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BioGraphie - Extrait de wikipedia

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Emmanuel

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Emmanuel, né en ** et mort à Paris, le 17 juin *.

Il fut considéré par ses contemporains comme le plus grand écrivain de son temps, ayant su s’affranchir des stéréotypes de son époque.
Il fut tour à tour Romancier, Poète, Essayiste, Dramaturge. Il donna à la littérature un nouvel élan, malgré l’ère numérique qui commençait.
Ecrivain prolifique, détestant la pesanteur.
Salaud. Connard. Paresseux. Un trou du cul. Ainsi que l’a décrit son ex quand ils se sont séparés en février de l’année *.
Son œuvre : une porte qui ouvre sur le néant. Les lecteurs ont reconnu en lui un génie capable de se renouveler sans cesse. Ses succès planétaires le prouvent.
Son style : le rut et le zut, pour la rime bien-sûr. Un mot plus bas que l’autre et le silence en prime.
Il aurait fait partie du sérail des philosophes, mais méfions-nous tout de même, car il a toujours prétendu ne pas en être. De son propre aveu, s’il a respiré quelquefois en quarante ans, il a pensé plus rarement.
Toutefois, il a préféré la lettre à l’être. C’est peut-être ce qui s’appelle une ontologie littéraire.
Biographie
« J’essaie de vivre, même si on ne m’a pas demandé mon avis. Je résume : si certains n’ont pas le pied marin, le mien n’est pas un pied à vivre. Etonnez-vous de me voir boiter ! »
Jeunesse et engagements
Enfance
Emmanuel, fils unique, a pour parents François et Marie ***. De famille bourgeoise, il n’a eu de cesse de s’en distinguer. « L’argent est une abomination, surtout quand on n’en manque pas. » Il ajoutera : « Si j’avais eu un coup de folie, j’aurais assassiné mes père et mère, mais je suis tristement normal, à mon grand désespoir. Rangez vos scalpels, vous ne trouverez ni névrose ni entêtement dans les tréfonds de mon âme. »
A quatre ans, il s’amourache de sa petite voisine, Adelaïde. Il l’embrasse sur la bouche, pour faire comme les grands, son père le surprend et lui donne une terrible correction. Il en gardera un goût de boue dans la bouche. « L’amour, cette saloperie ! »
A huit ans, il devient poète et signe son premier poème. Le papier finit sur le bureau de son enseignante qui convoque sur le champ ses parents : « Votre fils est un malade. Ce qu’il s’est permit d’écrire n’est pas digne des pensées d’un enfant de son âge. Vous devriez consulter.» La consultation aura lieu le soir même dans le bureau de son père. « Qui m’a donné un fils pareil ! » demandera son père au nom du Père, en assenant une raclée à son immoral garçon.
A onze ans, il découvre les plaisirs solitaires. Sa mère s’en plaint à son père. Le père fracasse le derrière de son fils à coups de triques.
Adolescence
Il ne lit pas, il dévore : Prévert, Camus, Rimbaud, Cioran.
« La littérature a fait irruption dans ma vie et m’a visé en plein cœur. Je suis mort pour renaitre sous la forme d’un mot, d’une phrase, d’un chapitre, d’un livre. »
Il précisera dans son autobiographie : « Les livres m’ont permis d’encaisser tout ce qu’il y a à encaisser dans une vie : la trahison, l’ennui, la douleur. »
Il rentre au collège et se révèle un brillant élève.
« Fort malgré moi. Je suis brillant, mais pas vraiment modeste. On ne peut pas m’accuser d’avoir toutes les qualités. »
Cependant, il cultive la solitude et se transforme en fantôme auprès de ses camarades qu’il reviendra hanter chaque jour. « Ce qui me différencie de mes congénères, c’est la viande. Quand je les rencontre, je ne vois que ça. Ni yeux, ni sourire, rien que de la viande bien saignante. »
Il réussira son bac avec la mention très bien.
La même année, son père décède. Il s’en va pisser sur sa tombe. Il expliquera cette envie pressente en précisant : « J’ai pissé toutes les larmes de mon corps. Mon père était tout pour moi : un salaud que je suis finalement parvenu à haïr. »
Ses années de formation
Il commence des études de Droit qu’il abandonne très vite. Il tente l’Ecole normale, réussit le concours, mais refuse finalement d’y entrer. « J’ai eu peur de mon état à la sortie. »
Finalement, il fait Khâgne, puis une Licence de philo et passe l’agrégation, en s’écriant : « Le métier d’enseignant, le métier des fainéants. »
Sa mère se réjouit de son choix. « Les mères ont la clairvoyance des taupes. » écrira-t-il dans son premier roman.
Il avouera : « J’ai fumé des joins et baisé des putains. C’était bon d’avoir vingt ans. Une vie qui ne doit pas finir devant soi. Tout m’excitait. C’est là que j’ai fait la rencontre de ma première vraie amitié : Amaury. Un grand type frêle comme une fillette. Amaury a bousculé tous les codes. Grâce à lui, j’ai su que je ne serais plus jamais seul sur la terre. Il a marché dans mes pas comme j’ai marché dans les siens. Ne me parlez pas d’amour gay, c’était autre chose. »
Le 14 août *, il a frôlé la mort. Au volant de sa décapotable, il perd le contrôle, la voiture fait une embardée qui le propulse hors de l’habitacle. Il écrira : « La mort m’a manqué, moi qui n’ai pas manqué de m’y préparer pourtant. » Il en réchappe de peu et après deux mois d’hospitalisation, il revient à la vie parisienne où il promène son spleen et sa mélancolie rêveuse. Sa jambe gauche le fait souffrir, il s’aide d’une canne pour marcher. « Ça plait aux femmes qu’un homme soit marqué par le destin. Elles me regardent avec tendresse, comme des mères attentives et compatissantes. Je suis un balafré, un estropié, un foudroyé. »
Il fait un premier voyage en Amérique et vit quelques mois à New York. Avec son pote Amaury, il part pour l’ouest américain, découvre les paysages qui se retrouveront dans ses premiers romans, des terres ocres et des soleils se couchant sur le monde. « J’ai immédiatement aimé ce pays où l’on peut rouler pendant des kilomètres sans y rencontrer personne. C’est une solitude qui me plait. » Il raconte ses souvenirs dans son premier livre Un homme ivre, publié en *.
En dépit des imperfections du style encore inabouti, on y devine déjà ses obsessions qui deviendront rapidement celles de toute une génération.
De retour en France, il devient professeur de philosophie à ***.
« J’ai toujours vu mes élèves avec horreur. Ces veaux qui pensent que penser est à leur portée alors qu’ils sont incapables d’une seule émotion profonde. Par provocation, je leur attribuais des notes injustifiées : tel recevait un 13, tel un 4. J’aurais été bien en peine de m’expliquer sur les hasards de cette loterie. Ma pédagogie tenait en quelques mots : Je vous ai bien eu ! »
Grand séducteur, il aurait couché avec certaines de ses élèves. « L’amour est une autre façon de philosopher, surtout quand la jeune fille se révèle à la fois vierge et ingénue. » Cependant, cela n’a jamais été avéré, même si certains bruits ont couru.
« On me prête tous les vices. Je vous rends donc la monnaie de votre pièce. Voyez cela comme les intérêts d’une dette parfaitement bien assumée. »
Sa traversée du désert
Comme tous les grands artistes, il a connu sa traversé du désert au cours de laquelle il a pensé en finir.
« Le 17 mai *, j’ai acheté un flingue. J’hésitais entre la tempe ou la bouche. Pas facile. Je suis rentré chez moi. J’avais cette envie folle de mourir. J’ai mis une balle dans le chargeur, fait tourner trois fois le barillet, posé le canon sur ma tempe et appuyé : rien. J’ai recommencé à faire tourner le barillet, posé le canon dans ma bouche et appuyé : rien. Alors, j’ai pris ma tête dans mes mains, et j’ai pleuré comme un enfant. C’est là que le coup est parti tout seul et que la balle s’est fixée dans le mur. J’ai ri comme un ressuscité. »
Il faut dire que l’enseignement ne correspondait pas à ses désirs de gloire et de célébrité. Il se voyait comme une merde, condamné à ânonner devant un parterre d’adolescents boutonneux et frileux.
Toutefois, il fait la rencontre de sa première femme : Valérie *. « Une grande brune au teint doré comme une pèche. » Il l’épouse seulement quinze jours après leur première rencontre. Elle dira de lui : « Un homme, un vrai. » Ils auront un petit garçon, Matthieu.
Ses engagements
Il se définit comme un gauchiste de gauche (« la vraie gauche, quoi. »), en rupture avec son père, un catho de droite.
Toutefois, sa ligne politique est complexe. Il semble tour à tour anarchiste. Puis, trotskiste. Puis léniniste. Puis, Mitterrandiste. Puis, Hollandiste. Puis finit désabusé.
« J’ai épuisé tout les –istes possibles. Je me sens nu, sans aucun habillage politique. Et c’est peut-être là que commence le vrai sens politique, au-delà des partis et en deçà des régimes. »
Il deviendra un modèle pour tous les militants de moins de trente ans !
Les premiers succès
Après l’échec de ses premiers écrits où les éditeurs refusent ses textes, il décide de créer son propre journal « L’éphémère ». Deux autres écrivain le rejoignent dans l’aventure : Amaury * et Thibault *. Ils imagineront une ligne éditoriale faite de provocations, de rébellions. « Nous n’avons rien à perdre, tout à gagner. »
Ce journal sera pour lui un merveilleux tremplin pour faire entendre sa voix dans le monde de la littérature. Très vite, il se fait reconnaitre par ses pairs puis par le public. On rit de ses rebuffades, applaudit ses colères, l’adule, l’invite sur les plateaux télévisés ou dans les salons littéraires. « Un grand écrivain est né », écrit-on dans la presse écrite. Il se soumet à des entretiens radios, passe au Vingt heures. Donne son avis sur tout, sur rien. Il passe pour un héros des Temps modernes, un Dieu qui magnifie tout ce qu’il touche.
Son mariage n’y résiste pas. Il divorce.
Pour autant, il écrira : « Valérie aura été l’unique femme de mon lit, jusqu’à ce que je rencontre la suivante. »
Il publie son premier roman (voir ci-dessus). Son livre, largement autobiographique, raconte la jeunesse d’un bel aventurier, séducteur et railleur. Il se défendra d’y avoir mis de lui-même, malgré les allusions évidentes empruntées à son adolescence.
Deux ans plus tard, nouveau livre, nouveau succès.
Il rencontre sa nouvelle partenaire : Isabelle *. « Une grande blonde au teint doré comme un soleil. » Elle dira de lui : « La plus grande erreur de ma vie. » Ils auront une fille, Marion.
Mais leur idylle ne dure pas. Il divorce trois mois plus tard.
Il s’amusera : « Isabelle, tout un désastre. »
Ses années de gloires
Il publie en moyenne un livre par an pendant dix ans. Le paysage littéraire s’en trouve modifié en profondeur. Il invente le style « hyperréaliste » qui consiste à exploser le cadre du récit. L’histoire vole en éclat, ne reste que les mots qui forment une trame narrative nue. Il définira sa démarche : « Le héros est mort. Vive le héros ! » Sa célébrité atteint des sommets en France et à l’étranger.
Il part au Japon où il est acclamé par une foule en délire. Les japonaises s’arrachent l’auteur des Nuits d’amour écrit en *.
Il part au Brésil. Puis au Pérou. Nouveau-Mexique. Etats-Unis. Canada.
Partout des cris d’amour, des lecteurs hystériques qui se déchirent les vêtements au passage du talentueux écrivain. Des policiers sont appelés en renfort du service d’ordre déjà présent. On assure sa protection, on craint pour sa vie. Dans les salles immenses dans lesquelles il est invité pour parler de son œuvre, les chaises sont brisées à la fin des interviews. Rien ne peut contenir la fureur passionnelle dont il est l’objet. Lui-même prend peur, comme à Tokyo ou à San Francisco, où il monte en courant dans sa limousine aux fenêtres teintées, en évitant ses fans qui l’attendent en hurlant. Toutefois sa voiture est rattrapée, il échappe de peu à la folie de son public.
Il écrira : « J’ai révolutionné la littérature, comme les Beatles ou Mickael Jackson ont révolutionné la musique. J’ai bouleversé plus de vies que les téléphones portables ou les tablettes tactiles à l’ère du numérique. Personne aujourd’hui qui n’ait lu mes livres ! Tout n’est plus que littérature... Les lecteurs se sont regroupés en faction associatives avant de pénétrer les partis politiques et d’en définir les priorités. On se suicide. On tue. On terrorise au nom des livres. Des bibliothèques sont cambriolées tous les jours. On se parfume au livre, on mange et on boit du livre ! Jamais au cours de l’histoire, l’obsession des livres n’avaient atteint ce paroxysme. Désormais, et il faut s’y habituer, les livres font partie de nos vies, ils nous accompagnent jusque dans nos tombeaux, nous naissons pour lire. »
Il voyage partout en Europe qui n’est plus l’Europe depuis longtemps. Les peuples ont choisi de mettre fin à cette immense foutaise administrative et politicienne qui n’a apporté ni paix ni rapprochement entre les peuples.
Il va en Italie. En Allemagne. En Angleterre.
Il marche sur l’Europe où il est partout reconnu comme un écrivain de génie.
La tentation du Nobel
Pressenti pour le prix Nobel de littérature, il écrira : « Je suis la hyène de la littérature. Regardez-moi au fond des yeux : j’ai l’insolence de ceux à qui tout réussit, alors non, je n’irai pas chercher ce prix que je ne mérite pas. »
Sincère modestie diront les inconditionnels.
Feinte d’un vieux lettré diront ses détracteurs.
Il refusera les Prix Médicis – Goncourt – Femina.
« Jetez vos Prix aux chiottes ! » Ce sera-là un nouveau scandale qui fera couler beaucoup d’encre.
Bien sûr la jeunesse sera de son côté. Il y aura même un mouvement social pour le défendre : Ne touche pas à mon romancier !
Il restera sur cette position toute sa vie, résistant aux honneurs et aux récupérations.
« Je veux demeurer un homme libre comme dans mes rêves d’adolescent. Etre fidèle à mes quinze ans, même à quarante ans passés. »
Ses années de chute
Les photographies témoignent de sa dépendance à l’alcool. Sa maigreur extrême. Son teint trop pâle. « Je suis bon à rien tant que je n’ai pas sifflé ma bouteille de whisky. »
Il s’épuise dans l’alcool. Renait dans l’héroïne, avant de retomber dans l’alcool.
Le 7 janvier *, il fait une crise de delirium, il est conduit à l’hôpital, suit une cure de désintoxication inefficace. A sa sortie, il replonge. On le retrouve nu sur le trottoir en bas de chez lui, il ignore ce qu’il fait là, il crie à une machination. Il apparait complètement parano. Une femme nommée Caroline tente de lui venir en aide : elle prend soin de lui en essayant d’adoucir sa détresse.
Il avouera dans son dernier livre : « Je suis un possédé. Un obsédé. Je ne comprends pas qu’on puisse aimer une pourriture dans mon genre. Je veux crever. Crever. Oublier que je suis venu au monde et me perdre dans le néant. »
Il n’écrira plus désormais qu’une suite de mots insensés.
Le public se détournera de lui. S’éloignant aussi vite qu’il l’avait approché.
La presse le prend pour cible : il n’a été qu’un éclair dans le paysage littéraire.
Certains répondent : Certes, mais quel éclair de génie !
Il meurt le 17 juin * en se jetant de la fenêtre de son appartement parisien.
Il a quarante cinq ans.
Ses obsèques
Il est enterré à Paris le ***. Une foule immense suit son enterrement. Il est pleuré. Salué. Un discours solennel est prononcé par le Président de la République.
Sur sa tombe on peut lire :
« CI-GIT UN HOMME QUI A FAIT SON CHEMIN. »

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Utilisateur désactivé · il y a
C'est plus que bien, c'est carrément excellent !!! Je suis conquise par votre style, votre ironie, votre insolence, et votre façon joyeuse d'envoyer valser les bonnes mœurs bourgeoises !!
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Sauvagere · il y a
Ci-gît un homme qui ne s'est pas pris pour rien ! Drôle et ironique à souhait ! Mais comme dirait wikipedia : cet article ne cite pas suffisamment ses sources !
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Emmanuel · il y a
N'exagérons rien.
Mais je me suis bien amusé à écrire ce texte, en exagérant le côté rock'n'roll du personnage.
Et j'ajouterais ceci : si seulement la littérature pouvait susciter autant de passions que la musique pop n'en a suscité depuis cinquante ans ! Mais ne rêvons pas, cette époque-là est passée... les poètes peinent désormais à sortir de l'anonymat.

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Utilisateur désactivé · il y a
Ca va etre dur ...
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Utilisateur désactivé · il y a
Bon, je n'irai pas par quatre chemins, justement: je viens de lire un truc génial là! J'ai littéralement adoré et le mot est faible! C'est très très bien écrit, votre style emporte tout et prouve merveilleusement qu'un bon texte n'obéit à aucun code (ici pas vraiment de chute). Bref un grand grand Bravo! Je vais aller lire vos autres textes. mon vote bien sûr!
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