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René Ghil

1862 - 1925

Unique représentant de la poésie scientifique, c'est-à-dire tournée vers l'avenir, il s'oppose à Mallarmé après avoir été de ses partisans. Sa pensée est un constant souffle poétique, matérialiste, aux visions puissantes, contre l'égoïsme artiste dans lequel la poésie symboliste a pu s'enfermer. Ghil entendait donner à son œuvre une dimension verbale et instrumentiste pour laquelle il théorise sa pensée. Son influence sera prégnante jusque chez les Futuristes italiens ou encore les Surréalistes. Des titres comme : Le toit des hommes, Les images du monde ou Chant dans l'Espace, décrivent bien une conscience du monde qui se veut absolue. Malgré son caractère solitaire, ses écrits étaient ceux d'un avant-gardiste des plus batailleurs.

Classique

Hymne de guerre

Menez-les, les
Chevaux du vent du Sud, à la rivière
Menez-les !... Dans l'entame de leurs plaies
Pareilles au sexe des vierges, les
Guerriers sanglants éteignent des tisons
Et mettent... [+]


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Classique

Sonnet

Ma Triste, les oiseaux de rire
Même l'été ne voient pas
Au Mutisme de morts de glas
Qui vint aux grands rameaux élire
Tragique d'un passé d'empire
Un seul néant dans les amas
Plus ne... [+]


Classique

Berceuse de l'après-midi

Il ne veut pas dormir, mon Petit...
Mon petit
Ne veut pas dormir, et rit ! et tend à la lumière
Le hasard agrippant et l'unité première
De son geste ingénu qui ne se sait porteu... [+]


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Classique

Nuit aux terrasses

Ah ! sur les terrasses en prenant nos épaules
longtemps, parmi la nuit d'étoiles à meurtrir
notre gloire, passons ! Mes Yeux pleurent les mondes
qu'ils n'ont point vus, et qu'ils ne verront... [+]


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Classique

Dire du mieux

Pour les Fagots du Four, antre
clair-vespéralement qui se voûte d'ors, où
cuire l'éternel pain rondi, même lors qu'entre
le rutilant soleil au signe des Gémeaux :
de matin... [+]


Classique

Et m'en venant au tard de nuit

En m'en venant au tard de nuit
se sont éteintes les ételles :
ah ! que les roses ne sont-elles
tard au rosier de mon ennui
et mon Amante, que n'est-elle
morte en m'aimant dans un... [+]


Classique

Le meilleur devenir

Amour – germe dans lui de lui germant – Amour...
et selon aventure d’Ellipse, qui vaille
quant au divers mouvement d’ouverture allant
de vœu qu’elle advienne la droite. Autant loin... [+]


Classique

Aux temps des dieux

Tout moderne, et voyant de nos modernes âmes,
Des soirs vieux, malgré lui, hors du Vrai, sans paphos
Où des déesses, il s'exile ! et, dans les gammes
Des azurs et des ors, et le nu des... [+]


Classique

La Ville au loin...

La Ville au loin monte des voeux immolateurs...
Par les vitres en haut, la Ville, - aux Yeux - à perte
Du sang pauvre qui heurte aux roideurs de l'aorte !
Monte haut des quadratures de... [+]


Classique

Dies irae

Un soir l'Orgue d'église aux spasmes des Violons
Montait loin sa douleur sourde en les râles longs :
Voix de genèse, Amour et Trépas, ô pleurs longs !
Un soir l'Orgue montait dans... [+]


Classique

Les herseurs - sous la lune

Ainsi qu'une prière et qu'un ennui, soleilles -
Tu, lune pleine ! haut au haut des peupliers !
Tout a l'air d'eaux : et l'Homme inému des merveilles
Mène par la lumière, ayant l'amour des... [+]


Classique

Les yeux de l'aïeule

Vie, et ride des eaux, depuis que hors l'amère
Navrure de ses Yeux son âme ne sourd plus,
De ses Yeux inlassés la Vieille aux os de pierre
Morne et roide regarde : et sa voix de prière... [+]