BELLE RENCONTRE !

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Totalement débutante, j’ose me lancer avec modestie dans l'écriture, et j'y prends goût ! "Au milieu de l'hiver, j'ai découvert en moi un invincible été" Albert Camus "Il n'y a pas de  [+]

Sous une forme théâtrale. Les deux personnages ne se connaissent pas, et évoluent en des endroits différents, dans des vies différentes. Ernest contemple de loin Alba.
Les rayons de soleil traversent les persiennes, déposent leurs chaudes caresses sur les joues et les paupières encore closes d’Alba qui reprend lentement conscience. Elle s’étire, baille, tapote son coussin, se tourne, renonce à sortir si tôt de son lit douillet. Belle journée à vivre intensément.

ALBA : nous passerons l’après-midi ensemble et tu me présenteras à ta famille ce soir. Je vais me pomponner. Quelques assouplissements et étirements des membres, travail quotidien d’une danseuse. Gommage et bain aux pétales de fleurs délassent et laissent mon corps soyeux pour toi.

ERNEST : Tu tournais le coin de la rue lorsque je t’ai vue, lumineuse dans ta robe blanche sous un soleil écrasant, la démarche souple et rapide, légère dansant sur tes hauts talons, nerveuse m’a-t-il semblé, le regard inquiet telle une biche effarouchée qui fuit un prédateur

ALBA : Je veux partager ta vie, c’est toi que j’aime, je te suivrai au bout du monde. Malgré tout je suis inquiète, deux questions m’obsèdent. Vais-je plaire à tes parents ? Comment vais-je être reçue ?

ERNEST : Ce jour-là, le prédateur c’est moi, j’ai décidé quand je t’ai vue tourner le coin de la rue que j’allais t’aborder, te parler, te séduire si je le pouvais, te suivre s’il le fallait, je t’emmènerai de gré ou de force dans mon monde, c’est toi, uniquement toi que je veux, là, aujourd’hui, immédiatement, pour assouvir mes désirs, mes pulsions, ô toi ma déesse d’albâtre je te couvrirai de mots, de baisers, de caresses, tu ne diras rien, tu approuveras, tu m’offriras les regards, les soupirs, l’anxiété que j’ai entrevus lorsque tu tournais le coin de la rue –

ALBA : Antoine tu es l’homme de ma vie, je l’ai su dès la 1ère rencontre dans ce théâtre. Coup de foudre, attirance, regards captifs, sourires complices, extase partagée, un futur à construire. Sereine et heureuse ! Couleurs flamboyantes de la vie ! Enchantement ! Je suis grisée.

ERNEST : Si tu ne veux pas de moi, si tu me repousses, si tu me rejettes, je t’envoûterai, t’hypnotiserai, t’entraînerai par la main, t’enfermerai dans mon appartement où je vis seul avec mes démons intérieurs - n’aie crainte, je prendrai bien soin de toi !

ALBA : Je démêle mes longues boucles brunes frémissant à la pensée de ta main sur ma chevelure. J’étire mon regard avec le rimmel noir, tu adores mes yeux de biche. Ourle mes lèvres d’un rose vif rehausse ma peau laiteuse d’un blush assorti. Je revêts ma robe blanche, elle me donne bonne mine et son décolleté fait ressortir mon long cou délicat. Deux gouttes d’Hypnose de Lancôme derrière les lobes ! Je veux t’éblouir, t’enivrer !

ERNEST : Je redessinerai tes contours, démêlerai de mes ongles ton abondante chevelure brune, repeindrai tes lèvres de ma langue bifide, accident de jeunesse, puis j’encerclerai délicatement de mes puissantes mains ton long et gracieux cou de cygne blanc que je serrerai, serrerai jusqu’à retrouver ce regard apeuré de la biche aux abois que j’ai aperçu, lorsque tu as tourné au coin de la rue ce matin ! Tu penseras furtivement je vais mourir, ta terreur sera au maximum, des rivières déferleront de tes yeux, tu te pisseras dessus au bord de l’évanouissement, je te maintiendrai consciente, tu liras ma joie féroce, des frissons me traverseront, mes lèvres s’étireront d’un sourire carnassier, je serai le plus heureux des hommes !

ALBA  : Je claque la porte et sautille légèrement jusqu’au rez-de-chaussée, souriante. Notre rendez-vous est à 15h30 je suis impatiente de te retrouver et de me blottir dans tes bras. Tellement heureuse de t’avoir rencontré.

ERNEST : J’essayerai de conserver ton image intacte, le goût de ta chair, le parfum de l’effroi, les vibrations de ton corps sous ma paume, les inflexions de ta voix suppliante, quelque part dans mon cerveau ténébreux, dément, jusqu’à la découverte de ma prochaine proie, je suis enchanté de t’avoir rencontrée.
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