14.02

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Je m’appelle Virgil Love et ceci est mon histoire. Une sale histoire je dois dire puisque j’ai assassiné ma fiancée Britney Woodland le jour de la Saint-Valentin. Notre couple allait bien... en apparence seulement. Je sentais qu’il s’essoufflait petit à petit. Elle n’était vraiment plus la même depuis son accident de voiture. Avant, elle était belle, rayonnante, joyeuse et pleine d’énergie. Une vraie déesse. Puis après l’accident, elle ressemblait plutôt à un vieux débris tout pourri qu’on tarde à jeter à la poubelle. Je me disais que ça allait le faire, que mon amour pour elle était toujours aussi fort qu’aux premiers jours... mais hélas, je me mentais à moi-même. Je ne supportais plus de la voir comme ça. Alors, ce 14 Février 2014, j’ai dû faire ce qui me semblait juste. Non mais si vous l’aviez vu ! Elle souffrait martyr et s’occuper d’elle devenait un véritable calvaire. Je m’en arrachais littéralement les cheveux. Au boulot, tout le monde me demandait comment Britney se portait, si elle tenait le coup. Qu’est-ce que je pouvais leur répondre à part
‘‘Oui elle va bien, elle tient le coup, c’est une battante, elle est courageuse, je l’admire, j’en suis de plus en plus amoureux chaque jour’’
Non, ce sont des mensonges. Je n’en peux plus d’elle. Elle et son handicap foutent ma vie en l’air, elle l’a rendent triste. Un jour, alors que je rentrais d’une dure journée de travail, Britney a eu un malaise. Elle était par terre, elle ne bougeait pas. Je me suis précipité vers elle et j’ai pris son pou. Oui, car au début je croyais qu’elle était morte. Ça m’aurait arrangé ! Je n’aurais pas eu la lourde tâche de la tuer moi-même. Quand on est arrivé à l’hôpital, ils se sont rapidement occupés de Britney. Elle était dans son brancard en train de se reposer pendant que moi, obligé de rester dans cet endroit pourri à attendre les papiers de sortie de Madame qui ne veut pas faire d’effort pour aller mieux ! Je suis quand même content qu’on rentre tous les deux à la maison car je ne voulais pas qu’elle reste dans ce trou à rat ! Les frais des soins médicaux sont trop chers pour mon salaire de misère. En même temps, quand on bosse pour une société qui est censé ne même plus exister, c’est sûr qu’on se fait baiser par le patron. Déjà que j’ai des problèmes avec Britney et le boulot, il fallait en plus que je reçoive un avis d’expulsion ! Ça fait deux mois que je ne paye plus le loyer à cause des médicaments super chers de Madame ! Et parce que le frigo se vide à une vitesse phénoménale ! Pourtant, nous ne sommes que deux... mais on mange pour quatre seulement. Je me suis calmé, mais pas Britney. Depuis qu’elle a eu son accident, son estomac a doublé de volume. Il s’est élargi. Même elle ne comprenait pas pourquoi elle se goinfrait de la sorte. Le médecin a dit que c’est a cause des médocs qu’elle engloutie chaque jour et que c’était normal si son appétit s’est sauvagement transformé. Tout ce que j’achète pour le mois, elle finit le finit en une semaine. Même si les médicaments qu’elle prend lui donnent faim, ce n’est pas normal pour moi. Je ne vous parle pas de simples courses qu’on fait au milieu du mois pour tenir la baraque jusqu'à la fin du mois, non. Je vous parle des grosses courses ! Et Britney, sans s’en rendre compte, elle rend le frigo aussi vide que celui de Kenny McCormick, un des personnages principaux et très pauvre de la série ‘‘South Park’’. Du coup, quand je rentre du boulot, je suis obligé d’acheter ou de commander quelque chose le soir pour qu’on mange. Et le week-end, quand je peux enfin être tranquille, me rattraper sur le dernier épisode de WWE Monday Night Raw, Britney trouve le moyen de me faire chier.
‘‘Chéri ! Aide-moi à me relever s’il te plaît, je veux aller aux toilettes. Mon cœur, tu peux aller m’acheter une glace Häagen Dazs ? J’en ai trop envie ! Bébé tu peux...’’
A ce moment là, je n’ai qu’une envie, c’est de lui répondre ça :
‘‘PUTAIN ! MAIS TU NE PEUX PAS ME LAISSER TRANQUILLE UN INSTANT ? C’EST LE WEEK-END BORDEL DE MERDE ! JE COURS DÉJA TOUTE LA SEMAINE POUR TON CUL ! LAISSE-MOI SOUFFLER UN PEU ET DÉBROUILLE TOI ! CONNASSE !’’
Mais je n’ai pu me résoudre à lui foutre ça sur la gueule. Pourquoi ? Parce qu’en faite, je me suis rendu compte que je l’aimais encore. Le jour Thanksgiving, ma famille et la sienne sont venus manger à la maison. L’ambiance était festive, convivial... bref, c’était magnifique. Jusqu'à ce que ma mère pose cette question qui allait mettre le feu aux poudres...
— Alors, vous avez fixé une date à votre mariage. C’est super ! Et les enfants c’est pour quand ? Quand est-ce que j’aurais la fierté d’être grand-mère ?
— Euh...
Je ne savais pas quoi lui dire. Mais Britney, si. Elle a carrément allumée ma mère.
— Jamais ! Et vous savez pourquoi je crois. N’est-ce pas Belle-mère ?
— Britney, calme...
— La ferme Virgil. Je contrôle. Me dit-elle, en se resservant un verre de champagne en plus.
C’est son dixième verre de la soirée.
— Oui, évidemment que je le sais, mais...
— Alors pourquoi cette question stupide ? Qu’est-ce que vous cherchez au juste ? A me faire... comment dire ça ? Hum... chier ? Si c’est le cas, bravo vous avez réussi Belle-mère !
— Britney ! Ça suffit maintenant ! Pose-moi ce verre tout de suite ! Lui dit son père.
Mais ça n’a rien changé. Elle s’est resservie son onzième verre et à enfoncer ma mère.
— Il y a des techniques pour ça à l’hôpital et...
— Putain, mais c’est à croire qu’elle fait exprès celle-là ! Je vais être très clair avec vous ! Suite à mon accident, les médecins ont décidés de ligaturer mes trompes parce que je ne pouvais plus ovuler correctement ! Et même si on aurait voulu avoir des enfants, je vous rappelle que votre fils qui est mon fiancé, est STÉRILE ! Alors s’il vous plaît Belle-mère, vos histoires d’enfants gardez-les pour vous !
Elle est partie dans la chambre avec son verre et la dernière bouteille de champagne, me laissant avec mes parents tout retournés et les siens qui ne savaient plus où se mettre. J’ai pris la défense de ma chérie, ce que mes parents n’ont pas du tout apprécié. Mais je n’en ai rien à foutre. Avant d’avoir son accident, quand on était encore dans notre amour fou, je lui avais fait part de cette terrible révélation, celle que m’avait dite le médecin : que je ne pourrais avoir d’enfants. Ça l’a secouée et attristée. Mais elle m’a dit que ça ne changerais rien pour son amour pour moi. Sauf que le jour de Noël, qu’on a passé seuls à cause de la dispute de Thanksgiving, un autre visage de Britney a vu le jour : celui de la rancunière. En voyant le pied du sapin vide, elle a craquée.
— Tu sais ce que je me dis Virgil quand je vois le pied de ce sapin vide, alors qu’il devait être rempli de cadeaux ? Ben je me dis que des enfants ne seraient pas de trop.
— Quoi ? Comment ça ?
— On pourrait adopter.
— Avec ce que je gagne ? Non, oublie cette idée.
— Ah bon ? C’est comme ça que tu réagis ? Ok. Et si on avait eu des enfants ?
— Britney. Tu l’as dit toi-même à ma mère, on ne peut pas avoir d’enfants. Alors lâche l’affaire ok ?
— Ouais. Peut-être que si je n’étais pas avec toi, je n’aurais pas eu cette accident débile ! Peut-être que j’aurais eu des enfants avec un mec qui ne tire pas à blanc !
— Ouais peut-être ! Maintenant, lâche-moi.
Depuis le 25 Décembre, on ne s’est plus parlé pendant les deux mois qui ont suivis. On ne s’est même pas souhaité la bonne année. Cette année qui allait tout changer à jamais pour nous deux...

Nous sommes le 14 Février 2014 et c’est le jour de la St-Valentin. Elle me fait toujours la tête. Ce n’est pas gr ave. Je sors discrètement pour ne pas la réveiller. Je sors de la maison et m’arrête à la chocolaterie que Britney adore. Je lui achète la plus grosse boîte qu’elle me demandait tout le temps. Celle à soixante-dix dollars. Quand je rentre, elle est dans le salon en train de regarder la télé. Je me faufile discrètement derrière elle et lui mit la grosse boîte de chocolat sur ses genoux en criant amoureusement :
— Joyeuse Saint-Valentin mon amour. Je t’aime.
Elle ne dit rien, ne bouge pas d’un seul centimètre, mais continue de regarder la télé. Même après ça, elle m’en veut encore.
— Tant pis, je mangerais les chocolats tout seul.
Et c’est là que moi j’ai craqué. Quand elle a vu mes mains se diriger vers la boîte de chocolat, elle s’est empressée de la prendre et de l’ouvrir. J’étais soulagé, même si elle ne me parlait pas. Mais attendez de voir la suite, ce n’est pas fini. Elle en mangea un, puis jeta tous les autres par terre qu’elle écrasa un par un sur le sol que je m’efforce à nettoyer tout les week-ends pendant que Madame se la coule douce sur sa chaise roulante. Et comme si de rien n’était, Britney continue de regarder la télé en m’adressant la parole après plus de deux mois :
— Voilà ce que j’en fais de ta foutue Saint-Valentin, connard.
Je n’ai pas répondu. Je me suis juste précipité avec une haine féroce et glaciale dans le garage. J’ai pris le gros bidon d’essence qui devait me servir pour ma semaine de travail et je suis revenu dans le salon puis je lui ai répondu :
— Et moi voila ce que je fais à une salope dans ton genre.
Je lui verse le bidon d’essence sur la tête jusqu'à la dernière goutte. Elle ne comprend pas ce qui lui arrive. La pauvre.
— Espèce de con ! Qu’est-ce qui te prend de me verser de l’essence ? T’es devenue complètement malade !
— J’ai essayé d’être patient avec toi. Mes parents aussi. Ta famille, pareil. Mais moi je n’en peux plus d’une conasse ingrate dans ton genre. Cette boîte de chocolat m’a coûté soixante –dix dollars grosse pute !
— Virgil... ne fais pas ça... pitié !
— Trop tard.
Je pris ma boîte d’allumettes, en alluma une et la jeta sur sa tête qui prit immédiatement feu. Elle criait, criait, criait... c’était jouissif de l’entendre souffrir autant que moi j’ai souffert pour m’occuper d’une chienne pareil. Finalement, je pense que ça à été la meilleur St-Valentin de toute ma vie. Je suis sorti de la maison pour prendre un peu d’air frais et puis je me suis dit :
— Pourquoi je n’irais pas demander une augmentation à mon patron pour fêter ça ?

JOURNAL DE LA COMMUNE -JEUDI 13 MARS 2014 – FAITS DIVERS
Le ‘‘Pyromane Fou’’ arrêté

Virgil Love surnommé le ‘‘Pyromane Fou’’, à été arrêté près du centre-ville alors qu’il tentait de brûler le poste de police de la ville. Actuellement en garde à vue, il n’a pas encore dit un seul mot sur ses motivations. Mais les policiers nous rapportent qu’il n’arrête pas de répéter le nom d’une femme : ‘‘Britney’’. Le Sheriff pense qu’il s’agit de la femme handicapé retrouvé morte carbonisé dans sa maison. L’enquête est toujours en cours.
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