Aures Ignium

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L'on dit de moi que j'ai un don, une sensibilité, une vision, un souffle. Peut-être, peut-être pas. Mais une chose est sûre : j'aime les chats et j'aime la guerre ! !! Lien pour lire Esmerald &  [+]

Image de Été 2020

Le thé n’est jamais assez chaud. C’est une constance dans ma vie, cela a toujours été ainsi. Et cela en sera toujours ainsi, le thé ne sera jamais assez chaud. Je ne manque pourtant pas de volonté : confortablement installé sur un rondin au centre de la terrasse de mon chalet, le paysage qui m’entoure est recouvert d’un fin duvet de neige glacée. La forêt est immobile, figée dans le froid comme dans le calme. Les rayons solaires se sont arrêtés à hauteur de canopée, tandis que le chant des oiseaux reste en suspens, les dernières notes mélodiques s’étant envolées en même temps que les messagers du ciel. Rien ne perturbe mon écoute, si ce n’est une famille de renards des neiges qui jouent autour d’un lac gelé, loin au Nord.

Je suis né demi-dieu, j’ai vécu comme un humain, je mourrai en dieu. Le teint hâlé, des yeux noisette surmontés de longs cils noirs, des longs cheveux gris qui tombent en cascade dans mon dos, une barbe hirsute et ses mille bouclettes, tout cela n’est plus qu’un vestige de ma beauté passée. Ma particularité ne réside ni en ma force, pourtant suffisante pour broyer mes ennemis, ni en ma sagesse ou ma mémoire, toutes deux respectables sans être mémorables. Ce qui m’a valu la gloire auprès des hommes se trouve être mon ouïe et mes oreilles de flammes. D’où mon vieux patronyme en latin : Aures Ignium. Deux lobes épais et développés, la peau aussi rouge que la lave et les veines aussi noires que le charbon : mes oreilles sont remarquables et remarquées. À l’intérieur de chacune d’elle se joue la fabuleuse mécanique de l’ouïe parfaite grâce aux osselets, aux tympans et aux minuscules flammèches éternelles. Les ondulations des flammes me procurent une sensibilité extraordinaire, et les braises en perpétuelle création me permettent de discerner le battement d’ailes d’un moustique à des lieues à la ronde. Rien ne peut m’échapper, pas même le plus faible battement de votre cœur.

J’ai usé de mon pouvoir pour venir sauver la jolie veuve, pour éviter le désespoir à l’orphelin et pour indiquer le chemin de la maison au chat perdu. J’ai fait de la place aux jaloux, calmé les colériques, assagi les nerveux, soigné les drogués et rendu amoureux les égoïstes. Mais de tout cela, rien n’est vraiment important, hormis une rencontre. Minerva. Suivie d’une évidence. L’appel du silence.

Je détache mon regard du thé toujours fumant. Dans un mouvement lent empreint de patience, je lève le poing au ciel pour que ma belle me rejoigne. Je sais qu’elle a entendu les craquements de mes phalanges. Envol. Elle saute d’une branche, loin au-dessus de mon chalet. Elle s’élance dans le ciel gris hivernal, ses grandes ailes couvertes de plumes aux couleurs de la brume matinale. Je n’ai pas à attendre longtemps avant que son élégance ne frappe mes rétines depuis l’angle est de la terrasse. Elle glisse dans les airs, s’amuse des vibrations, prend son temps, puis vient se poser sur mon avant-bras dans un silence absolu. Surnaturel. Elle replie ses membres prodigieux, puis, tout naturellement, tourne sa large tête pour plonger son regard dans le mien. Ses iris jaune vif sont saisissants. Elle contemple mon âme avec douceur.

« Tu es la plus belle chouette Lapone que je connaisse, Minerva. »
Elle me gratifie d’un court hou, pivote la tête et regarde vers son domaine. L’horizon. Sans la brusquer, je lui ébouriffe quelques plumes sur la tête. Cet animal à l’ouïe presque parfaite est ma bénédiction. Le Grand Nord est son royaume, et j’y ai autrefois pénétré avec autant de respect qu’elle en a pour ma personne. Jamais un pia de travers, juste de la tendresse, et de l’écoute. Crac ! Une fine branche craque plein sud, dans le sentier qui mène à notre demeure. Les yeux grands ouverts et les oreilles aux aguets, ma compagne et moi sommes à l’affût. Ils sont trois badauds, les vêtements froissés par la pluie et les bottes lourdes de neige fondue. Ils ne parlent pas, concentrés par la difficile montée de la colline, escarpée. Leurs doigts s’agrippent à des bâtons. Non… À des armes. Des chasseurs !

Voilà bien longtemps que je n’en ai plus affronté. J’esquisse un sourire taquin : voyons qui du gredin ou de l’ermite chasse le mieux. Minerva s’envole sans un bruit et disparaît aussitôt dans la colline et ses bois nivéens. Deux contre trois : voilà qui devrait nous offrir une distraction équilibrée. Je serais presque tenté de philosopher sur le combat à venir, son sens et ses raisons. Je lève mes fesses du rondin, range les quelques affaires qui traînent encore sur la table et m’en vais saisir une hachette qui trône sur une bûche. Ma mère m’a toujours défini comme un garçon aux paroles tranchantes. Je rejoins d’un pas ferme le sentier qui mène à ma propriété. Une antique pancarte en bois s’y dresse, adressant au voyageur un message plein de bon sens : « Laissez-nous tranquilles. »

Ils seront là d’ici quelques minutes. Sans la voir ni même l’entendre, je ressens la présence de Minerva à mes côtés, quelque part dans la forêt, ses sens braqués sur les intrus qui s’approchent de moi. Elle m’aidera. Je dépose mon arme sur un tas de feuilles épargnées par la neige. Ils ne sont plus qu’à quelques pas de moi, trempés de sueurs et ruminant comme des porcins. J’aperçois une grande femme brune au visage dur, à la tenue rigide et à l’attitude sévère. Elle mène sa troupe tel un vieux sergent, tandis que deux hommes traînent les pieds derrière elle. L’un d’eux est particulièrement corpulent, est vêtu d’une parka orange fluo et tient en main une longue pique acérée au manche maculé de sang séché. Le dernier intrus, aux proportions de nabot et au faciès rougi, est armé d’un long fusil à deux cartouches. J’ai connu des adversaires plus élégants. Je les interpelle d’une voix claire et joueuse, faussement amicale :

« Alors, on s’est perdu dans les bois ?

La femme lève la tête vers moi et prend la parole :

— Bonjour. Qui êtes-vous, monsieur ? Que faites-vous ici, au milieu de nulle part ?
— Eh bien, c’est que j’habite ici voyez-vous.
— Quel drôle d’idée ! Mais… vous allez peut-être pouvoir nous aider alors.
— Ah oui ? Peut-être bien.
— On cherche un oiseau. Un grand hibou, gris et blanc. Vous savez, avec des immenses yeux et un air hagard.
— Un hibou, dites-vous ? Non je ne vois pas, je n’en ai jamais croisé ici.
— Ah ! c’est qu’ils se planquent bien ces salopards, c’est pour ça.
— Ah oui ? Ne serait-ce pas parce que c’est une chouette plutôt ?
— Non non, il n’y en a pas ici, les chouettes c’est pas intéressant.
— C’est bien dommage pour vous.
— Qu’est-ce que vous avez dit ?

Je vois défiler devant mes yeux l’image de Minerva, les ailes déchirées par des balles, le plumage ensanglanté et la nuque brisée. Insoutenable. Je durcis mon regard, braquant mes sens sur le petit homme, à l’affût de son cœur énervé.

— Vous foulez mes terres, vous feriez mieux de partir. Sur le champ.
— Je ne crois pas non. C’est une forêt, on a bien le droit d’y venir chasser.
— Si au moins vous connaissiez votre proie… Vous me faites pitié, vous et votre bande.
— Bon allez monsieur, il est temps de rentrer chez vous maintenant, ça va être dangereux.

PAN !

L’homme au fusil s’écroule à terre, ma hachette installée entre ses deux yeux. J’ai les oreilles qui sifflent violemment, une oreille en feu. La balle m’est passée juste à côté du crâne. Fin du dialogue. La femme est blême de peur, statufiée par mon acte définitif. Son compagnon reste figé, ahuri, interdit. Je ne suis pas un militant, je ne suis pas un gentil. Si j’ai le corps d’un dieu, j’ai le cœur d’un Homme. Sans pitié. J’empoigne la machette de la chasseuse qui me fait face et la lui arrache des mains. Elle recule de quelques pas, trébuche et tombe à la renverse, provoquant un pouf léger dans un nuage de feuilles mortes et de gerbes de neige. J’en rigolerais presque si je ne devais pas m’occuper du dernier mécréant. Il bave désormais de rage, est rouge colère et me menace de sa vilaine pique. J’esquive son attaque sans trop de difficulté et en profite pour aller récupérer mon arme. Le corps entier se soulève en même temps que le crâne poisseux. J’ai fiché la hache trop profondément dans la boîte crânienne, impossible de la sortir sans tout arracher. Tant pis. Je me relève les manches pour m’occuper du gêneur restant. Je m’approche de lui tout en gardant un œil rivé sur son arme, les oreilles brouillées. J’esquive une première attaque, puis une deuxième, j’essaie de lui attraper l’épaule, mais il recule avec plus d’aisance que je n’aurais cru.

Nous nous retrouvons en dehors du sentier, à quelques pas seulement du chalet. Nous nous tournons autour tels deux bretteurs aguerris, esquivant les quelques coups d’estocs de l’autre, agressant à intervalle régulier notre adversaire. Il est doué ce mammouth ! Je ne dis pas mon dernier mot. Son pied droit glisse sur une flaque. Déséquilibre. J’attaque sans prévenir telle la vipère, je brise son poignet en garde et lui arrache un cri affreux. Crac. Je fais ressortir le cubitus de son avant-bras. Il sait qu’il est foutu. Je projette son arme sur le côté, le saisis par l’épaule et le jette à terre avec force. Il s’écrase comme une montgolfière qui a perdu sa flamme. Je me jette sur lui et le frappe au visage sans fléchir.

Coup droit. Dent brisée.
Coup gauche. Peau violacée.
Coup droit. Lèvre éclatée.
Coup gauche. Arcade fendue.

« Jamais.... Jamais vous n’aurez une plume de Minerva ! »

Je me relève du corps déstructuré sur lequel mon coup de sang m’a transformé en guerrier, trempé de sueur et de sang frais. Mon ouïe s’est envolée dans un sifflement suraigu et désagréable : tout devient chaos. Je perds mon équilibre et atterris sur les genoux, les mains dans la neige bousculée par le combat précédent. La femme est là, à quelques mètres, le fusil en main, doigts sur la détente. Je regarde son visage tordu par la confusion et la démence. Elle va tirer, je n’en doute à aucun instant, et aussi fort que je puisse être, mon corps n’est pas pare-balle. Dommage. Je ferme les yeux sur ma prédatrice, plongeant la forêt, le chalet et la neige dans une douce obscurité amère. Le froid m’entoure de son étreinte glacée, relevant l’odeur métallique du sang coagulé qui m’entoure. Je perds rapidement la notion du temps, m’abandonnant à moi-même, dans un silence devenu absolu. Éternel. Mes flammes s’endorment tout doucement, consumant mes tympans et mes osselets avec faim, jusqu’à qu’il ne reste rien de mon pouvoir. Une part de moi s’est envolée dans les cieux nuageux de fin janvier.

Une paire de pattes griffues se pose sur mon épaule, égratignant ma peau avec tendresse. Minerva ! J’ouvre les yeux et aperçois mon adversaire étendue sur le sol, la nuque brisée, le fusil à terre, vide. Mon amie remue des ailes, puis, comme d’un commun accord, laisse son corps se reposer contre ma tête. Je n’entends pas ses hululements. Je les ressens. Ils vibrent sur ma peau transie, traversent mes vêtements et étreignent mon cœur meurtri.
Je me relève de ce bourbier, puis m’en retourne au rondin, sur la terrasse. Le thé m’y attend, toujours fumant. Je glisse mes mains sur le contour de porcelaine et ressens la chaleur m’agresser l’épiderme. En compagnie de ma plus fidèle alliée, je vais enfin boire un thé chaud.

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Daënor Sauvage  Commentaire de l'auteur · il y a
Bonjour et bonsoir,

Voici quelques explications à mon texte qui surprend par sa rupture entre sa partie mythologique contemplative et son combat brutal très humain. Ce n'est pas simple d'en parler, puisque c'est un texte qui me permet de parler d'un sujet qui me touche, qui me violente, qui me fait agir, qui me fait pleurer.

En effet, j'aurai pu continuer sur la magie, la mythologie nordique ou greco-romaine, aller vers la forêt pour ne jamais y revenir, à part peut-être pour boire un thé, toujours chaud. Et, c'est exactement ce que je souhaitai faire après avoir rédigé la première partie du texte. Écrire un texte d'enchantement, un conte fantastique, une vielle histoire de dieu et de déesse !

Hors, il s'avère que je n'ai pas pu. Non pas que je n'en avais pas la possibilité technique, non pas que je n'avais aucune inspiration, non pas que je ne le souhaitai pas. Je n'ai pas pu transformer ce texte en un beau conte bien écrit car je suis blessé.

Blessé par ce que ce qui se passe dans nos contrées, dans nos forêts, dans nos prairies, dans nos demeures. Ici comme ailleurs, nous tournons la tête, nous faisons l'autruche. Ne voyez pas en mon texte un plaidoyer politique. C'est bien une fiction, écrite comme telle, revendiquée comme telle.

Pour autant, je reste convaincu que les textes que nous écrivons en tant que créateur et créatrice se doivent d'être personnel autant qu'avoir leur propre personnalité, et que, s'il ne doivent obligatoirement transmettre un message aux lecteurs qui prennent la peine de les lires, alors ils peuvent au moins servir à chanter un peu les peines et douleurs du cœur.

Mes salutations,

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Liam Azerio · il y a
Tu pourrais presque faire un poème de ton commentaire d'auteur !
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Daënor Sauvage · il y a
Je suis meilleur philosophe que poète Aurélien ;)
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Zutalor! · il y a
Eh bien voilà du beau travail d'écriture... De la sérénité à l'action et retour à la sérénité/sérénithé... Et au-delà, je verrais bien ce texte parfaitement découpé mis en images par un spécialiste du court-métrage, avec effets spéciaux pour la forêt et le fidèle rapace.
En résumé : très ''chouette'' histoire !

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Daënor Sauvage · il y a
Bonsoir Zulator!
Voici un commentaire qui me plait ! Déjà parceque j’adore votre sens du jeu de mot, ensuite parce-qu’imaginé mon texte en court métrage est plaisant ! Vous n’êtes pas réalisateur à tout hasard ?
Au plaisir.
Mes salutations,

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Zutalor! · il y a
Eh non, malheureusement...
Je me contente d'imaginer des petites histoires. Avez-vous lu ''Une théorie de l'évolution'' ?
Bonne journée

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Daënor Sauvage · il y a
Pas encore :p
Mais comme je suis actuellement en vacances, mon petit doigt me dit que ce sera surement pour bientôt !
Mes salutations,

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SEKOUBA DOUKOURE · il y a
Bravo pour ce beau texte ! Vous avez mes 3 voix. ET merci de passer faire un tour chez moi et soutenir mon texte si vous avez le temps. '' 🙏🙏
*Le lien du vote*
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https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/le-village-doukourela

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Nicolas Auvergnat · il y a
Je viens de vous relire, comme on relit un bon livre... Je recommencerai cet hivers, voir si la lumière joue sur ma perception de votre écriture... D'ici, de fin d'été, de presque automne, cela m'a encore beaucoup touché... Je vous souhaite une belle victoire, non pour vous ou votre égo, mais pour la belle écriture : qu'elle infuse dans le monde.
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Fred Panassac · il y a
Il ne fait pas bon s’attaquer aux animaux protégés. Un avertissement sans frais à ceux qui oseraient...ça déchire !
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Guy Aïchouba · il y a
En tous cas, il y a de l'action.
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JD Valentine · il y a
Vos colères sont légitimes Daënor. Elles rendent votre nouvelle riche et insufflent du vivant dans le mythe. Pour ma part, j'ai apprécié.
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Daënor Sauvage · il y a
Bonsoir JD Valentine,
Merci pour votre retour ! Je suis content que mon ressentiment puisse être compris et partagé. :)
Mes salutations,

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Houda Belabd · il y a
Des expressions imagées comme on ne fait plus. J'adore et j'adhère!
Je vous invite à découvrir mon très très court sur les sans-abris de l'Isère, ici: https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/la-chienne-de-vie-dun-sans-abri-iserois

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Daënor Sauvage · il y a
Bonjour Houda,
Merci pour votre commentaire ! J'aime écrire dans le détail. On dit que le diable s'y cache, n'est-ce pas ? ;)
Mes salutations,

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Houda Belabd · il y a
Si, si, c'est bien cela !
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Eléa Noria · il y a
Bonsoir Daënor !
J'aime beaucoup la première partie de ton texte, très descriptive et posée, les animaux, l'environnement. Bien que n'étant pas fan des scènes de combat, la tienne est très bien décrite et réaliste, un peu trop peut-être ! On visualise très bien les différentes étapes du combat :)

Je pense que ce qui me "gêne" le plus, est le personnage en lui-même. Sa caractéristique principale n'est pas tellement mise en avant, je trouve. Et du coup ça ne justifie pas tellement le fait que tu aies donné comme titre à ton texte le nom de ton personnage. La place du combat est nettement plus grande que l'idée que l'on peut se faire du personnage et de ses capacités. On comprend que c'est un dieu ou mi-dieu puissant, peut-être un Dieu guerrier, le seul souci c'est que justement tu dis dès les premières lignes que sa force principale réside dans son ouïe et non dans sa puissance ! Je me serais attendue, le cas échéant, à voir cette aptitude particulièrement représentée dans le combat. Par exemple, qu'il arrive à anticiper des gestes à la friction des vêtements entre eux, au bruit de l'air qui se meut autour des membres, ce genre de choses. Du moins, ce n'est que mon ressenti bien sûr ! Mais je tenais à faire part de ce petit décalage que j'ai ressenti :)

Ca reste un bon texte, et je partage entièrement ton point de vue énoncé dans ton commentaire. Parfois, quand je pense un peu trop à la manière dont chaque jour un peu plus nous blessons le monde qui nous entoure, et que nous n'avons même pas forcément les moyens pour lutter contre, car la société est un engrenage dont il est quasiment impossible de se défaire, une douleur sourde m'envahit et me plonge dans un désarroi assez conséquent.

A bientôt,
Eléa

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Daënor Sauvage · il y a
Bonsoir Eléa,
Je rattrape avec retard (tiens tiens, étonnant !) les beaux commentaires que mes lecteurs m'ont laissé. Et le tiens m'a particulièrement intéressant dans ton retour constructif sur les capacités de mon personnage principal. Je ne peux qu'être d'accord avec toi, et, si je ne souhaite pas revenir sur ce texte, je prends en compte cette vision très juste que j'aurai du plus travailler ici. :)
Une douleur sourde est exactement, à la lettre près, la sensation que je ressent, trop souvent. Merci.
Mes salutations, et à bientôt !

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Nicolas Auvergnat · il y a
Whaow ! Pris, attaché, aspiré par la poésie de ce texte. Matrix dans la taïga, Hell Boy VS Tolkien! Une esthétique moderne au septentrion de Taranis... Avec la profondeur de champ intellectuelle d'un auteur qui sent arriver les choses, cette prose est magnifique, fondée, justifiée par son message. Cordiales salutations, et j'en redemande !
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Daënor Sauvage · il y a
Bonsoir Nicolas,
Quelle prose énergique ce commentaire ! Touchant d'être comparé à d'autant de belles références, majeur dans la pop culture, et la culture tout court d'ailleurs ! J'aime aller au fond des choses, et si parfois je dois sacrifier un peu de poésie pour montrer ce qui doit l'être, alors je le fais. Qui sait, le prochain texte laissera la cruauté pour laisser place à la sagesse :)
Mes salutations,

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cendrine borragini-durant · il y a
La rupture dont vous parlez au sujet de votre texte est à l'image de la vie, tour à tour douce et brutale, et c'est souvent ce qui en fait le sel. Pour ma part, j'ai adoré votre ermite et sa violence envers les chasseurs ne m'a pas choquée. Le meilleur des êtres peut se transformer en tueur lorsqu'il s'git de défendre les siens, et cette violence en réponse à la barbarie des hommes,, venus dans votre récit pour massacrer du hibou, me semble tout à fait légitime. Je vois là un plaidoyer pour le respect de notre environnement à une époque où certains se délectent de participer à des safaris, exhibant fièrement leurs victimes, comme si c'était une gloire de participer à de telles tueries.
Dois-je ajouter que ce texte est remarquablement bien écrit? Je n'y suis pas obligée mais j'avais envie de le dire... ;-)

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Daënor Sauvage · il y a
Bonsoir Cendrine,
C'est avec plaisir que je lis votre long commentaire. Je n'ai rien à ajouter à votre argumentaire, si ce n'est que c'est une chouette, pas un hibou :p Vous pouvez chercher sur internet la Chouette Lapone. Elle est magnifique *_*
Et merci bien pour ce beau compliment ! Je suis touché en plein cœur ! :)
Mes salutations,

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