Cendrillon

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Ecrire ? Un besoin impérieux. Ecrire ? Ecouter le vide se remplir et... Vous dites ?"Si on ne l'entend pas" ? Tendre l'oreille. Et suivre la plume  [+]

IL
Rue Saint Antoine. Au détour d'un matin froid il a sorti les mains de ses poches. Il marche vite.
Pressé d'arriver. Où ? Et que vient t'-il de quitter ? Une chambre d'hôtel ? La table d'un petit-déjeuner dans une cuisine familiale ? Le lit de qui ?
Et pourquoi s’intéresser à cela ?
ELLE
Rue Saint Antoine. Au détour de ce même matin qu'elle trouve glacial, elle a glissé ses mains dans ses poches. Elle marche vite. Mais moins vite. Souvent derrière lui, c'est son allure. Elle l'a quelques fois remarqué, perdue dans ses pensées. Vers qui vont-elles ? Où courent ses rêves ?
Et pourquoi s'intéresser à cela ?
TOUJOURS ELLE
Évidemment... Elle jette un œil distrait à son téléphone portable. Pas de nouvelle. C'est à ça qu'elle pense. Enfin.. Elle essaie de ne pas y réfléchir. Mais essayer de ne pas y réfléchir, c'est déjà y penser.
C'est encore y penser. Et elle ne fait plus que cela en vrai. Elle ne sait plus rien faire d'autre. Elle sait que le petit appareil ne sonnera pas. Elle le sait. Sans savoir pourquoi. Mais elle regarde quand même. Et en effet, il ne sonne pas.
Elle est une attente. Une longue, une interminable attente. Il faudrait qu'un truc se passe. N'importe quoi. Mais que ça arrive. Là, maintenant, tout de suite.
Mais pourquoi s'intéresser à cela ?
ENCORE IL
En matière d'attente, et il en connaît un rayon, il y a aussi l'ennui.
Il marche vite, c'est vrai. Il craint d'être rattrapé. Par quoi ? Ou qui ? Il a sorti les mains de ses poches pour se cacher sous son bonnet. Il gèle à ne pas mettre un pied dehors et les siens sont dans ses bottines depuis déjà des lustres. Ils courent ce lundi matin vers le quotidien habituel : petite ritournelle immuable. Douche, café, décollage immédiat... Le train-train. Même cette femme, aux chaussures abîmées qu'il a vu à plusieurs reprises devient coutume. Tous les matins, il l'a regarde s'installer.
Petit manège ; toujours le même : Sac, mille et un cabas, soupir, lunettes de soleil, portable, un livre. Elle semble maladroite, un peu aérienne. Dans les nuages... Tous les matins elle cherche quelque chose. Tous les matins, il se dit : Quoi ? Elle est là. Intrigué, il l'a regarde.
Pourquoi ? Je crois qu'il ne sait pas. Il trompe peut-être la solitude en l'observant.
Jusqu'à quand ?
Et qui s’intéresse à cela ?
EUX
Cinq, quatre...
Elle a vu son dos, il marchait droit.
Elle a vu son regard au travers de la vitre. Elle traversait la rue. Elle avait enlevé ses lunettes.Un jour avec. Rangé aussi son téléphone, un jour sans. Il était toujours muet de toute façon. Un lundi qui ne parlait pas. Un lundi sans parole. C'est pour ça qu'il faut s’intéresser à l'histoire.
Tout démarre ici.
Son bonjour à elle, son sourire à elle.
Sa réponse à lui, son sourire à lui.
Au commencement, il la vouvoie.
Trois, deux...
Il a vu quoi en premier ? On ne sait pas.
Sûrement, d'abord ses yeux, au travers de la vitre. Il était assis côté fenêtre. Elle avait, c'est vrai, ôté ses lunettes et comme pour une fois, elle n'avait pas collé son nez au petit écran tactile, elle avait fini par lever la tête. C'était un lundi ; avec pas de bruit.
C'est pour ça qu'il faut s’intéresser à l'histoire.
Tout démarre là.
Quand il a fait éclater le soleil sur son visage. Quand il a eu envie de lui sourire. Juste envie de lui sourire. C'est un début.

Elle a vu quoi en premier ? On ne sait pas.
Sûrement, d'abord ses yeux, derrière la fenêtre. Il avait, c'est vrai, tourné la tête au moment où elle levait la sienne du petit mobile qui ne la quittait jamais. C'était un lundi ; avec pas de bruit.
C'est pour ça qu'il faut s’intéresser à l'histoire.
Tout démarre là.
Quand elle a fait éclater le soleil sur son visage. Quand elle a eu envie de lui sourire. Juste envie de lui sourire. C'est un début.
Son ça va à lui, son regard à lui.
Sa réponse à elle, son regard à elle.
Au commencement, elle le vouvoie.
Un...
ELLE ET LUI
Toutes les histoires ne commencent pas un lundi. Toutes les histoires ne commencent pas sans faire de bruit. Certaines pourtant, se construisent en silence.
Au détour d'un chemin. Certaines durent et d'autres pas.
A quoi est vouée celle-ci ? Personne ne le dira. Parce que qui sait ?
On pensera seulement « c'est le timing et on verra...».
Zéro...
TOI ET MOI
C'est le hasard des rencontres. Certains diront que le hasard n'existe pas.
Pour ma part, je ne sais pas. Il y a des choses que l'on ne décide pas.
Comme... Quelle paire de grolles nous ira. Ou pas. Et surtout, combien de temps on la portera.
Et pourquoi dit-on : y'a qu' celle-là qui me va.

Moi ; j'ai parfois envie d'faire le mur.
Sans chaussure. Même pas une !
Le reste n'est pas à écrire. Le reste est à vivre.
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