321 lectures

74

Qualifié

La table était encore pleine de miettes. Ils avaient débarrassé toute la vaisselle, les serviettes sales, les plats, qui déjà trempaient dans l’évier. Dans la cuisine, ils s’étaient tous retrouvés pour remplir le lave-vaisselle, essuyer, ranger. Ils rigolaient.

Là, dans le jardin, sur la table, les miettes restaient. Personne ne s’en souciait, et lui les regardait sans bouger. Il s’était assis sous le chêne dans la balançoire en toile, pendant que les autres s’activaient puis disparaissaient en cuisine. Il avait compté au moins trois allers retours par personne, du jardin aux escaliers de la terrasse et par là la cuisine. Tous y étaient passé. Polo, Kamel et Virginie, ses vieux potes de fac, Lucie, Elsa et Nick, leurs conjoints depuis toujours. Et Mélanie, sa femme. Personne n’avait semblé noter son absence de ce ballet sonore et désorganisé.

C’était le troisième soir. Il en restait quatre avant la fin des vacances. Huit jours ensemble comme chaque année depuis dix ans, depuis que les enfants et les responsabilités les avaient privés des week-ends improvisés. Ils avaient presque quarante ans, ils s’aimaient comme au premier jour, seulement ils vidaient moins de bouteilles, se couchaient rarement après une heure et prévoyaient leurs vacances bien à l’avance. Une vieille bande de potes qui vieillissaient.

Willy, lui, détestait les miettes. C’était dégueulasse. Dans un moment ils redescendraient tous, Kamel et Polo avec les digestifs, les filles avec des tisanes, sauf Mélanie qui aimait son doigt de whisky après le dîner. Ils poseraient tout sur la table au milieu des miettes et personne n’aurait l’idée de nettoyer. C’était toujours lui qui passait l’éponge, à la maison comme avec les copains. Ce soir ce serait différent.

Il avait fait un temps magnifique toute la journée mais maintenant il faisait presque frais. Willy était rentré pendant le dîner pour aller chercher sa longue veste de pluie noire avec deux grandes poches qui lui descendait à mi-cuisses. Mélanie avait éclaté de rire en le voyant revenir. « Tu vas à la pêche mon chou ? » Elle détestait cette veste. Il y avait tant de choses qu’elle détestait...

Ils s’étaient rencontrés à Saint-Nazaire, il portait un ciré jaune qui puait la mer et elle une salopette trop grande qui la faisait paraître obèse. Leur amour n’était pas né dans le style, il n’était pas prévu qu’il s’y soumette. Ils avaient tous deux abandonné depuis longtemps leur passion de la voile à cause de leurs boulots parisiens qui mangeaient leurs week-ends, puis des jumeaux, qui mangeaient tout. Sans ciré et sans salopette ils n’étaient pourtant pas devenus des chochottes de la mode, et il n’y avait aucune raison qu’elle se moque de lui comme ça, devant leurs meilleurs potes.

Il n’y avait aucune raison, et pourtant, elle faisait ça.

Le barbecue était froid depuis longtemps. A ses pieds on avait oublié une bouteille à peine entamée et rebouchée. Dans la cuisine les rires faiblissaient, ils avaient dû se séparer pour attraper les boissons, ils allaient bientôt revenir. Il s’approcha du barbecue. Dans la poche gauche de sa veste il glissa la bouteille et de sa main droite il saisit la longue fourchette à rôti.

Le fond du jardin n’était pas loin. En quelques enjambées il fut bientôt au petit portail qui ouvrait sur le chemin côtier. Il le franchit et le referma sans un bruit. Il faisait déjà bien sombre et depuis la terrasse il aurait fallu un œil attentif pour distinguer sa silhouette, suivre son échappée souple et son évanouissement dans le noir.

Sur le chemin, il prit à droite, machinalement. C’est par là qu’ils étaient partis courir le matin-même. Polo comme toujours avait donné le rythme. Du groupe c’était le seul vrai sportif. Il maintenait deux à trois entrainements par semaine et Lucie ne disait rien. Elle l’aimait comme ça, avec son corps d’athlète, son mental de compétiteur, son énergie débordante qu’il fallait bien qu’il défoule, et tant pis si elle s’occupait des filles plus qu’à son tour. Mélanie jugeait ça déséquilibré, elle trouvait toujours une occasion d’en faire la remarque à Willy. La veille encore, Polo avait raconté sa dernière compétition, quatre jours de déplacement aux Pays-Bas. En se couchant Mélanie avait persiflé « tu te rends compte ? Lucie qui a déjà du boulot par-dessus la tête à l’hôpital, et en plus il disparaît quatre jours ! Pour du foot ! Déjà qu’il en fout pas une quand il est là ». Ils s’étaient engueulés. Polo était le plus vieux copain de Willy, comme un frère. Ils avaient tout fait ensemble depuis leurs vingt ans, tout appris l’un près de l’autre, les beuveries, le travail, l’amour, les déceptions et les espoirs, le désespoir... Ils avaient été témoin du mariage de l’un et l’autre, Willy était le parrain de Lou, son aînée. Mélanie avait refusé que Polo soit le parrain d’un des jumeaux. Une de leurs plus belles engueulades, six ans déjà. C’était idiot de s’engueuler à propos de Polo, c’était juste un prétexte.

Assez vite le chemin faisait un coude, un passage sous des arbres touffus qui cachaient la côte. Willy eut froid. Il était parti depuis seulement quelques minutes, peut-être dix. Les autres s’étaient-ils déjà aperçus de son absence ? Sans doute pas, il aurait encore pu être n’importe où dans la maison. Il ralentit le pas. Depuis le départ il se pressait comme un fuyard. Mais il faut des troupes aux trousses pour faire un fuyard. Il pensa allumer une cigarette mais les arbres lui firent peur. Il attendit la fin du sous-bois.

Il entendit la mer avant de la voir, un bruit sourd et régulier qui lui était familier. Il suivit le sentier encore quelques minutes puis s’approcha d’un gros rocher et s’assit. Il y avait cinquante mètres sous ses pieds et face à lui l’étendue qu’il aimait. Il faisait très sombre mais la lune la tachait légèrement de clair. Elle dépliait ses rouleaux sans faillir, fermement mais sans courir, vague après vague, inlassable. Les rochers qui se trouvaient là la retenait, pas inquiétés de ses assauts d’écume, sans doute touchés de cette grâce qu’elle leur faisait. L’air sentait le vent et le sel mouillé. La mer n’avait rien pour Willy de cette masse menaçante qu’on décrit volontiers. Il avait grandi dans ses bras, bercé par sa houle, engendré par ses ébats. Il y avait vécu ses premières grandes aventures d’enfant avec la caravelle de ses parents, il y avait noyé ses premiers chagrins et fatigué ses noirceurs adolescentes. Et Mélanie apparut, un soir de régate généreuse en vent, en sel, en peur et en sueur. Mélanie parée de mer, il avait cru au signe. Comment avaient-ils pu rester si loin si longtemps ?

Il déboucha la bouteille et en but longuement une gorgée. Il la reposa sur le caillou près de la fourchette à barbecue. Ils devaient repartir en mer il y a quatre ans. Quatre jours en Méditerranée juste pour eux, les enfants laissés aux grands-parents. Ça devait être leurs retrouvailles après des années consacrées aux biberons et aux couches sales. Mais Alice s’était cassé le bras juste avant le départ, on avait dû l’opérer. Ils avaient tout annulé et pris leurs quarts à l’hôpital près de leur fille. Depuis Mélanie n’avait pas voulu retenter. Ils avaient perdu toutes leurs arrhes, beaucoup d’argent. Elle disait que de toute façon c’était de la folie de penser partir seuls quand on avait des enfants si petits, il pouvait se passer n’importe quoi à la dernière minute. Ils avaient bientôt sept ans, mais son discours ne changeait pas. Tu veux faire de la voile pendant que tes enfants sont à l’hosto ? Elle l’accusait, c’était injuste. Il lui en avait terriblement voulu. Il lui en voulait. Il se doutait que ça n’avait rien à voir avec les enfants, c’était la perspective de se retrouver seuls quatre jours tous les deux, ils n’avaient pas fait ça depuis des siècles. Et elle, il en était sûr, n’en avait plus du tout envie. Il la détestait d’avoir ainsi renoncé à leur couple, de se satisfaire de leur amour de façade et de sa vie épanouie de mère, de ne lui donner aucune chance, à lui, de sauver quelque chose. Ça le réveillait la nuit parfois quand elle lui tournait le dos après s’être donnée à lui du bout de son corps comme elle le faisait encore de temps en temps, par devoir il le sentait bien, pour qu’il ne devienne pas dingue. Et ça le rendait dingue. En public elle l’appelait mon chou, elle lui tendait son air mutin et passait son bras autour de ses épaules mais dans leurs étreintes il n’y avait plus rien. Ça le réveillait de rage, il devait se lever, faire un tour dans la maison, boire un verre d’eau. Au début il allait dans la chambre des enfants, il les regardait dormir, calait son souffle sur le leur, ça le calmait. Mais ces derniers temps il s’était mis à les détester aussi, à cause de cette sérénité, de leur air innocent, de leur passion pour leur mère. Elle était radieuse avec eux, ils l’aimaient alors qu’elle détruisait sa vie à lui. Ils s’en foutaient, tout le monde s’en foutait. Il aurait pu crier ça n’aurait rien changé. Il aurait pu taper les murs, hurler, disparaître... il crevait près de mère parfaite et de ses deux blondinets, fous de bonheur, pas dérangés. Les salauds.

Il serra son poing gauche dans sa poche. Il fallait qu’il fasse quelque chose tant qu’il en avait la force. Il ramassa la bouteille qu’il avait largement vidée et la remit dans sa poche. De son autre main, il prit la fourchette à barbecue. Puis il se tourna pour reprendre le chemin dans l’autre sens.

Il ne savait pas depuis combien de temps il était resté sur son rocher, et si là-bas quelqu’un avait remarqué. Peut-être même que depuis la terrasse l’un de ses amis l’avait vu partir sans rien dire. Peut-être qu’ils se doutaient, qu’ils l’attendaient. Ou même qu’ils avaient appelé la police. Pourquoi la police ? Le sang battait dans ses tempes et son cœur se mit à cogner. Ils seraient sans doute encore dans le jardin mais on pouvait contourner la maison par le terrain des voisins. La porte sur l’avant n’était pas verrouillée, il pourrait monter directement à l’étage vers la chambre des enfants. Il crispa sa main sur la fourchette et pressa le pas.

Le passage sous les arbres lui fit du bien. Il laissait la mer derrière lui, il s’en protégeait. Il ne voulait pas qu’elle le suive du regard, elle qui portait ses chimères de jeunesse et le jugeait sûrement. Il avait trente-huit ans, il était temps de s’affranchir. On voulait qu’il soit un bon mari et un bon père, un professionnel à succès, calme, équilibré ? On voulait qu’il reste dans les cadres, qu’il gagne quatre-vingts mille euros par an, qu’il parte en vacances avec ses potes de vingt ans, qu’il rigole avec eux dans un jardin propret pendant qu’une armée de blondinets dormaient à l’étage. Année après année, il fallait s’extasier sur les desserts de Lucie, rire aux blagues potaches de Virginie, s’émouvoir des tendresses de Kamel et Elsa, discuter vélo avec Nick. Être heureux, s’aimer, s’entendre à merveille. Mais non ! Il étouffait ! Quelqu’un pouvait entendre ça ? Il pourrait hurler lui, que le vélo est un sport de con, que Lucie met trop de sucre dans tout pour masquer le fait qu’elle est totalement insipide, que Kamel et Elsa sont des gros égocentriques et que Virginie, bordel, pourrait changer de registre de temps en temps ! Et Mélanie, mielleuse, que tout le monde adore, cette salope de Mélanie bouffait sa vie... Il s’appuya un instant contre un arbre, il haletait. Le sang cognait dans son crâne. Il prit une gorgée de vin. Il pensa à Polo. Ils auraient dû partir tous les deux en tour du monde comme prévu, laisser tous ces abrutis et ne jamais revenir. Mais Lucie avait débarqué un soir dans sa vie et le con était tombé amoureux. Polo et Willy, ça c’était vrai et solide. Les femmes avaient tout foutu en l’air. Il se redressa. C’était trop tard. Polo avait choisi son camp. Il fallait qu’il aille au bout du sien. Il repartit.

La maison était toute éclairée, mais il ne distinguait rien dans le jardin. Pas de silhouette, pas de son de voix. La lumière extérieure de la terrasse était éteinte. Il s’était couché dans les herbes du chemin, séparé du jardin par un simple grillage. Il avait une vue assez bonne à ceci près qu’il faisait très sombre. Quelqu’un aurait pu être allongé silencieux dans l’herbe à regarder les étoiles, il ne l’aurait pas vu. On ne pouvait pas l’exclure. Nick avait fait ça la veille pendant que les autres jouaient au salon. Passer par le jardin, c’était risqué. D’un autre côté la porte sur l’avant donnait dans le hall d’entrée au pied de l’escalier. Il pouvait y rencontrer quelqu’un sur le chemin des chambres. Et d’ailleurs certains étaient à l’étage peut-être. Willy se retourna sur le dos pour réfléchir. Dans son mouvement il rencontra la fourchette à barbecue qu’il avait posée à côté de lui pendant qu’il observait le jardin. Il réprima un cri violent. La fourchette lui était rentrée dans le flanc juste en-dessous des côtes. Il souleva son T-shirt. Ce n’était pas profond mais un filet de sang très rouge coulait sous ses yeux. Il posa son doigt sur la blessure puis le porta à sa langue. Il relâcha son t-shirt et se redressa bien droit. Il passerait par la porte de devant, peu importe qui il croiserait. Il n’était pas obligé d’arracher sa liberté aux enfants, ou à Mélanie. N’importe lequel d’entre eux qui avait gardé le silence toutes ces années sur son malheur, n’importe lequel pouvait la lui rendre. Il sortit de sa poche la bouteille quasiment vide et la jeta dans l’herbe. Il se défit de sa grande veste de pluie qui encombrait ses mouvements et avança droit vers le terrain des voisins.

Il n’était pas clôturé. Il le remonta sur la gauche, caché par une bordée d’arbres qui séparait les deux propriétés. La maison des voisins était fermée, il n’y avait aucun risque de croiser quelqu’un. On voyait mal. Willy marchait avec attention pour ne pas trébucher. Il eut bientôt la maison sur sa gauche et plus d’arbre pour le masquer. Il s’approcha courbé. Il n’entendait toujours rien. C’était étrange, il ne devait pas être si tard. On aurait dit qu’un voile lugubre était tombé sur la maison. Il passa sous la fenêtre du salon en se pliant encore plus bas. Il y avait maintenant du gravier au sol. Son cœur battait plus fort à chaque pas, de peur que quelqu’un l’entende et surgisse. Il n’avait arrêté aucun plan, répété aucun geste. Seuls le menaient les tambours de son cœur et de son crâne. Et la fourchette au bout de son bras droit.

A l’angle de la maison, il trébucha bruyamment sur un tractopelle en plastique. Il avala son juron et s’arrêta. Rien ne bougea à l’intérieur. Il reprit sa marche jusqu’à la porte. Il n’entendait plus rien que son souffle court et la valdingue de son cœur. Pour se donner du courage, il se remémora la moue méprisante de Mélanie devant sa veste de pluie, et son éclat de rire repris en écho par les autres. Elle ne l’aimait plus, elle ne le considérait plus, il n’y avait rien à perdre. Il actionna la poignée et poussa la porte le plus doucement possible. Il ne vit personne et s’engagea doucement dans les escaliers. Sur le palier régnait un silence de mort. Les trois chambres occupées par les enfants étaient entrouvertes. La quatrième, celle de Polo et Lucie, était fermée. Les autres chambres de couple étaient au rez-de-chaussée. Pas la trace d’un adulte, et pas de bruit venant d’en bas. Il se dirigea vers la chambre des jumeaux. Il franchit le seuil et s’arrêta. Alice comme toujours avait jeté sa couette au sol. Elle était étendue sur le dos, les cheveux étalés sur l’oreiller, son joli teint blanc parfaitement détendu. Max était roulé en boule, ses petits poings serrés autour de la couette, le front légèrement tendu et les lèvres retroussées dans sa mimique habituelle qui faisait craquer son père. La main sur la fourchette trembla. Il ne s’était pas préparé. Il fallait choisir, commencer par l’un des deux, et alors l’autre se réveillerait et s’il n’arrivait pas à aller au bout... Ce n’est pas comme ça qu’il aurait fallu faire, il aurait mieux valu une arme ou un poison. Mais enfin il était là, il n’avait pas préparé, mais il fallait, il le sentait. « Tu vas à la pêche mon chou ? » La teigne. Un instant il essaya de l’imaginer faisant l’amour à un autre homme pour se donner de la force, mais c’était trop dur et il ne fallait pas perdre de temps. Il choisit Alice, c’est elle qui avait le sommeil le plus léger, c’était le moins risqué. Il arrima ses doigts sur la fourchette et s’approcha du lit. Par précaution il retira doucement l’oreiller, au cas où il faudrait qu’il la finisse avec. Elle ne broncha pas. Alors il posa sa main sur sa poitrine pour la maintenir pendant qu’il planterait dans la gorge. Il appuya fermement avec sa main et leva la fourchette au-dessus de son cou. Il prit une grande goulée d’air et l’abaissa.

« Willy ? »

Il dévia la fourchette. Se retourna. Polo, sur le seuil.

« T’es là, Willy ? » Sa voix tremblait. Polo regarda longtemps son vieux copain. Un regard naufragé. « Viens, on sort de la chambre. » Alice n’avait pas bougé, Willy ne la regarda pas, sortit. Polo ferma la porte derrière lui. Sur le palier il regarda à nouveau son pote. Ses yeux descendirent le long de son bras et semblèrent soudain découvrir la fourchette. Une lueur de surprise passa sur son visage mais rien d’autre. Il conservait son air de somnambule ravagé. Willy tentait de garder les idées claires. Il avait failli assassiner sa fille, Polo l’avait surpris à la dernière seconde, Alice était vivante, mais lui avait failli la tuer, il était presque parricide. Et Polo était assez grand pour le tuer à mains nues ou l’embrocher ou appeler la police, ou pire Mélanie qui hurlerait et l’étoufferait sous sa veste de pluie. Ah non il l’avait laissée sur le chemin. Il prit une grande respiration. Polo se fichait de sa fourchette. Il n’avait peut-être pas vu son geste. Willy faisait écran entre la porte et le lit de sa fille et il n’avait pas levé le bras très haut. Alice n’avait pas vu, Polo n’avait pas vu. Mélanie n’était pas là. Il n’était parricide pour personne. Tout redevenait possible. Peut-être même qu’il pourrait recoller les morceaux avec Mélanie et partir naviguer et faire des câlins à Alice et un barbecue, il embrocherait les saucisses. Il pressa sa main gauche sur son crâne pour qu’il arrête. Il planta ses yeux dans ceux de Polo, il fallait qu’il le ramène dans la vraie vie. Polo ne disait toujours rien, dans la maison personne ne disait rien.
— Où sont les autres ?
Polo parut soulagé que Willy commence.
— Un groupe te cherche partout. Un autre est à l’hôpital.
Sa voix s’étrangla.
— A l’hôpital ?
— C’est moi qui suis resté là au cas où tu rentrerais, pour que ce soit moi...
Encore cet étranglement.
— A l’hôpital ?
— Oui. C’est Mélanie...
— ...
— Avec les dijos, on a fini les fraises. Mélanie, elle a mangé une fraise.
— De quoi tu parles Polo ? Je comprends rien, merde !
— Mélanie a fait une fausse route avec une fraise, on n’a pas réussi à lui faire expulser, les pompiers, c’est la campagne ici. Ils sont arrivés trop tard.
— Mélanie est à l’hôpital ? Elle est dans le coma c’est ça ? Ou bien ils ont soufflé la fraise dans le poumon et il faut l’opérer ? hein ? les autres ils sont là-bas parce qu’elle se fait opérer ?
— Elle est morte. Dans le jardin.

La fourchette lui glissa des doigts. Il regarda Polo le naufragé. Ses yeux brillaient de larmes. Le cerveau de Willy, dingue l’instant d’avant, n’était plus qu’un trou béant. Mélanie était morte. Les enfants étaient orphelins. Il était veuf. Mélanie était morte.

Willy s’écroula. Et Polo sur lui.

PRIX

Image de Automne 2018
74

Un petit mot pour l'auteur ?

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,
Image de Marie-Françoise
Marie-Françoise · il y a
toutes mes voix pour votre belle écriture. mon lapin brun est en finale jusqu'à demain, viendrez-vs le soutenir ?
·
Image de Adlyne Bonhomme
Adlyne Bonhomme · il y a
Un grand plaisir de relire votre texte !

Souhaitez vous me renouveler votre soutien pour mon poème en finale merci.

·
Image de Adlyne Bonhomme
Adlyne Bonhomme · il y a
Mes 5 voix avec grand plaisir, c'est tellement bien écrit bonne chance
Je vous invite à lire mon poème merci de voter https://short-edition.com/fr/oeuvre/poetik/je-tresse-lodeur

·
Image de Lllia
Lllia · il y a
Bravo!! Mes votes +5!!
Je participe aussi à un concours de dessin en finale si tu veux jeter un coup d’oeil: https://short-edition.com/fr/oeuvre/strips/victoire-weasley

·
Image de Potter
Potter · il y a
Super ton texte !!!!!
N'hésite pas à venir jeter un coup d’œil à mon dessin finaliste : https://short-edition.com/fr/oeuvre/strips/poudlard-3?all-comments=1&update_notif=1533195954#fos_comment_2874290

·
Image de Zouzou
Zouzou · il y a
...une histoire sans issue inévitable , mes voix
en lice poésie ' Adieu léthargie ' et ' Des rêves d'Iran ' si vous aimez

·
Image de Keith Simmonds
Keith Simmonds · il y a
Une œuvre bien menée et pleine de suspense ! Un grand bravo ! Mes voix ! Une invitation à venir découvrir “Didi et Titi” qui est en lice pour le Prix Faites Sourire Catégorie Jeunesse 2018. Bonne lecture et merci d’avance !
https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/didi-et-titi

·
Image de MCV
MCV · il y a
Très bien écrit, suspense parfaitement maitrisé!
·
Image de Yannick Detraissan
Yannick Detraissan · il y a
Très bon! J'ai été embarqué sur une mauvaise route jusqu'au bout! Belle, fine et limpide écriture!+5
·
Image de Alain Lonzela
Alain Lonzela · il y a
C'est une maison bleue... qui se fissure et finit en drame....
Histoire qui tient en haleine jusqu'à la dernière seconde. Très bien...

·