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Pernette du Guillet

1520 - 1545

Cette femme, dont la poésie est à rapprocher de celle de Louise Labé, est l'auteure d'un recueil unique, Rymes de gentille et vertueuse dame. Très cultivée et polyglotte, Pernette a seize ans lorsqu'elle elle devient la muse du poète lyonnais Maurice Scève, de dix-neuf ans son aîné, mais leur relation est obscure. Toutefois il est clair qu'ils s'inspirent mutuellement sans faire apparaître le nom de l'autre dans leurs textes. Elle meurt dans l'épidémie de peste de 1545. Elle n'a alors que 25 ans. Ses textes seront publiés de manière posthume, la même année, puis réédités une nouvelle fois en 1546.

Classique

Comme le corps ne permet point de voir

Comme le corps ne permet point de voir
À son esprit, ni savoir sa puissance :
Ainsi l’erreur, qui tant me fait avoir
Devant les yeux le bandeau d’ignorance,
Ne m’a permis d’avoir la... [+]


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Classique

Ne me devez-vous bien aimer ?

Quand vous voyez, que l'étincelle
Du chaste Amour sous mon aisselle
Vient tous les jours à s'allumer,
Ne me devez-vous bien aimer ?
Quand vous me voyez toujours celle,
Qui pour vous... [+]


Classique

Parfaite amitié

Quant est d'Amour, je crois que c'est un songe,
Ou fiction, qui se paît de mensonge,
Tant que celui, qui peut plus faire encroire
Sa grand'feintise, en acquiert plus de gloire.
Car l'un... [+]


Classique

Celle clarté mouvante sans ombrage

Celle clarté mouvante sans ombrage,
Qui m'éclaircit en mes ténébreux jours,
De sa lueur éblouit l'oeil volage
À l'inconstant, pour ne voir mes séjours :
Car, me voyant, m'eût... [+]


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Classique

Coq-à-l'âne

Ami, je n'ai Laquais, ni Page,
Qui bien sût faire mon message,
Ne telle chose raconter
Que me sens au cerveau monter
En cette plaine, et bel espace.
Mon Dieu, comme le monde passe
En... [+]


Classique

Si tu ne veux l’anneau tant estimer

Si tu ne veux l’anneau tant estimer,
Que d’un baiser il te soit rachetable,
Tu ne dois pas, au moins, si peu l’aimer,
Qu’il ne te soit, non pour l’or acceptable,
Mais pour la main qui... [+]


Classique

Le haut pouvoir des astres a permis

Le haut pouvoir des astres a permis,
Quand je naquis, d’être heureuse et servie :
Dont, connaissant celui qui m’est promis,
Restée suis sans sentiment de vie,
Fors le sentir du mal, qui... [+]


Classique

Je suis tant bien que je ne le puis dire

Je suis tant bien que je ne le puis dire,
Ayant sondé son amitié profonde
Par sa vertu, qui à l’aimer m’attire
Plus que beauté : car sa grâce et faconde
Me font croire la première du monde.