Beaumarchais

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Charles Dubruel grand-père, passionné de littérature et particulièrement de Maupassant  [+]

Quelques notes sur Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais
D’après la bio. de Bernard Faÿ : « Beaumarchais, les fredaines de Figaro »

Beaumarchais a été horloger, maître de harpe de Mesdames au château de Versailles, lieutenant général des chasses royales, spéculateur financier, armateur, espion, agent double, ambassadeur, mais passa à la postérité comme auteur dramatique.
Intérêt et intrigue étaient des mots qui lui étaient particulièrement familiers.
C’est à lui que l’on doit cette phrase, devenue presque une maxime : « je me presse de rire de tout, de peur d’être obligé d’en pleurer. »


Caron, le futur Beaumarchais,
À treize ans, écrivait :
« Que souvent il me prend envie
D’aller au bout de l’univers
Éloigné des hommes pervers,
Passer le reste de ma vie. »

Chapitre 1 : Pierre-Augustin Caron, horloger.

Le jeune fils Caron, apprenti
À l’excellente bijouterie
Paternelle, livrait au Château
De Versailles, montres et joyaux.

Penthièvre, duc respecté, a porté
Un costume dont les boutons, fabriqués
Par les Caron, étaient
De petites montres. Il les remontait
Durant les cérémonies fabuleuses
Mais o combien ennuyeuses !

En 1752, le jeune Caron
Inventait un nouvel échappement
Permettant un réglage extrêmement
Précis du mécanisme. Mais il sursaute
Quand il apprend qu’un concurrent, Le Paute,
Venait d’inventer
Et de présenter
Au Roi un nouvel échappement.
En fait, le garnement
S’était approprié l’invention d’Augustin.
Après des débats assez longs,
L’Académie des Sciences, enfin,
Reconnait le bon droit de Caron,

Pour la Pompadour, Caron
A fabriqué une montre sertie
Dans une bague. Enhardi,
Il s’installa au Château sans problème
Et offrit une de ses créations
Au Roi Louis XV lui-même
Chapitre 2 : à Versailles

Caron acheta au vieux Franquet (en 1756)
Sa charge de « Clerc d’Office
De la Maison du Roi ». Le sieur Franquet
Mourut peu après. Sa veuve hérita.
Augustin l’épousa
Sans ambages.
Malgré la différence d’âge,

Or, les Franquet possédaient
Un domaine nommé Beaumarchais.
Caron s’empara de ce nom
Et eut le front
De commander un sceau à ses armes.
Dix mois plus tard, sa femme rendait l’âme.

Les filles du Roi donnaient de petits concerts
À leur père.
Adélaïde jouait
Du violon, Henriette tenait
La partie de flûte, Victoire excellait
Au piano. Elles invitèrent Beaumarchais,
Remarquable harpiste.
Voilà une bonne piste :
Il s’empressa de répondre à l’appel
Et joua avec les demoiselles
Devant le Roi.
Un soir, ce dernier lui aurait prêté
Son fauteuil afin qu’il soit
Mieux installé
Pour interpréter sa musique.
Est-ce une histoire authentique ?

Chapitre 3 : l’homme d’affaires

Pâris du Verney
Homme d’affaires âgé et fortuné,
Usa de la faveur dont jouissait
Auprès du Roi le jeune Beaumarchais,
Pour dispenser à l’École Militaire
Un enseignement de l’art militaire
De très haute qualité.
Pierre-Augustin fut invité
Par Pâris et signa chez lui
Un avantageux contrat
Et à la Cour, trouva
Les indispensables appuis.
Pâris lui versa les six-mille francs promis.
Les années qui ont suivi
Étaient propices à la spéculation.
Pâris fit en la matière son instruction.

B. devint Contrôleur de la Chancellerie,
Puis Maître des Eaux et Forêts,
Charge très bien rémunérée.
Et enfin le bougre
Fut nommé Lieutenant général
De la Varenne du Louvre
En 1763.
Sa fonction principale :
Juger les braconniers agissant
Sur les terres du roi.
C’est là qu’il s’empresse
D’obtenir son titre de noblesse.

En 1758, il s’était mis à écrire
Des pièces populaires,
Nommées parades (sans rire).
Ces comédies assez grossières,
Aux intrigues simplistes, mettant
En scène des personnages étonnants
Comme il en existait dans les bas-fonds
Des villes et leur faisait parler leur jargon.
B. composait aussi des ariettes
Qu’il incorporait à ses saynètes.
Les seules qu’on accepterait de voir
Aujourd’hui sont : Jeanbête à la foire
Et les bottes de sept lieues.

Le 13 janvier 1769, c’est mieux :
Alors située aux Tuileries,
La Comédie Française était remplie
Du parterre jusqu’aux bancs du haut :
On jouait Le mariage de Figaro.
La troupe était remarquable.
Les costumes et les décors formidables.
Le public applaudissait.
La critique médisait.
Lors de la réservation
D’une représentation
En 84, les guichets
Furent envahis, les portes défoncées,
Les grilles arrachées.
Trois personnes moururent étouffées.
La Harpe lança :
-Une de plus que pour Scudéry !
Le succès ne cessa
De croître, la critique aussi.

En 1773, Le Français
Donnait
Le barbier de Séville.
Cette pièce, choisie entre mille,
Eut au Trianon en août 85, l’honneur
Exceptionnel d’être interprétée
En totalité
Par de grands seigneurs
Et la Reine (Rosine), Artois (Figaro)
Vaudreuil (Almaviva) et Guise (Bartholo).

Quand Beaumarchais travailla
Le livret de Tarare,
Il confia la musique de son opéra
À Salieri, le concurrent de Mozart,
(Qu’à cette époque il hébergeait)
Mais il lui imposait
D’accompagner le scénario
Et rien de plus. Pas question
De ralentir l’action
Par des roucoulades de belcanto.
En juin 1787, première représentation.
Ce fut une ovation !
En 1792, dans un théâtre du Marais,
On joua le nouveau drame de Beaumarchais,
La mère coupable
Dont l’accueil ne fut pas formidable.


A la fin de sa vie,
Beaumarchais écrivit :
« Je fus embarqué dans la vie sans avoir été consulté, il faudra que je la quitte sans mon consentement. »
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