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poésie 519LECTURES

Voici la mort du ciel

Voici la mort du ciel en l'effort douloureux

Qui lui noircit la bouche et fait saigner les yeux.

Le ciel gémit d'ahan, tous ses nerfs se retirent,

Ses poumons près à près sans relâche respirent.

Le soleil vêt de noir le bel or de ses feux,

Le bel œil de ce monde est privé de ses yeux ;

L'âme de tant de fleurs n'est plus épanouie,

Il n'y a plus de vie au principe de vie :

Et, comme un corps humain est tout mort terrassé

Dès que du moindre coup au cœur il est blessé,

Ainsi faut que le monde et meure et se confonde 

Dès la moindre blessure au soleil, cœur du monde. 

La lune perd l'argent de son teint clair et blanc, 

La lune tourne en haut son visage de sang ; 

Toute étoile se meurt : les prophètes fidèles 

Du destin vont souffrir éclipses éternelles. 

Tout se cache de peur : le feu s'enfuit dans l'air, 

L'air en l'eau, l'eau en terre ; au funèbre mêler 

Tout beau perd sa couleur.