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de fil en aiguilles

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Momo69190

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Depuis sa proclamation le 29 juin 2014, l’Etat Islamique, dispose d’une force de frappe conséquente, et surtout une fortune estimée à deux mille milliards de dollars, un territoire aussi grand que le Royaume Uni, des terres très riches en ressource naturelles (pétrole, gaz, phosphate, blé orge).
Trois cent cinquante, à six cent millions de dollars par an proviennent exclusivement des revenus pétroliers, le reste est le fruit de rançon, trafic d’art, mais aussi de donations, dont les principaux bailleurs sont, le Qatar, le Koweït et l’Arabie Saoudite.
Une armée forte de plus de cinquante mille hommes, l’Etat Islamique n’hésite pas à s’inspirer de la culture pop occidentale en détournant des jeux vidéo, Daech contrôle les réseaux sociaux, dans le but de séduire des jeunes de banlieues, souvent en échec scolaire, au chômage, délinquants multi récidivistes, une population hostile aux principes de la république.
Une coalition de vingt-cinq pays, lutte contre l’Etat terroriste, cependant cette organisation attire de plus en plus de jeunes, prétendus attardés par des psychologues qui sont loin de s’imaginer, ce qui germe dans l’esprit de certains marginaux, que cette nouvelle génération de combattants inspire, pour la majorité une soif de richesses, un moyen comme un autre de faire de la tune.
Rachid vingt-cinq ans d’origine algérienne, natif d’Oran et Bilal un constantinois de vingt-six ans, domiciliés tous deux à Vaulx en Velin, ne sont pas inconnus des services de police lyonnais, ces deux malfrats touchent à tout, trafic d’héroïne, haschich, vols par effraction, cash-trapping, tout y passe, souvent incarcérés, ces multirécidivistes enchainent les méfaits n’hésitant pas à faire usage de leurs armes, leur point de chute, un bar malfamé de la place Dupont, un quartier populaire, avec une présence de migrant considérable.
2 juin 2015, vingt-deux heures trente, au bar « Chez Momo », rue Moncey dans le troisième arrondissement de Lyon, nos deux comparses peaufinent leur soirée en sirotant des bières, Rachid après avoir étudié le canard émet une suggestion :
- « Tu te rends contre Bilal, Daech donne du fil à retordre aux ricains, franchement ces terroristes m’épatent »
Ce dernier compte les talbins que lui a remis Ali, un petit dealer, l’Etat Islamique ne fait pas parti de ses projets, il répond négligemment :
- « Et alors, tu cherches à t’enrôler, commence par te mettre à la prière et arrête la bibine, le régime salafiste est sévère »
L’apprenti djihadiste est songeur, il sort de sa poche pour la dixième fois une convocation, du bureau de police, son sursis va tomber, il risque de prendre cher, et engage la conversation en détournant ses propos :
- « Trois piges de placard, pour une broutille, justice de merde, une envie de décarrer mon pote, mets-toi à ma place une amende impayée, et je me retrouve en cabane, fait chier, leur rencard ils se le carrent au cul, un peu de vacance sur le Bosphore, tu me suis »
Cette discussion, ne mène à rien Bilal manque de culture, et s’enquière d’informations :
- « C’est quoi le beau fort, tu sais moi à part la côte d’usure, explique-toi »
Rachid a le brevet des collèges, il avait les capacités pour suivre une scolarité plus approfondie, mais les mauvaises fréquentations, l’ont conduit vers l’irréparable, il garde cependant un esprit vif, c’est le plus studieux des deux, mais surtout un petit malin, il affranchit son ami :
- « Suce ton, boule, en Turquie connard, quinze jours chez Midnight Express pour se ramoner les poumons, ça te tente »
L’alcool monte, c’est comme la moutarde, il y a un niveau à respecter, Bilal rumine :
« Suce tes morts, fils de pute sois plus clair, j’entrave que dalle »
Il fallait s’y attendre, ça dérape Rachid s’y reprend :
- « Istanbul abrutit, le Bosphore est un détroit qui relie la mer Noire à la mer de Marmara, c’est très classe, les turcs ont du gout »
Il y a anguille sous roche, Bilal renifle l’entourloupe, et relance :
- « Tu veux enquiller sur la Syrie, ne me prend pas pour un blaireau, joue franc jeu, je me vois pas avec une calache, et une barbe de six pieds de long, et puis qu’est-ce qu’on y gagne »
Ces deux inséparables, sont prêt à tout, encore faut-il avoir les arguments pour convaincre Bilal, Rachid use de ses fourberies pour appâter son ami en des termes évocateurs :
- « Je suis certain qu’il y a du blé à prendre là-bas, il suffit de garder la tête sur les épaules et d’éviter de se faire embringuer dans des embrouilles à la mords moi le nœud.

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