Conte de fées inversé

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Il était une fois, dans des temps très anciens, une princesse nommée Noemis, de tout le royaume elle était considérée comme la plus jolie. Ce n’était pas seulement dû à son titre – bien que si moche elle fut, on l’aurait tu – elle était réellement d’une beauté sans pareil dans la race humaine, et même les plus beaux paysages à son approche devenaient ternes. Partout où elle passée elle inspirait joie et bonté et les plus vils personnages n’avaient pour elle que d’agréables pensées. Elle était de ces gens que l’on croise une fois l’an mais qui en un sourire vous redonne l’envie de vivre. De tous les hommes qu’elle croisait, du plus jeune au plus âgé, nul ne s’endormait sans avoir pour elle une dernière pensée et une fois embrassés par les bras de Morphée, de Noemis ils rêvaient.

Le royaume d’AgÏa était vaste est prospère, et c’est seulement par-delà ses frontières qu’on y faisait guerre. A l’intérieur des terres jamais l’on avait vu un seul révolutionnaire, et l’idée même restée d’éther car tous les rois qui se succédèrent s’étaient toujours comportés auprès du peuple comme des pères. Les taxes imposaient l’étaient en fonction du revenu du foyer ce qui avait toujours empêché toute pauvreté. Dans tout conflit le roi intervenait avec justice et équité ce qui empêchait toute rancune après l’affaire réglée. A AgÏa l’impunité ne pouvait exister, le roi n’était pas craint mais respecté. Chacun pouvait, à sa guise, exercer le métier qui le passionné, bien que les femmes restaient en majorité au foyer. Seules quelques-unes pratiquaient des professions qui leurs étaient réservaient, les hommes ne disposant pas de la grasse requise pour accomplir ces tâches. Cela était dans toute les consciences comme venant du bon sens. L’empire était géré de si bonne façon que ses administrateurs n’entreprenaient que des bonnes actions, les guerres ne résultaient que d’une nécessité, c’est-à-dire lorsque les intérêts du peuple étaient en danger et le principal avait toujours était la paix. Ainsi jamais un roi n’eut à déclarer la guerre mais se défendait avec vigueur si nécessaire. La prospérité du royaume était donc dû à une recherche constante du commun profit et cela n’était pas survenu à la suite d’événements fortuits.
Au commencement (ndlr : je parle là d’une époque antérieure à l’histoire que je vous narre) de l’âge des hommes régnait le chaos, des tribus s’entretuaient, pillaient et jamais ne songeaient à la postérité. De ce chaos l’on vu naître un groupe a part composé d’hommes et de femmes voulant un monde nouveau fondait sur la paix et la liberté. Ils libérèrent les opprimés qui, à leur cause, se rallièrent. La tribu grandissait au fil des nouveaux venus et fut bientôt considérée comme la plus puissante jamais vue. Des premiers fondateurs et héros on fit élire comme chef le plus sage : SÏmeo. Il décida de fonder AgÏa sur un texte que chacun devrait connaitre et respecter : le Pentalogue. Le nouveau monde venait de naître et en voici les préceptes :
_ Tous les hommes doivent œuvrer au commun profit.
_ Les hommes sont libres et égaux en droit, ils peuvent se déplacer, s’exprimer et accéder à la propriété en toute sérénité.
_ La religion est une affaire personnelle que chacun peut exercer ou non, le prosélytisme actif est interdit.
_ Chacun peut et doit exercer le métier qui le plus lui plaît, participer à la politique est un droit, non un devoir.
_ Tous les préceptes précédemment énoncés sont fondamentales et immuables.

Ainsi sur ce texte proclamé le royaume d’AgÏa fut fondé. Bien sûr on ajouta plus tard des livres régissant chaque domaine et à la demande du peuple le roi modifiait et créait de nouvelles lois révélant sa bonne foi.
Dans sa chambre la belle Noemis à moitié endormie fomentait en secret sa vision de la société. Eclairée par la lune elle récitait chaque partie de son plan une par une. Le mariage approchait est de même que la princesse devant l’assemblée une nouvelle page se tournerait. Elle ne connaissait pas son futur prince charmant bien qu’il fut parmi les prétendants lors du banquet survenu un mois avant, elle n’y avait fait qu’une courte apparition simplement pour y montrer son opposition. La jeune femme étant fille unique, le roi et la loi voulait qu’on lui trouve un prince car seul un homme pouvait gouverner, c’était là la logique. Aussi ce mariage allait fonder la nouvelle alliance qui lierait AgÏa au royaume voisin, c’était l’union de deux êtres sans passion, la fusion de deux états en vue d’une nouvelle coalition. Le roi était triste de voir que cela déplaisait à Noemis mais il avait, comme tous, toujours en tête le commun profit et le malheur de sa fille en était le prix.
Le mariage fut somptueux, de tous les coins des deux royaumes les gens des plus pauvres aux plus riches étaient venus voir les amoureux prononcés leurs vœux. A contrario la nuit de noce ne fut pas de tout repos. En effet le premier point du plan de Noemis visé le jeune marié, et elle n’eut aucun remords à l’émasculer. Pourtant le garçon fou d’amour ne lui en voulu point, elle lui expliqua en détail son plan et il le comprit partiellement, entre deux gémissements. Dès le lendemain la princesse s’attela à la refonte de la société sur les ordres de son mari alité. Elle commença d’abord par donner autorité aux femmes de caractère fort. Personne ni comprenait rien mais aucun ne s’y opposait car les ordres étaient censés venir du nouveau roi et étaient dictés par Noemis et sa beauté à qui on ne pouvait résister. Les femmes remplacèrent les hommes pour la gouvernance du royaume et bientôt la belle se vit poser sur sa tête la couronne. La première société matriarcale était née.
La nouvelle reine choisit le jour de la fête de la femme – qu’elle avait instauré auparavant - pour faire son premier discours public et voici la fin de sa rhétorique :
« Peuple d’AgÏa c’est vous-même de par vos principes et vos lois qui m’avez poussé à faire cela, j’ai passé ma jeunesse à me faire à l’idée que jamais je n’aimerais ce que l’on m’imposerait et l’on m’a imposé le fait d’aimer. Cette nouvelle société et le résultat d’un mariage forcé, une leçon pour ceux qui ont voulu m’octroyer la liberté d’aimer. »
Les années passèrent et la reine Noemis De Veauboir comprit que la leçon avait été retenue par l’intégralité de ses sujets, aussi elle modifia le Pentalogue de sorte que l’on sache que les femmes avaient les mêmes droits que les hommes, c’en était devenu un axiome. La société fut refondée sur une logique de parité. La légende dit qu’elle partit ensuite s’exiler sur une ile nommée Lesbos ou elle reçut les grâces d’Eros. Elle vécue heureuse.
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