Autopsie d’un meurtre

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J'étais partie depuis huit jours. Comme chaque année, notre groupe de quatre fill.es complices s'était évadé pour une semaine d'exotisme. Cette fois la Crète avait été choisie et nous avions écumé l'île de long en large. Heraklion n'avait plus aucun secret pour nous, non plus que les petits restaurants accueillants de la côte et encore moins les vins délicieux et aphrodisiaques du terroir. Nous avions tout appris du foulage des olives et de la fabrication de cette huile d'or que nous dégustions au verre, comme un apéritif ésotérique, le nectar des dieux disaient-ils.

Nous avions laissé derrière nous famille et travail et nous nous étions abandonné toutes à l'oubli bienfaisant d'un quotidien devenu pesant. Cette liberté attendue pendant un an nous avait donné des ailes et nous avions retrouvé nos élans et nos délires d'adolescentes. On aurait presque volé !

Nous avions profité de chaque minute, prolongeant au delà du raisonnable des soirées arrosées avant des lendemains cotonneux. Mais le matin suivant, galvanisées par l'urgence, nous repartions à l'assaut d'autres découvertes, d'autres enthousiasmes, d'autres émerveillements...

Il faut toujours rentrer. Le charter décollait à 5h du matin.

Au bout de deux heures de vol dans une somnolence épuisée, l'arrivée au petit jour dans une lumière ternie sonnait le glas d'une joyeuse escapade, même si nous avions déjà prévu la prochaine.

Bagages récupérés et taxi aux ordres, nous nous sommes séparées à l'aéroport. Je serais à la maison pour le petit déjeuner. Ça s'oublie vite les vacances.... Le ciel lui même ne veut pas de ce retour. Une bruine démoralisante me siffle dans les oreilles : c'est déjà fini, c'est déjà fini...

La maison dort encore. Aucune lumière nulle part ; j'espérais un comite d'accueil minimum. Il n'y en a pas. Je plonge dans mon sac à dos, récupère mes clés et j'entre lentement comme dans un cadre inconnu qui me semble tout à coup hostile.

Un peu de bruit à l'étage. La chambre... la salle de bains.... Une voix

- que se passe t'il ? Il y a quelqu'un ? Ah, c'est toi ?
- ouais. Ça pourrait être qui autrement. Tu ne savais pas que je rentrais ce matin ?
- zut j'avais oublié. Et je n'ai pas eu le temps de faire les courses. Il n'y a même pas de quoi faire le petit dej. Tu pourras t'occuper du ravitaillement ?





Alors vous comprenez Monsieur le commissaire. J'étais là avec ma valise au milieu de la cuisine. L'évier était plein de vaisselle sale et dans un réflexe j'ai voulu l'évacuer.

Et la, Monsieur le commissaire, je me suis aperçu que le lave vaisselle était plein. Alors j'ai pété un câble J'ai pris le couteau sur la paillasse et je me suis jetée sur lui. Les vacances m'avaient fait du bien. J'avais une force de titan, mais je ne m'en suis rendu compte que quand je l'ai vu étalé sur le sol avec cette tache poisseuse qui s'étendait sous lui...

Je ne voulais pas ça Monsieur le commissaire, mais quand même, la vaisselle pas lavée pendant huit jours !!!!!
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Michel Dréan · il y a
Une façon radicale de faire le ménage en quelque sorte !
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Pierre-Hervé Thivoyon · il y a
Eh mais doucement !!! On revient détendu de vacances normalement ! Là c'est un peu trop radical ! ;-))