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Allez vous faire foutre !

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Taï Land

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Ça sentait les fesses et la transpiration post-coïtale. J’étais entré dans ce bordel comme dans un moulin. Il n’y avait ni sécurité, ni information, pas même un règlement intérieur. « Drôle d’endroit » pensais-je.

Juste devant moi se trouvait une jeune femme endormie, les cuisses juste un peu trop écartées pour être honnête. Un liquide blanc coulait entre ses lèvres - inférieures - directement sur le fauteuil en cuir rouge. Mes narines décelaient une odeur assez désagréable et ce n’est qu’en regardant au sol que je compris pourquoi. A quelques centimètres de mes pieds, une flaque d’urine imprégnait la moquette. Elle provenait de ce trio composé de deux femmes et d’un homme a priori friands d’urologie. Tout le monde dans cet antre sombre semblait dormir. Je faisais un pas en arrière et posais le pied sur un préservatif qui n’avait pas été noué et dont le contenu était en train de couler sur le sol. « Beurk ! »

En détournant mon regard, je vis un type réveillé, qui ne sembla pas avoir remarqué mon arrivée. Il était assis sur un tabouret, en train de se faire un rail à même le bar. Quand mon regard fut attiré un peu plus bas, je compris pourquoi ma visite lui avait été invisible. Une quadragénaire était en train de le sucer comme si - à moins que ce ne soit le cas ; des billets de cinquante étant posés à côté d’un verre rempli d’un liquide ambré - sa vie en dépendait, les cheveux, pourtant déjà enduit d’une laque à l’extrait naturel d’homme. Je ne pus continuer à regarder cette scène répugnante.

C’était comme un tournage de film pornographique, « la luminosité en moins, mais l’odeur en plus, alors ça compensait ». A chaque endroit où je posais le regard, c’était encore plus vicieux que là où il s’était arrêté plus tôt. A présent, je voyais deux hommes en train de jouer à celui qui ferait jouir l’autre le premier, « sorte de roulette russe, mis à part que le barillet, c’est une queue surdimensionné et les balles sont remplacées par trois éjaculations prêtes à leur décrocher la mâchoire »
.
Alors que je tirais sur mes yeux pour voir ce qui se passait au fond de la salle, j’entendais à présent des gémissements féminins de plus en plus bruyants. J’étais comme scotché au sol, ce qui, ajouté au manque de lumière que j’ai déjà évoqué, m’empêcha de distinguer par quel orifice le gars était en train de la pénétrer ; bien qu’à présent les hurlements de la fille ne prêtaient plus à confusion. Il était en train de la sodomiser et la vaseline était en option.

Dans la pièce pourtant, on trouvait plus de lubrifiants en tous genres que de solution hydro-alcoolique dans un hôpital. A présent, j’étais un peu gêné de devoir refuser les avances d’une junkie qui me tendait la main. Elle partit sans un mot, sans la moindre frustration apparente se coucher dans un coin de cette pièce où la pudeur ne paraissait pas exister. La nudité était partout, l’alcool et la drogue aussi. Je crois que c’est cela que l’on appelle la débauche et ça ne me tente pas du tout.

A ce moment, une femme pénétra dans la pièce. Je me retournai. Elle paraissait fraîche et convenable, ce qui tranchait avec ce que je visionnais. Elle s’appelait Amanda. Nous restions un moment tous les deux à contempler la déchéance qui s’opérait - ou avait eu lieu - devant nous. En faisant volte-face pour contempler cette jolie fille qui venait d’entrer, je découvrais une nouvelle facette de la salle. Deux blondasses décolorées se tenaient assises contre un mur aspergé de leur « vodka acide gastrique » ; un gars essayait tant bien que mal d’allumer ce qu’il devait penser être un bang, mais qui était en fait ce qu’on appelle vulgairement « une pompe à bite » ; sur un canapé en cuir ronge, une fille nue était affalée, le cul dilaté au point qu’une balle de baseball serait rentrée dedans à l’aise. Quelque chose en coulait. Mieux valait ne pas en savoir plus. Amanda semblait aussi dégoûtée que moi par ce spectacle et dans un même élan, nous faisions demi-tour.

Au moment de sortir de la pièce, je me réveillai en sueur dans la pénombre de ma chambre. Amanda me pris dans ses bras et c’est tout ce qui comptait. Tout le reste n’était que le reflet de cette civilisation - ignoble dans laquelle nous vivons, où la plupart se font enculer pour quelques billets pendant que les plus riches profitent de la situation - qui m’avait inspiré ce cauchemar si réaliste.
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PatDeb · il y a
Une écriture sans concession... Chaque ligne est chargée de son lot de sordide et de répugnant chez ces "humains" en perdition, en quête de jouissance absolue... Heureusement qu'à la fin, vient pointer une petite touche de romantisme...
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Valoute Claro · il y a
Effectivement, quel cauchemars! Hélas le fric et le cul mènent le monde ...Heureusement qu'il reste encore des" Amanda "!
"Signification du prénom "Amanda " : La forme ancienne Amandus du prénom Amanda signifie littéralement "aimable" ou "affectueuse".:)

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Taï Land · il y a
Effectivement en effet !
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