noël ?
- Non, non. Mais choisis bien tes feuilles car les roses sont pour les histoires d’amour ; les feuilles volantes sont pour les histoires de sorcières ; les feuilles épaisses pour les histoires tristes...
- J’ai compris !
- Voilà Feuille blanche... Je n’ai plus rien à t’apprendre à présent...
- Vous aussi, vous allez pouvoir rajouter une feuille, regardez ! Vous n’avez plus de place pour écrire !
- Non, ce n’est plus possible...
- Comment ça ? demande Feuille blanche.
- Je n’ai plus de place pour en rajouter. Ma couverture ne peut plus s’étirer. Elle est trop vieille, trop sèche... explique Vieux livre.
- Qu’est-ce que ça veut dire ? demande Feuille blanche qui ne veut pas comprendre.
- Ça veut dire que tu vas devoir continuer seul, Feuille blanche ; que c’est la fin de mon histoire... Mais le début de la tienne ! Je suis honoré de t’avoir rencontré... Merci à toi... »
Avant que Feuille blanche n’ait le temps de répondre, Vieux livre s’allonge et s’immobilise...
2
2

Un petit mot pour l'auteur ? 3 commentaires

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,
Image de M. Iraje
M. Iraje · il y a
Une belle rencontre. J'en ai perdu mes mots ...
Image de Françoise Desvigne
Françoise Desvigne · il y a
Très belle histoire ! J'ai adoré Serafin ! Belle imagination!
Image de Serafin Pinte
Serafin Pinte · il y a
Merci infiniment ! Ravi que ce voyage vous ait plu !