Enseignants en ligne, libérez-vous !

il y a
10 min
12
lectures
0

La science et la technique ont accompagné toute ma vie. Mais comment s’en évader parfois si ce n’est par l’écriture ? Raconter pour faire rêver, réfléchir, partager, laisser une petite  [+]

Un numérique soutenable, comme une économie de même nom, serait un numérique respectueux de la planète et orienté exclusivement au service de l'homme.
Selon Michel Serres le philosophe des sciences, une « crise » qui dure depuis de longues années n'est pas une crise au sens propre du terme, mais plutôt : « l'époque charnière d'un changement de civilisation ». Nous sommes donc tous plus ou moins désemparés.
En effet, vivre dans une époque « charnière » n'est assurément pas de tout repos ! Même nos plus brillants économistes confondent le besoin de progrès et l'impératif, sans cesse invoqué comme une incantation, de «croissance».
Et pourtant il y a bien une différence !

- Le "progrès" est souhaitable et n'a pas de limite finie envisageable.
- La "croissance", au contraire est une sorte de religion qu’on invoque en permanence comme lors des antiques processions appelant la pluie. Mais tout le monde commence à prendre conscience qu'elle n'est pas source de bonheur. Au contraire elle tente simplement d'élever la prédation au rang de science.

Le numérique obéit lui aussi à cette extraordinaire confusion qui nous livre pieds et poings liés à une société consumériste, dans une attitude de consommateur béat et captif. Esclave émerveillé et consentant devant les soi-disant « services » proposés par les GAFAMs. Forme moderne d’asservissement.
Dans le domaine des "nouvelles technologies" comme dans d'autres, les fabricants prétendent qu'ils répondent à la demande des consommateurs. On a plutôt l'impression qu'à coup d'obsolescence programmée et de spots publicitaires, la machine économique et ses thuriféraires nous incite à dévorer au plus vite ses productions. Souvent futiles ou inutiles...
Les exemples sont légion. Et les consommateurs captifs, des milliards !
Saint Exupéry disait que : « la perfection est atteinte, non pas quand on n’a plus rien à ajouter, mais quand on n’a plus rien à enlever ».
Voilà une affirmation qui plairait beaucoup à Pierre Rabhi et à sa « sobriété heureuse », libératrice par essence. Mais sans doute pas aux entreprises du CAC 40 !

En économie en général, comme dans l'économie numérique en particulier, tout en définitive revient à une reprise du pouvoir:
- Reprise du contrôle de nos choix de vie et de nos achats, en privilégiant l'utile au futile.
- Reprise de notre liberté d'expression régulièrement mise à mal par de nouvelles lois et la mainmise financière de quelques milliardaires sur la presse.
- Reprise du contrôle de nos données. Car, depuis les révélations d'Edward Snowden ou de Julian Assange, personne ne peut plus prétendre ignorer le « coté obscur de la force »... d'internet. Big data est devenu Big brother !
- Reprise du pouvoir politique. Ceux qui sont censés nous représenter ne soutiennent pas toujours nos intérêts mais ceux d'obscurs lobbies. Par exemple l'Eurogroup qui a dicté ses conditions à la Grèce a toutes les allures d'une société secrète sans aucune base démocratique.

Il n'y a pas d'économie numérique soutenable et libre, sans logiciels, OS et internet libres.
Le numérique, associé à la généralisation des accès internet et aux logiciels libres est une extraordinaire arme d'émancipation massive, pour peu que les citoyens décident de se l'approprier et non de laisser les grands groupes internationaux nous imposer leurs choix.
Est-ce vraiment impossible ?
En Espagne on nous répond : « Podemos ! » (nous pouvons)

UNE "CRISE" QUI DURE...

Lors de la fameuse conférence de Michel Serres, cité plus haut, sur les nouvelles technologies à l'occasion du 40ème anniversaire de l'INRIA en 2007, le philosophe des sciences s'est appliqué à démontrer qu'à chaque fois que le savoir a changé de support, on a changé de civilisation. Des tablettes d'argile des sumériens, en passant par les papyrus égyptiens, puis les moines copistes du moyen âge, enfin l'imprimerie avec ses conséquences au siècle des lumières (La science et la raison... quel programme encore actuel !), et aujourd'hui les bases de données numériques reliées par internet.
La crise que nous vivons actuellement ne répond pas à la définition d'une crise. Une crise qui dure n'en est pas une. Nous sommes plutôt à la charnière d'un monde ancien qui disparaît et d'un monde nouveau qui s'ouvre devant nous.
Une civilisation - celle du savoir imprimé - fait place à celle du savoir distribué informatiquement et accessible partout, et par tous, sur internet.

Les conséquences sont multiples y compris bien entendu sur la transmission de nos savoirs.
Face à ces changements de paradigme, comme on dit aujourd'hui, les institutions éducatives et les formateurs sont contraints de « revoir leurs copies » sous peine de devenir une nouvelle espèce en voie de disparition. Distancés technologiquement et ignorés par ceux-là même qu'ils sont censés former.
De même, l'intégration de ces nouvelles technologies et de ces nouvelles pratiques dans notre quotidien ne se fait pas naturellement, tant la rapidité du changement est galopante.
Les fausses bonnes idées et les fausses bonnes solutions se bousculent et s'affrontent et il est bien difficile pour un pédagogue, souvent formé dans le monde ancien de faire un choix judicieux.
Faut-il d'ailleurs vraiment choisir, ou plutôt fusionner (blended learning), réinventer, inverser (classe inversée), adapter... ?
Ce chapitre n'a pas la prétention de répondre à ces questions quasi-existentielles du domaine de la formation. Nos nouveaux « ingénieurs pédagogiques » sont formés pour cela.
Reste tout de même à savoir, comme me l'a fait remarquer judicieusement un vieux routard de l'éducation, comment « de jeunes théoriciens qui n'ont jamais été devant une classe (ou si peu...) peuvent sérieusement expliquer à des enseignants qui ont parfois trente années de carrière comment ils doivent procéder ?».
A cela on peut répondre que leur rôle peut s'apparenter à celui des stagiaires dans certaines entreprises. Un œil neuf permet souvent aux anciens de se poser des questions et de remettre en cause des pratiques établies.

REDEVENIR MAîTRE DE SES CHOIX ?

Le très atypique ancien président de l'Uruguay, José Mujica, qui avait passé de nombreuses années de sa vie en prison sous les dictatures, et qui prétendait en souriant « que n'ayant pas eu droit à la lecture pendant sept ans, il avait donc eu beaucoup de temps pour réfléchir » disait que lorsqu'on achète des biens matériels, ce n'est pas avec de l'argent mais avec du temps perdu à travailler pour acquérir cet argent.
Dans la même veine, une chanson ironise en disant  : « Je travaille pour acheter une voiture pour me rendre à mon travail. »
Dernièrement, mon fils aîné m'a fait la remarque suivante : « Se sentir bien intégré dans un système malade, n’est-ce pas faire preuve d’aliénation mentale ». Opinion excessive ? A voir...
Combien de fois ai-je entendu cette remarque : « Je ferais bien cela mais je ne peux pas ». Des crédits à rembourser, des attaches trop rigides, un travail obligatoire...
La publicité nous convainc que nous « devons » posséder tel ou tel objet. Et les commerciaux, qui sont aussi de fins psychologues, sont bien formés pour nous en persuader.
Si nos voisins ont une piscine pourquoi pas nous ?
Mais à la réflexion, on a besoin de très peu de choses pour vivre heureux :
- Être à l'abri des intempéries.
- Ne pas souffrir du froid et de la faim...
- Accéder au savoir.
- Donner et recevoir de l'amour.
Quelle joie de vivre nous avons rencontrée lors d'un séjour, dans une petite demeure presque sans aucun confort de l'ouest algérien, chez une famille démunie de tout !

Finalement, le début de la libération c'est de savoir dire non.
Jamais les conformistes n'ont changé quoi que ce soit. Ils se contentent d'appliquer sérieusement les recettes qu'on leur a transmises. Ce sont les non-conformistes, les lanceurs d'alertes, les révolutionnaires, les hétérodoxes qui ont fait bouger les choses et changé le monde.
Pas facile ?
En effet, celui qui « bave des ronds de chapeau » devant les voitures de luxe n’est pas encore mentalement prêt à suivre ce chemin.

Dans le domaine de l'économie numérique, et plus particulièrement celui de l'intégration des outils nouveaux dans un continent comme l'Afrique, il est difficile de ne pas céder au chant des sirènes.
Le monde occidental, connu seulement au travers des émissions de télévision devient, pour les populations de ce continent, un idéal à atteindre. Un miroir aux alouettes tout au plus...
Il est facile alors pour des sociétés occidentales peu scrupuleuses (pléonasme?) de placer leur marchandise.
A Ouagadougou, par exemple, on m'a signalé le cas d'une société qui désirait placer des tableaux blancs interactifs dans des classes de brousse où parfois même l'électricité faisait défaut !
Je me souviens du discours exceptionnel d'un jeune recteur sénégalais qui exhortait les enseignants d'utiliser ces nouvelles technologies pour mettre en place, surtout pas des formations « clés en main » achetées ici ou là, mais des formations s'appuyant sur leurs propres besoins et leur propre culture.
Même au pays de Sankara, ce discours n'avait pourtant pas été perçu à la hauteur de ce qu'il signifiait réellement. Mon ami Abdullah n'est donc pas encore prophète sur son continent...
Que de chemin encore à parcourir sur ce sujet... !

LE POUVOIR DE DIRE...

- On commence par le « politiquement correct ».
- On continue avec la « pensée unique ».
- On terminera peut-être avec la dictature ?

Dans toutes les sociétés, sous tous les régimes, le pouvoir de s'exprimer, même s'il est reconnu par la charte des Nations Unies, ne va pas forcément de soi. Mais les bons « modèles » sont rares.
Parfois dans certains pays la presse dispose d'une liberté presque illimitée, alors que parallèlement la surveillance des citoyens peut être très poussée, comme aux Etats-Unis. En Chine ils n’ont ni l’un ni l’autre.
Dans d'autres pays comme en France, cette presse n'est pas détenue par des patrons de presse mais par des sociétés, des banques... (qui font ainsi de la défiscalisation ou de la publicité gratuite, quand ils ne contrôlent pas tout simplement l’information pour leur propre profit). La ligne éditoriale et l'auto-censure des journalistes sert (ou essaie de ne pas desservir) les intérêts des dites sociétés. D’où l’intérêt de la presse alternative détenue uniquement pas ses abonnés (Médiapart, Le Média...)
Dans d'autres pays, qui sont pourtant signataires de cette charte des Nations Unies, rien de ce qu'elle permet n'est véritablement possible. Y compris la liberté religieuse ou l'égalité des droits entre hommes et femmes.

La démocratie est donc encore un fait très minoritaire dans le monde.
Et bien des pays dits « démocratiques » pensent que la démocratie n'est une vertu que quand elle sert leurs propres intérêts.
En effet, si des peuples ont décidé démocratiquement de suivre une voie qui n'est pas à votre avantage, alors on leur préférera une « bonne dictature ». L'indignation démocratique est parfois aussi à géométrie variable !
Internet, grâce à son pouvoir planétaire, devrait unifier tout cela. Théoriquement...
En réalité les atteintes à la liberté d'expression sont en constante progression dans le monde.
Particulièrement ces dernières années, sous prétexte de lutte contre le terrorisme (bien pratique pour cataloguer puis museler ses oppositions), de nombreux états ont durci leur législation et mis en place des dispositifs de surveillance des citoyens.
Des journalistes, des lanceurs d'alerte, une presse en ligne « que seuls leur lecteurs peuvent acheter » nous avertissent depuis de nombreuses années sur cet étau qui se resserre. Dans le domaine de la liberté sur le net, La Quadrature du Net (nos anges gardiens) nous alerte depuis longtemps sur ces dangers que chacun feint d'ignorer.
L'économie numérique est sous contrôle de grands groupes eux-mêmes sous surveillance étroite de certains états.
Des algorithmes implantés dans des boites noires sont placés chez les hébergeurs pour traquer les contenus subversifs.

Face à cela il est nécessaire :
- D'activer la prise de conscience de tous les citoyens sur ces problèmes vitaux.
- De mettre en place des dispositifs protégeant notre vie privée (navigateurs, outils de recherche...). La Quadrature du Net et les hackers peuvent nous y aider.
- D'utiliser plutôt des logiciels libres. Il n'y a pas d'internet libre sans logiciels libres.
- D'agir politiquement pour préserver notre chère liberté d'expression.
Ces concepts doivent nous guider dans toutes nos démarches, quand nous mettons en place un dispositif de formation.
Et il y a fort à faire... la tâche est immense.

RELOCALISONS NOS DONNÉES !

Une coupure générale d'électricité d'une petite semaine peut nous amener rapidement à la panique générale, voir à la guerre civile. Plus d'eau, de téléphone, de chauffage,...
N'essayez même pas de faire des provisions. Les produits périssables seront détruits en moins de deux journées et les caisses enregistreuses ou les pompes à essence ne fonctionneront plus...
Dans le domaine agricole on commence à sentir aussi l'ardente nécessité d'assurer des productions locales pour nourrir les populations, essentiellement urbaines et éviter le gaspillage énergétique lié aux transports, renouer les contacts. Que sais-je encore... ?
Dans l'économie numérique, mondialisée elle aussi, et surveillée comme nous venons de le voir précédemment, il peut être non seulement utile mais vital de conserver la maîtrise de ses données.
Ceci n’exclut pas de les dupliquer pour les partager avec le reste du monde.
D'ailleurs, sur des continents défavorisés, les solutions locales sont un moyen de pallier à l'insuffisance des moyens de communication. Même wikipédia en local existe : Un gros fichier à télécharger et un lecteur Kiwix.

Pendant quelques années, j'ai été séduit par les « services » en ligne, souvent gratuits, qui nous étaient proposés pour générer des produits pédagogiques.
Tant que les ressources produites sont récupérables et intégrables en local pourquoi pas ?
Mais on sait aujourd'hui que ces liens permanents vers des ressources hébergées partout à travers le monde ne seront utiles que tant que leur créateur pourra assurer le service, (sans parler de la captation et à la revente de vos données personnelles) et que par ailleurs elles sont soumises à d'autres législations et surveillées par d'autres espions étatiques. Nouvelle forme d’asservissement.
Cette intégration de ressources distantes conduit aussi à des paradoxes tels qu'une vidéo conçue par des enseignants de Toulouse sera déposée sur un serveur aux États-Unis, pour être en finale visualisée par des étudiants toulousains. C’est le cas de Youtube, Vimeo.... Monopolisant au passage les ressources des satellites ou des câbles de liaison transatlantique ou... de Mongolie, selon la fantaisie des serveurs en réseau.
Une économie numérique gourmande, car s'appuyant de façon irraisonnée sur l'utilisation des infrastructures, n'est pas une économie numérique durable.
Ces services souvent gratuits sont également sujet à caution, car comme l'a dit fort justement Ari Melber journaliste et spécialiste des réseaux sociaux (hebdomadaire américain « The Nation ».. Février 2012 ) : « Si c’est gratuit... c’est que vous êtes le produit ». Nous voilà donc avertis !
Nous sommes les captifs consentants de ces services distants.
Et depuis Edward Snowden (qui mériterait bien plus une distinction qu'une sanction) on sait à présent qu'on est espionnés. Pour notre bien évidemment... cela va sans dire...

CONCLUSION

Ces quelques pages constituent beaucoup plus un plaidoyer qu'une démonstration technique.
Une forme de testament d'un enseignant ayant commencé sa carrière en 1968, l'année de la « révolution » dans un IUT à Libreville au Gabon, et qui l'a officiellement terminée en 2006 dans les marches de l'Est de la France, au sein de l'Université de Franche-Comté.
Je n'ai pas vu le temps passer...
Il paraît qu'un enseignant passionné est souvent passionnant. J'ai été passionné. J'espère avoir été... disons intéressant. Restons modeste.

À plus de 70 ans, je poursuis encore mon sacerdoce (ou mon service social?) en tant qu'auto-entrepreneur sur un créneau, une « niche » comme on dit aujourd'hui.
Mon objectif étant de tenter d'apporter les outils modernes du savoir à ceux qui en sont le plus dépourvus, donc qui le méritent le plus. Souvent en Afrique.
En effet, non seulement je forme encore en ligne au LMS Moodle tous ceux qui désirent mettre leurs cours sur internet mais qui sont convaincus qu'il ne le pourront pas, parce qu'ils n'en n'ont pas les moyens financiers, ou parce qu'ils pensent qu'ils n'en sont pas capables. Ce qui est doublement faux évidemment.
Mais surtout, après en avoir été l'inspirateur dès janvier 2015, je diffuse la MoodleBox, un dispositif de formation nomade indépendant d’Internet, contenant une véritable plateforme Moodle de dernière version, à laquelle tout le monde peut se connecter par Wi-Fi à l'aide d'un smartphone, d'une tablette ou d'un ordinateur.

Le texte dont vous terminez la lecture correspondait au début à une demande. Il devait figurer en préambule d'un ouvrage collectif "Un numérique soutenable" qui, semble-t-il, n'a jamais vu le jour.
Peut-être aussi ce préambule a-t-il pu paraître trop corrosif, pas assez conformiste, ce qui expliquerait que n'ai eu aucun retour?
Pourtant seuls les non-conformistes font évoluer le monde. Les conformistes, quant-à eux ne font que reproduire fidèlement et éternellement les recettes du passé.
Pourtant je suis convaincu que ce que j'ai écrit ne me semble pas inutile.

Et puis, avouons-le, à mon âge les contraintes me pèsent trop pour que je suive encore et toujours, le chemin imposé par mes pairs. « L'arbre tordu vivra sa vie mais l'arbre droit finira en planches » dit un proverbe chinois.

Je l'ai fait avec plaisir et détermination, ayant le sentiment de transmettre le message d'un vieux routier hétérodoxe du système éducatif.
- En 2005, avec Moodle, je faisais déjà, sans même le savoir, de la « classe inversée ». Comme monsieur Jourdain faisait de la prose!
- Dix ans plus tôt déjà, je sonorisais mes diaporamas pour accompagner, et plus tard même remplacer complètement mes cours en amphithéâtre, ceci pour me consacrer exclusivement à la mise en pratique avec mes étudiants.
- A présent, 15 ans plus tard, j'ai plutôt envie, comme le vieux sage africain, de m’asseoir sous un baobab pour regarder le monde s'agiter !

Mais je prends aussi plaisir à faire ce que font souvent les anciens :
Tenter de donner des conseils dont tout le monde se fiche éperdument...

Mai 2019
0

Un petit mot pour l'auteur ? 0 commentaire

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,

Vous aimerez aussi !