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Ce que font les libellules après l'été

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Claire Le Coz

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Nona revient du marché. Elle dit quelque chose que je n'entends pas. Je regarde la libellule bleue dont les pattes se sont prises dans la dentelle du rideau. Nona me regarde, je la sens dans mon dos. J'aurais pu secouer le rideau, doucement, laisser la libellule s'envoler dans le vent qui joue par la fenêtre ouverte. Je ne l'ai pas fait. Je continue de regarder comme l'on regarde malgré soi l'agonie, et dans l'agonie un rien d'hypnotique. La lutte de l'insecte s'imprime à mes traits, sans doute ma bouche mime quelques contorsions. Nona vient, secoue le rideau d'une tape délicate. La libellule s'envole. Bleue tendue vers le ciel et ses courants.

— Qu'est-ce qui te prend ? elle dit.

Je ramasse les sacs colorés, les porte à la cuisine, Nona sur mes pas.

— Je pensais à cette histoire, tu sais. Il y a des enfants insolents, on leur a parlé de la libellule, qu'elle viendra le soir, pendant leur sommeil, qu'elle coud les yeux et les oreilles des enfants indisciplinés, et tout le jour ils ne pensent pas à la libellule, ils jouent, chahutent, courent au travers du bois, effraient les poules, tirent les cloches des maisons voisines, ils font des farces d'enfants, bravent les interdits des jours durant, mais à chaque coucher, ils se rappellent, et chaque nuit ils ne veulent pas aller au lit, ils glissent terrorisés dans leurs draps, bien obligés, l'oreille aux aguets, à se demander à chaque vrombissement si c'est celui de la libellule, si elle va leur coudre les oreilles et les yeux, ne leur laisser que la bouche pour crier leur effroi...

Nona hausse les épaules, dit que ce n'est sûrement pas elle qui m'a raconté ces idioties. Il est vrai que les histoires de Nona sont toujours des histoires qui portent à croire plus qu'à se méfier, des histoires pour réfléchir et rêver. Je la regarde aller au lavabo, prendre le gant accroché près des torchons et l'imbiber d'eau fraîche et le frotter sur un gros savon pour se rafraîchir les dessous de bras. Il n'y a que Nona qui fasse cela, des bouts de toilette dans la cuisine. C'est des habitudes qui lui sont restées, des habitudes qui ont connu l'absence de salle de bain et un seul et unique point d'eau.

— On va faire les haricots, là qu'ils s'installent, que tu me restes encore.

Nona répète ce qu'elle a dit plus tôt, qui s'est enfuie dans ma contemplation de l'insecte. Antoine est arrivé.

Antoine arrive de Paris tous les étés. Avec son père, sa mère, et des wagons de valises comme on n'a pas idée. Ils restent les deux mois entiers.

Antoine est arrivé, c'est le début de l'été.

Je ne montre rien. Je fais des ah oui et des tiens donc, et Nona fait mine de croire en mon flegme sous son oeil de malice. Elle passe le tablier à fleurs passées, tourne le bouton du petit poste de radio qui fait des bzzz avant de chanter un de ces vieux airs. Souvent du Piaf ou du Brel, parfois des musiques d'ailleurs que Nona entonne avec un accent de jeune fille. On équeute sur la fraicheur de la toile cirée, les persiennes tirées et les rideaux légers qui virevoltent. Nona fait cuire les légumes. J'aime cette odeur de vert qui bout, infuse l'eau pour s'échapper en vapeur et envahir chaque pièce. L'odeur des haricots qui cuisent. Je passe le rideau de perles qui donne sur le balcon, m'installe sur la balancelle, tandis que Nona s'affaire. Je ne fixe pas le chemin. Non, évidemment. Juste un peu du coin de l'oeil, juste le temps d'un rien qui paraît infiniment long et dilué. Je retourne là après la salade d'haricots, préparée avec des oeufs mimosa et beaucoup d'échalottes hachées menues menues. Je me laisse bercer par les bruits de vaisselle, les giclures d'eau. Puis Nona va à la sieste et la chaleur comme l'ennui me cueillent.

Je m'amuse à ouvrir-fermer les yeux, ouvrir, fermer, sur rien de rien d'autre que le même paysage, le même chemin foulé d'aucun pas. Antoine n'apparait à aucun de mes décomptes. Jamais il n'est venu plus loin que le début de l'après-midi. Jamais il n'a raté le premier jour de ce retour, depuis le premier été. Parfois les choses sont si bien ancrées qu'on les croit dans la tout à fait normalité des choses, une habitude si évidente qu'il n'y a pas d'autre possible qui puisse se faire à l'esprit. Du moins pas le réflexe premier, qui lui attend et guette et attend et guette encore. Pourtant le jour continue d'avancer sans Antoine. Il ne sert à rien d'attendre ni à se froisser l'humeur.

Après sa sieste, Nona me rejoint. Son tricot dans une main, une soucoupe d'amandes fraîches dans l'autre. Elle se met à la petite table juste à côté de la balancelle, je m'y installe pour croquer les amandes avec elle. Nona pourrait me suffire. Nona me suffit. Nona m'a suffi. Antoine brouille juste ma conjugaison.

— Je vais à la rivière, je lance à Nona.

Peut-être est-elle surprise, peut-être pas. Elle hoche juste la tête et je pose un baiser léger sur sa joue.

J'ai assez attendu, je me répète tout du long. J'ai l'idée aussi qu'Antoine arrive et ne me trouve pas, attende à son tour, du temps long comme infini. Je me rends compte que je marche vite et colère, à la chaleur qui me monte, à mon souffle qui halète, mais je trouve l'eau comme elle me trouve, la fraîcheur me cueille et m'apaise, l'eau, les pierres dorées qui paressent sous le soleil, la découpe des branches qui entortille d'ombres la rive gauche, le scintillement de la rive droite, l'odeur des roches et celle de la vase, une odeur vert d'eau. Je ne suis plus corps, je suis vague et mouvement, je m'enfonce sous le dessous, le profond, dans le noir vert sans plus d'air, croise des poissons agiles qui me filent d'entre-doigts, le vieux plastique d'une bouteille crevée qui repose. Je remonte en petites bulles qui grossissent, je jaillis torpille, happe l'air. Puis je flotte à la dérive du courant, immergée je lis le film des nuages déroulés par le vent, le soleil me chauffe les cuisses, mes oreilles sourdes comme cousues, les bruits viennent d'ailleurs, du loin, l'eau les opacifie. J'entends des voix pourtant, je me redresse, bascule sur le ventre, brasse. Deux silhouettes sur la rive au loin, bras et mains levés. Deux, qui tranchent le décor, qui chiffonnent mon paysage. Je replonge en sens inverse, mouvement lents et amples, je brasse au plus loin, remonte, replonge. Sur la rive opposée je m'étends, yeux fermés. Il n'y avait rien. Je n'ai rien vu. Rien entendu. L'été est mort. Je l'ai coulé là, avant de remonter, de m'étendre pierre.

— Tu rentres tard, dit Nona dans un sourire à mon retour.

Elle dit que ce n'est pas grave, que le temps rallonge l'été. Que je profite de mes amis. Le temps est devenu pluriel moi je me dis, et à Nona que je n'ai eu que la rivière pour seule compagnie. Antoine est passé, avec sa cousine. Ce n'est pas Antoine, son père, sa mère, et leur wagon de valises cette année, c'est toute la famille, m'apprend Nona.

— Ça tombe bien, je dis, j'ai plein de choses à faire cette année, et monsieur Marcel m'a proposé du travail, alors je crois bien que je vais accepter.
— Vraiment ? m'interroge Nona.

Vraiment je réponds encore, en disant que je suis épuisée, que je vais au lit de suite parce qu'une grande journée m'attend. Dans les draps pourtant, je reste l'œil grand ouvert, comme les petits enfants qui attendent la libellule. J'aurais dû l'écraser, je pense, puis après avoir esquissé le geste en pensées, celui-ci me poursuit coupable et honteux jusqu'à ce que le sommeil s'invite.

Je me lève avant Nona. Je mange de belles tartines, et dans mon sac glisse une boîte plastique avec les restes de la salade de haricots. Une serviette et un livre. Je suis le plan que la nuit a tissé, la libellule n'a pas cousu ni mes oreilles ni mes yeux, elle n'a pas scellé ma bouche, elle m'a glissé l'élan le long du corps, et agitée d'un souffle nouveau.

Un élan stoppé net dès le balcon. Un élan qui me fond et glisse, plic-ploc en flaque, déjà à mes pieds. Antoine est là. Assis sur les marches d'escaliers, la tête posée sur les genoux. Antoine épaissi d'un automne, d'un hiver et d'un printemps. Antoine avec un jour de retard, mais Antoine quand même et les mêmes galops qui tapent au cœur. Non, des galops différents, plus enhardis, qui tapent plus fort et autrement. Il m'entend et se redresse. Une libellule passe, un ange, comme Lolita je m'abime dans la contemplation de mes pieds. L'enfance est là, nos jeux, nos courses, nos éclaboussures. Les étés d'avant, ceux qu'il faudrait ramasser de suite pour les enfermer dans un bocal, pour que jamais ils ne se sauvent, et à la fois, un vent d'été nouveau qui attire et nous souffle dessus.

C'est un entre-deux comme un entre-monde, ce que l'on se reconnait, ce que l'on s'ignore, et rien d'articulé encore. Des soupçons, des airs, comme l'on se devine, comme l'on s'aimerait se voir articuler, mais rien ne se dit jamais ainsi, avec l'évidence de ce qui trotte en tête. Presque rien, juste des si peu. Mais le silence est aussi une magie : il embaume et ennivre.

— Tu allais te sauver encore.
— Je ne vois pas de quoi tu parles.
— On a raté le premier bain.

Je remplace le on par tu. On joue à touché-coulé du bout de nos salves de mots qui dissimulent les galops. Puis déjà c'est fini. Déjà j'ai oublié le vieux Marcel, la cousine et la famille entière en plus du wagon de valises. On s'échappe à la rivière. Le silence a pris la place sur nos vieux babillages, ceux-là appartiennent à l'été ancien. Il flotte quelque chose que l'on sait déjà, que l'on accepte, que l'on évite du regard, fixés au chemin. L'eau est aussi froide que le frisson immense. Les distances établies quand nous nagions coude à coude. L'on ne se frôle ni ne se parle. C'est le premier bain de l'ère nouvelle, on flirte le périmètre, on apprend l'espace, la distance raisonnable. Je me laisse couler. Le plus longtemps au fond du fond, avant de remonter torpille, de happer l'air et Antoine du regard, assis sur une grosse pierre qui en lance une minuscule. On fait des ronds, des ricochets, ça n'amuse plus beaucoup.

Je retrouve le sourire de Beth, la mère d'Antoine qui nous accueille en nous collant des couverts dans les mains. On met la table du petit déjeuner, nos premiers mots. Notre automne, notre hiver, notre printemps. On a pris l'engagement il y a longtemps de ne jamais s'écrire pour ne pas s'attendre ni s'oublier. Ça en fait des mots du coup et des aventures. Je raconte la grosse fuite du toit, la grippe de Nona, Antoine ses cours de piano, l'internat qui me laisse grise, Antoine les couleurs du café du coin, un garçon brouillon du coin, Antoine une danseuse en tulle aux yeux verts. On digère avant l'arrivée de la famille, trois saisons abstraites, dessinées du bout des choses qu'on peut dire. Il y a la grand-mère, la tante, l'oncle et la cousine. Le père d'Antoine dort encore, on le laisse dormir. Beth toujours que je bois des yeux, une esquisse gracieuse qui aurait pris vie. Je regarde la cousine, tente de programmer en trio, de sourire amical. Puis je souris franchement, ils ne sont là, ces nouveaux visages, qu'en halte avant de rejoindre l'Espagne.

On s'éclipse, je m'allonge sur le lit d'Antoine. Il choisit un disque. Le lit d'Antoine est une mer bleue. Je ferme les yeux. Un long couloir s'ouvre, blanc. J'y entends des oiseaux aux cris railleurs, les flonflons des bateaux en partance, j'y dessine la houle. Antoine s'est allongé. Un mètre de distance entre nos souffles. Je lui raconte ce que font les libellules aux enfants enhardis, cette histoire d'oreilles et de paupières cousues. Antoine dit que le jour ne fait que commencer. Nous sommes en sécurité. Il tire la moustiquaire, ferme la porte à clef. Je me redresse, m'assois au centre de la mer bleue, Antoine aussi. Les jambes en tailleur comme deux chefs indiens, la moustiquaire en tipi, on se tient bien droits, on joue. Je voudrais. Antoine commence.

Je voudrais que l'été dure un an, je voudrais que tu sois venue hier comme d'habitude, je voudrais que tu sois moins têtue et capricieuse, je voudrais que tu t'excuses en chantant, je voudrais que tu me racontes tes saisons tout en entier sans rien cacher je voudrais que tu n'en fasses rien, je voudrais t'emmener dans ma valise, je voudrais que tu ne dises pas de sottises, je voudrais lire dans tes pensées, je voudrais que Nona soit éternelle, je voudrais qu'on rembobine au premier été, je voudrais sentir quelque chose de neuf, quelque chose de fort que je n'aurais jamais senti...

On frappe à la porte. Le jeu s'arrête. Tandis qu’Antoine va ouvrir, je m'échappe par la fenêtre.

Je voudrais n'avoir jamais joué à ce jeu idiot. On en dit toujours trop ou pas assez, on n'en retient que des esquisses qui vous brouillent le dedans. Je cours, vite, vite, jusqu'à Nona.

Je voudrais qu'elle me mette dans le bocal, j'inviterais des poissons et des coquillages, un banc de sable blanc et trois nuages. Des glouglous de casseroles et des vapeurs d'haricots verts qui bouillent. Je voudrais ne plus sortir jamais. Je vais trébucher. Je rate toujours les grands pas. Je veux qu'il me reste collé à jamais le parfum des choses douces qui paressent, sans soucis, sans rien qui ne me scelle le regard, et tout ouvert à tout entendre. Je veux rester pâte comme argile, mais tout ce qui vient, tout ce qui va et est, je comprends désormais que tout se fiche, je porte des couronnes en épines comme le poids des saisons passées et de l'aube qui tend. De la page qui vient. Du blanc pas encore écrit. Je voudrais des boussoles et des plans, et savoir le sens des descentes et des montées, et réchapper.

Nona me dit que j'ai surpassé le coq, et que quoi alors ? Déjà terminé ce travail. Bon j'avoue, Antoine était là, juste dans les escaliers, alors le monsieur Marcel, hein, une autre fois. Nona fait du café à sa façon, avec le marc dedans, qui va nous faire des dessins d'avenir. Nona sait lire, Nona sait tout. Presque. Nona dit houlala, quand je retourne ma tasse, et que pas besoin de dire, que je sais déjà. Clin d'œil et bouche mutique devant mes caprices. Alors je regarde la tasse de Nona, et je fais houlala, un grand monsieur à Moustache, où tu le caches donc ? Nona répond, dans le feu de mes souvenirs. J'aime quand Nona me refait l'histoire de son histoire, et celle de la moustache fière de grand-père, de la gifle que lui a mise son père au bal qui me cuit pour elle, mais qui fait que Nona me laisse aussi libre de pousser de travers.

L'après-midi on va à la rivière, Antoine, sa cousine et moi. L'après-midi on a dix ans. J'oublie les jeux idiots du matin, les fâcheries imbéciles de la veille. C'est un moment de rien, dans la simplicité douce des choses, vent, soleil, eau, paresse. On prend un bateau pour le tour d'un monde qu'on invente, on pêche des poissons rêvés, et des histoires de marins et de trésors. Dix ans. Des coups de soleil sur les pommettes, et de la rosée dans nos rires. Légers. Le ciel se couvre, on a annoncé des orages pour demain, la cousine projette les films qu'on verra, qu'il nous faut voir absolument. Je promets du gâteau de Nona, délice des délices possibles au chocolat. Antoine me frôle la main. On a oublié nos postures d'indiens, nos costumes d'inconnus, et nos mots tiédis d'on-ne-sait-quoi. Tout pareil à nouveau.

Le soir vient. Le ciel gronde. Dans le lit paisible, j'attends la pluie. Ces nuits sont belles où l'eau niche de la fraîcheur dans son cœur. J'entends un vrombissement. Non, un grattement. Un trifouillis au travers des rideaux. Une libellule prise au piège. La libellule bleue qui revient se venger, me sceller les paupières. Je m'enfonce sous les draps. Les terreurs de nuit sont éternelles, de tout âge, chimère du noir. Un bruit sourd, celui d'un corps qui chute. Pas une libellule, un Antoine. Un Antoine de nuit, une nouvelle espèce qui se glisse à côté, qui ramène le matin au creux des draps...

Je voudrais sentir quelque chose de neuf, quelque chose de fort que je n'aurais jamais senti, je voudrais savoir ce que vont devenir les libellules après l'été...

PRIX

Image de Automne 2018
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Jacques Dejean · il y a
Fin et sensible. Merci.
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Zouzou · il y a
aux portes de l'enfance , mes voix !
en lice poésie avec ' Des rêves d'Iran ' si vous aimez

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Jean-Claude Renault · il y a
Une peinture impressionniste, une palette d'impressions, les hésitations, le refus, l'acceptation, les peurs... Et peu à peu la sortie de l'enfance. Impressionnant.
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Lllia · il y a
Beaucoup d’émotions tous mes votes!!
Je participe aussi à un concours de dessin en finale si tu veux jeter un coup d’oeil: https://short-edition.com/fr/oeuvre/strips/victoire-weasley

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Potter · il y a
Bravo! J ai vraiment apprécié !
Je vous invite à venir voir mon dessin : poudlard

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Jenny Guillaume · il y a
J'ai adoré votre texte : l'écriture délicate, la poésie des ressentis, la douceur des images, bonne chance à vous !
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Gil Nathan · il y a
J'ai bien senti l'odeur des haricots dans l'eau bouillante, la fraîcheur de la rivière, le trouble des premiers sentiments à l'image du jeu "Je voudrais " et je te remercie pour ces délicieuses minutes d'été de l'enfance retrouvée.
Quant aux libellules, elles ne vivent que le temps d'un été mais quel bel été !

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Isabelle Lambin · il y a
Un début d'été tout simple, Nona, le retour d'Antoine, la rivière et ce mélange de sentiments. C'est beau et très bien écrit comme souvent avec vous.
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