Chroniques d'un autodafé (1)

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J'ai toujours eu une peur bleue des aiguilles.

Que ce soient celles de l'immense horloge murale de la gare d'Arkanciel, bombe à retardement maquillée qui égrène les secondes comme les pétales d'une pâquerette, explosant inévitablement au moment où « pas du tout » me reste bêtement dans les mains quand le train t'enlève sous mes yeux ;

ou bien celles des seringues du Dr Greud à l'institut de l'Arbre Sec, qui vous mordent le bras sans raison pendant qu'il vous chuchote que tout va aller pour le mieux, elles m'ont toujours mis mal à l'aise.

Vulnerant omnes, ultima necat.

Froide piqûre de rappel, inscrite auparavant sur les cadrans des horloges des édifices publics et des églises, à une époque où le temps ne s'achetait pas encore dans des parcmètres. Un avertissement séculaire, surgi d'outre-tombe, que tu as recopié un jour sur ma boîte de cigarettes...

— C'est pas trop serré ? me demande l'infirmière, serrant le garrot d'une main et me tapotant les veines de l'avant-bras de l'autre avant de saisir une petite seringue en verre. Ne vous crispez pas monsieur, tout va bien se passer, vous verrez...

Je ferme les yeux et repense à ton inscription sur le paquet, à tes joues timides et à ta silhouette dansant dans des ronds de fumée et à ton baiser qui m'apporte un cancer.

L'horloge sonne vingt-deux heures.

Toutes blessent, la dernière tue.

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