Carnage

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Toute ma vie a été bercée par la littérature, la poésie, et le théâtre. J'ai pris la plume très tôt, et bien que légère elle donna du poids à mes mots, qui devinrent des récits, des  [+]

— Messieurs, savez-vous ce que l'on ressent lorsque l'on tue quelqu'un, lorsqu'on lui ôte la vie ? Avez-vous une idée du frisson qui vous parcourt le corps lorsque vous êtes sur le point de passer à l'acte, et lorsque vous avez tué ? C'est une sensation orgasmique, unique, inoubliable . Étrangler quelqu'un et regarder la vie le quitter, les pupilles de ses yeux se dilater, son souffle s'arrêter. Égorger et voir le sang jaillir en geyser, étriper, foutre une balle dans la tête... ahhh...
C'est une sensation unique au monde... le sentiment de la toute-puissance, celui de donner la mort, d'être le maître, de décider qui doit mourir, quand, et comment. Nous avons tous une bonne raison de tuer. Il suffit d'écouter notre nature, cette petite voix qu'il y a en nous, cette haine, cette colère qui monte. Ce qui nous bloque, qui nous empêche de passer à l'acte ? La loi. Perpétrer un meurtre, c'est finir sur la chaise électrique.

Aujourd'hui, moi, Axel Meyer, je vous offre la possibilité de le faire en toute impunité, et je dirai même mieux : en toute légalité, et avec les armes de votre choix. De la simple corde au lance-roquettes, il n'y a pas de limite à mon arsenal, car il n'y a pas de limite à votre compte bancaire.
Les forces de l'ordre n'interviendront qu'avec des balles à blanc. Ils sont à notre solde. Je ne vous propose pas de commettre un meurtre, je vous propose de tuer, massacrer, saccager, de mettre la ville à feu et à sang, de faire plus de victimes que dans une guerre.

Messieurs, vous avez payé la coquette somme de 100 Millions de dollars chacun. Dès demain matin, de 9h00 à 15h00, la ville de San Diego est à vous. Elle vous appartient.Tuez, pillez, massacrez, torturez qui vous voulez, comme vous voulez, en toute impunité.Une limousine déposera chacun d'entre vous sur les lieux de son divertissement.Vous serez ensuite mis à l'abri dans le pays de votre choix avec une identité nouvelle.

Bon massacre messieurs, amusez-vous bien. Surtout, faites un maximum de morts, et n'épargnez personne. Les survivants c'est mauvais pour la réputation de notre agence. Ace sera une première dans l'histoire de notre pays, et dans l'histoire du monde. Vous allez perpétrer le plus gros carnage de tous les temps ! Suivez Ted à l'arsenal, il va vous équiper et vous donner les instructions de votre évacuation une fois la petite sauterie terminée ! La mort est une expérience qu'il faut vivre au moins une fois dans sa vie !

Les dix candidats éclatèrent de rire. Un immense autocar blanc s'arrêta devant le tribunal de San Diego. C'est ici, dans la salle d'audience, après la fermeture, que le juge Axel Meyer convie les milliardaires en quête de sensations nouvelles.

— En route, messieurs, lança Ted, le chauffeur. Les dix hommes prirent place à bord du luxueux autocar, et se firent face en deux groupes de cinq sur les très confortables fauteuils en cuir installés latéralement. Immédiatement, une somptueuse hôtesse blonde leur servit une coupe de champagne.
— Où allons-nous ? Lança Scott.
— À Tijuana, notre arsenal est là-bas, répondit-elle dans un magnifique sourire.
— Je sais pas pour vous les gars, mais moi il me tarde d'ouvrir le bal, enchaîna Scott. Quand je n'étais qu'un minable petit étudiant qui crevait la dalle, je me suis pointé au Mac Do de Heights rd. Je commande, je paye, et là la serveuse me sort : il vous manque 10 cents, ça fait 5,45 $, il n'y a que 5,35 $. J'avais pas la tune, elle ne m'a pas servi. Je suis reparti humilié devant tout le monde, le ventre vide. Je l'ai vu vider le plateau-repas dans la poubelle. Ils préfèrent jeter la bouffe et perdre 5,45 $ que de servir un client à qui il manque 10 cents. Demain, je vais me faire tous les Mac Do.
— Moi, je veux juste tuer des innocents pour devenir le destin, qui frappe sans distinction de couleur, de race, de classe sociale ou d'âge. Je vais me faire un campus les gars ! Dit Darren.
— On a tous quelque part en nous, bien enfouie, une envie de tuer. Ça va être un carnage à sang pour sang, continua Fred.
— La mort dépend des rencontres et de l'état de la matière. Si un corps mou rencontre un corps dur à faible allure, il ne se passe rien ; à vive allure, la mort survient. La mort est absente et présente en même temps, enchaîna Ulrich, un petit homme grisonnant au crâne dégarni.
— Messieurs, on est arrivé, interrompit Gladys, l'hôtesse.

La porte coulissante s'ouvrit sur un hangar désaffecté de la banlieue de Tijuana. Les dix hommes descendirent de l'autocar, suivit de Gladys. En face d'eux, Carlos, un colosse à la barbe hirsute de deux mètres de haut.

— Bonsoir messieurs, en guise de cadeau de bienvenue, y'a un p'tit chanceux qui a droit à du rab.

Il sortit son colt 45 de son holster.

— Quelqu'un veut se faire la main sur cette pétasse ?
— Carlos putain de merde tu es fou, tu débloques, qu'est-ce qu'il te prend ?? Hurla Gladys.
— Moi, hurla Greg, fébrile, moi !!!
— Attrape !

Carlos lui envoya le flingue, Greg la saisit en plein vol, arma la culasse, et lui vida le chargeur dans la tête. Les huit assourdissantes déflagrations, accompagnées des flashs provoqués par les flammes, des douilles tintant sur le sol, ainsi que les projections de sang et de cervelle, donnèrent un son et lumière particulièrement réussi. Recouverts de sang, les neuf autres clients n'avaient rien manqué de cette tuerie improvisée et affichaient tous un sourire radieux, les yeux écarquillés d'envie et d'admiration, tandis que Greg haletait d'excitation, sous le coup d'une décharge d'adrénaline hors du commun. Carlos s'approcha du cadavre, éclata une bouteille de champagne contre un mur, éventra Gladys avec un tesson, et en sortit ses tripes.

— Mes chiens vont adorer ! C'est de la barbaque de première. Ce n'est pas tous les jours qu'ils bouffent de la blonde. Allez, venez choisir vos armes parmi notre arsenal les gars, juste le temps de me rincer les mains au champagne.

Les dix hommes entrèrent, pressés par la curiosité. Devant leurs yeux, tout ce que la terre pouvait contenir d'armes empilées sur des centaines d'étagères.

— Putain vise un peu cet arsenal de malade ! Ça va être la Troisième Guerre mondiale ! Lance-flammes, grenades, fusils-mitrailleurs ; ma vie va être remonsterisée ! Plus violent que ça, tu meurs ! Plaisanta Larry.
— Faites votre choix messieurs, je vous écoute !
— Deux pistolets-mitrailleurs Uzi pour moi, et dix grenades, c'est pour ma petite commande au Mac Do, esquissa Scott, sous les rires de ses collègues.
— Pour moi, un putain de magnum 500 et un colt 45, tonna Greg. Je vais faire péter des tronches dans la rue, au hasard d'une petite balade ! Le magnum 500 arracherait la tête d'un éléphant !
Ok ! On a un spécialiste, reprit Carlos. Tu veux de made in USA, rien de tel !
— Hey Carlos, t'aurais deux fusils d'assaut et des grenades ? Je veux du made in USA aussi ? Enchaîna Darren, je vais retourner chercher mon putain de diplôme au campus !
— No problemo Gringo ! Je te file deux M14, ça a servi au Vietnam, et des grenades de type MK2 ! Avec ça tu vas décrocher un master !
— Hombre, s'exclama Fred, je dois faire quelques courses dans une galerie commerciale, au Fashion Valley mall. T'aurais pas, par le plus grand des hasards, un AK47 et un poignard ? À l'époque, je n'avais pas de quoi me payer un costard, maintenant je vais me payer le magasin ! Je n'ai pas la patience d'attendre les soldes !
— Si Gringo, avec ça tu vas dévaliser les rayons !
— Hey Carlos, j'ai un petit retrait à effectuer à la First National Bank, j'ai oublié ma carte bleue.
C'est possible d'avoir un lance-roquettes RPG7 ?
— Tout est possible ici Gringo ! Même un lance-missiles ! Tu dois avoir un gros retrait à effectuer !
— Tu y es presque, Carlos ! J'ai besoin d'un lance-flammes ! Je me suis fait racketter, étant jeune, dans un quartier chaud, à la Jolla. Je m'en vais leur montrer qui est le plus chaud, décréta Nelson.
— Ah ah, amigo ! Carlos a ce qu'il te faut, un FMW 35 de l'infanterie Allemande, utilisé pendant la Seconde Guerre mondiale. Il est léger et efficace jusqu'à 25 mètres. Il est surnommé « le voleur de peau » Tu vas le roi du barbecue avec ça ! Tu vas cramer tout ce qui bouge !
— Hey, l'ami, est-ce que vous avez un scalpel ? demande timidement Ulrich.
— Un SCALPEL ??? Vous voulez plaisanter !

Les dix hommes étaient abasourdis par cette demande farfelue.

— Vous voulez un scalpel ??? Vous avez payé 100 millions de dollars pour un putain de scalpel ??? Avec pareille somme je peux vous fournir un char d'assaut et vous voulez un scalpel, hurla Carlos.
— Donnez-moi un scalpel, s'il vous plaît, Carlos.
— Ok, no problemo senor. C'est vous le boss. C'est votre argent, vous faites ce que vous voulez avec.
— Vous aimez la mort rapide, j'aime la mort lente, l'agonie, la souffrance, je veux qu'on l'appelle, qu'on la supplie, qu'on l'implore. Je ne suis pas dans un jeu vidéo. À quoi bon désintégrer ou pulvériser des gens. On ne voit pas la mort, on ne voit que la cause. Moi je veux voir la terreur, les larmes, la respiration qui s'accélère, je veux entendre les cris. Je veux que ma victime supplie la mort de venir la chercher, et je retarderai ce moment jusqu'à ce que la mort elle-même me supplie de la laisser l'emporter.

— Heu, Carlos, j'ai toujours rêvé d'être un sniper. Je veux un fusil de précision, pour du tir à longue distance, demanda Owen.
— Pour toi amigo, un M 40 calibre 7,62 X 51 mm avec une lunette télémètre Vortex. Tu colles un pruneau entre les deux yeux d'une mouche à 915 mètres.
— Yeah, je vais défoncer des ados dans la rue, ça va être cool !
— Yo Carlos, il me faut deux pistolets mitrailleurs Skorpion VZ61 et un 357 avec balle hydra-choc.
— Je vais bousiller du flic ! S'esclaffa Dan.
— Ok man, j'ai un fin connaisseur, j'ai ça en stock !

Duncan sortie une perruque blonde de son sac, et un tube de rouge à lèvres, et se maquilla.

— Ma femme est tombée amoureuse de la patronne d'un salon de coiffure. J'ai besoin d'un revolver 44 Magnum 5 pouces et d'une tronçonneuse.
— Ah ah ! C'est comme si c'était fait, senor, senorina !

Les dix milliardaires manipulaient leurs armes, aussi fébrilement que des gamins. Ils les rangèrent ensuite dans leurs sacs, leurs holsters et leurs gabardines.

— Ok, dit Carlos, je vois que vous avez compris. Rester discret jusqu'au moment de passer à l'acte, c'est exactement ce qu'il faut faire. Maintenant, écoutez-moi tous, attentivement. Je répète les consignes. La ville sera à vous de 9h00 du matin à 15h00, très précisément. Toutes les armes des militaires et des policiers seront chargées à blanc. Nous avons le contrôle sur eux. Nous sommes l'État dans L'État. Vous n'avez rien à craindre d'eux. En revanche, la population civile peut être armée. C'est à vous d'être vigilants. Des hommes armés seront vos gardes du corps et vous suivront très discrètement pour veiller à ce qu'aucun civil ne vous tire dessus. Vous serez tous équipés de gilets pare-balles par mesure de sécurité. On ne badine pas avec la vie des milliardaires, ah ah !
À15h00, très précisément, rendez-vous devant le Fountain Garden. Un van vous y attendra. Il vous conduira à l'aéroport de Los Angeles. Dix jets privés spécialement affrétés vous emmèneront vers les destinations que vous aurez choisies. Vous aurez une nouvelle identité. Avec cette expérience, vous ne serez, de toute façon, plus jamais les mêmes ! Vos limousines vous attendent, Gringos. Bon divertissement, amusez-vous bien ! Toute la Terre va parler de vous !

San Diego : 9.01 am. Heights road. MacDo

— Pousse-toi, dégage !
— Hey, vous me passez devant !
— Dégage, je te dis !
— Poussez pas monsieur !
— Hey ça va pas ?
— Monsieur, arrêtez de bousculer tout le monde, attendez votre tour !

— Bonjour, puis-je prendre votre commande ?
— Un menu big cheese, une frite, un soda.
— Light le soda ?
— Normal.
— Ketchup Mayo ?
— Mayo, le ketchup je m'en occupe.
— Sur place ou à emporter ?
— Sur place.
— 5,45 $ s'il vous plaît. Merci, bon appétit.


Scott prit son plateau et s'installa quelques tables plus loin. Adossé sur la banquette, il avait devant lui la rangée de serveurs, affairés à prendre les commandes de la clientèle qui commençait à affluer. Des jeunes, des familles, une vieille dame. Un monsieur quelconque sirotant son café en pianotant sur son Macbook.

Souriant, il savourait ses frites, puis son double cheese, accompagnés d'aspirations rythmées de son soda, via la paille blanche et rose. Il était gêné par les deux armes à l'intérieur de sa gabardine en cuir noir, ainsi que par ses poches remplies de grenades.

— Hey, pouffiasse, t'as oublié mon Ketchup ! hurla-t-il.
— Vous avez un problème, monsieur ? Intervint le manager.
— Non connard, c'est toi qui as un problème !
— Monsieur, je vous prie de...

Scott se leva calmement, balaya d'un geste son plateau sur la table d'un côté, croisa ses bras sur ses flancs et sortit, des ses poches intérieurs les deux pistolets-mitrailleurs .

— Bande de bâtards ! Tatatata !!! tatatata !!!

Il ouvrit le feu, en pivotant à 180 degrés, et les Uzi hurlaient les balles et crachaient la mort tout autour ! Des corps déchiquetés projetés comme des pantins désarticulés, des tables, façades de verre, des caisses enregistreuses, des écrans plats qui volaient en éclats, des cris, des mouvements de panique, la foule qui se piétine en continuant de s'effondrer, foudroyée par de puissantes rafales.

— Bande de nazes, connards, je vous crève tous !

Il balança une grenade MK2 derrière le comptoir et quatre secondes plus tard des tripes et des viscères arrosaient les murs rouges de sang dans une terrible explosion. Enjambant les corps, Scott rechargea ses deux armes et continua dans la rue, flinguant les passants, les automobilistes, fracas de verres, de métal, de chair, de sang et se dirigea vers le deuxième Mac Do. Les sirènes de police hurlaient déjà, elles hurlaient trop tard.


Tour Electra. 9.15 am


Owen culminait à 145 mètres sur la tour Electra. La tête de Stephen, 15 ans, se dessinait dans le réticule de sa lunette de visée. Le doigt sur la bossette de la détente, il retenait son souffle, allongé sur le béton froidement armé du toit.

— Stephen, ramène-toi on va au skate park.
— Attends, je passe d'abord chez moi je...
— Aaahhhh !!! Stephen !!! putain !!!

La tête de Stephen éclata comme une pastèque et recouvrit John de cervelle. Une seconde après, il s'écroula à côté de son camarade.


La Jolla. 9.30 am


Nelson, avait endossé un déguisement de poulet avec une pancarte : « Joe Chicken Fried » et haranguait la foule de son slogan : le meilleur poulet de la ville, chez Joe !

— Matez-moi un peu ce clown, les gars ! Suivez-moi, on va le plumer !

José luis et sa bande avaient déjà entouré ce ridicule volatile, et commencèrent à le malmener.

— Vous voulez jouer les chauds, Spanish de merde ? I'll burn your ass !!!
— Merde !!! il a un lance-flammes !!!

En quelques secondes les six corps furent calcinés, ainsi que les passants et les voitures à plus de trente mètres à la ronde. Nelson continua à arroser de flammes femmes et enfants.Toute la ville était quadrillée par la police et l'armée.


10.00 am. Ducan enfile sa perruque blonde et un manteau de fourrure, et entre dans le salon de coiffure. Quatre femmes mijotaient sous un casque pour une permanente.

— Bonjour Madame, lança la patronne, vous désirez un rendez-vous ?
— Exact, un rendez-vous avec ta dernière heure connasse.

Duncan dégaina son 44 magnum et fit voler les quatre têtes en éclats, frappa la gérante d'un coup de crosse qui la coucha au sol, et sortit sa tronçonneuse, qui démarra en toussotant. Il lui écrasa la tête du pieds puis découpa son tronc en deux. Les boyaux accrochés à la chaîne lui fouettaient le visage.

— Ça c'est pour ma femme, connasse.


12.45 pm. Appartement de Jessica. 24 lane avenue.

— Beau travail les gars... une vraie bande de gamins devant un jeu vidéo grandeur nature. Ils n'ont rien compris. Ce n'est ni la vraie vie, ni la vraie mort. Ils sont loin de la réalité, plaisanta Ulrich...

— Ici Jonathan pour FOX NEWS. Depuis maintenant trois heures la ville de San Diego est en guerre. Des assaillants, agissants séparément, mettent la ville à feu et à sang. Il n'y aurait, en l'état de nos connaissances actuelles, aucun lien entre eux. La police de Los Angeles a été rappelé en renfort. Le président des États-Unis a décidé de mobiliser l'armée et va s'exprimer dans quelques instants. Derrière moi, les images des massacres, des tueries de masse perpétrées depuis ce matin. Nous écoutons le témoignage d'un passant qui a croisé l'un de ces hommes :

— J'ai croisé un individu qui avait une démarche bizarre. Il semblait nerveux, inquiet, il transpirait. Il m'a bousculé et ne s'est pas excusé. Je me suis retourné, et là je l'ai vu sortir un revolver et un pistolet mitrailleur. Il a ouvert le feu sur deux policiers dans une boutique de mobiles, puis sur un policier qui faisait la circulation, puis sur une voiture de patrouille.

— D'autres images nous parviennent. Des explosions d'une violence inouïe. La First National Bank vient d'être attaquée, il 12h15 et vous êtes sur FOX NEWS si vous venez d'allumer votre poste de télé. Le malfaiteur a utilisé des armes de guerre, un lance-roquettes. La succursale est un champ de ruines. Des cadavres sont amoncelés, des corps gisent, démembrés. Incroyable ! Une autre attaque vient d'avoir lieu au Fashion Valley Mall, au fusil mitrailleur AK 47.

Des clients ont riposté sans toucher l'assaillant, et ont été abattu. À l'heure actuelle le bilan de cette tuerie collective fait état de 1288 morts ! Nous sommes en guerre !

Vous apercevez sur les images le campus de Sierra Madre en proie à des explosions et des rafales d'armes automatiques. C'est une attaque à la grenade. Les étudiants tentent de fuir, certains se mettent à l'abri, d'autres sont couchés au sol, les mains sur la tête, et abattus froidement par un homme lourdement armé. À quelques mètres d'ici, un homme vient à l'instant d'ouvrir le feu sur des passants. Il est armé d'un revolver et d'un pistolet.

— Hummm... hummm !!!
— Ah, tu te réveilles enfin Jessica ! Il était temps ! Alors il était bon mon thé, il t'a fait de l'effet, hein ? Comme c'est mignon une petite conne qui se réveille !

Jessica était ligotée et bâillonnée sur son lit, entièrement nue. Deux perfusions accrochées au bras, elle est révulsée de terreur et se débat légèrement, car fortement maintenue par des sangles en cuir. Dans sa chambre, une ambiance rose feutrée, des photos de ses amis, de ses parents, de son chien dans de petits cadres. Au plafond, elle remarqua qu'un miroir venait d'être accroché.

— Alors sale petite étudiante, tu as un jour, trois heures et quinze minutes de retard dans le paiement de ton loyer ? Ce n'est pas sérieux, Jessica, nan nan nan, ça n'est pas sérieux. Papa Ulrich va devoir prendre des sanctions, de grosses sanctions pour punir l'élève Jessica. Papa Ulrich il a un scalpel tout neuf, nananère ! Papa Ulrich, tu sais ce qu'il va te faire ?
— Huuuummmmm !!! Hummmm !!!
— Plus tard, tu crieras plus tard ! Pour l'instant, regardes-toi dans le miroir au plafond, regarde la belle opération que papa Ulrich va te faire avec son scalpel. Papa Ulrich va découper tes paupières, pour que tu ne puisses rien rater de ton intervention, et t'arroser les yeux de sérum phy pour qu'ils ne sèchent pas. Ensuite, Papa Ulrich va te peler comme une pomme, avec son beau scalpel. Je vais t 'enlever la peau, centimètre par centimètre, puis t'arracher les ongles. À chaque fois que tu perdras connaissance, je te réveillerais avec du sel d'ammoniaque, ou des décharges électriques. Les perf de glucose et de sodium t'aideront à rester hydratée, car tu vas beaucoup saigner. Ensuite, je te couperai les doigts un à un, puis les orteils, puis les oreilles, et ensuite je t'arracherai les yeux. Je vais défaire ton bâillon, je veux t'entendre hurler et souffrir, il y en a pour deux heures !
— Aaahhh ! Nooonn ! Pitié Monsieur, je suis enceinte, ne me tuez pas, ne me tuez pas !!! Laissez-moi partir !
— Tu es enceinte, il fallait le dire tout de suite, ma petite ! Enceinte de combien ?
— De quatre mois Monsieur, sanglota Jessica !
— De quatre mois ? Changement de programme, alors, il est temps d'accoucher !
— Nooonnnn !!!

Ulrich posa son scalpel sous la gorge de Jessica, et commença en l'entailler de haut en bas, en incisant très profondément, le sang giclait sous les hurlements de l'étudiante. Arrivé au ventre, il plongea ses mains et en sortit les entrailles de sa victime, qui décéda sur le coup, bouche ouverte et yeux écarquillés, dans un bain de sang.

— Bon, j'en ai eu pour mon pognon ! Quel bel investissement, c'est la meilleure affaire de ma vie ! Il faut que je me casse, j'ai dix minutes pour être au point de rendez-vous.

Ulrich dévala les marches d'escalier et se retrouva dans la rue au milieu d'une scène de guerre indescriptible et d'un ballet d'hélicoptères, de voitures de police et de blindés de l'armée. Au milieu de toute cette agitation, il était invisible. Il courait à perdre haleine vers Fountain Garden, évitant des véhicules qui manquèrent de le renverser. Ils aperçut des silhouettes familières.

— Hey Scott, regarde, c'est Ulrich, là-bas !
— Vas-y, cours mon pote, s'écria Darren !
— Greg arrive aussi, putain ils sont presque à la bourre. Le van attendait depuis dix minutes, avec Ted à son volant. Il était 14H59 lorsque le reste de la bande, Fred, Nelson, Larry, Owen, Dan et Duncan. Essoufflés, ensanglantés, souriants.
— Bienvenue Messieurs, j'ai pas raté une miette du spectacle, bien au chaud derrière ma télé. Beau travail. On vous donnera des vêtements neufs dans vos jets, en route, il est l'heure de quitter ce champ de ruine...

— Allo Axel, c'est Ted. J'ai jamais vu une bande de cinglés pareille ! Avec eux, un simple coupe ongles peut devenir une arme létale. Ces hommes sont fous à lier. S'ils n'étaient pas riches ils croupiraient au fond d'une cellule jusqu'à la fin de leurs jours ! Tiens, au fait, on pourrait monter un nouveau projet pour les plus fortunés ! Je viens d'y penser hier ! Le monde ne suffit plus à ces malades. On pourrait leur proposer de bombarder la Terre depuis une station spatiale en orbite pour cinq milliards de dollars ? Qu'est-ce que t'en dis ? J'ai le feu vert de la NASA.
— Une minute Ted, j'ai un nouveau client en ligne pour la phase deux du projet carnage, je te rappelle plus tard.
— Allo, Monsieur Becker. Nous avons eu la confirmation de votre virement de deux milliards de dollars. Voici le déroulement des opérations : dans une heure, vous serez à bord d'un mig 35, un avion de chasse russe, télécommandé depuis notre base. Vous aurez l'impression de le piloter, mais en revanche, c'est vous qui ouvrirez le feu sur les dix jets privés dont je vous ai parlés ! On va faire de vous un héros de l'aviation, monsieur Becker, un pilote comme dans top gun. Une fois les dix jets abattus, vous vous éjecterez et vous connaîtrez la plus forte sensation de votre vie ! Et comme vous nous avez fait part de votre projet de terminer votre vie en beauté, nous vous récupérons et nous vous mettrons à bord d'un boeing 747 vide, piloté à distance, et nous vous dirigerons tout droit sur le Word Trade Center de New York pour le plus gros attentat du monde. Vous allez mourir en entrant dans l'histoire le jour de vos cinquante ans ! Je vous souhaite par avance un joyeux anniversaire Monsieur Becker, amusez-vous bien !
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Sam Delazzi · il y a
Du sang ! Des bonnes répliques avec un zeste de réalité, je kiff ! Bravos mais par contre fais attention à toi, je viens de payer pour avoir le droit de découper n'importe quel auteur de short édition ;-)
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Felix Culpa · il y a
Génial ! Merci Sam ! Je m'échappe si tu aa payé ! ;-)

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