Dans la gueule du loup

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Image de Été 2021
« Je n'ai jamais vu de loup. » Le sol carrelé de noir et de blanc ondule comme de l'eau à quelques centimètres de ses yeux. Elle a mal à en mourir. « Je sais que je vais mourir. » Quand elle est tombée, elle ne sait même pas pourquoi, elle a pensé : « Je n'ai jamais vu de loup ».
À côté du corps de la vieille maintenant sans vie, l'homme allongé s'ébroua, se réveilla brusquement et se demanda un instant où il était... Il s'appelait Jacques, gisait à l'entrée de la partie privée, à gauche de ce qui avait été la réception de l'hôtel Le Piton des Neiges. Il avait dans la main droite une sorte de hachette à petit bois. La lame était pleine de sang, mais il n'en avait curieusement ni sur les mains ni sur les vêtements.
Il avait un mal de tête carabiné, il pensa qu'il avait dû glisser et heurter du crâne quelque chose de dur, il ne se rappelait que d'être entré là où il se trouvait, puis avoir entendu un bruit très fort et très bizarre, avant de... Rien d'autre dans son souvenir.
Il était venu là tout bêtement pour voler, grappiller trois, quatre sous ou des trucs à revendre en bas, dans un coin de la vieille ville que tout le monde connaissait depuis toujours, les fournisseurs, les acheteurs et même les flics.
D'ailleurs, tous ceux qui fréquentaient ce lieu étaient tour à tour acteurs des diverses catégories, sauf que, si les poulets vendaient ou achetaient souvent, les autres ne redevenaient jamais respectables cent mètres plus loin, en sortant du cercle vicieux !
Jacques était dans ce village de montagne déjà depuis quelques semaines. Il était arrivé comme le font les routards avec le printemps, avait squatté une vieille caravane délabrée abandonnée sur un terrain, à la lisière de la forêt qui montait à l'assaut des pistes de ski. C'est en zonant aux abords de la station, quémandant aux divers snacks de l'endroit de quoi manger, boire ou en dernier recours de quoi travailler un peu, qu'il avait fait connaissance d'autres marginaux. Ceux-là venaient de terminer la saison d'hiver, mais attendaient sur place encore quelque temps que leurs économies soient à sec pour aller ailleurs traîner leur pauvre vie...
À force de libations en compagnie d'un ancien cracheur de feu qui gardait sur le visage des traces évidentes de quelques soufflages ratés, il en était arrivé à se laisser persuader qu'il y avait un gros coup à faire, et très facilement, avec la vieille veuve du plus gros hôtelier de la ville, enterré depuis quelques années. Leur hôtel était maintenant fermé, le seul héritier, le fils tenancier d'un bistrot-snack-tabac, n'était pas pressé de vendre et désirait laisser sa mère terminer tranquillement sa vie là où elle avait toujours vécu.
Jacques n'était pas bien chaud pour pénétrer comme ça dans un endroit qu'il ne connaissait pas, sans compter que personne, dans la bande de traîne-savates qu'il côtoyait, n'avait une idée quelconque sur ce qu'il y avait à rafler...
Mais bon, une riche veuve, ayant toujours vécu là, dans un grand hôtel-restaurant de montagne, ça devait au moins avoir des bijoux, peut-être des économies cachées dans l'armoire comme le font toutes les vieilles, et plus que certainement du matériel audiovisuel, des antiquités pour orner les murs de la salle, de quoi faire un peu de mailles avant de partir faire sa vie ailleurs !
Il avait donc minutieusement préparé son méfait, après avoir pris des précautions incroyablement sophistiquées pour son petit cerveau embrumé qui était le plus souvent noyé dans un flot de mauvais alcool, de rosé certainement fabriqué dans une baignoire ou de bière à fort degré.
Par exemple, il avait passé des heures et des heures à guetter l'entrée de l'hôtel depuis la lisière de la forêt située à environ cent cinquante mètres en face, appuyé contre un mélèze charitablement accueillant et muni d'une paire de vieilles jumelles de l'armée prêtées obligeamment par le patron du Grand yéti où il avait assuré quelques plonges...
Il en avait tiré certains éléments qui lui permettaient de se fixer une heure bien déterminée pour intervenir, car après la tombée de la nuit, plus rien ni personne ne passait aux environs de l'hôtel ni n'y entrait pour quoi que ce soit, l'infirmière était repartie depuis belle lurette, l'aide-soignante chez elle au chaud, le fils attentionné venu amener le repas du soir accroché au bras de la pompe à bière de son bar, à quelques centaines de mètres de là, la tranquillité parfaite, absolue, un velours !
Comme il savait que la porte n'était jamais fermée à clé pour permettre l'accès impromptu de quelque intervenant d'urgence (il avait vu jusqu'au facteur entrer sans barguigner après avoir tout bonnement frappé et il avait constaté que le fils se contentait de claquer la porte derrière lui en repartant), il s'était dit que l'affaire se présentait bien !
Et si par bonheur la mamie – qu'on ne voyait jamais dehors – était impotente et peut-être bien sourde, qui sait, alors là, il aurait même le temps de faire une saisie en règle de tout ce qui avait un peu de valeur sur place. Jacques se frotta mentalement les mains tout en restant bien accroché à ses jumelles, car il était professionnel jusqu'au bout des ongles qu'il avait sales...
Intelligent comme il l'était, il se dit que peut-être bien que cette pauvre vieille fonctionnait à l'ancienne et recevait du facteur et en liquide une pension quelconque de son défunt mari ou pour elle-même, en fin de mois.
Il fixa donc le jour en début du mois prochain. Il décida de procéder à la visite prévue peu après vingt heures, lorsque tout le village serait devant P.P.D.A. bouche ouverte pour ingurgiter simultanément la soupe et les informations prédigérées...
Il irait la veille en bas, en ville, piquer une voiture banale, une camionnette blanche comme en avaient tous les péquenots du coin, de celles où l'on entasse indifféremment du bois, des chiens ou la famille. Il lui faudrait bien ça pour y empiler tout ce qu'il allait piquer !
Ah ! Il s'y voyait déjà, redescendant avec son butin, le revendant avec un profit inespéré qui lui permettrait de partir vers l'ouest pour l'été, vers la Bretagne, ses origines, sa terre...
Pour le coup, il vida en quelques longues lampées une bouteille de « Veuve joyeuse », du vin blanc pétillant de quatrième catégorie vendu une misère dans les bals de village pour entraîner les jeunes encore hésitants à la boisson, comme leurs aînés, de vrais hommes !
Quelques jours passèrent ainsi, il était maintenant seul, car le troupeau des mercenaires de la neige était parti vers d'autres cieux pour d'autres boulots saisonniers dont personne ne voulait plus, marchand de chouchous sur la plage, monteur de cirques, marionnettiste, déménageur, voleur à la tire...
Comme Perrette et son fameux pot au lait, il en était déjà arrivé dans sa tête à trouver un coffre-fort, à le faire ouvrir par la rombière, à y découvrir de bons vieux lingots et une liasse d'euros grosse comme ça ! C'était vraiment lui, Jacquot, décidément, le meilleur ! Bourré jusqu'au dernier neurone, il s'endormit sur son galetas comme le plus paresseux des rois fainéants sous son édredon de plumes, avec des rêves remplis de jolies bouteilles contenant des liquides de toutes les couleurs...
Le jour d'aller voler la voiture arriva, c'était un mercredi, il descendit quelques kilomètres vers la vallée par un chemin de randonnée avant de faire du stop sur le bord de la route.
Pour l'occasion, il avait fait une toilette, la plus minutieuse possible, s'était rasé, avait enfilé des vêtements pratiquement propres et presque pas froissés et passé un coup de vieux chiffon sur ses antiques Rangers de l'armée, ses chaussures du dimanche.
Il lui fallut néanmoins quelques heures et de nombreux changements de véhicules pour aboutir en ville, et là il commença à naviguer du côté du marché, cherchant du coin de l'œil en simulant une flânerie des plus lentes si l'une des voitures de la catégorie qu'il cherchait avait la clé sur le démarreur. Jacques dut se farcir plusieurs heures de marche pour partir triomphalement au volant d'une magnifique quoique antique Estafette dont le chauffeur tabagique était parti au ravitaillement moteur allumé.
Le véhicule portait fièrement sur chacun des côtés sa raison sociale :
RAYMOND, LE ROI DU CHIFFON  ! JE VIDE VOS CAVES ET VOS GRENIERS.
L'emprunteur ne s'aperçut de cette publicité que lorsqu'il fit une halte rapide pour prendre de l'essence avant d'attaquer la remontée. Lorsqu'il avait démarré assez brutalement devant le bureau de tabac, il était arrivé par l'avant et la porte à glissière du côté volant était ouverte.
Il en conclut in petto et avec lui-même que c'était certainement un signe du destin !
Il arriva à la nuit tombée derrière ce qui lui servait de résidence secondaire et se mit très vite en quête de remontant pour se remettre de ses émotions. Il s'endormit pesamment en envisageant des lendemains enchanteurs...
Boris Alexandrovitch Popov était le prototype parfait de l'homme en provenance des pays de l'Est, blond, la bouche en trait de couteau, les pommettes assez hautes, les yeux à légère tendance asiate, la carrure forte, l'accent très prononcé bien que parlant un français des plus corrects. Il était depuis de longues années sur la côte, suivant ou plutôt accompagnant l'invasion silencieuse du pays par la Mafia russe, homme de confiance d'une sorte de cartel de moscovites qui avait fait main basse sur les anciennes richesses collectives soviétiques.
Son travail était simple, il était là pour acheter tout ce qui pouvait aider à blanchir des capitaux illicites, si énormes que leur énoncé détaillé aurait pris des jours...
À l'affut de tout ce qui pouvait discrètement être utilisé, il lisait tous les journaux locaux, même les gratuits d'annonces, il fréquentait également les offices de tourisme pour en tirer quelques bonnes idées d'investissement. Il avait constamment avec lui une sorte de colosse de deux mètres et certainement autant de quintaux qui répondait au doux nom de Fédor. Ce compagnon sans cervelle et sans état d'âme ne comprenait que le russe, obéissait aveuglément à la voix de son maître et dépendait entièrement de lui.
Il était son garde du corps, son exécuteur de basses œuvres, son bras armé, les jambes et les bras d'une tête qui était celle de Boris.
Ils avaient sévi un long moment à Monaco et en étaient partis sans être inquiétés grâce à un chantage particulièrement bien ciblé du consul de la Principauté. Très protégés, quoi !
Depuis quelque temps, les villes de la côte et de l'arrière-pays ne « rendaient plus » les bonnes affaires ayant été rapidement mises en portefeuille par une autre section de cette Mafia russe, particulièrement composée d'avocats performants, de financiers, de gaillards sans définition bien précise, mais qui faisaient que toutes les paperasses et signatures nécessaires étaient promptement fournies et les ventes rondement menées. La suite de ces transactions se passait dans l'ombre, mais pour ce qui est de la façade, pour tout ce qui se voyait, pas l'ombre d'un ex soviétique n'apparaissait, ou alors seulement comme client...
Boris et Médor, pardon, Fédor, avaient donc entamé la visite des différentes petites villes et des villages qui parsemaient les vallées. Et, ces derniers jours, ils étaient arrivés sans le savoir dans le fief de Jacques, avaient pris pension dans un petit hôtel de la station de ski et commencé à quadriller le village afin de dénicher l'Affaire.
Boris avait vite repéré et jugé cette grande bâtisse de pierres et de bois, un hôtel-restaurant pour le moment fermé, le Piton des Neiges, bâtiment imposant et qui, sérieusement managé, devait pouvoir être très intéressant pour eux. Il s'était vite renseigné sur les personnes à voir, était arrivé un jour après l'heure de l'apéro de midi chez le fils de l'hôtelière, lorsque tous les clients étaient allés retrouver leurs épouses, et lui avait demandé une entrevue en privé. À l'heure de la fermeture, le soir, il était à la porte arrière du bar et on l'y fit entrer très discrètement.
Il eut avec le fils une longue discussion et l'héritier n'en démordait pas, il ne vendrait l'hôtel que lorsque sa mère ne serait plus de ce monde. Elle avait vécu là depuis sa jeunesse, elle était d'ailleurs de cette bourgade et il pouvait assurer que pas une fois, pas une seule, elle n'avait quitté ce village pour aller plus loin que le bourg voisin de l'autre vallée, à quelques trente kilomètres, qui comportait quelques spécialistes et un petit hôpital.
Pendant la conversation, le téléphone du russe sonna, ou plutôt fit entendre un bruit étonnant qui devait être celui d'un loup, hurlement très long et terminant en aigu, très bruyant. Il faut dire que le russe avait vécu une grande partie de sa vie au nord de l'URSS, dans un endroit encore fréquenté par ces animaux. D'ailleurs on l'avait surnommé chez lui Boris le loup, à cause de sa brutalité, et il avait gardé ce surnom depuis...
Lorsqu'il avait fait l'acquisition de son téléphone outrageusement perfectionné, il avait téléchargé cette clameur comme sonnerie. Cela lui rappelait son « chez lui », même si les loups de son pays d'enfance étaient plus fréquentables que ceux qu'il côtoyait maintenant.
Quand son téléphone avait émis cette plainte bizarre, il avait juste lu le nom de l'appelant et avait coupé son portable avant de continuer la conversation...
Il était donc impensable pour le fils de demander à sa mère de quitter les lieux, il n'en démordait pas, même avec la promesse d'une confortable rallonge au noir à la signature officielle de l'acte de vente.
Boris partit assez fâché, accompagné de son quasi plantigrade, mais ne se tint pas pour battu.
Cette scène se passait le mardi, veille du jour de la descente de Jacques à la pêche à la camionnette.
Boris passa la journée du mercredi à mettre au point une intervention qui avait pour but de forcer la main du fils de l'hôtelière. En fait, le plus dur du travail consistait à faire entrer dans le crâne étroit de Fédor quelques instructions très simples, mais qui devaient être suivies à la lettre.
Le jeudi arriva, tout le village était gai et pimpant comme chaque année, sous le premier soleil un peu vigoureux de l'année.
Jacques se réveilla tôt, vers onze heures, il se décolla la langue du palais à l'aide d'une grande cannette de bière brune et jeta un œil à l'intérieur de l'Estafette empruntée, constata qu'elle était encombrée de quelques sacs de vieux vêtements qu'il sortit avec peine. Il manœuvra pour partir à vingt heures quinze tapantes, dans le bon sens, oui, il était précautionneux, car il se connaissait très bien !
Boris et Fédor prirent comme d'habitude le petit déjeuner à la française, la différence entre les deux hommes était dans la quantité ingurgitée, car elle passait du simple au quadruple, mais les hôteliers prévenus par Boris à l'avance faisaient le nécessaire pour que le colosse soit repu. Ensuite, en allant faire à pied un petit tour de digestion, les recommandations importantes de la veille furent de nombreuses fois répétées au géant, afin d'y pénétrer à toute force dans son crâne et de s'y installer confortablement...
Ce soir là, comme les nuits étaient encore très fraîches, les villageois étaient rentrés chacun chez soi et attendaient comme chaque soir depuis des années qu'on leur annonce une baisse du coût de la vie ! Nul ne vit se garer derrière l'hôtel une vieille Estafette fumante avec un conducteur qui descendit du véhicule pour faire le tour du bâtiment afin de gagner la porte côté route. Pas plus, environ sept minutes après, que l'arrivée d'une voiture de location contenant deux ressortissants étrangers qui empruntèrent le même itinéraire.
Le souhait de Jacques était banal : Trouver vite, et sans alerter la vieille, quelque chose à revendre, et s'il y avait un coffre, il passerait à la vitesse supérieure, quitte à la chatouiller un tantinet afin qu'elle lui donne le mot de passe !
La mission de Fédor était simple : ne rien toucher, Boris ouvrirait, fermerait et manœuvrerait tout ce qui devrait l'être. Son rôle était d'effrayer suffisamment la pauvre femme, malade d'une grave atteinte cardiaque et très âgée, selon les dires du fils, de façon à provoquer un arrêt cardiaque banal qui permettrait ainsi la vente prochaine de l'hôtel !
Car le destin, farceur, en avait décidé autrement : L'ancêtre, toujours vaillante malgré ses multiples maux et son grand âge, avait entrepris la lecture d'un magazine amené par son fils avec le repas du soir qu'elle avait pris très tôt, voulant se mettre au lit comme à l'accoutumée avant vingt et une heures. Comme rien ne l'intéressait vraiment sur ces pages, elle avait entendu assez distinctement l'arrivée des deux voitures et, aux aguets, avait perçu des bruits dans le hall d'entrée de l'hôtel, sur lequel donnaient la réception et le « privé ».
Par pure précaution, comme elle n'attendait personne, elle avait déclenché d'un coup de pouce le contacteur de son alarme portative, qu'elle portait autour du cou comme un collier un peu moderne. Cela avait alerté le service de veille de la téléalarme installée dans sa chambre.
Le surveillant, à l'autre bout du fil, intervint pour lui demander ce qui se passait, elle l'entendait très distinctement malgré les quelques mètres qui la séparaient de l'appareil.
Elle répondit de son fauteuil, car cela était prévu par le système, et expliqua son problème, demandant à l'opérateur de rester en ligne pour tout écouter et d'avertir de suite famille et voisins pour lui venir en aide. Elle voulait voir par elle-même ce qui se passait chez elle.
Jacques, qui avait pris soin de se munir d'une lampe de poche, était entré en catimini et avait entrepris de commencer sa fouille des lieux par toute la réception, dont le comptoir offrait côté arrière une ribambelle de casiers, de boîtes diverses, qui l'avaient incité à carrément s'agenouiller pour mieux fouiller le tout.
La vigoureuse nonagénaire gagna la pièce d'entrée de son appartement en laissant la porte de la chambre béante et ouvrit celle qui donnait sur le hall, tout carrelé de blanc et de noir comme un échiquier qui n'en finirait pas.
Fédor, suivi de Boris, fut étonné par cette arrivée soudaine alors qu'ils s'apprêtaient à pénétrer eux-mêmes dans l'appartement. Surpris, il n'eut pas à se forcer pour pousser un rugissement bestial tout en se jetant de toute sa lourde masse sur la mamie qui tomba lourdement à terre, sans avoir vraiment ni vu quoi que ce soit ni vraiment réalisé ce qui lui arrivait.
Au même moment, le téléphone de Boris, qu'il avait oublié d'éteindre, se mit à émettre suite à un appel son tapage de loup en folie, de plus en plus fort et très longtemps avant qu'il ne le retrouve au fond d'une poche de sa veste et puisse le couper.
Effrayé par cette clameur subite et absolument inhabituelle, Jacques, derrière le bureau, fit tomber une sorte de boîte à biscuits d'où s'échappèrent de vieilles cartes postales...
Alerté par le bruit et réagissant avec la rapidité d'un serpent, Boris attrapa le Jacquot par le col et le ramena à la lumière, tandis que Fédor, complètement abasourdi par cette suite d'événements non prévus, oublia les recommandations cent fois répétées et, saisissant la hachette à bois dans le panier près de la cheminée, se pencha sur l'aïeule et lui en asséna un grand coup sur la tète.
Jacques, en moins de trois secondes, fut victime d'un choc au crâne, oublia tout avant de se réveiller plus tard, hache en main, alors qu'arrivaient voisins, famille, garde champêtre et pompiers, prévenus par le surveillant de la téléalarme qui avait tout perçu à distance, alerté tous les contacts prévus et enregistré l'intégralité de la scène.
Le mafieux, trahi par la bizarrerie de sa sonnerie, dûment enregistrée par le veilleur de la téléalarme et reconnue par le fils, n'avait pas tardé à être retrouvé plus loin dans le département, toujours en compagnie de sa bête fauve à deux pattes, croyant vraiment que rien ni personne ne pouvait le mettre en cause... Boris le loup trahi par une lamentation de loup, quoi de plus risible ?
Jacques avait été mis à l'abri quelques mois pour divers vols et autres peccadilles, mais il regrettait que cela n'ait pu être fait plutôt l'hiver !
Le téléphone du russe s'était mis en route juste au moment où la pauvre victime glissait au sol noir et blanc, et c'est ainsi que, par analogie, sa dernière pensée avait exprimé, tristement, son ultime regret :
« Je n'ai jamais vu de loup ».
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Un petit mot pour l'auteur ? 1 commentaire

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chris bachy · il y a
très belle histoire bien écrite bravo

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