Baiser volé

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Plaisir, besoin, ivresse, tourment, drogue, obsession, compulsion, consolation et éclats de rire... bref, ECRIRE !!! Ecrire ma vie, vivre mon écriture. Chaque jour et toujours. Pour ma Joie qui ... [+]

Image de Grand Prix - Été 2020
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Ligne 8. Encore dix stations. Improbable embarquement pour Cythère. Plutôt terminus Galère ! Car les spectres sont las, mutiques, stoïques et surtout dociles : assis un siège sur deux et tous voilés de bleu. Léthargie sous-marine du métro hanté par la Covid. Je suis pareillement résigné et soumis. Mais, face à moi, cet îlot dans la nuit : deux tourtereaux. Norme bafouée : ils sont bel et bien assis côte à côte ! Eux n’en ont cure tant ils se contemplent, figés, aimantés, stoppés dans leur élan distancié. Seule l’incandescence des regards par dessus la barrière en tissu. Ses mains à elle s’abritent derrière un curieux réticule ; celles de l’adolescent tremblent. Mais nul effleurement. Pas le moindre mouvement. Tendresse pétrifiée. L’unique braise de leur fascination. En face, je les contemple à la dérobée. Les amoureux ont-ils capté mon tacite encouragement ? Plus que trois arrêts. Morne voyage. Les stations défilent. On monte, on descend, on s’ignore, on s’évite. Eux ne voient personne, ne s’aperçoivent de rien. Seuls au monde. Envoûtés. Et voici que soudain l’inouï se produit, enfin l’inespéré : à l’approche de la station Bonne Nouvelle, audace incoercible, branle-bas d’émois, sainte effraction, déclic : bas les masques ! Aussitôt le corps au cœur s’abouche. Presto et crescendo ! Et mes yeux rient quand leurs lèvres se soudent car Léviathan a fui devant l’Amour rebelle.

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