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Raptor

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Je sursaute, le réveil est brutal. L’alarme du rappel au poste de combat me déchire les tympans. Je mets une main sur le haut-parleur de ma bannette afin d’en étouffer un peu le bruit. L’alarme s’arrête enfin laissant place à la voie ferme du maître de central.
< De central, incendie CTA, incendie CTA, incendie CTA. Arrêter, isoler la ventilation, disposer l’air respirable. Au poste de sécurité, le troisième tiers de quart.>
<< Hé merde >> soupirai-je. Je descends de ma bannette, j’enfile mon tee-shirt et ma Karmel et je sors en trombe du poste. A la cafétéria c’est l’effervescence, ça s’active de partout, on pose du matériel d’urgence sur les tables, l’infirmier cour avec ses tubes de contrôle qualité de l’air. Des lampes, des radios passent de main en main.
- Les pompiers lourds, crie le patron du pont.
- Ici, répondis-je.
Un gars arrive avec une paire de bottes dans lesquelles sont déjà enfilées les jambes d’un pantalon gris argent, semblable à ceux des vulcanologues. Je passe les bottes, et remonte le pantalon et j’enfile les bretelles. On me donne une cagoule, des gants en coton puis la veste assortie au pantalon. Enfin un joli masque intégrale sur lequel je rabats la cagoule, un casque affublé d’une lampe jaune phosphorescente et sur le dos une valise remplis de deux grosses bouteilles d’air. Un autre pompier lourd s’approche de moi, nos regards se croisent, un hochement de tête, on est prêt.
- Deux pompiers lourds parés, hurle le patron du pont.
- 7 minutes 03, on est dans les temps s’écrie à son tour le commandant en second.
Une tape sur l’épaule, c’est partie on sort de la caf, en direction du CTA. Au passage de la centrale ventilation, le chef de service fait un point briefing.
- Ok les gars, le feu se situera au parquet milieux, sur l’armoire de régulation des turbines. Deux pompiers légers sur zone.
- On va passer par l’échappée parquet supérieur, car c’est impossible par les turbines et le tunnel avec tout cet attirail, rétorquai-je de ma voie étouffée par le masque.
- Oui mais vous passerait au-dessus du sinistre
- En restant accroupi on sera protégés des éventuelles flammes grâce aux parts vapeur.
- Ok pour moi, vous faite un point des que la situation est claire pour vous.
Le chef ouvre nos bouteilles, vérifie les pressions d’air et on capelle nos détendeurs, on se déplace dans l’étroite coursive, jusqu’au sas du compartiment machine, la un matelot radio a la main, nous déverrouille la première porte, puis tourne le volant d’ouverture. On entre dans le sas et la porte se referme derrière nous. Le voyant de fermeture s’allume, j’actionne le distributeur hydraulique, la crémaillère de verrouillage s’actionne, puis la lourde porte commence à s’ouvrir lentement. Le bruit devient de plus en plus assourdissant, la chaleur ainsi qu’une fumée épaisse envahi le sas. J’allume ma lampe enjambe le surbau de la porte et avance avec mon extincteur a la main, mon collègue referme le sas, une tape sur mon épaule et la progression reprend. Je distingue l’échelle et commence à mis engagé prudemment en vérifiant marche après marche mes appuis. Une fois en haut je donne plusieurs coup de pied sec dans la rambarde, afin de signalé mon arrivé au parquet sup. Dans cette fumée il me semble distinguer une forme au sol et quelqu’un qui s’affaire autour. L’arrivé de mon double, permet notre progression, autour de moi toujours beaucoup de fumée, mais je ne voie rien qui signale la présence de flammes. Au bout de la coursive se trouve le corps d’un pompier léger étendu inerte, son coéquipier semble en panique. Je m’approche de son visage.
- Calme toi, c’est quoi ce bordel ?
- Je ne sais pas, il a perdu connaissance devant moi.
En tous cas il respire, c’est déjà ça. Je passe la tête devant les quelques marches qui permette l’accès au parquet milieux. La fumée ce dégage d’un alternateur et non du tableau indiqué, mais cela fait mes affaires car une installation d’extinction d’incendie et présente sur ce type de matériel. Je me tourne vers mon compère.
- Tu restes dans les marches, un coup d’œil sur moi et sur les légers.
D’un hochement de tête en signe d’approbation, je m’élance à l’assaut de ce dégagement de fumée. Je m’approche de l’extincteur, accroché sur ce moteur. J’arrache la goupille et percute la poignée de largage co2. La bouteille givre et la fumée ne sort quasiment plus de l’alternateur. Je me saisis à présent du micro de diffusion général situé un peu après notre moteur.
- De pompier lourd aux CTA, feu sur Alternateur tribord, un extincteur fixe percuté, feu éteint, feu éteint.
L’écho des haut-parleurs, est la respiration dans le masque, me donne cette impression de ressemblé à ce fameux bonhomme noir, d’une galaxie lointaine, qui disait << Luke je suis ton père >>
- Reçu de Central feu éteint, feu éteint
- De pompier lourd CTA, un blessé, pompier léger, inconscient respire.
- Reçu de Central, un blesser, relève de lourd en cours.
Le micro à la main, je surveille notre moteur, l’attente est interminable, j’ai chaud, et puis ça commence vraiment à devenir lourd tous ce matériel. Pourtant ce qui m’a semblé une éternité n’a à peine duré quelques minutes. Voilà la relève, je passe ma suite.
- Alors le feu se situer ici, j’ai percuté l’installation fixe, donc si ça doit reprendre, percute avec ton extincteur.
Je tends le micro, et me dirige vers mon blessé, à la diffusion on entend << relève de lourd effectuer, évacuation 2 lourd, 1 léger ,1 blesser, sur l’avant >>. Je fais ouvrir le chemin par notre pompier léger, la visibilité c’est nettement améliorer, c’est déjà ça car notre blessé pèse son poids, et puis c’est plus qu’exigu comme compartiment. La descente des marches vers le sas, est une vrais galère pour ne pas abîmé plus que ne l’ai déjà notre collègue. Enfin la porte hydraulique. Notre léger, l’ouvre et y entre, on y dispose ensuite notre blesser, l’endroit étant aussi grand qu’une baignoire, on sortira au prochain tour. La porte se referme, et se verrouille, nous laissant dans notre compartiment chaud et bruyant. Une bonne trentaine de secondes après, notre voyant s’allume. A notre tour, j’ouvre cette porte et on entre, le bruit s’estompe peu à peu, il semble faire un peu plus frais au fur et à mesure de la fermeture puis le silence. La porte manuelle s’ouvre à son tour, toujours manœuvré par notre matelot, qui n’a pas quitté sa radio. Chemin inverse direction la caf, au passage le chef nous débriefe, nous aide à retirer, le détendeur, mais surtout le casque, la cagoule et enfin le masque, enfin de l’air.
A l’entrée de la caf le commandant en second nous attend.
- C’est plutôt pas mal pour une première, bien joué les gars
La diffusion général nous interrompt, << de central fin de l’exercice sécurité, rangement du matériel, débriefing en cafétéria. >>
Je regarde le report des instruments de navigation, il est 4h58, nous somme à une immersion de 150 mètre, la première journée de notre entrainement sécurité commence à bord d’un sous-marin de la marine nationale

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