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Sur l'incontinence des femmes

Des hommes je t'entends blâmer l'incontinence.
Mais combien plus chez vous est grande sa puissance !
Quand vous avez enfreint les lois de la pudeur,
Vos sens connaissent-ils un retour vers l'honneur ?
Le feu sur les épis arrêtera sa course ;
Les fleuves refluant reviendront vers leur source ;
Les Syrtes offriront le calme dans leurs ports ;
Le Matée orageux un abri sur ses bords,
Avant que l'aiguillon de vos désirs s'émousse
Et que vous résistiez au vice qui vous pousse.
Pasiphaé se fit génisse, dans ses feux,
Pour vaincre d'un taureau les dédains orgueilleux ;
Par ses brûlants désirs, Typo, sans frein poussée,
Au fond des eaux se livre au dieu de l'Enipée ;
Myrrha devenue arbre, en d'obscènes amours,
Sans honte, s'enflamma pour l'auteur de ses jours.
Pourquoi citer Médée et son amour infâme,
Qui dans le sang d'un fils va dénouer sa trame
Clytemnestre livrant cours à sa passion,
Couvrant Pélops d'opprobre et toute sa maison ?
Eprise de Minos, Scylla coupe à son père
Le cheveu qui, sous lui, rend Mégare prospère.
Ta fille ainsi, Nisus, vend son propre pays ;
Tes portes à l'Amour vont s'ouvrir à ce prix...
Fillettes, qu'un hymen plus heureux vous enchaîne !
Mais elle est suspendue au vaisseau qui l'entraîne...
Minos sut réunir la gloire et l'équité
Et juger aux enfers avec intégrité.