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Bienvenue à Equal

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Amayasami

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_Cours! Cria-t-elle.

Le petit garçon accéléra la cadence pour la rattraper. Il tendit la main tandis que la femme regardait sans cesse derrière elle pour vérifier où il en était.
Son sac dodelinait contre son flanc à chaque impulsion. Pas question de perdre ce précieux butin.

Tous les humains présents dans ces grandes allées faisaient comme si de rien n'était. Comme si rien de grave ne se passait, ou plutôt, comme si c'était normal.
Mais ce n'était pas normal. Après tout,  eux aussi avait le droit de manger.

Ils leurs avaient promis un monde sans inégalités, sans classes. Un monde merveilleux où chacun travaillerait le même nombre d'heures pour le même salaire. Un nouveau pays où chacun se sentirait à sa place. Où tous les enfants iraient à l'école, où il n'y aurait ni souffrance ni maltraitance.
Equal devait être un endroit où l'injustice ne serait qu'un lointain souvenir, une trace du passé que les enfants apprendraient dans les livres.

La femme se dit qu'elle avait été d'une crédulité maladive.
Bien vite un système hiérarchique s'était mis en place...
Quelque soit l'endroit, sur terre ou dans les airs, les hommes restent des hommes.

Et elle, elle se retrouvait tout en bas de la pyramide, obligée de voler pour se nourrir.
Non, rien n'avait changé. Ce monde n'était merveilleux que pour les plus riches, les plus chanceux.
Ce nouveau monde ne valait pas mieux que l'ancien.

_Haaa! S'écria le petit garçon.

Le coeur de la jeune femme battit à toute allure. En se retournant encore une fois, elle vit les maîtres d'armes avancer vers eux à toute vitesse.

Cette fois, elle ne pourra pas leur échapper, se dit-elle.

Elle serra contre son sein un paquet bien emmailloté et attrapa enfin la main du petit garçon.
Vite, il fallait se mettre en lieu sûr.

Elle reconnu alors le passage sous terrain qui menait aux galléries, cette antre impénétrable qu'aucun maître d'armes n'avait réussi à trouver.

Derrière une montagne de terre de chantier, entre les cartons sales, elle fit la courte échelle au garçon puis se glissa elle-même dans la petite ouverture.

_Vas-y, rejoins les autres. Dit-elle à l'enfant en retirant le sac de son épaule. Ensuite elle le lui tendit ainsi que son petit paquet et ajouta: veille bien sûr lui.

Les yeux du petit garçon brillaient de larmes quand la femme déposa un tendre baiser sur son front.
Il la vit sortir une arme et foncer vers leurs poursuivants.

Il ne put s'empêcher de crier:
_Mamaaaan !

Et le bébé dans ses bras se mit à pleurer.
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