Derrière l'impasse

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Au bout de la rue du général de Gaulle, en arrivant par la côte, une courte impasse pleine de graviers traversait au centre d’habitations. Deux maisons grisonnantes se faisaient face. L’une, plus petite que l’autre, était à vendre depuis plusieurs années. Une forêt de vigne vierge s’étalait en dessous de son toit beige et recouvrait une fenêtre solitaire. Sa porte, pleine de graffitis verts, violets, rouges et oranges, pourrait s’effondrer au premier coup de vent. Quand on passait devant, on la regardait avec attention, comme une œuvre d’art laissée à l’abandon. Certains enfants du quartier aimaient à s’imaginer des choses, se racontaient des histoires, s’inventaient des scénarios sordides. Certains adolescents allaient jusqu’à tenter d’y entrer, après des paris perdus ou des gages, mais aucun n’alla au bout. Et puis, les adultes parlaient entre eux de la détruire pour mieux reconstruire, seulement le maire s’y opposait, parlant d’une demeure de patrimoine. La maison d’en face appartenait au vieux Bergogno, un ancien gendarme qui avait combattu en Algérie. Les ragots disaient de lui qu’il avait torturé et même tué quelques opposants, mais lui avait toujours nié, proclamant qu’il avait trop de respect pour ces gens qui se révoltaient contre le gouvernement en place et que jamais personne ne l’aurait forcé à agir d’une telle façon qu’il n’aurait pu apercevoir son reflet sans en ressentir un dégoût profond. Non, lui, proclamait-il avec insistance, était un homme respectable qui jamais, au grand jamais, n’avait torsionné qui que ce soit. On voyait le vieux Bergogno à l’église, tous les dimanches, pour l’office de 10 heures 30. Il ne saluait personne et, juste après avoir communié, disparaissait. Il était imposant, des joues gonflées de sang, des yeux noirs qui vous transperçaient l’âme quand ils vous détaillaient, un ventre qu’on ne pouvait que remarquer sous sa chemise pourtant trop large pour ses épaules. Comme la maison face à la sienne, il était un mystère.
À vélo, Maxime accéléra la cadence, songeant qu’il était une nouvelle fois en retard pour sa tournée de 9 heures. D’une main, il retira ses écouteurs, les rangea dans sa poche intérieure de manteau, puis tourna sur la grande avenue qui menait à la Poste. Il manqua de se faire renverser par un camion dont le conducteur, lui, ne manqua pas de l’insulter par la fenêtre et de le klaxonner. Maxime avait l’habitude, il ne s’en sentit pas plus mal. La seule chose qui pourrait l’embêter aujourd’hui serait la pluie, mais le ciel, ce matin, était suffisamment dégagé pour qu’on y voie quelques rayons de soleil. Il entra dans le bureau de poste après avoir attaché son vélo, évita les remarques désobligeantes concernant son léger retard et entassa des enveloppes dans son sac. En deux minutes, il était reparti, tout content de ne pas s’être encore fait virer. Il distribua le courrier, longeant les belles maisons des petites rues parallèles à celle de la Poste. Les gens dormaient encore ; il était tôt, on était le week-end. Suivre cet itinéraire donnait à chaque fois des rêves à Maxime : lui aussi, un jour, habiterait une belle maison comme celles-là.
Il remonta l’avenue du général de Gaulle. C’était toujours ici qu’il finissait sa tournée. Il passa devant l’église et croisa quelques fidèles qui le saluèrent d’un signe discret, puis grimpa sur le trottoir pour laisser accélérer les voitures nerveuses qui lui collaient aux fesses. Devant chez le vieux Bergogno, il s’immobilisa, glissa une enveloppe, remarquant que c’était bien la première fois qu’il avait du courrier pour lui, puis se réhaussa sur sa selle pour repartir. Quelque chose le bloqua néanmoins avant qu’il n’ait pu mettre deux coups de pédales. Une sorte de plainte sourde. Un aboiement. Maxime fronça les sourcils : le bruit provenait de la maison abandonnée. Un instant, il crut rêver. C’était impossible, personne n’habitait plus ici depuis des lustres. Pourtant, il avait bien entendu quelque chose. Il approcha sa tête de la porte uée, tendit l’oreille...
— Bonjour Maxime !
Il eut un sursaut, manquant de tomber à la renverse. C’était Youssef, le père d’un vieil ami, qui se promenait dans le coin. Une brève conversation suivit cette rencontre fortuite, mais le facteur reprit sa course, pressé d’en finir.
Les jours qui suivirent furent exténuants. Les feuilles se mirent à tomber une à une sur le sol argenté, aménageant une sorte de large tapis brun qui craquetait sous les pas lourds. Il plut beaucoup. Les pavés glissaient, il fallait se méfier, ne jamais sortir sans bonnet ou parapluie. Maxime dut tout de même faire sa tournée toute la semaine, tant pis pour les aléas naturels, les gens voulaient leur courrier. Le lundi, il ne se passa rien d’inhabituel. Le mardi non plus. Ce fut le mercredi qui changea la donne : alors qu’il passa devant chez le vieux Bergogno, un grattement le surprit à la porte voisine. Qu’est-ce que c’était ? Quelque chose dans la maison abandonnée ? Ou quelqu’un ? Le jeudi, de nouveau, comme un couinement. Cette fois-ci, Maxime prit son courage à deux mains et toqua à la porte. Pas de surprise : un grand silence lui répondit. Pourtant, il était sûr que quelqu’un ou quelque chose vivait-là. Le vendredi, il n’y eut rien, mise à part sa rencontre avec Bergogno, qui se solda par un néant de parole. Ça ne l’enchantait pas, mais Maxime dut lui remettre un colis en main propre ; il y eut un vague « bonjour », une signature et pas de « bonne journée ».
— C’est une ordure ce Bergogno ! scanda Dominique, le chef de la Poste. Tout le monde le sait, c’est pas nouveau.
— On dit qu’il mange des chiens et des chats errants, ajouta Christelle, la stagiaire.
— Foutaises ! C’est juste un alcoolique dépressif, acheva Monique, une cliente.
Maxime, au milieu de tout ça, se gratta le menton, mal à l’aise d’avoir rencontré cet homme plus tôt dans la journée. Il frissonnait et son visage paraissait fiévreux. Les murs qui l’entouraient d’un blanc phosphorescent étaient inondés de lumière, comme en plein été. Ses yeux fatiguaient d’autant de luminosité. Il sortit. Dehors, le ciel était bas. Il marcha longuement, les mains dans les poches, donnant quelques coups de pied aux canettes qui languissaient sur le sol. Une force étrange le poussa à retourner devant chez Bergogno. Sans même s’en rendre compte, il y arriva très rapidement. Il perçut de l’agitation derrière la porte de la maison abandonnée, alors il s’arrêta net. Il jeta un coup d’œil aux alentours et, puisqu’il ne vit personne, tenta d’ouvrir la porte taguée. Évidemment, elle était fermée à clé, mais un coup d’épaule pourrait suffire à la faire céder. Maxime hésita. Ce n’était probablement pas une bonne idée, d’autant qu’à l’intérieur, l’agitation s’était calmée.
— Tu ne devrais pas écouter aux portes.
Cette voix rauque appartenait à Bergogno qui, un grand sac dans la main droite, s’échappait de sa maison. Maxime eut un mouvement de recul, apeuré par cette apparition aussi soudaine qu’inattendue. Le vieux referma sa porte derrière lui sans quitter des yeux le postier.
— C’est juste que... j’avais cru... enfin, je croyais avoir entendu du bruit, bafouilla Maxime.
Un silence pesant suivit cette déclaration. Bergogno, en tenue négligée, observait le jeune homme qui lui faisait face avec une sorte de regard jaugeur. Après un temps, il proposa :
— Si tu veux savoir ce qu’il y a dedans, tu n’as qu’à me suivre.
Il s’en alla dans l’impasse sans se retourner, le dos vouté et la jambe droite boitillante. Maxime refusa. S’il y avait bien une chose que ses parents lui avaient appris, c’était de ne pas suivre les étrangers dans des allées sombres. Il préféra rentrer chez lui et méditer. Que lui serait-il arrivé s’il avait suivi Bergogno ? Probablement rien de bon. Que cachait le vieux ? Quel était son secret ? Cette nuit-là, Maxime s’endormit des questions plein la tête. Les semaines qui suivirent ne lui donnèrent aucune réponse. Il continua sa tournée, toujours la même, sans nouveauté. Un jour qu’il recroisa Youssef, une conversation intéressante émana de cette entrevue. Pendant de longues minutes, ils parlèrent de la fameuse maison, celle qui intriguait le postier. Selon Youssef, si la ville refusait de la détruire, c’était parce qu’elle attirait des touristes des quatre coins du monde.
— Tu plaisantes ? s’étonna Maxime.
— Du tout, rétorqua Youssef.
Il s’expliqua. Selon ses dires, quelque chose de surnaturel s’était produit ici, quelque chose qui échappait à toute science, à toute logique, à toute philosophie.
— Quoi ?
Il n’en savait rien. Il parla d’exorcisme, de décès étonnants, mais au final, lui comme les autres, n’avait pas de réponse claire à donner. Maxime se fit la remarque qu’il n’avait jamais vu qui que ce soit prendre en photo la maison, mais après tout il n’y avait jamais fait attention non plus.

À l’autre bout de la ville, Laura, entre deux enquêtes, enfila sa veste, attacha sa ceinture et donna ses ordres. Ils étaient cinq à l’écouter. Son discours fut bref, net et précis. D’ailleurs, généralement c’était à ça qu’on reconnaissait les grands chefs.
— On entre, on arrête les braqueurs et on ressort. Aussi simple que ça !
Une voix motivante, sûre et implacable. C’était la meilleure dans tout ce qu’elle entreprenait. On la respectait, on l’admirait. C’était suffisamment rare pour être souligné.
En revanche, à l’étage du dessous, Mathilde n’y arrivait plus. Les moqueries, les reproches, le chagrin. Rien n’allait plus ces derniers temps. Derrière son bureau, elle jeta un œil par la fenêtre et ne vit que l’horreur d’un monde qui ne lui appartenait plus. Voilà une semaine qu’elle n’avait rien à faire, qu’elle regardait les heures passer avec une sagesse monotone. Il fut dit qu’elle n’allait pas tarder à être mutée loin d’ici, loin de sa ville, de ses quelques amis, de sa famille. Seulement, elle ne pouvait laisser cela arriver sans réagir, il fallait qu’elle fasse bonne figure, qu’elle montre son potentiel. Alors, quand elle reçut un appel anonyme pour lui parler de grabuge dans la maison censée infréquentée, elle se pressa d’y répondre, jurant que c’était son moment. Si elle avait une chance de trouver quoi que ce soit dans cette demeure, de prouver que quelque chose d’étrange s’y tramait, d’amasser des preuves, elle n’allait pas passer à côté !

Son cœur s’emballa, quelque chose en lui voulait savoir. Maxime prit une seconde de réflexion et, contre toute attente, décida de faire le tour de la maison. Il avait aperçu le vieux, alors il embrassa ses pas. Il fit un demi-cercle, escalada une sorte de mini-portail qui donnait sur un jardin de fleurs, puis avança à pas de loup jusqu’à une large baie vitrée. Bergogno était là, un sourire aux lèvres. Il l’avait attendu.
— Ce que tu vas voir là, tu le gardes pour toi.
Maxime répondit d’un signe de tête.
— Au fait, ajouta Bergogno, tu n’as pas peur des bêtes ?
— Comment ça... ?
La lumière s’alluma derrière le vieux, il hocha les épaules et invita le facteur à entrer.

En uniforme, Mathilde arriva sur les lieux. Elle regarda la maison avec intérêt. Elle avait souvent entendu parler de cet endroit, notamment par l’intermédiaire de son grand frère qui, si elle le croyait, avait déjà pénétré ce berceau du mystique.
— L’intérieur pue la mort et il y a des costumes de vieille dame partout dans la chambre, lui avait-il raconté.
Loin d’être courageuse, la policière se rongeait les sangs. Que l’attendait-il si elle entrait dans cette maison ?

Maxime n’eut qu’une courte seconde pour découvrir la beauté de l’endroit dans lequel il venait de pénétrer : une horde de chiens débarqua de nulle part, dans un boucan pas possible, assiégeant l’endroit et encerclant les deux hommes, entre couinements et aboiements. Maxime voulut prendre la fuite, mais Bergogno le rassura :
— Ils sont gentils, cria-t-il pour se faire entendre dans tout ce boucan.
Les chiens sautaient autour de lui, comme s’il était leur Dieu ou quelque chose du genre. Les queues s’agitaient dans tous les sens, renversant au passage des livres et autres babioles. Maxime regardait ce spectacle complètement ébahi, avec de grands yeux ronds. Il y avait, dans cette soi-disant maison abandonnée, une dizaine de chiens, de toutes les races ; des petits, des grands, des gros, des fins. La fête se calma peu à peu et Bergogno les laissa s’amuser dans le jardin. Deux d’entre eux restèrent à ses côtés, trop contents de le retrouver pour déjà lui fausser compagnie.
— Tu ne t’y attendais pas, hein ?
Maxime ne répondit pas et s’avança bouche-bée dans le salon. Ici, tout n’était que jouets pour chiens, matelas, gamelles, os à moitié déchiquetés, etc. Bergogno se mit en tête de présenter les deux chiens qui lui tournaient toujours autour :
— Lui, c’est Gibson, un golden de huit ans. Et lui, c’est Pyjama, un gros bouledogue. Il a quatre ans depuis peu.
— Je ne comprends pas... avoua Maxime perdu.
— Tous ces clebs étaient aux portes de la mort quand je les ai récupérés à la SPA. Personne n’en voulait. L’un était trop gros, l’autre trop moche, ou trop vieux... Bref, je leur ai concocté une petite maison, rien que pour eux. Je passe les voir plusieurs heures par jour, je fais attention que tout aille bien puis je m’en vais. Moi ça me fait passer le temps et eux ça leur donne une seconde vie. C’est donnant-donnant.
— Mais... vous avez le droit de faire ça ?
— Probablement pas, mais je ne fais de mal à personne. Cette maison ne sera jamais vendue. Le gars qui habitait là est décédé dans d’étonnantes circonstances et ce genre de truc, ça fait peur à tout le monde, tu sais.
Maxime leva un sourcil dubitatif.
— Les rues sont pleines de SDF, pourquoi ne pas faire ça pour eux ?
— Petit, rétorqua Bergogno d’un ton solennel, on ne pourra jamais sauver tout le monde. Chacun doit faire ce qu’il veut faire, ce qui le touche personnellement. Moi, je déteste les hommes, ils me détestent en retour ; j’aime les chiens, ils m’aiment en retour. Donc j’agis pour eux. C’est tout. Regarde comme ils sont heureux.
Ils se tournèrent tous les deux vers le jardin dans lequel les chiens s’éclataient, sautaient dans tous les sens, se roulaient dans l’herbe grasse. Maxime comprit. Il y avait dans cette image une beauté généreuse. Après tout, le vieux Bergogno avait raison : si on pouvait donner une seconde chance aux chiens, pourquoi ne pas le faire ?
Une portière claqua dans la rue. Bergogno sembla inquiet d’un coup, comme s’il sentait le danger approcher. Il fit signe à son invité de se taire et fit rapidement rentrer ses chiens dans la pièce. La chaleur s’accrut rapidement, comme un four. Bergogno éteignit les lumières et ne bougea plus. Un silence pesant s’installa alors dans la pièce.

Ses membres tremblaient à en remuer la terre sous ses pieds. Il fallait se reprendre. Elle ne craignait rien après tout ! De quelques mouvements saccadés, elle avança dans la pénombre de l’allée, la main posée sur la crosse de son pistolet. Mathilde n’entendait rien, sinon le brassage de la circulation lointaine. Elle tomba sur une clôture défoncée et un portail qui faisait sa taille. Fébrilement, elle demanda :
— Il y a quelqu’un ?
Pas de réponse, bien sûr. Elle se pencha pour tenter de voir derrière le jardin. Rien à signaler. Elle s’apprêtait à faire demi-tour lorsqu’un aboiement la stoppa net.

— Tais-toi ! supplia à voix basse Bergogno.
C’était Gibson qui, excité, mettait toute la maison en péril.
— Il y a quelqu’un ?
La voix s’était rapprochée. Probablement qu’elle était entrée dans la propriété. Oui ! elle toqua à la porte vitrée.
— Police ! Ouvrez !
Maxime regarda Bergogno avec une sorte d’imploration dans les yeux.
— Si vous n’ouvrez pas tout de suite la porte, je la défonce !
Bergogno eut un soupir. D’un mouvement las, il ralluma la lumière et alla ouvrir. Il dut tout expliquer à la flic, du début à la fin, espérant que la bonté humaine de celle-ci ne se distingue de sa fonction.

Mathilde n’en croyait pas ses oreilles. Ni ses yeux. Toute cette affaire était bien particulière et elle pensa en premier lieu que, lorsqu’elle raconterait tout aux médias et aux collègues, elle deviendrait indispensable. Ainsi, sa mutation n’aurait plus lieu d’être !
— Vous seriez bien bonne de ne rien répéter, conjura Bergogno.
— Je vais me gêner ! Vous savez ce que vous encourez pour ça ?
Maxime sortit enfin de la cachette dans laquelle il s’était jeté :
— Écoutez mademoiselle, je pense que ce que ce monsieur voulait faire...
Mathilde, surprise, dégaina et le pointa :
— Les mains en l’air !
Un temps.
— Maxime ?
— Mathilde ?
Un long jeu de regard s’immisça entre eux.
— Vous vous connaissez ? s’étonna Bergogno alors que les chiens ne tenaient plus en place et décrivaient de longs cercles autour de lui.
— On était au lycée ensemble, expliqua Maxime. Alors comme ça tu es devenue flic ?
Mathilde baissa son arme.
— Plus pour longtemps si je ne vous arrête pas tous les deux.
— Pourquoi ?
Ignorant la question, la policière observa les deux gus qui lui faisaient face.
— Tu es son complice ? demanda-t-elle en direction de Maxime.
— Pas vraiment, non. Mais ce qu’il fait ici est juste et je pense que tu devrais fermer les yeux. Regarde comme ces chiens sont bien ici. Pour cette fois, s’il te plait, laisse couler.
Après plusieurs minutes de conversation, Mathilde se résigna. Parfois, il fallait laisser parler le cœur plutôt que l’obligation ; les sentiments plutôt que le job. Bergogno la remercia chaleureusement, lui promettant qu’elle ne le regretterait pas.
Durant les mois qui suivirent, Maxime prit le café chez Bergogno pratiquement tous les matins. Tous deux allaient rendre visite aux chiens et, bientôt, le jeune homme s’y attacha.
Mathilde ne fut finalement pas mutée. On lui laissa une dernière chance de se montrer utile au service, lui proposant de travailler sur l’affaire d’un tueur en série qui, selon toute vraisemblance, se déguiserait en vieille femme.
Quant au vieux Bergogno, il prospéra, continuant sa vie harmonieuse, sans tracas particuliers. Son sang-froid et ses qualités d’improvisation lui avaient permis de se mettre deux jeunes gens en poche, dont une policière. Si seulement ces deux imbéciles avaient eu la curiosité de monter au grenier, ils auraient découvert plusieurs cadavres en décomposition, des vers à la place des yeux ; ainsi que son accoutrement favori, celui de sa grand-mère.
Ce sacré Bergogno !
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